Safe! Oui j 'ai dit Safe!

Publié le par Dorian Gay

Oui j'aime le sexe, et comme tout homo célibataire dans la fleur de l'âge, j'ai un certain nombre de partenaires sexuels différents; et comme tout homo responsable, je passe périodiquement mes tests IST.

Le dernier en date, remonte à quelques jours: je voulais passer un test VIH sous une forme que je ne connaissais pas - le test de dépistage rapide - TDR ou TROD.

Votre serviteur que je suis, outre le fait que je me dois de vous tenir à jour et de tester en avant première pour vous toutes les nouveautés, n'était pas resté très sage pendant ses vacances à St Tropez il y'a 3 mois, où, (OUI, j'ai failli!): j'ai couché sans capote avec un vieil ami (grand moment de faiblesse)... et je devenais de plus en plus paranoiaque ces dernières semaines, prenant ma température tous les matins, scrutant chaque détail de ma peau, tâtant mes ganglions, bref guettant tout signe de primo-infection. Précisons en effet que je suis hypocondriaque, le type d'hypocondriaque qui pense à chaque fois qu'il a une grippe, qu'il est atteint d'un cancer, et qui le numéro de son médécin en "numéros favoris" sur son téléphone. Information supplémentaire: ma mère est elle même médécin et est, depuis des années, à la Direction d'un programme Mondial sur... la santé de la reproduction (IST et autres joyeusetés)! Je crois que mon côté hypocondriaque vient en partie de cette proximité familiale avec la maladie.

 

Bref, je psychotais grave et je ne me voyais pas attendre quelques jours les résultats d'un test VIH classique; par ailleurs je fréquente de manière régulière un charmant garçon depuis quelques semaines (je vous en dirais d'avantage plus tard) et cet indélicat m'a demandé avec la légérété la plus absolue zlors que nous étions allongés sur son lit, après un long coit, si j'étais à jour dans mes tests. Mon silence et mon regard de lièvre sous meth ont fait le reste: le TDR tombait donc à point nommé. Prétextant un rdv occulté, je sautais hors du lit, ramassais mes affaires, l'embrassais et me précipitais sur mon smartphone dès que la porte de son appartement se refermait sur moi.

Après quelques recherches sur internet (Google est votre ami), je suis tombé sur une petite association qui proposait le test rapide et qui (en plus) était spécialisée sur la sexualité gay: le Kiosque.

 

Me voilà, quelques minutes plus tard devant l'entrée dudit Kiosque (après avoir murmuré des Ave Maria durant le trajet en promettant à Dieu que je ne recommencerais plus - bla bla bla). Je fus accueilli par un grand blond fin souriant. Malgré le stress et l'angoisse, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il était craquant le bougre. Il fut expéditif mais gêné en m'annoncant que j'arrivais un peu trop tard et qu'ils étaient complets pour la matinée. FUCK, je me retrouvais comdamné à supporter l'incertitude qui me rongeait pendant deux jours supplémentaires. Deux jours plus tard, même scénario, le lieu était full. Un: "putain! tout le marais se fait dépister ou quoi?!"" que je n'ai pas pu retenir motiva la jeune femme brune qui se chargeait de l'accueil et de l'aiguillage à m'orienter vers un autre centre, le VOLTA, qui était réputé moins couru.

 

La troisième tentative fut la bonne. Le lieu était glauque à souhaits: vétuste et mal éclairé, décoration négligée, MAIS il était vide! Bon point après ma quête de disponbilités. Je n'eus même pas à attendre devant le bureau de l'infirmière qui me fit rentrer et m'installa très vite. Blonde, grande, l'air pas très futé, affublée de son immonde uniforme rose, elle semblait néanmoins assez pédagogue et sympathique et prit donc un bon quart d'heure à m'expliquer comment le test allait se dérouler.

 

Aussitôt expliqué, aussitôt fait; petite goutte de sang prelévée sur mon index (ca ne fait pas mal du tout), réactifs mélangés, résultat mis en évidence dans la minute: j'étais négatif, NE-GA-TIF!!

 

 

Safe! Oui j 'ai dit Safe!

 

Ceci donc pour dire à ceux qui:

- Arguent qu'ils n'ont pas le temps de passer leurs tests régulièrement: en 15 minutes c'est plié (pensez juste à prendre RDV pour éviter le type de déboires que j'ai essuyé).

- Arguent que le stress lié à l'attente des résultats en insoutenable: en une minute il est mis en évidence

- Arguent que cela représente un coût et comporte le risque que les résultats soient utilisés à mauvais escient: le test est gratuit, anonyme et confidentiel

- Ont peur des éventuels mauvais résultats: le personnel et les bénévoles sont formés à l'écoute et dites vous qu'ils en voient passer du monde :) no taboo!

- A ceux qui prenent des risques régulièrement: le TDR permet de se "tenir à jour" facilement et spontanément.

 

Petite précision, qui représente la principale faiblese du procédé: le TDR n'est fiable que lorsque le dernier rapport à risque est antérieur de 3 mois au moins. Si vous avez pris des risques récemment, la fiabilité du test s'en trouve alors fortement altérée: dirigez vous donc vers les tests classiques.

 

Il fait froid à Paris, saison pendant laquelle la libido est particulièrement importante, rechauffez vous donc à deux, à trois, à cinq, à neuf, mais n'oubliez PAS le latex! :)

 

 

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