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Safe! Oui j 'ai dit Safe!

Publié le par Dorian Gay

Oui j'aime le sexe, et comme tout homo célibataire dans la fleur de l'âge, j'ai un certain nombre de partenaires sexuels différents; et comme tout homo responsable, je passe périodiquement mes tests IST.

Le dernier en date, remonte à quelques jours: je voulais passer un test VIH sous une forme que je ne connaissais pas - le test de dépistage rapide - TDR ou TROD.

Votre serviteur que je suis, outre le fait que je me dois de vous tenir à jour et de tester en avant première pour vous toutes les nouveautés, n'était pas resté très sage pendant ses vacances à St Tropez il y'a 3 mois, où, (OUI, j'ai failli!): j'ai couché sans capote avec un vieil ami (grand moment de faiblesse)... et je devenais de plus en plus paranoiaque ces dernières semaines, prenant ma température tous les matins, scrutant chaque détail de ma peau, tâtant mes ganglions, bref guettant tout signe de primo-infection. Précisons en effet que je suis hypocondriaque, le type d'hypocondriaque qui pense à chaque fois qu'il a une grippe, qu'il est atteint d'un cancer, et qui le numéro de son médécin en "numéros favoris" sur son téléphone. Information supplémentaire: ma mère est elle même médécin et est, depuis des années, à la Direction d'un programme Mondial sur... la santé de la reproduction (IST et autres joyeusetés)! Je crois que mon côté hypocondriaque vient en partie de cette proximité familiale avec la maladie.

 

Bref, je psychotais grave et je ne me voyais pas attendre quelques jours les résultats d'un test VIH classique; par ailleurs je fréquente de manière régulière un charmant garçon depuis quelques semaines (je vous en dirais d'avantage plus tard) et cet indélicat m'a demandé avec la légérété la plus absolue zlors que nous étions allongés sur son lit, après un long coit, si j'étais à jour dans mes tests. Mon silence et mon regard de lièvre sous meth ont fait le reste: le TDR tombait donc à point nommé. Prétextant un rdv occulté, je sautais hors du lit, ramassais mes affaires, l'embrassais et me précipitais sur mon smartphone dès que la porte de son appartement se refermait sur moi.

Après quelques recherches sur internet (Google est votre ami), je suis tombé sur une petite association qui proposait le test rapide et qui (en plus) était spécialisée sur la sexualité gay: le Kiosque.

 

Me voilà, quelques minutes plus tard devant l'entrée dudit Kiosque (après avoir murmuré des Ave Maria durant le trajet en promettant à Dieu que je ne recommencerais plus - bla bla bla). Je fus accueilli par un grand blond fin souriant. Malgré le stress et l'angoisse, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il était craquant le bougre. Il fut expéditif mais gêné en m'annoncant que j'arrivais un peu trop tard et qu'ils étaient complets pour la matinée. FUCK, je me retrouvais comdamné à supporter l'incertitude qui me rongeait pendant deux jours supplémentaires. Deux jours plus tard, même scénario, le lieu était full. Un: "putain! tout le marais se fait dépister ou quoi?!"" que je n'ai pas pu retenir motiva la jeune femme brune qui se chargeait de l'accueil et de l'aiguillage à m'orienter vers un autre centre, le VOLTA, qui était réputé moins couru.

 

La troisième tentative fut la bonne. Le lieu était glauque à souhaits: vétuste et mal éclairé, décoration négligée, MAIS il était vide! Bon point après ma quête de disponbilités. Je n'eus même pas à attendre devant le bureau de l'infirmière qui me fit rentrer et m'installa très vite. Blonde, grande, l'air pas très futé, affublée de son immonde uniforme rose, elle semblait néanmoins assez pédagogue et sympathique et prit donc un bon quart d'heure à m'expliquer comment le test allait se dérouler.

 

Aussitôt expliqué, aussitôt fait; petite goutte de sang prelévée sur mon index (ca ne fait pas mal du tout), réactifs mélangés, résultat mis en évidence dans la minute: j'étais négatif, NE-GA-TIF!!

 

 

Safe! Oui j 'ai dit Safe!

 

Ceci donc pour dire à ceux qui:

- Arguent qu'ils n'ont pas le temps de passer leurs tests régulièrement: en 15 minutes c'est plié (pensez juste à prendre RDV pour éviter le type de déboires que j'ai essuyé).

- Arguent que le stress lié à l'attente des résultats en insoutenable: en une minute il est mis en évidence

- Arguent que cela représente un coût et comporte le risque que les résultats soient utilisés à mauvais escient: le test est gratuit, anonyme et confidentiel

- Ont peur des éventuels mauvais résultats: le personnel et les bénévoles sont formés à l'écoute et dites vous qu'ils en voient passer du monde :) no taboo!

- A ceux qui prenent des risques régulièrement: le TDR permet de se "tenir à jour" facilement et spontanément.

 

Petite précision, qui représente la principale faiblese du procédé: le TDR n'est fiable que lorsque le dernier rapport à risque est antérieur de 3 mois au moins. Si vous avez pris des risques récemment, la fiabilité du test s'en trouve alors fortement altérée: dirigez vous donc vers les tests classiques.

 

Il fait froid à Paris, saison pendant laquelle la libido est particulièrement importante, rechauffez vous donc à deux, à trois, à cinq, à neuf, mais n'oubliez PAS le latex! :)

 

 

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À quoi sert un phallus ? (et comment s'en servir efficacement)

Publié le par Dorian Gay

Définition

Le phallus désigne l'organe sexuel masculin spermiduc en totale érection. On l'appelle aussi zizi, zob, braquemart, teub, popole, queue, bite, ou... (âmes sensibles, arrêtez-vous là) haricot. Et même quéquette. Dans la suite de cet exposé, pour simplifier et résumer, on appellera cette chose « le zzbtpqbh ».

 

Fonctions du zzbtpqbh

Le zzbtpqbh sert à assurer la conservation de l'espèce grâce à une femelle ou une éprouvette. Le zzbtpqbh accomplit cette tâche ingrate environ 2 ou 3 fois dans sa vie. Parfois plus, quand il s'y prend mal. Ce n'est pas beaucoup, vous en conviendrez. Tout ça pour ça ? Bien sûr que non : dans un souci de rentabilité et de flexibilité (déjà), les dieux ont imaginé, bien avant les grands urbanistes d'aujourd'hui, le partage équitable de la voirie.

Ils ont ajouté à la fonction reproductrice du zzbtpqbh la fonction urinaire. 

Dommage. Deux zzbtpqbh, ç'aurait été deux fois plus de plaisir. Mais bon, c'est comme ça, on ne discute pas les décisions des Dieux. Non mais ! Un zzbtpqbh, comment ça marche ? Oui, un zzbtpqbh, "comment ça marche" ? Michel Chevalet ne nous étant d'aucune aide à ce sujet, il est temps maintenant d'introduire (mmmmm) ici la foufounette.



La foufounette, qu'est-ce que c'est ? (nous vous le rappelons, ou vous l'apprenons ici, pour ceux dont la mère ne leur a pas tout dit) 

Et c'est ce con... heu, ce qu'on appelle le sexe féminin, lequel est en forme de trou, savamment conçu pour être introduit momentanément (moment : intervalle de temps de durée très variable selon les individus) par un zzbtpqbh. On nomme ce trou-là foufounette, mais aussi vagin, chatte, con, touffe ou saint Graal.

On le notera ici « la fvcctsg », toujours pour simplifier et éviter d'attirer sur ces pages les zob-cédés du moteur de recherche quand le patron n'est pas là. 

Quant au reste du mécanisme reproducteur, et bien, on n'en sait rien. Rien de rien, on en est navré. Il paraît qu'il est question de graine, de cigogne, de chou et de rose. Pour les leçons de botanique, consulter le gros Robert.

À quoi sert un phallus ? (et comment s'en servir efficacement)

 

Efficacité du zzbtpqbh

Examinons la figure ci-bas. Nous distinguons nettement un zzbtpqbh dont l'extrémité, appelée le gland, a une forme d'ogive (voir la flèche). Mais pourquoi cela, nom d'une pipe ? 


 
Cette forme trouve sa justification dans la volonté d'assurer une bonne qualité de l'espèce en cours de reproduction. En effet, un zzbtpqbh de cette forme permet, lors de son mouvement de va-et-viens dans la fvcctsg, d'évacuer et de remplacer le liquide reproducteur du ou des précédents mâles fécondateurs. Ainsi, seuls les gènes du mâle le plus viril du troupeau sont naturellement sélectionnés ! 


