L'Amour, l'Argent, la Santé : Mon Couple Avec Ryan Gosling

Publié le par Dorian Gay

L'Amour, l'Argent, la Santé : Mon Couple Avec Ryan Gosling

* Ce billet est inspiré de faits réels... ou presque.
** L'auteur cultive l'art de la double lecture... ou triple selon son humeur.


J’ai rencontré un génie l’autre jour dans un bar.

Bar branché, lumières tamisées, sofas confortables, les filles en petites robes sexy qui n’osent pas s’écraser, le dos droit sur le coin du coussin, les jambes croisées, des talons vertigineux aux pieds, des ongles impeccablement vernis, des soutiens gorge wonderbra, la classe. Et des garçons tout aussi beaux, bruns, blonds, châtains, dont les poils virils dépassaient du col de leurs chemises, elles-mêmes glissées sous des jeans flatteurs et des ceintures chics. C’était plein de monde, plein de mode aussi, vraiment très plein, des grands gars forts, des grandes filles minces, des milliers d’euros de vêtements par mètre cube, qu’est-ce que je faisais là me direz-vous. C’est à côté que je devais rencontrer des amis, mais j’ai mal lu l’adresse, et je suis entré là, dans ce bar surbranché, une chance que je n’étais pas trop mal habillé.

En entrant, je ne voyais pas grand-chose, lumière tamisée je vous l’ai déjà dit, et plein de monde, je vous l’ai dit aussi. Dans ces circonstances, la recherche des amis est difficile. J’aurais parié qu’ils étaient complètement au fond. J’aurais perdu, bien sûr. Mais je ne le savais pas à ce moment, et il fallait que j’aille voir. En glissant d’un carré du plancher à l’autre, en frôlant toutes ces peaux bien hydratées et parfumées, en effleurant contre mon gré les bras velus de ces garçons superbes, je me suis senti un peu mal et , d’un geste de recul j’ai un peu frotté une lampe sur patte disco qui mettait de l’ambiance. Et il y’a un génie qui en est sorti.

  • Bon ben, je n’ai pas le choix, tu m’as fait sortir de là, t’as droit à trois vœux. Mais viens dehors, on étouffe ici.

Moi j’aurais cru qu’on étouffait plus dans une lampe que dans un bar, mais je n’ai jamais vraiment été dans une lampe. J’ai suivi le génie jusque sur le trottoir. C’est vrai qu’on était mieux là qu’à l’intérieur, et, en plus, le génie risquait moins de se sauver. On ne sait jamais. Des génies malhonnêtes ça doit exister…

  • J’ai trois vœux c’est ça ?
  • Oui.
  • Je peux commencer par le troisième ?
  • Han ?
  • Non, non, c’t’ une blague.
  • Ah bon ! Si tu veux, tu pourrais faire le vœu de devenir drôle…

J’étais tombé sur un génie cynique. C’est bien ma chance ça.

  • Je peux faire le vœu d’avoir trois vœux ?
  • Je l’ai déjà entendue, celle-là.
  • Moi aussi, mais je la trouvais bonne.
  • Pas moi, non tu ne peux pas.

Finalement ce n’était pas tant un génie cynique qu’un génie bête.

  • Je peux faire un vœu qui a rapport à l’amour ?
  • Oui petit
  • C’est parce que dans Aladin, il ne pouvait pas…
  • Ici on n’est pas dans la tête de Walt Disney, on est dans la vraie vie.

Bête et réaliste. Le pire génie, j’imagine. Qu’est-ce qu’il faisait dans une lampe disco ?

  • Est –ce que vous choisissez vos lampes ?
  • Ecoute, je n’ai pas le temps de répondre à toutes tes questions niaiseuses, fais tes vœux, qu’on en finisse.

Bête, réaliste et impatient. Ou bien c’est moi qui suis fatigant… Bon. Trois vœux. En théorie, si on est intelligent, c’est deux de trop. Mais là, je vais découper le vœu idéal en deux, j’ai pas très envie de me faire engueuler par le génie. Premier vœu : l’argent. Bon, je sais, l’argent ne fait pas le bonheur, mais je vous y verrais, moi, avoir trois vœux et ne pas prendre d’argent…

  • Dix milliards d’euros dans mon compte en banque, en permanence. C’est mon premier vœu.
  • C’est fait.
  • Pas de feux d’artifice, pas de fumée, pas d’explosion, c’est tout. Tu réalises les vœux, comme ça, sans spectacle ?
  • Tu peux faire le vœu d’avoir des explosions, de la fumée et des feux d’artifice si tu veux.
  • Non, ça va aller… Mais là, je suis vraiment milliardaire ?
  • Oui.

