Je suis un multidater mais je me soigne

Publié le par Dorian Gay

Je suis un multidater mais je me soigne

 

Savez-vous ce que c’est que le multidating ? Conception Américaine du couple moderne et aujourd’hui bien répandue, elle consiste à flirter avec plusieurs partenaires en même temps.

Ah ces Zamériquns – toujours si IT ! Ainsi, pour ces derniers, il est tout à fait normal, tant que l’on n’a pas dit que la relation était exclusive, que l’on rencontre (et couche, lorsque l’opportunité se présente,  avec plusieurs personnes).

Lorsque je suis tombé sur cet article traitant du phénomène, paru dans Glamour (oui j’ai des lectures passionnantes), l’été dernier entre deux trains, la vérité « punched me in ze face » : j’étais un multidater.

En effet, par souci surement d’efficacité et de roulement, j’ai toujours été le type de célibataire qui ne se consacre pas qu’à un seul amant, espérant que la relation mue et devienne exclusive, mais plutôt celui qui rencontre des mecs à la chaîne, sans pour autant que cela soit sexuel.

Pourquoi ? Après m’être longuement posé la question, la réponse la plus évidente que j’ai pu déterrer tient en un seul mot : peur.

Oui, oui, chers lecteurs, peur de perdre mon temps, perdre de passer à côté de belles rencontres, peur de la déception, peur du risque de s’investir pour rien, peur de se mettre à nu, peur de devoir recommencer après chaque déconfiture…

Je suis jeune me direz-vous, « perdre » son temps dans des relations qui s’avèrent passagères et stériles ne devraient pas m’effrayer car je suis sensé avoir la vie devant moi. Oui mais … NON, je ne peux pas me résoudre à courir qu’un seul lièvre à la fois. Soyons cartésiens : ce n’est qu’une question mathématique de probabilités, « plus on rencontre, plus accrues se révèlent les chances de tomber sur des perles rares ».

 

En outre, cela présente d’autres avantage d’avoir plusieurs fois à la fois : on n’attend pas avec anxiété que le mec appelle ou réponde car on a autre chose à faire ! (pour l’anxieux et l’impatient que je suis c’est salvateur !), on est noyé sous les sms et les preuves d’affection cela est flatteur, on enchaîne les sorties culturelles et les activités. On peut avoir un amant drôle, un autre qui embrasse bien et qui a tous les atouts du bobo cinéphile ultracultivé, un troisième qui est si beau qu’on l’exhibe partout comme un IT bag. Bref, on peut arriver à obtenir un patchwork quasi idyllique tout en mettant ces amants sur le banc d’essai : trier, tester, fructifier et ne garder que le meilleur.

C’est une solution surement opportuniste et qui se veut surement « trop facile », mais j’assume totalement. Après avoir essuyé pendant deux ans, moult râteaux et déceptions car croyant naïvement au principe de l’exclusivité dès les prémices d’une relation, et qui m’ont laissé quelques cicatrices encore lancinantes, je ne pouvais me résoudre à continuer à vivre dans ma bulle AméliePoulain-Bambienne, car oui, avouez, tout le monde le fait ! Combien de mecs retrouvais – je sur les chats dès le lendemain d’un romantique rendez- vous, balbutiant quelques justifications maladroites pour tenter d’y expliquer leur présence ?

« trop de choix… trop de choix… tue le choix » et je crois que c’est symptomatique des grandes villes en général. Tels des papillons, on virevolte d’une fleur à une autre et on s’attarde sur celles dont le nectar est plus sucré. L’inconvénient est qu’à force, viennent l’overdose de rencontres qui rendent de plus en plus exigeants et imperméables (au mieux), ou l’illusion (au pire) de vivre pleinement et intelligemment une vie sentimentale épanouie et riche. J’ai donc, j’estime, assez de recul pour me rendre compte que mon jeu n’est pas voué à s’éterniser. Viens donc, oh viens donc homme de ma vie, pour briser ce cycle infernal.