 
Celui qui a donc un zzbtpqbh large, long, puissant, gonflé et fougueux, comme on en voit de moins en moins (hélas), augmente ses chances de transmettre ses gamètes. La variété assure donc la qualité ! 

Certains moralisateurs nous parlent de la fidélité comme étant "LE modèle naturel" de vie de couple !... Mais oui, mais oui madame, mais surveillez plutôt votre mari.
 

Observations empiriques de variantes fonctionnelles générées en environnement naturel

Chose curieuse, le partage des voiries organiques ne s'est pas appliqué à tous les axes. Les dieux ont créé un second orifice (l'anus ou encore le tr.. du c.., ou tdc, comme on le dit vulgairement. Quel cochon ce on). En plus, le tdc est disposé à quelques poils de la fvcctsg chez la femelle.
 
Ah, quels coquins ces dieux ! La tentation était trop grande. Combien de kilomètres de zzbtpqbh ont été parcourus par erreur dans un tdc, au lieu de la fvcctsg de rigueur ? Le mâle et la femelle avaient donc inventé la sodomie, avec la complicité des dieux.
 
Cette invention divine et anale permettait cependant de sélectionner les mâles capables de distinguer le bon orifice reproducteur, même en pleine obscurité, et même complètement saouls. Toujours par erreur, de nombreux et virils zzbtpqbh se sont aussi introduits dans le tdc d'un autre mâle. Que Sainte Christine me brûle s'ils ont réussi à s'y reproduire ! Et pourtant, ces sodomites sont toujours aussi nombreux...
 
Enfin, bref, tout ça pour dire que la nature n'a pas créé tous ces stimulus-là dans le seul but de se reproduire. Il y a donc autre chose par devant et par derrière tout ça.
 

La dernière fonction du zzbtpqbh et de la fvcctsg

À part donc reproduire et évacuer les sels minéraux de l'espèce, ce qui prend en moyenne une minute par jour, le zzbtpqbh et la fvcctsg sont affectés d'une troisième fonction, toujours par souci d'optimisation. 

Il s'agit d'une saine fonction de plaisir produit par l'excitation intellectuelle, l'éveil des sens, l'activité physique, la détente...
 
On ne vous fera pas de dessin. 

Comme la fonction reproductrice n'entre pas en jeu : METTEZ UNE CAPOTE ! 

Enfin rappelez-vous que si un jour ou un soir, vous voulez transmettre vos gamètes à vous, et pas celles du facteur, il vous faudra être entraîné, sous peine d'avoir des soucis (notamment d'érection, voir la figure ci-contre). La fonction maintient l'organe ! Bon entraînement à toutes et à tous ! ;)

 

Publié dans Culturisation

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Je gazouille, je gazouille!

Publié le par Dorian Gay

Je gazouille, je gazouille!

Comme tout bloggeur geek so 2017, j'ai succombé au chant de l'oiseau bleu et vous pouvez maintenant me suivre sur Twitter afin de vous tenir informés de la vie du blog (alerte nouvel article), commenter et échanger, suivre mes mini-reflexions quotidiennnes, etc

Bref si vous êtes des lecteurs so 2017 vous aussi, suivez moi!

Publié dans Fourre - Tout

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La Chasse à la Folle est ouverte

Publié le par Dorian Gay

 

 

« Folle Out », « Cherche mâle viril », « en quête de vrai homme », « No mecs à sacs à main », nous avons déjà lu, ou lisons quasi-quotidiennement l’une ou l’autre de ces expressions, que l’on croirait sortis de la plume de lascars homophobes de cités, mais qui sont bien bels et bien l’œuvre ‘’de  semblables ‘’ sur les sites de rencontres qu’il nous arrive tous de fréquenter.

Et j’ai beau tourner la chose dans les choses, observer ce phénomène de tous les angles possibles et imaginables, je ne comprends pas cette guerre ouverte contre la féminisation.

Ce qui pourrait s’apparenter au culte de la virilité, à du quasi-sexisme (folle = femme = maaaal)on, voire de la paranoïa malsaine, est d’autant plus choquant lorsque l’on connait tous les louanges chantant la présumée ouverture d’esprit des homos. Tel l’Ourobouros, le serpent qui se mord la queue et qui finit par se manger lui-même, l’on voit de plus en plus distinctement depuis ces dernières décennies, cette chasse intestine qui est faite à l’homosexuel efféminé.

Je ne peux qu'observer passivement ce gâchis, car j’estime qu’être homosexuel c’est, vis-à-vis des stéréotypes masculins et féminins une vraie richesse, un bel atout, qui fait de nous des êtres hybrides, aussi bien capables de se passionner pour les activités les plus viriles qui soient, que de ‘’gossiper’’ avec les ‘’copines’’ et de glousser comme des dindes aux terrasses des cafés, se moquant allègrement des passants. J’ai toujours pensé que l’homosexuel a permis à la société moderne dans laquelle nous vivons de transcender les genres, de briser les cloisons des stéréotypes, dépasser les frontières des préjugés et des carcans et je me rend compte aujourd’hui que n’avons fait que déplacer ces murs pour les placer entre nous.

 

Pourquoi ? Pour quelles raisons la virilité est devenue le standard et la folle personae non grata ?

 

La Chasse à la Folle est ouverte

 

-          La première raison qui l’explique est je pense l’image péjorative et  stéréotypée de l’homosexuel longtemps entretenue par les médias  et qui ont sournoisement placé dans l’imaginaire populaire cette équation : homosexuel masculin = excessif = extravagant = garçon à perruque blonde, talons hauts et vulgairement maquillé et qui chante Dalida tous les soirs sur les tables des bars. Et à ce titre la Cage aux Folles, qui n’est plus à présenter en est une illustration parfaite : O Renato, Albin et Jacob, que je vous ai haïs durant mon adolescence! Là où le public de masse ne voyait là qu’un énième satyre et une confirmation de l’imagerie populaire, je ne voyais que le reflet de l’image que j’étais sensé refléter et que j’étais loin d’être. Aujourd’hui, bien que les esprits soient plus larges, et les mœurs plus tolérantes, je crois qu’il subsiste encore ce point quelques réminiscences qui constituent le socle psychologique dans lequel vient se planter ce rejet de « ce que nous sensé toujours refléter ».

 

-          Loin de moi l’envie de faire de la psychanalyse de comptoir, mais je ne peux m’empêcher de penser que ce rejet de la féminisation s’ancre de quelque chose de profond : l’envie (ou la nécessité) de dissocier ses préférences sexuelles de l’image que l’on peut refléter ; En d’autres termes : homo inside, hétéro outside, permettant de vivre alors pleinement sa vie d’homo tout en restant enfermé dans la sécurité douillette du look hétéro. Ni vus, ni connus : vivons heureux, vivons cachés dit-on. Que cela soit totalement naturel ou délibérément choisi, quitte à forcer le trait et à vivre dans un rôle de macho man, le plus important pour moi est que cela soit assumé : combien de fois ai-je vu des garçons à riche pilosité,  à la voix grave et masculine et puant la testostérone, exhalant la puissance, le muscle et la virilité, se déhancher sauvagement  en soirée à en faire pâlir Beyoncé, dès qu’ils avaient quelques grammes d’alcool dans le sang et que le DJ passait quelques titres pop, comme s’ils étaient soudainement libérés d’un poids ?

 

Toutes les raisons qui expliquent cette chasse à la folle sont finalement très hétérogènes : opportunisme, clivages, préjuges plus ou moins inconscients, pressions sociales, standardisation du modèle homo so 2014.

 

Pour ma part, c’était dès le début foutu : physique longiligne,  yeux de biche en amande, visage poupin, traits féminins, imberbe, j’étais bien conscient qu’il me serait difficile à terme de correspondre aux standards physiques de l’ado post-pubère masculin et macho et que j’allais très vite me retrouver confronté au choix de ‘’modeler’’ mon corps ou de l’accepter tel quel. J’étais cependant loin d’être efféminé, non par retenue, mais juste par habitude. Ce n’est que plus tard, surement imprégné d’une partie de mon entourage, que quelques manières ont progressivement émergé, mais jusque-là rien de bien méchant. Aujourd’hui je pense avoir trouvé l’équilibre parfait : oui bien que correspondant au stéréotype du parfait minet, je reste un garçon qui laisse transparaitre librement et finement sa part de féminité ; Non je ne me maquille pas, je ne m’épile pas les sourcils, je ne porte pas les dernières wedges à la mode, je ne me laisse pas pousser les cheveux, je n’ai pas une voie aigue et criarde, je ne me marche pas dans la rue le bras en théière en dandinant mon arrière train, mais je me complais parfaitement dans mon look de crevette néo dandy, n’en déplaise à nos détracteurs.

