Le Moment "D" : Jouons au Lovegame

Publié le par Dorian Gay

Le Moment "D" : Jouons au Lovegame

Oh la vie … (soupirs)

Alanis Morissette chantait : « Eh bien, la vie a une drôle de façon de te prendre par surprise. Quand tu crois que tout va bien et va dans le bon sens, la vie a une drôle de manière de t’aider »

Cette vie qui vous fait gagner au loto la veille de votre mort

Cette vie qui laisse tomber une mouche dans votre Chardonnay

Cette vie qui place devant vous un embouteillage alors que vous êtes déjà en retard

Cette vie qui vous fait rencontrer l’homme de vos rêves… puis sa ravissante femme plus tard

Cette vie qui offre une grâce à un condamné à mort deux minutes trop tard.

Cette vie où un pigeon se soulage au-dessus de votre tête ou de votre costume trois pièces alors que vous vous rendez à un entretien d’embauche.

Cette vie où vous trouvez cent cuillères dans les placards de la cuisine alors que tout ce dont vous avez besoin est une satanée fourchette.

Bref cette vie pleine d’ironie ne pensez-vous pas ?

L’examen minutieux de cette ironie ainsi que mes profondes réflexions philosophiques et métaphysiques entre deux épisodes « culturisants » de Jersey Shore m’ont amené à mettre le doigt sur quelque chose de crucial et de décisif en matière de rencontres et que je vais appeler paternellement le Moment “D” (”D”pour Dorian et “D” pour Décisif). Je pense d’ailleurs sérieusement à faire breveter ma trouvaille, fruit d’un dur labeur intellectuel et de quelques verres de vins.

Qu’est-ce que c’est le Moment “D” ?

C’est ce moment décisif, cette fraction du temps déterminante où se détermine l’avenir d’une rencontre. Vous ne voyez toujours pas ? Froncez les sourcils ça aide. C’est cette fameuse seconde où on décide de répondre ou non à un garçon qui nous aborde sur Grindr ou sur un site de rencontre. C’est cette fameuse minute où on décide ou non d’envoyer un sms pour proposer ou accepter une rencontre. C’est cette milliseconde où l’on décide ou non d’aborder le garçon qui nous jette des regards plein d’envie et de timidité alors qu’on voit bien qu’il s’apprête à descendre à la prochaine station de métro. C’est une autre fameuse minute où après avoir passé la nuit ensemble où l’un décide de relancer l’autre le lendemain par sms… ou pas…

Bref, toutes ces secondes, ces minutes, ces heures où se détermine souvent de façon totalement imprévisible et spontanée, comme au loto, l’avenir d’une rencontre.

Le moment “D” est particulièrement identifiable à 3 stades d’une rencontre : le contact – la rencontre – le post – rencontre.

Le contact initial : vous êtes sur Grindr, un profil potentiellement intéressant apparaît sur votre radar, vous savez pertinemment que vous n’avez que quelques minutes pour prendre contact car les aléas de la géolocalisation Grindr auront très vite fait de le faire à nouveau disparaître, peut-être à jamais. Vous êtes à une fête, un garçon tout à votre goût vous fait de l’œil, vous êtes rongés par la timidité ou un orgueil trop vif, la soirée se termine dans 20 minutes et vous ne savez rien de lui ou avez attendu passivement que ce soit lui qui fasse le premier pas et concrétise cet intérêt que vous semblez avoir l’un pour l’autre. Vous recevez un message sur un site de rencontre d’un profil banal qui vous aborde d’un simple et lancinant « salut », vous êtes partagés entre la curiosité de savoir si quelqu’un de potentiellement intéressant se cache derrière cette maigre salutation ou la peur de perdre votre temps.

Voilà autant de cas où nous nous retrouverons tous devant des moments “D” appelant à notre intuition et où nos actions ou inactions déterminent la fécondité d’un regard insistant, d’un message, d’un sourire…

La rencontre : Vous avez passé le cap du premier Moment “D” – Bravo ! Vous pensez avoir mis votre coup de cœur dans la poche ? Come on, si c’était aussi facile je n’écrirais pas ces articles sur mon divan qui grince et un pot de glace à la main, je serais déjà à West Hollywood, dans un hamac et dans les bras de Matt Bomer (qui a déjà répondu à un de mes tweets – grand moment de gloire et de séduction geek style). Bref, la route est encore longue avant la Mairie, le powerpoint pourri et le riz à la gueule. Il vous faudra encore passer cet instant crucial qu’est le second moment “D” inhérent au premier rendez – vous.