 

Et pour vous satisfaire, bande de tits curieux, faisons état de mes daters du moment ; Liste non exhaustive et métamorphe, s’allégeant ou s’alourdissant au fil du jeu du temps et des affinités :

-          Toto : Brun, la trentaine, BCBG, Journaliste notoire sur une chaîne publique, ancien d’HEC comme moi. Il est exquis : un regard apaisant, une culture gargantuesque, des signes d’attention si touchants (comme ce jour de la semaine passée où, en relevant mon courrier, surprise : petit mot de sa part écrit à la main et accompagné d’un DVD dont nous avions discuté). Je suis Monroe et il est JFK. J’aime nos échanges quotidiens, j’aime quand il m’écrit à 3h du matin pour me parler de mondanités et m’embrasser, ses yeux, j’aime quand il me vouvoie et qu’il m’appelle ‘’son beau’’, son parfum, son humour, son égo… mais j’aime tellement moins son manque d’initiatives, son mec avec lequel il est depuis deux ans mais qu’il dit ne pas/plus aimer…

-          Eole : Châtain, la trentaine, Magistrat. J’aime sa voix douce, rassurante, quasi paternelle, son côté candide et innocent, ses attentions, j’aime ses longs textos, j’aime nos weekends culturels au théâtre, à écumer les expositions et galeries d’art de Paris, à parler littérature et opéra, j’aime sa bouche, son sourire, sa grande sensibilité.

-          Giant : Brun, Geek, Ingénieur. J’aime sa voix masculine, rauque et lourde, j’aime sa (très grande) taille, j’aime ses mains douces, sa timidité, nos passions communes comme la photo et les voyages, j’aime sa sensualité et ses mystères… J’aime moins ses silences et ces jours où sa timidité nous joue de vilains tours

-          Neal : Châtain, atypique, Doctorant en Philosophie. J’aime son accent chaud du Sud, sa carapace, son humour, ses yeux bleus ciels, son regard félin, nos nuits, ses cuisses, les croissants du petit déjeuner. J’aime moins quand il m’oublie et qu’il réapparait, et qu’il m’oublie et réapparait, et m’oublie…

-          Delicioso : Physiquement, mon préféré : grand, brun, Argentin, yeux lagons, parfait dandy des temps modernes, arborant cravates Hermès et vestes Armani à chaque rencontre. Journaliste notoire lui aussi sur une grande chaîne publique (je les attire tous ou quoi ?) J’aime quand il me fait rire et fait le pitre, j’aime quand il laisse émerger le grand sensible et fragile qu’il est derrière sa carrure et son charisme, j’aime quand il s’attache de plus en plus à moi et use de stratagèmes divers pour me revoir, j’aime son élégance et son intelligence, j’aime son côté latin, son sourire, son corps, ses baisers, ses coups de reins…

-          Barth : Le plus âgé, brun, Chef d’Entreprise, il me laisse une saveur mi sucrée, mi salée. Brillant, vif, vrai, nous nous étions rencontrés pendant l’été 2012 à St Barth où il y a une (magnifique) maison d’été, avant de nous revoir sur Paris et écumer tout ce que Paris fait comme restaurants, soirées mondaines, et musées. Nous fûmes compagnons d’heure de thé au Palais de Tokyo, au Montalembert, au Bar du Raphael. Nous essuyons actuellement un petit relâchement depuis deux semaines car on s’est faits peur… peur, en ce qui me concerne de le voir s’attacher si fort, si vite… peur pour lui de me faire peur…

-          Den : un nounours d’une gentillesse touchante et aux yeux hypnotisants. Rencontré initialement il y’a quelques mois pour ce qui ne devait rester qu’un plan cul, qui ne put être concrétisé pour des raisons de « rigidité », Den s’attacha à moi et je l’ai laissé faire. Pourquoi alors que je n’éprouvais pas spécialement d’attirance ? sadisme ? masochisme ? Je n’en aucune idée. Avec le recul, je ne regrette pas de ne pas avoir coupé court : savoir quelqu’un prêt à tout pour vous, le voir jour après jour s’attacher inexorablement à vous, vous savoir objet de pensées et de désirs, c’est bon pour l’égo et pour mes crises de manque d’affection. Oui c’est certainement déguelasse et égoïste de ma part, mais je n’ai jamais dit que j’étais un saint, loin de là.

 

Je vous tiendrais ponctuellement au courant de l’évolution de ces différents ‘’dossiers’’ chers lecteurs. En attendant faites vos paris ! ;)

 

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