 

Je suis moi, sans retenue et à la fois sans excès et je pense que je n’ai jamais été aussi bien dans ma peau et aussi satisfait de mon physique. Non, hormones, protéines, salles de sports, poils et autres joyeusetés, vous ne serez jamais mon quotidien. Après avoir essuyé un énième râteau – « you look so feminine » m'étant opposé, on relativise et l’on se rend compte avec optimisme (en tout cas, en ce qui me concerne), qu’il ne sert à rien de se métamorphoser pour tenter vainement de plaire, ce n’est jamais très sain et ce n’est généralement qu’éphémère et illusoire. Il faut savoir savoir trouver son public et cela vient généralement de façon totalement naturelle, croyez donc Tata Do.

Enfin, sans vouloir tomber dans de la profusion d’éloges imméritées, je ne saurais conclure cet article, sans lever ma main magnifiquement bien manucurée et porter un toast virtuel à toutes ces figures homosexuelles disparues ou encore vivantes, dont beaucoup sont folles, oui folles, et qui, grâce à leur extravagance, leur courage, leur audace, leurs ‘’couilles’’ pendantes, ont permis à nous, homos de l’an 2013 de vivre dans une ère aussi tolérante ; Oui, à ces folles maquillées et fières, sans qui beaucoup d’entre vous ne pourraient pas exhiber leur barbe, leur  poil lustré et leurs muscles puissants et saillants sur les terrasses de la rue des archives. J’espère donc que vous ne regarderez plus un sac à main homme Longchamp de la même façon : car oui, cela est à mon sens, le symbole même de l’aboutissement d’une lutte menée par des hommes qui n’aimaient pas les cravates et qui préfèrent le mascara et les talons hauts. Virtual cheers

Don't Judge By It's Cover

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Otez de ma vue ces couples libres que je saurais voir!

Publié le par Dorian Gay

Otez de ma vue ces couples libres que je saurais voir!

 

       

Les statistiques ne laissent pas de place à l’incertitude, 1 couple sur 5 « souffre » d’infidélité et il a également été ajouté à ce chiffre, celui de 67% qui serait la part d’infidélité masculine plus précisément. Si le mâle a la réputation d’être frivole, séducteur et volage, que dire alors des couples homosexuels masculins qui en sont par définition composés de deux machines à testostérone ?

 

      J’ai une opinion assez simpliste sur le sujet : chacun vit son couple comme il le souhaite ; Je n’oserais point tenter d’émettre quelconque opinion en la matière tellement je me suis retrouvé, grâce au panel riche et varié d’amis qui m’entourent, devant des dizaines de schémas différents.

        Ce panel étant composé à ces extrêmes, du couple portant aux éloges l’exclusivité éternelle, au couple libertin faisant culte au partage, l’orgie, l’ouverture à tous et à tout, je pense disposer du recul nécessaire pour être l’être le plus tolérant qui soit ; cette tolérance ne m’empêche néanmoins point d’avoir quelques opinions sur la question : je prône (pour l’instant) la fidélité absolue.

 

-          Tout d’abord, beaucoup arguent que la fidélité du cœur est indépendante de celle du corps. J’en conviens en partie : « la queue se gonfle plus vite que le cœur». Il est en effet tout à fait possible de dissocier le cœur de la verge et de virevolter ainsi de lit en lit, de corps en corps, sans mettre en péril  l’amour que l’on peut avoir pour celui a le privilège d’occuper le siège des sentiments. Mais cela justifie t’elle la nécessité d’en user ? Non je ne crois pas. Et cela principalement pour une raison : l’égoïsme flagrant de l’infidèle qui en rejaillit, l’instrumentalisation du corps de ceux qui passent sur son chemin, qui ne deviennent que chair, et qui n’ont pour vocation que de combler (de façon aussi sympathique et consentie soit elle) un besoin charnel.

 

       On pourrait m’opposer le fait que ces frivolités peuvent être consenties et chacun des protagonistes peut en tirer parfaite satisfaction, mais je reste perplexe vis-à-vis de la situation du tiers au couple, celui-là qui sait d’emblée qu’il n’y aura pas d’horizon plus lointain qu’une tête de lit et qu’il sera à jamais un fantôme, un plan B, une soupape passagère,  une roue de secours au couple.

Là encore, on pourrait m’opposer que beaucoup de couples libres arrivent à trouver un équilibre sain avec leur amant commun ou leurs amants respectifs, voire même à former des « trouples ». Cependant, le sage garçon, surement encore un peu naïf et ayant les pieds ancrés dans la ‘’vieille école’’ que je suis, reste inflexible : l’amant est toujours celui qui ne tire pas son épingle du jeu, alors que l’un ou l’autre amant s’accordent le luxe de prendre le meilleur pour le cœur d’un côté et leur meilleur pour leur corps de l’autre.

 

      J’ai surement regardé trop de fois en boucle, ‘’Embrassez qui vous voudrez’’, ‘’Closer : entre adultes consentants’’, ‘’Happy Few’’, ‘’Match Point’’, ‘’In the mood for love’’ et autres navets cinématographiques mais j’en garde la réalité selon laquelle toutes ces relations non bipartites finissent mal pour celui qui prête son corps : attachement et sentiments qui apparaissent de façon imprévue, dévalorisation, jalousie sournoise, déchirements et autres joyeusetés.

 

-          La seconde acception de mon point de vue réside en ce que j’estime qu’un couple libre n’en est vraiment plus/pas un. Je parais surement dur, mais je crois que lorsqu’un couple envisage de « s’ouvrir » c’est qu’il y’a un problème Houston, et je ne peux m’empêcher d’imaginer un bateau dont la coque est trouée et sur lequel l’équipage s’évertue à colmater les brèches en y enfonçant de la mousse, une sorte de mirage qui ne peut jamais durer éternellement et qui inconsciemment vient camoufler des problématiques plus profondes : amour dilué au fil des années, absence de désir physique, frustration sexuelle, convenances sociales, etc.

 

      Souvent en couple depuis un relatif long moment, mes quelques amis qui recourent à cette organisation, et qui paraissent s’en complaire me laissent parfois dubitatif. Je n’arrive pas à saisir l’intérêt de ce schéma alors que la logique simpliste (et peut être candide) voudrait, lorsque le lien du couple s’édulcore au point de ne refléter que l’image de colocataires ou de très bons amis, que la relation s’estompe et que, ce que j’appelle un gâchis, soit limité.

 

        C’est ainsi que j’estime qu’un éternel célibataire même trop frivole vaut mieux et vit mieux qu’un couple qui se complait dans de telles illusions.

 

        Cela ne m’empêche pas de recevoir les arguments que l’on renvoie à mes propositions peut être un peu trop radicales : « oui mais ça fait quand même 15 ans que l’on vit ensemble, les sentiments ne sont plus les mêmes mais je ne me vois pas tout effacer pour vivre pleinement mes fantasmes : on a investi ensemble, construit quelque chose de commun, nos familles et amis se connaissent, non je ne peux pas renoncer à tout ceci. Mes quelques amants me permettent d’exulter et cette organisation me convient pour l’instant. Par ailleurs je ne suis plus tout jeune : certains de mes amants peuvent me faire fondre mais je ne peux pas me risquer d’abandonner ma sécurité pour de nouvelles aventures ».

 

      Je comprends… je comprends… mais bon quand même, avouons que cela reste une solution d’extrême facilité…

 

-          Le troisième point que je souhaiterais développer vient nuancer ce que j’ai développé plus haut. En effet, j’estime qu’une fois que, malgré toutes choses, lorsqu’un couple s’ancre et assume un choix de non-exclusivité, les modalités de cette liberté sont alors très importantes. Entre ceux qui cultivent les principes de sincérité et franchise et qui ne gardent aucun secret de la chose, et qui prennent même parfois plaisir à en parler, et ceux qui optent pour le tût absolu, il faut savoir trouver de façon consensuelle, le meilleur équilibre. D’autres petits détails doivent aussi être préalablement discutés et négociés : lieu, fréquence, moment, place accordée aux amants,  etc

 

-          Enfin, pic de mégalomanie, parlons de moi, car je crois avoir, de mon expérience personnelle, quelque matière sur le sujet. J’ai en effet été, à de nombreuses fois, sollicité par des garçons déjà en couple, et diacre, oh oui malédiction, tous ces garçons étaient toujours exquis au point où je me sentais prédestiné à occuper le rôle d’éternel amant de charmants garçons. Nonobstant la frustration de savoir et d’accepter dès le départ, que ces rencontres n’iront pas plus loin que quelques coïts ponctuels, je peux témoigner, qu’à terme, la confiance en soi en prend une gifle, la solitude, une fois le préservatif usé et que votre amant vous laisse pour son bien-aimé, se creuse inlassablement et l’on caresse inconsciemment un autre horizon.