Cool. Deuxième vœu : l’amour bien sûr. C’est ce qu’on veut tous n’est-ce pas ?

  • Mon deuxième vœu, c’est que Ryan Gosling et moi soyons amoureux l’un de l’autre pour le reste de nos jours, à partir de maintenant.
  • C’est fait.

Et pouf, je me suis retrouvé avec Ryan Gosling qui me mettait la main autour de la taille, les yeux pleins d’affection, comme ça. Et mon Dieu, j’étais vraiment amoureux de lui. La puissance d’un génie, c’est fou.

  • Mon troisième vœu, c’est la santé pour Ryan et moi.
  • C’est fait, ça ne te rend pas immortel.
  • Pas de problème, c’est déjà pas mal.
  • Au revoir.
  • Merci, génie.
  • Oui, c’est ça, dégage maintenant.

Et c’était le début de ma nouvelle vie.

L’argent, c’est chouette l’argent. On peut tout faire, tout le temps, avec n’importe qui. On devient beau grand fort et séduisant du jour au lendemain. Tout le monde en veut, de notre argent. On devient tout ce que j’ai toujours voulu être, beau, grand malgré mes 1m75, le meilleur, le plus fin, c’est tout ce qu’on me dit en tout cas, et je préfère le croire. On arrête de travailler et de prendre le métro, on ne va plus à la cantine, on ne craint plus les fins de mois, on s’habille bien, on voyage beaucoup, on va dans les magasins et on se sent Julia Roberts dans Pretty Woman, sauf que l’American Express Black est la notre et qu’on ne la rend pas après.

On est invité dans les soirées les plus trend. C’est drôle. Tenez, la semaine dernière, je me suis retrouvé dans un salon, ou quelque chose comme ça. Je ne connaissais personne, tout le monde me connaissait. Il y’avait là les plus beaux garçons de Paris, et à mesure que les verres de cocktails apparaissaient dans ma main, ils se rapprochaient de moi. A la fin de la soirée, ils étaient quatre ou cinq à me toucher, à me raconter des niaiseries, à me parler de leurs boulots chez Abercrombie et Fitch, dans des langues que je ne connaissais pas. Plus beaux les uns que les autres, et les autres aussi, ils voulaient que je rentre avec eux à leur hôtel. Ils me léchaient le lobe et me palpaient la cuisse.

Et moi, je vous jure, j’avais envie de tous ces beaux gars. Tous, pas un plus que l’autre, même l’autre blond un peu trop fin. C’était le paradis. Je voulais aller à leur hôtel, mais au fond de moi, il y’ avait ce petit malaise, l’amour. J’aimais Ryan, et toujours cette petite pensée pesante que, par amour, je n’avais pas le droit. J’ai quitté les éphèbes avec ce drôle de ressentiment – de m’être fait avoir – et je suis rentré au manoir, mon chez-moi de néo-riche.

Aujourd’hui, on est rendu aujourd’hui, et, pour être honnête, ça me pèse. Pas l’argent, l’amour. Ce constant sentiment de culpabilité, cette petite chaîne qui m’étrangle chaque fois que j’ai envie d’un autre garçon – chaque jour condamné à aimer, oui j’aime Ryan mais ce n’est pas suffisant, et je suis piégé, la cheville dans les crocs de métal, dans la neige, dans le froid, en moonboots TATI, et pas moyen de me ronger les os pour m’en défaire. L’amour éternel comme une obligation, comme un corridor sombre qui ne semble pas vouloir finir.

Cela pour dire que si voulez mon avis, ce qui ne fait pas le bonheur, ce n’est pas l’argent, c’est l’amour.

Génie ? Génie ? Je peux changer un de mes vœux ? J’aimerais ça finalement… être drôle.

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microsoft office helps 10/05/2014 07:28

Wow.. You must be lucky enough to meet this guy. Who wouldn't dream of meeting this young, talented actor for once in the life time. i became his fan right from the first film.

sylvainj 20/06/2013 17:20

Waouh, l'amour ne fait pas le bonheur. En voilà un sacré scoop, très joliment raconté :)

Seb_Stbg 15/06/2013 11:16

Heu la j'ai rien compris :-/