En effet, avoir décroché un contact, un sourire, un message, et y avoir donné suite ne vous garantit en rien que vous ayez le loisir de converser avec votre flirt autour d’un verre de vin et d’une côtelette de porc. Encore faut-il que l’un de vous ai l’initiative de proposer une ‘’vraie’’ rencontre, un vrai rendez-vous galant. Et là, croyez-moi ce n’est pas gagné. Entre ceux qui prolongent indéfiniment un face à face, ceux qui ne sont jamais disponibles, ceux qui vous proposent de converser via MSN, Skype et compagnie (très mauvais plan) afin « de mieux se connaître avant la rencontre » et qui ne resteront à jamais que des images pixélisées sur votre écran, ceux qui relâchent le lien et donc l’intérêt au fil du temps, ceux qui disparaissent comme ils sont apparus, c’est-à-dire de façon soudaine, sont tout autant de cas où l’on se retrouve victimes de cruels moments “D”.

Le post – rencontre : Vous avez à la sueur de vos doigts qui ont frénétiquement appuyé sur votre clavier d’ordinateur ou sur votre smartphone pendant des jours, décroché une vraie rencontre avec votre flirt rencontré et approché dans le métro – vous êtes un héros de l’amour des temps modernes (le slip en lycra en moins). Vous avez donc dégusté vos rognons de veau l’un en face de l’autre, parlé de vos vies respectives et des poissons rouges que vous avez eu pendant votre enfance, vous avez même surement couché ensemble (sauf si vous faites partie de la fameuse Ligue des Mecs qui ne Couchent Pas At The First Date – LMCPATFD) et vous vous retrouvez le lendemain devant ce moment que nous connaissons tous.

Oui, ce fameux lendemain où l’on ronge d’envie de reprendre contact pour proposer une seconde rencontre mais où notre orgueil, notre égo ou notre timidité nous glisse à l’oreille que « de toute façon si il a apprécié le moment il fera signe de son propre gré » ; Oui ce fameux lendemain où l’on devient des ados prébubères qui téléphonent à leurs amis et qui les assènent de “tu penses que je devrais le rappeller ou pas??”, ou d’un “Oh il m’a juste répondu un simple – merci pour la soirée – il a pas aimé c’est sûr – je veux me suicider au Vicks!”.

Oui ce fameux moment où l’on se retrouve entre deux confluents : celui de l’envie et celui de la peur de la vulnérabilité, Oui ce troisième et ultime vicieux moment “D”. Vicieux pourquoi ? Parce que c’est celui qui fait le plus de victimes et c’est la phase où ressurgissent nos vieux démons. L’on renvoie la charge de la reprise de contact à l’autre en oubliant… que lui-même, dans la plupart des cas… opère ce même renvoi et le résultat est sans équivoque : deux garçons qui s’apprécient, qui ont eu un premier contact (moment “D” 1), puis une première rencontre (moment “D” 2) et qui de façon totalement stupide vont attendre passivement relance l’un de l’autre ; relance qui, dans bien des cas va être émise trop tard car les premières flammes se seront éteintes par dépit. C’est ça le lovegame.

Vous savez, je vous dis ça aujourd’hui avec un certain recul mais il n’y a meilleur (mauvais) exemple que moi dans tout Paris, que dis-je, dans toute la France de l’Univers Mondial pour illustrer ces moments “D”.

Oui, je ne prends jamais contact de prime abord ; « Jamais » n’est pas une hyperbole. Si, si je vous assure. J’ai beau traîner sur tous les sites de rencontre depuis l’âge de pierre d’internet, je n’ai jamais pris l’initiative d’aborder des profils qui m’attiraient, victime de cet égo ou de cette peur … disons le franchement… de se prendre un râteau. Oui donc, en matière de rencontres, il y’a des chasseurs qui vont en quête, une carabine à l’épaule, moi je suis un pêcheur … qui attend… comme un idiot certes… mais qui attend.

L’avantage de cette méthode est évident : aucun râteau et boost de l’égo garantis. Le désavantage est tout aussi évident : l’on passe à côté de belles occasions car on oublie aussi que certaines personnes préfèrent la canne à la pêche à la carabine, tout comme nous. Si donc, déjà, derrière la sécurité de mon écran d’ordinateur je n’ai pas le courage de prendre des initiatives, imaginez-vous donc un peu l’état de stase dans lequel je plonge lorsque je suis l’objet de regards insistants dans les transports ou en société.

Je suis aussi toujours celui-là, lorsqu’un poisson mord à l’hameçon qui ne donne jamais l’impulsion d’une rencontre, toujours rongé par l’égo, la peur de déplaire, ou finalement même de plaire.

Et encore ce même-là qui après une première rencontre des plus prometteuses… attend bêtement et naïvement relance et à qui il ne reste que l’humour ou ce blog pour partager avec ironie ces sms que l’on reçoit souvent bien trop tard…

Finalement c’est cela le lovegame, le loto des rencontres, on tire de temps en temps les bons numéros, mais on perd si souvent le ticket gagnant, mais encore faut-il accepter de rentrer dans le jeu et d’en assumer les aléas…

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