 

-          Je me souviens encore de ce garçon, châtain, des yeux en amande malicieux, un sourire pétillant se dessinant constamment sur son menton arborant une barbe mal rasée châtain-rousse, que je rencontrais autour d’un café et avec lequel je me sentais déjà si bien. Il avait tout presque pour être parfait à mes yeux…. presque, car l’alliance imaginaire qu’il avait autour de l’annulaire en était le seul défaut. Pourtant, en connaissance de cause, j’ai cédé…

 

Les semaines qui suivirent furent enivrantes, extasiantes, jouissives, et comme toute drogue il devenait addictif et ce qui était jadis inconscient se dessina progressivement : je le voulais, pour moi, seul.

 

La réalité de la place qui m’était accordée n’était plus très loin… et il ne me restait alors que petits mouchoirs et corps anonymes pour noyer ce chagrin.

 

Et il y’a aussi ce garçon en couple rencontré récemment, grand, brun aussi, au sourire à faire pâlir des anges et à l’esprit d’une finesse délicieuse, qui pense à moi, auquel je pense et qui n’est pas loin de me faire perdre toute objectivité et tout recul : car oui, toutes ces choses que je vous ai dit, je me les dis, et ce ne sont que des tentatives maladroites d’auto-conviction …

 

Mais non, non, je veux être aimé seul, je veux avoir le privilège égoïste d’être celui qui prépare le dîner et attend son compagnon rentrant du travail, celui qui a un statut. Je veux, pour une fois encore, goûter aux joies de celui qui occupe le siège des sentiments, cet endroit si chaud et si réconfortant que l’on appelle le cœur….

 

 

 

 

 

 

 

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Guide de (Sur)vie du Gay Noir à Paris

Publié le par Dorian Gay

 

     L'on aura beau essayer de me convaincre, me chanter, sur fond de musique hippie, les louanges de la présumée homogénéité, solidarité et fraternité homo, je resterais toujours inflexible sur un point : l’animal gay est sectaire et ne pas l’admettre c’est se pâmer d’illusions.

 

     Bears, Gym Queens, Folles, Crevettes ou Twinks, Groupes ethniques, Androgynes, Daddies, Travestis, Gaymers, pour ne citer que ces quelques grandes fragmentations.

      Aujourd’hui, je ne m’armerais pas de mon glaive de justice pour prétendre défendre telle ou telle sous-communauté ; Non je veux me saisir de ma lame tranchante de franchise afin de parler plus précisément d’un groupe ethnique que je pense connaitre plutôt bien : les gays blacks, noirs, colorés si vous préférez.

 

Pourquoi ? Pour deux raisons simples :

-          La première est que les groupes ethniques gays sont ceux auxquels on est renvoyé à vie : un bear peut se raser et laisser exulter sa part de féminité, une crevette peut se mettre au sport et se gaver de protéines, un androgyne peut se mettre aux hormones, mais un gay noir reste un gay noir. Point.

-          La seconde raison est que l’homosexuel commun à qui on reconnait une certaine ouverture d’esprit, reste néanmoins un être humain comme les autres et qu’à ce titre n’échappe pas aux préjugés et autres idées préconçues largement diffusées et entretenues.

 

Il est donc plus que jamais temps de pousser un bon coup de gueule et de démystifier la vie du gay ébène.

-          Non, le Gay Noir n’a  pas un pénis de Mammouth : Las de cette légende populaire qui nous poursuit depuis la nuit des temps. Pour avoir, moi-même, avoir assez de matière pour me prononcer objectivement, je peux affirmer que j’ai rencontré de façon intime autant de garçons blancs insolemment bien dotés par Père Nature que de garçons noirs et inversement.

                 Il suffit de se connecter sur un site de rencontres quelconque pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène : « Cherche Black TBM », « Dispo pour bonne grosse queue black », « J’attends mon black monstercock » et autres joyeusetés.

              Pire, tentez de taper ce début de phrase « do blacks have…. » sur un célèbre moteur de recherche et vous serez, je ne pense, que peu surpris de voir qu’après « ... more testosterone », et « …smaller brains », trône en troisième tête des suggestions automatiques « … big cocks ». Lord.

 

 

            Outre l’indéniable côté réducteur de la chose, si je peux me permettre ce jeu de mots, combien d’amis ai-je vus se plaindre d’être « engin-ifiés », d’être perçus comme des symboles sur pattes (et troisième jambe) d’exotisme alors que la contrée la plus exotique qu’ils aient foulé de leur vie était Montpellier en été, en classe de CM2 ; Combien de complexes ai-je vus se développer chez ceux, tellement nombreux, qui avaient été modestement  gratifiés par leurs gènes ; Combien de messages ai-je reçus quémandant la taille prétendue spectaculaire de mon petit Jésus (pas de jeu de mots encore une fois) ?

 

Tout ceci devient à la longue lassant, accablant, épuisant, ennuyant, harassant et totalement indisposant.

 

-          Non, le Gay Noir n’a pas toujours la peau douce : Une anecdote personnelle servirait d’illustration adéquate à ce mythe. J’étais fraichement arrivé à Bordeaux, je n’avais comme réel ami de longue date qu’Eric, qui, pour fêter mon installation m’a convié à un apéritif dinatoire auquel était conviés d’autres de ses amis (gays précisons-le).

        En plein apéritif, entre le saucisson et les cornichons, l’un des convives attablé à ma droite, légèrement éméché, me caresse soudainement le bras  (j’avais un polo à manches courtes)  et s’écrie :

- « Wow, c’est fou comme c’est doux » ;

      regard à la fois médusé et amusé de ma part avant que l’ami qui l’accompagnait commente avec la légèreté la plus lapidaire:

- « oh mais c’est normal, les blacks ont tous une peau de dingue ; je suis bien placé pour le savoir car mon ex (avec lequel il était resté 3 semaines…) était antillais. Ouais, ouais je sais ».

No comment.

 

-          Non, le Gay Noir ne vit pas toujours de l’autre côté du périphérique et ne vient pas sur Paris que les weekends lorsque sa carte Navigo est dézonée : Une autre anecdote s’impose. A Paris cette fois – ci, je faisais acte de présence dans un dîner chic dont l’hôte était une vague connaissance ; acte de présence seulement car je m’y ennuyais à mourir, la seule motivation m’ayant conduit à assister étant le caviar Iranien et les Bouteilles de Mumm qui y été annoncés (oui je sais aussi être opportuniste).

         Totalement excentré du groupe,  et perdu dans mes réflexions personnelles, jusqu’à ce qu’une discussion ayant pour thématique les homos de banlieue ne fut mise sur la table, ce qui laissa à chacun la possibilité de mettre son petit grain de sel : « Oh moi je suis sorti avec un sénégalais, je vous dis pas ! j’étais las de faire 2h de RER pour le voir tous les weekends » ; à un autre de renchérir  « Ah ne te plains pas, toi au moins sa banlieue était desservie par le RER, je devais y rajouter une course de taxi moi ! ».

 

          Ces remarques sanglantes sonnant à mes oreilles comme  actes de défiance personnelle,  sur le ton le plus monotone et le plus métallique, j’intervins :

- « euh, je vous rappelle juste qu’au cas où vous l’auriez oublié que je suis coloré et dites-moi si j’ai Alzheimer, mais je ne me souviens pas habiter dans le fin fond du 93, dans des contrées si exotiques où pour le faut se mettre sur les pointes des pieds pour en voir les stations de RER sur une carte RATP. J’habite et j’ai toujours habité, et sans prétention aucune, un des plus  bourgeois arrondissements de Paris ».

         La réponse, noyée dans les rires des convives fut sanguinaire : « Oui mais toi t’es un bounty mon Dorian chéri ». Pour ce qui ignorent ce que c’est qu’un bounty, remplacez les couches de couleurs composant la barre chocolatée du même nom par les couleurs de peau inhérentes et vous comprendrez assez vite ; Bounty est en effet le très mignon qualificatif dont sont revêtus les personnes noires bien intégrées, si bien intégrées qu’elles n’ont de noire que l’enveloppe charnelle. Le bounty est au noir ce que le jambon beurre est à l’arabe et ce que le maki-saumon est à l’asiatique. Well, la bouteille de Mumm fut bien amère...

 

-          Non, le Gay Noir n’est pas toujours actif : et j’en suis la preuve vivante. En parcourant quelques annonces de quelques sites de rencontre, je n’ai pas pu m’empêcher de constater que celles qui avait pour public  des noirs étaient toujours accompagnées, dans la description des attentes de leurs auteurs, de deux adjectifs récurrents : macho et viril.

         A cela il faut y ajouter des statistiques éloquentes : sur 35 annonces que j’ai pu lire, 29 mentionnaient la recherche d’un noir actif, contre 6 seulement pour un noir passif…

 

         N’avons-nous pas de public nous les colorés passifs ? Sommes-nous des anti-fantasmes ?

         Lorsque je me remémore des dizaines, voire des centaines de messages que j’ai pu recevoir sur ces mêmes sites, me demandant quel type d’actif j’étais et quelles étaient mes performances alors même que j’avais pris le soin de préciser tangiblement mes préférences, les réponses aux précédentes questions seraient plutôt affirmatives.

 

         J’ai eu le loisir d’en discuter avec quelques autres amis noirs eux-mêmes passifs et nous sommes arrivés avec ironie aux mêmes conclusions : une grande majorité des sollicitations que nous recevons viennent de caucasiens d’un certain âge, ou au mieux (ou au pire selon l’appréciation) d’autres gays colorés, qui après moult précautions (il faut rester « scred entre frères » disent-ils) et après avoir affirmé plus d’une dizaine de fois leur présumée bisexualité, arguent que tout cela n’ira pas plus loin que quelques coups de reins dans une cave du 93 (prononcez 9-3 wesh). Charmant…

 

 

-          Non, le Gay Noir n’enchaîne pas toujours les CDD au KFC, il lui arrive aussi de faire des études supérieures  et d’avoir un minimum de culture: petit aveu personnel : j’ai un faible pour les dandys des temps modernes ; donnez-moi un zeste de Fred Astaire, un soupçon de James Dean et une pincée de Ryan Gosling et vous obtenez le cocktail de ma mort d’amour. Qu’est-ce que j’entends par Dandy ? Un garçon mêlant raffinement et culture, sensibilité et passions d’élite, charisme et goût du beau, virilité et once de féminité, bonne éducation et mondanités. Et il s’avère que j’ai toujours eu beaucoup de mal avec les garçons qui emplissait ne serait-ce que partiellement ces critères (non exclusifs et impératifs), qui pour la plupart étaient caucasiens.

 

            Pourquoi ? Désintérêt total envers ma personne de prime abord. S’arrêtant à mon enveloppe charnelle bronzée, le présupposé était que je ne  pouvais de facto représenter un quelconque intérêt intellectuel,  cela étant bien sûr finement et subtilement annoncé. Et ce n’était que lorsque je m’exprimais en retour, armé de ma plus belle éloquence et de ma modeste culture, que, comme par enchantement, les réactions muaient tantôt en quasi-stupéfaction, tantôt en curiosité malsaine : je passais pour un OVNI.

 

             Ayant eu, et j’en ai pleine conscience, le privilège de fréquenter quelques institutions universitaires et hautes écoles les plus prestigieuses de ce pays, je l’affirme avec la certitude la plus complète : des homos noirs médecins, avocats, ingénieurs, chefs d’entreprise, professeurs émérites, hauts fonctionnaires, diplomates, ne sont pas des chimères.

 

            Il faut juste apprendre à ouvrir les yeux et l’esprit, avant d’enfiler son jockstrap ou son cockring.

 

-          Non, le Gay Noir n’est pas toujours synonyme d’exotisme : sauf si vous considérez par exemple que manger un hachis Parmentier bien franchouillard avec des baguettes chinoises est le comble de l’exotisme, hypothèse dans laquelle je vous inviterais à penser sérieusement à voyager un peu pour votre bien et celui de votre ouverture d’esprit.

          Pour beaucoup, dès que l’on prononce le mot « black », leur imaginaire leur fait miroiter guerriers massais et vastes savanes Africaines, plages de Gorée et muscles ébène saillants sous le soleil sans pitié de la terre mère, tam-tams et danses envoûtantes.

          Combien de fois ai-je moi-même reçu des messages, sur ce même site de rencontre (à qui je fais finalement tellement de publicité), me demandant, en partant du présupposé « logique » que peau noire = immigrant/étranger = Africain = mange bananes et peû pa bien parlet franssais, de quel pays je venais et ce que je faisais en France ?

          Et combien d’autres fois ai-je été témoin de quêtes quasi-obsessionnelles de peau ébène car « ca réchauffe de soleil en ces temps hivernaux ».

 

          Well, si le 16ème arrondissement de Paris est une terre du soleil et que mes quelques voyages en Amérique Latine et au Maghreb font de moi un être exotique et venu d’ailleurs, et bien je veux bien me rallier à l’imagerie populaire.

 

 

          Comment, ne pas finir cet article chers lecteurs par une petite blague dénichée sur … un forum gay il y’a quelques jours ?  Je vais donc vous quitter sur cette note humoristique et aller me préparer mes bananes flambées au curry en caressant lubriquement mon énorme verge à la peau douce qui dépasse de mes dessous, charger ma carte navigo jusqu’à la zone 5, chercher sur un chat avec quel passif soumis je vais passer la nuit, et penser à aller déposer demain quelques CV au Starbucks de Saint Denis.

 

 

Deux prisonniers, un noir et un blanc, attendent leur verdict dans leur cellule. 
Le verdict tombe : 20 ans de trou!  Ils s'entendent pour éventuellement se satisfaire mutuellement, sexuellement  parlant. Autant donc commencer le soir même. Ils décident de choisir à pile ou 
face, chaque soir. C'est le blanc qui gagne: 
Le noir fait la femme et se met en position. Il se tourne donc, et voit le blanc 
qui s'astique le sexe avec un liquide gras et blanc. Il lui demande ce que 
c'est... 
Le blanc répond que c'est de la vaseline, comme ça, 'il aura moins mal au 
cul...'. 
Le soir d'après et pendant 10 jours, le blanc gagne, et la scène se reproduit à 
chaque fois de la même façon.  Puis un soir, ce qui devait arriver, arriva, et le noir gagne le toss. Le blanc  accepte, et se met en position. Il se retourne soudainement, et voit le noir qui 
s'astique avec une substance grasse et verte. Il lui demande également ce que 
c'est. 
L'autre lui répond:  'C'est du Vicks, comme ça tu auras moins mal à la gorge !!!' 

 

 

 

 

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Autobiographie en 3 temps: Épilogue (enfin, si on veut...)

Publié le par Dorian Gay

 

Bordeaux - Eté 2010 : Il était beau quand il dormait près de moi, sa peau était douce, son corps protecteur, son parfum emplissait les draps, qu’est-ce qu’il était beau…

J’aimais, pendant qu’il dormait, du bout de mes doigts frôler l’ossature de son visage, ses cils, ses lèvres, passer ma main sur son torse, y caler ma tête et percevoir sa respiration et les battements de son cœur. Il m’a sauvé. Je l’aimais mon Antoine.

 

Petit flashback encore une fois…

Paris - Printemps 2010. Apprécié, je crois que je l’étais, désiré très certainement, satisfait de cette superficialité, non je ne crois pas. J’étais las, fatigué de courir après des chimères, de ce milieu Parisien cultivant la superficialité à son paroxysme. Epuisé de porter des masques, de jouer un rôle, ereinté d’être qui je ne suis pas ou du moins qui je n’étais plus ou ne voulait plus être. Bassiné de voir les mêmes têtes, assister aux mêmes spectacles désolants. Esquinté d’être réduit à un corps et à une belle gueule en dépit de tout ce que je pouvais offrir d’autre ; à vrai dire qui se préoccupait de savoir ce que je pouvais offrir d’autre ? Bassiné de l’hypocrisie ambiante, du sectarisme perfide. Ennuyé des schémas et modèles préétablis : jeunisme à outrance, sexe à profusion, amis-kleenex, relations éphémères, culture limitée à quelques albums d’électro et à la fashion week.

Je n’avais que 19 ans, mais j’avais la certitude que je ne voulais pas passer les 60 qui me restaient à vivre dans de tels abysses, noyé dans un monde tellement illusoire. Je n’aspirais pas à ce qui, à mon sens, n’était pas bien vivre, mais s’en donner l’impression. L’opportunité inespérée de finir mes études de Droit à Bordeaux, tombait à point nommé : ce milieu que j’avais jadis tant aimé, m’aimait tant en retour qu’il m’étouffait ; je devais m’évader pendant quelques temps.

 

Installation discrète à Bordeaux, redéfinition de mes priorités, « cure de désintoxication » : tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je m’étais éloigné de tout ce qui de près ou de loin pouvait émaner du milieu : soirées, sites de rencontre, évènements en tout genre ; et je ne m’en portais que mieux, je goutais enfin aux joies d’une vie simple et rangée, ponctuée de quelques plaisirs culturels, de ballades entre nouveaux amis, de déjeuners sur les quais de la Garonne : je me redécouvrais.

 

La fin de l’été s’amorçait et l’automne guettait, c’est le moment généralement choisi par les étudiants de tous azimuts pour profiter des derniers rayons du soleil en organisant moult soirées et beuveries.  Celle du 7 septembre 2010, ayant pour hôte une excellente amie, fut particulière, car il était là, de l’autre côté de la table à laquelle j’étais, désigné comme mon partenaire de Monopoly, celui qui me sortira définitivement du gouffre dans lequel j’étais : Antoine.

 

Grand garçon châtain aux yeux verts, finissant ses d’études de médecine, il avait ce regard commun aux personnes fondamentalement bonnes, ce type de regard miséricordieux, plein de compassion et d'empathie auquel nul ne pouvait résister. Il sentait bon, ses mains que j’ai pu frôler quelques fois au cours de la soirée étaient d’une douceur infinie. Dorian amoureux pour la première fois ?

 

Si des pensées persistantes et l’impression d’avoir des papillons dans le ventre lorsque je pensais à lui et l’obsession née de l’attente récurrente de ses textos quotidiens sont symptomatiques d’amour, alors, oui votre honneur, je plaide coupable.

J’avais auparavant rencontré des centaines de garçons sur Paris, mais lui était fondamentalement différent. Il avait ce côté « entier » intact, cette innocence propre aux enfants, cette fraicheur, cet humour qui m’étaient encore étrangers. L’impression, très vite, qu’on se donne entièrement et sincèrement à vous ; l’impression que vous comptez particulièrement et quotidiennement dans la vie d’un autre être humain.  L’on se croirait après cette description presque idyllique sortant d'un mauvais remake de Coup de Foudre à Nothinghill ou Love Actually, il n’en est rien.

 

Les deux exquises années qui suivirent ont certes un fort intérêt personnel, mais pour vous chers lecteurs, n’ont aucune importance si ce qu’All Good Things Come To An End comme chantait mélancoliquement Nelly Furtado, et qu’un retour à Paris s’imposait, pour des raisons professionnelles, nouvellement Avocat, après ces deux années passées à Bordeaux. Un retour, fondamentalement différent, armé d’une maturité consolidée, de projets, et d’un regard neuf et assaini sur mon passé, sur mes aspirations.

 

Je retrouve sans nostalgie aucune et avec un détachement non contenu ces rues pavées du Marais, ces bars de la rue des archives, ces amis qui ne m’avaient pas tant manqué que cela : rien n’a changé, comme si le temps était figé dans le 4ème arrondissement (vous me direz en passant, que vu le nombre d’injectés au botox au Km² aux alentours, qu’il est normal d’avoir ce ressenti – passons). I’m far far away from you babe.

 

Et me voici donc, ce soir de début janvier, Mac Book sur les genoux, thé au jasmin fumant sur la table du salon, m’attelant à finir de mettre par écrit la fin de cet exercice, repensant à toutes ces choses personnelles que je vous ai crûment livré, essayant désespérément de trouver un mot de fin, une conclusion pertinente mais rien… et là soudainement, éclair,  je me dis « merde, c’est normal de ne pas avoir de mot de conclusion, la fin est encore loin, ma vie ne débute que maintenant… ».

 

 

 

 

 

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Autobiographie en 3 temps - Exaltations

Publié le par Dorian Gay

 

Il était près d’une heure d’un matin, ce même été 2007, je déambulais seul sans but véritable dans les rues d’une banlieue au nord de la capitale, titubant presque, fatigué mais béat, dans un état de semi-transe dont je garde encore intacte mémoire, encore sous l’ivresse de mon tout premier corps d’homme, de ma toute première copulation, ma toute première fois…

Et non, il n’y aura ni récit romancé, ni description à l’eau de rose, rien de tout cela car je ne pourrais déformer, ni sublimer ce qui fût réellement : je venais de perdre ma virginité sur le capot d’une Peugeot 508 blanche. Classe comme débuts me direz-vous…

Beaucoup de choses s’étaient passées ce fameux été, un flashback s’avère nécessaire.

Je me souviens encore très bien du jour de ma toute première inscription sur un réseau de chat gay et j’aime comparer ce moment à la parabole Biblique de Moise qui trouva la Terre Sainte après 40 ans d’errance dans le désert. Je me rappelle du sentiment mêlé d’excitation, de peur, d’envie et de curiosité qui m’animait, je pénétrais dans le Saint Graal, j’ouvrais la boîte de Pandore.

 

Mes débuts furent timides, j’étais encore mineur et malgré une précocité et une maturité exceptionnelles, je n’en restais pas moins un adolescent mal dans sa peau, peu confiant, à la découverte de sa sexualité balbutiante et terrifié par cette quête.

 

Je n’osais pas me connecter sur ce chat, aujourd’hui bien connu de la communauté homosexuelle, depuis l’ordinateur de mon domicile et usait de toutes mes ruses afin de m’éclipser aussi souvent que je le pouvais dans des cybercafés et d’y assouvir ma curiosité ; à tel point que très vite cela était devenu un rituel quasi quotidien, une drogue addictive, un besoin irrépressible. Les prétendues visites chez mon ami Antoine, inventé de toutes pièces, furent pendant longtemps un excellent alibi. Je me souviens encore de ces nuits, où je me réveillais après m’être assuré que la maison était plongée dans le noir et que j’étais le seul encore éveillé, et où j’osais enfin me servir, parfois toute la durée de la nuit, de l’ordinateur familial dans le but d’assouvir toujours ces mêmes vils besoins. Après cet ordinateur, ceux du Lycée ou des Bibliothèques que je fréquentais ne furent pas épargnés. L’adrénaline n’affectant pas ma lucidité, je m’assurais toujours néanmoins et en toutes circonstances, d’effacer toute trace de mes méfaits.

 

Quantité ne rimant pas avec qualité, nombre ne rimant pas avec efficience, le temps passé sur ce chat n’était pas productif, du moins en conversations et en rencontres. Qu’y faisais-je ? Je lisais les descriptions des utilisateurs, j’observais les interactions, n’osant ni engager de conversation, ni répondre aux diverses sollicitations ; confortable situation jusqu’à cette soirée de Juillet, soirée sur le chat comme les autres avant qu’une icône sur mon écran d’ordinateur ne s’illumine : l’icône « messages reçus ».

Après une très brève hésitation, le message s’ouvrit en entier à mon clic, et là, déconfiture, il ne s’agissait que d’un maigre « salut ». Refroidi par ce message plus qu’expéditif, je décidais de ne pas y répondre et voilà que quelques minutes après ce premier message, un second vint illuminer cette même icône m’indiquant que j’étais à nouveau sollicité. « Je ne sais pas qui se cache derrière ton profil mais j’aimerais réellement faire connaissance. En plus nous n’habitons pas si loin l’un de l’autre à ce que je lis sur ton profil, j’ai le même âge que toi, et je cherche à me faire des amis, je m’appelle Adrien ». Il avait raison, nous avions le même âge et tous les deux localisés à priori dans le même arrondissement Parisien, mais cela suffisait il pour que je sorte de ma tanière, de mon trou ? Il m’intriguait, je ressentais en ce garçon un écho à mes peurs, à ma curiosité, un écho à moi-même.

 

« 21h27 – Message de vous : Je m’appelle Dorian...  je veux bien faire connaissance...». Je venais de sceller ce qui est aujourd’hui une de mes plus belles amitiés ; et quand je vous dis que le chiffre 7 me suivrait à vie…

 

Après quelques semaines d’échanges, nous avions planifié, Adrien et moi une toute première rencontre dans un café en ville. La veille, anticipant chaque détail de ce rendez –vous, je n’ai pu fermer les yeux de toute la nuit, mais j’étais fin prêt le jour J : des cernes de toxicomane en manque, paré des vêtements les plus beaux que j’avais, parfumé comme un salon de thé indien, je me tenais, tremblotant, le regard vif et perdu, parcourant de façon désordonnée tout ce qui se trouvait à l’horizon. Je n’attendis pas très longtemps ; un jeune garçon de ma taille, métissé, les yeux clairs et pétillants, le visage fin s’avança spontanément vers moi : « euh... tu es Dorian... ? ».

 

-          « Oui... euh... oui c’est, c’est… moi » furent les mots qui introduiront une des discussions les plus importantes de ma vie.

 

Adrien était, comme moi, troisième fils d’une grande fratrie. Il vivait à quelques mètres à peine de chez moi mais avait fréquenté un Lycée différent du mien. Il m’a très vite subjugué par sa maturité, sa loquacité et son aisance vis-à-vis de moi, pour ma part j’étais pétrifié pendant la bonne moitié de la rencontre, osant à peine porter à mes lèvres le chocolat chaud que j’avais commandé. Ce qui était certain c’est qu’il avait plus d’expérience que moi, il savait plus de choses en matière d’homosexualité que moi, malgré mes recherches acharnées sur le web.

 

La deuxième rencontre fut plus équilibrée en termes de verbiage. Il m’avait mis en confiance. Un Dorian confiant est un Dorian qui pose des questions... beaucoup de questions ; je ne pouvais m’imaginer occulter cette occasion : « alors où se réunissent les gays ? », « comment les approche  t-on ?», « on est nombreux ? », « y’a des familles homoparentales ? Non sérieux ? », « Qu’est-ce que c’est que la sodomie ? Ça fait mal ? Vais-je aimer ? Dans le rôle de celui qui fait la femme ou celui qui fait l’homme ? » furent autant de questions, qui, ce jour-là m’ont permis de découvrir l’existence d’un quartier homosexuel appelé « Le Marais » et le qualificatif d’actif et de passif.

 

 

Le jour où je décidais de me rendre dans le Marais, je tenais à le faire seul, sans Adrien. Je voulais, tel lors d’un sacre rituel, affronter cette découverte, solitaire comme je l’ai tant longtemps été. C’était donc un dimanche de fin d’été, la brise était fraiche et le ciel d’un bleu azur ; je crois aux signes et était persuadé que cette découverte était placée sous les meilleures auspices. J’avais lu un peu de documentation touristique gay et il y était mentionné que le quartier du Marais se trouvait à Saint Paul sans donner de cartographie exacte ; me voilà donc sorti de la station de métro du même nom et ne sachant par où aller, totalement perdu et noyé dans la foule de monde qui profitait de cette journée ensoleillée pour faire les magasins de la Rue Rivoli. Instinctivement je suivis le mouvement : « s’il y’ a un quartier gay dans le coin, il devrait être inratable » me dis – je.

 

Une bonne heure plus tard, énième tour en rond effectué, le résultat était sans appel : RIEN, NADA, QUE DALLE. Il n’était pas question que je rentre bredouille, je pris mon courage à deux mains accosta le premier passant à portée de bras afin qu’il me renseigne, ce qui me permit d’obtenir un nom : la rue des archives.

Etant arrivé juste à l’angle de cette rue, où trône l’imposant BHV de l’Hôtel de Ville, je pris une grande respiration et d’un pas décidé l’arpenta, et instantanément je me sentis plongé dans un autre monde : des garçons au look improbable, ne contenant nullement leur féminité,  draguant ouvertement d’autres garçons en pleine rue, des garçons au physique atypique, massifs, barbus, poilus, exhibant leurs muscles en terrasse, des boutiques au nom évocateur, les rires, les cris, c’était d’une force indescriptible.

 

J’avais beau être arrivé à destination, je n’avais pas d’itinéraire, de but précis, et n’avait comme alternative que de me laisser guider par le hasard et les circonstances. Après une demi-heure d’errance, arrivé à l’angle où se situe l’Open Café, institution populaire de la culture gay, je tombais nez à nez avec un groupe d’androgynes, qui surpris, me toisèrent et reprirent leur chemin en ricanant. Je ne devais pas avoir le bon style m’étais – je dis, pourtant j’avais suivi tous les conseils d’Adrien à la lettre : jean slim et t-shirt moulant. J’avais pensé trop vite : alors que quelques instants plus tôt je passais inaperçu, j’eus l’impression soudaine que tous les regards furent fixés vers moi et le sifflotement d’un garçon à mon passage ainsi que ses appels à lui ne firent que me conforter dans ce ressenti et attiser un vent de panique incontrôlée en moi.  Quelques minutes plus tard, j’étais déjà dans le métro me ramenant chez moi, la tête pleine de souvenirs et de questions dont Adrien pâtirait…

 

Lorsque je me rappelle, après cette première découverte du Marais, des soirées alcoolisées auxquelles j’ai pu assister quelques mois plus tard, des nuits de débauche dans ces mêmes rues dans lesquelles je me sentais perdu, des baisers volés et échangés dans ces mêmes bars, des corps frôlés et dévorés, des sourires, des regards insistants, je me dis que notre cher Dorian a bien grandi, oh oui qu’il a bien grandi.

C’est pendant cette période de plénitude, ou du moins ce qu’on croit être une plénitude, que je fis la connaissance d’Armel par le biais d’Adrien ; Il était du même gabarit que nous, quoi qu’un peu moins fin et était d’une redoutable beauté à laquelle on ne pouvait détacher un esprit d’une extrême finesse teinté d’une once de sadisme. Ce garçon était d’une parfaite impertinence et n’avait guère froid aux yeux. C’est Armel qui va finir, lentement mais avec une indéniable assurance, le travail sur moi qu’avait commencé Adrien. C’est avec Armel que Dorian va apprendre les codes de la communauté, les codes de la séduction, ceux du paraître, ceux de la chair ; c’est ainsi que c’est avec un sourire au coin que je rappelle que c’est avec lui que j’ai eu droit à mes premiers cours de fellation (sur silicone je vous rassure).

 

Dorian Gay V. 3 .0 était né.

Quel sentiment jouissif était ce que de savoir cette quête, entamée quelques années plus tôt accomplie, de voir le chemin parcouru, de se savoir entouré de semblables, de se sentir désiré, voulu, enivrant, regardé, de se sentir intégré dans une communauté, dans un milieu.

 

Le garçon que j’étais devenu était insatiable de rencontres, de plaisirs en tous genres, comme une boulimie symptôme d’une volonté de rattraper tant d’années gâchées : de lit en lit, de bar en bar, de frivolité en frivolité, l’avenir semblait mien.

 

Charles Nodier disait: " Pour faire illusion aux autres, il faut être capable de se faire illusion à soi-même, et c'est un privilège qui n'est donné qu'au fanatisme et au génie, aux fous et aux poètes"; Fanatique je ne suis pas sûr de l'avoir été; génie j'aurais peur d'avoir la prétention de l'affirmer; fou c'est indéniable; piètre poète c'est certain.

 

Dernier volet à venir bientôt

 

Baci

 

Dorian

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Autobiographie en 3 temps - Prologue

Publié le par Dorian Gay

 

C'est avec un verre de Pouilly-Fumé à moitié vide, une cigarette fumante entre les doigts, et une chanson de Nina Simone embaumant de sa voix suave, chaude et mélancolique ma chambre Parisienne, que j'entreprends la rédaction de cet article, la formulation de ces quelques réflexions. Nonobstant le cachet théâtral, presque Hepburniern de la situation, il s'agit là d'un hybride entre exercice de psychanalyse et travail d'autobiographie, sans prétention aucune, mais que j'espère cru, tranchant, vrai, et me permettra, au lendemain de mes 21 ans, de faire un premier bilan sur ma vie, sur ce que je suis devenu, sur ce que à quoi j'aspire. 
 
Un sociologue Canadien, s'inspirant de conceptions bouddhistes et taoistes, disait que la vie était à son sens fragmentable en trois étapes, en trois stades distincts: La période d'apprentissage et de recherche de soi, suivie de la mise en oeuvre de cet apprentissage, l'établissement de ''soi", avant le stade du déclin progressif ayant pour finalité certaine, la mort. Un autre penseur du même continent affirmait, lui, que la vie était divisible en deux graduations: celle où on la subit d'une part et celle où on la prend en main d'autre part. Cela n'a en l'espère aucune importance conceptuelle, le seul intérêt est de marquer que cet exercice autobiographie vient s'inscrire physiologiquement dans l'interstice, le passage entre deux stades de vie; moment qui s'avère donc sur le plan chronologique, propice pour un premier point sur le chemin que j'ai parcouru.
 
Voilà, qu'à peine avoir saisi ma "plume" numérique, je me retrouve affecté par la syndrome de la page blanche, de l'écran LCD blanc éviter toute chrono-discordance. Par où débuter? Après une courte réflexion et une gorgée salvatrice de Pouilly, j'opte avec entrain pour un filigrane chronologique, qui aura pour principal intérêt de mettre en exergue une certaine cohérence historique, mais aussi de placer et d'observer le jeune et complexe être que je suis au travers du prisme du temps. 
 
Mais avant cela, il me faut me trouver un nom, un pseudonyme, un alter égo biographique, ce que Sacha Fierce est à Beyoncé. Après moult hésitations, nous m'appellerons Dorian, oui Dorian, car j'aime ce prénom, à la fois masculin et doux mais aussi car il m'évoque quelque chose, je ne sais pas quoi, je ne sais pas qui, mais quelque chose... 
Et nous y rajouterons "gay", oui "Dorian Gay", car mon homosexualité sera la trame de cet exercice et je ne doute pas non plus que le clin d'oeil adressé au personnage fantastique, fera surement sourire quelques uns d'entre vous, 
 
Dorian naquit un 27 décembre 1991 à 21h27 dans une Maternité chic de l'ouest parisien et su très tôt que le chiffre 7 le suivrait tout le restant de ses jours.  Il fut le troisième (et dernier) enfant d'une famille aisée, issue de l'immigration, bien sous-tout-rapports, jusqu'à l'implosion de celle-ci à son premier printemps, les divorces étant dans le début des années 90 devenus quasiment un phénomène de mode. Alors vecteur de poisse ce Dorian ou juste mauvais concours de circonstances? La réponse à cette question reste encore en suspens.
 
Né de l'union du stéréotype de l'Avocat brillant, un brin psychorigide (géniteur mâle) et du Médecin - parfaite mère de famille pieuse et aimante (génitrice), tous les deux parrallèlement entrepreneurs dans le secteur du Luxe, Dorian prit très tôt conscience de ses intérêts "originaux", en demanda à ceux-ci pour son 7ème Noel la panoplie de Barbie à la Plage ainsi que des escarpins blancs taille 31, et su, grâce à une lucidité prématurée, que cette "originalité" serait, vis à vis du contexte social et familial, difficile à appréhender. 
 
Adrien ne mit un nom sur cette originalité qu'à son entrée en collège: homosexualité. Mot qui sonna à ses oreilles, lors d'un cours de Sciences de la Vie et de la Terre consacré à la puberté, comme un mot sanglant, tranchant, grave, froid. "
 
"Etait-ce donc ce que j'étais? Un homosexuel? Etait-ce grave?" furent ses premières pensées.
 
Armé "enfin" d'une dénomination, il plongea avec frénésie dans une quête d'informations diverses, ou du moins il essaya, car internet n'étant à l'époque qu'embryonnaire, ses seules sources furent pendant les quelques mois qui suivirent, une encyclopédie et le livre de Biologie de lycée de son frère aîné. 
 
Les années Collège ne furent pas très gaies, sans jeu de mots aisé. A l'âge où poussent les premiers poils, où l'on découvre et prend conscience de son corps, à l'âge où l'on se rend compte qu'un pénis ne sert pas qu'à soulager sa vessie, à l'âge des premiers fantasmes et des premières masturbations, à l'âge où se posent les prémices de toute sexualité, l'évidence n'était plus à nier pour Dorian: il était bien homosexuel, du moins si l'on en croit la définition donnée par le Larousse 1998 et qui tenait en une seule phrase, en 20 syllabes, en 64 lettres: "Personne qui éprouve de l'attirance sexuelle pour les personnes du même sexe"
 
 
64 lettres qui laissent la faim de savoir intacte, 64 lettres qui laissent tant de questions sans réponses; pire, qui les évasait: était il unique? Une sorte d'erreur de fabrication?
 
Et à ces questions, il n'eut aucune réponse pendant quelques années. Aucune réponse car cette même lucidité qui anime notre cher Dorian et qui lui a fait prendre conscience très tôt de son originalité, lui donnait également assez de recul pour savoir avec certitude qu'il ne pouvait pour l'instant en parler à qui que ce soit, il lui fallait du temps, il lui fallait plus de "matière" avant cela, il n'était pas pressé, il lui fallait rencontrer préalablement deux personnages clés dont nous parlerons plus tard, que nous nommerons Armel et Adrien... 
 
Ah adolescence et autres désastres pourrait être le titre de cette partie chronologique. Oh oui adolescence et envie de paraître, oh adolescence et acné ingrat, oh adolescence et fantasmes, oh adolescence et rêves, oh douce rebellion juvénile, bref  toutes ces choses dont on se rappelle avec nostalgie ou amertume plus ou moins prononcées. Celle de Dorian fut relativement éclectique: excellent élève, bon camarade de classe, membre alternativement du groupe des jeunes "cools", de cette élite pubère boutonneuse des Lycées chics de la capitale, et des "grosses têtes à lunette", geeks version 2000. Un caméléon survivor en somme... 
 
Cela n'empêchait une chose: il avait envie d'ailleurs, d'autre chose, et était convaincu qu'il n'avancerait que très modestement sur sa quête de soi en restant dans les carcans de l'image-reine au Lycée. Il lui faisait finir.. et vite... arracher avec les dents cette indépendance qui se trouvait en finalité; Ce baccalauréat, il le lui fallait le plus vite possible. Après un test de Q.I., quelques entretiens psychologiques, 4 classes sautées depuis le début de ses études, l'évidence était tangible: notre cher Dorian, avait quelques facilités, il était en termes plus techniques et plus barbares "surdoué", ou "précoce" si vous préférez. "Comme si ça ne suffisait pas d'être homosexuel" furent ses premières pensées à l'annonce de ce diagnostic d'une voie monocorde par le psychologue. 
 
Ce fut un samedi 17 juillet, à l'heure où le soleil culmine dans le soleil, un jour sans vent, un jour où l'odeur de l'herbe qui brunit sous la chaleur impitoyable embaume l'air, un de ces jours où l'on pressent que quelque chose d'inhabituel va se produire, un jour comme tous ces jours particuliers, qu'Adrien devint bachelier littéraire à l'âge de 14 ans, devenant accessoirement une petite célébrité éphémère nationale, enchaînant interviews et reportages; Ce pseudo-faste médiatique, certes loin d'être déplaisant n'était pas le plus important: ce qui comptait le plus il l'avait entre ses mains moites.. il l'avait enfin ce sésame qui lui ouvrait tous les horizons, qui lui offrait son indépendance, pendant si longtemps, oh si longtemps désirée.. 
 
L'été qui suivit fut l'un de ceux qu'il garde aujourd'hui en parfaite mémoire car c'est là qu'Armel et Adrien mettent leurs costumes, enfilent leurs masques, se parent de leurs plus beaux atours et entrent en scène, la scène de sa vie. Mais avant d'aborder concrètement ces rencontres, il faut contextualiser encore une fois: notre cher Dorian, jeune et brillant bachelier, promis à un bel avenir universitaire en faculté de Droit (prédispositions familiales me direz vous), avait moyennement avancé dans sa quête de soi; il était, grâce à ce qu'Internet peut vous livrer de mieux, convaincu d'une chose, il n'était plus un modèle unique: il y'en avait "d'autres". Le savoir était une chose, l'appréhender, une autre: étaient-ils réellement de la même conception? Où étaient ils? Comment étaient ils? Autant de questions pour si peu de réponses. Ces "autres" n'étaient que des chimères dont il peinait à saisir la quintessence. 
 
C'est avec beaucoup de prudence, et avec une certaine retenue, que ce même été, Dorian se livra à ce que l'on pourrait, avec un certain recul teinté d'ironie appeler la "Chasse au Gay, la Chasse à l'autre", armé, comme pourrait l'être un trappeur canadien d'une carabine, d'un outil encore pour redoutable pour capturer cet animal fuyant qu'est l'homosexuel: internet. 
 
La suite? elle est celle de rencontres éclectiques, de rencontres qui emplissent mes souvenirs d'un goût fruité exquis, de rencontres qui laissent amertume et acidité, suite pleine d'ivresse et d'illusions, suite pleine de charmes et de crudités, pleine de fous rires et de papiers kleenex usagés et noircis par du rimmel. (2ème partie bientôt) 
 
Baci 
 
Dorian

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