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9 articles avec culturisation

Typologie des Photos Grindr/Hornet/Tinder/Scruff et cie

Publié le par Dorian Gay

Typologie des Photos Grindr/Hornet/Tinder/Scruff et cie

J’aime beaucoup la photographie. Celle de paysages, d’objets inanimés, de nuages, de sourires figés, de pieds dans le sable. J’aime la photographie plurielle, multicolore, riche. J’ai une affection toute particulière pour le portrait. Je m’amuse à penser qu’un appareil photo est un objet fascinant, magnétique – il a le pouvoir de figer, pour l’éternité, un moment, un visage, un sentiment, une émotion, des traits physiques qui ne cesseront de muer. Plus troublant encore, l’appareil photo brise la glace, il dénude, il dévoile. Je trouve souvent que les gens ne sont jamais autant sincères que sur une photo, pris à vif, authentiques. On ne ment pas à l’appareil photo.

Les gens ne se rendent souvent que peu compte du langage caché des photos. Ils n’appréhendent pas la richesse insoupçonnée qui peut se découvrir sur le papier glacé. Ils ignorent à quel point un portrait peut se révéler prolixe.

Hornet, Grindr, Scruff, Tinder, Planetromeo, les sites et applications de rencontres où nous nous croisons et entrecroisons ont toujours été un terrain de jeu récréatif pour moi. Le principe commun à toutes ces plateformes est qu’il faut se vendre. Pour ce faire, chaque utilisateur dispose de deux outils précaires : des photos et un texte. Voilà tout.

Je me suis amusé à dresser une typologie fondée sur ces fameuses photos et me suis diverti à exprimer ce qu’elles semblaient m’évoquer. L’exercice est assez édifiant.

1. Le sans-photo

Typologie des Photos Grindr/Hornet/Tinder/Scruff et cie

Ils sont partout. Ils pullulent. Ils donnent parfois le sentiment de faire partie d’une secte aux revendications peu claires.

Ils ne s’affichent pas, ne se montrent pas, mais sont quand même sur des plateformes de… rencontres.

Ils avancent dans l’ombre, à pas feutrés. Et n’osez pas leur reprocher leur anonymat – Ils vous répondraient sur un ton réprobateur (choix cumulatifs ou alternatifs) :

  • Qu’ils cherchent à conserver leur discrétion. En effet, nous savons tous que nous sommes susceptibles de croiser grand-mère ou tante Jeanne ou encore notre patron vêtu d’un harnais de cuir et d’un jockstrap en nylon entre deux profils sur Hornet. Cela est bien connu.
  • Qu’ils sont en couple et tenter d’éviter à l’être aimé l’amère découverte de leur présence sur ces réseaux. Moi, à leur place, la question que je me poserais serait plutôt celle de la présence dudit être aimé également sur le même réseau. A cocu, cocu et demi ? Je dis ça….
  • Qu’ils mènent une enquête journaliste ou pour le compte d’un groupuscule secret qui aurait pour but de surveiller des individus fort peu recommandables. Oui, oui, je vous l’assure. Il m’est arrivé, lors de ma courte existence de lire ce type de justifications qui s’expriment plutôt en « je surveille un tel… », « j’essaie de retrouver un tel autre… ». Des vocations de détectives se perdent. S’ils mettaient la même dextérité à « retrouver » ou « surveiller » ces individus, je pense que l’on aurait retrouvé le vol de la Malaysia Airlines depuis belle lurette.

2. Le Faussaire

Typologie des Photos Grindr/Hornet/Tinder/Scruff et cie

Qu’il s’agisse d’un ventre plat simulé au prix d’une apnée, d’une séance de maquillage salvatrice pré-photo, ou de ces aspirants Dorian Gray qui oublient que le temps passe et que les photos ne restent pas fidèles la réalité, ils sont nombreux.

Ils excellent en petits mensonges plus ou moins grossiers. N’osez pas non plus leur en faire un reproche. Ils rétorqueraient d’un air agacé ou entre deux sanglots que tout cela est sans conséquence et que par ailleurs, la société superficielle dans laquelle nous évoluons ne leur donne guère autre choix que de jouer d’artifices.

Ils dissimulent bien souvent des failles personnelles, un manque criard de confiance en soi et penser ainsi panser des plaies bien plus profondes.

3. Le Narcissique

Typologie des Photos Grindr/Hornet/Tinder/Scruff et cieTypologie des Photos Grindr/Hornet/Tinder/Scruff et cie
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Alors que le sans-photo nage dans les eaux profondes des différentes plateformes de rencontres, le narcissique lui veut fendre les eaux claires, il veut ouvrir de grandes voiles, il veut qu’on le voit, il veut s’imposer, montrer.

Avec lui, les portraits se multiplient et se veulent léchés, propres, souvent professionnels.

Comment le reconnaître ? Les indices sont souvent concordants : il aborde une photo de profil parfaite, le mettant en valeur. La pose qu’il tient est souvent une pose de défi, hautaine, lèvres inexpressives, regard dur, bras mobiles (souvent accompagnés d’une main dans les cheveux). Bien souvent, ladite photo le dévoile torse nu et/ou dans une salle de sport.

Son texte regorge souvent d’adjectifs flatteurs : bogosse/bomec, sportif, mec viril, bien foutu, athlétique, etc… qui précédent un certain nombre d’exclusions : bogosse pour idem, viril pour idem, sportif pour idem, pas de gros, pas de noirs, pas d’asiat, pas de plus de 24 ans, pas de crevettes, pas de fumeurs, pas moins de 1m85, pas de pauvres, pas d’êtres humains, pas de mecs qui pètent, qui rotent, qui font caca.

Par ailleurs, le titre de son profil lui même se veut explicite : HotBoy, SexyBoy, TonedMan, GreatShape, Bomecdu75.

Si, malgré tous ces indices vous ne le reconnaissez pas, sachez que son profil contient habituellement de nombreux liens vers d’autres réseaux sociaux : compte Instagram où sont compilés des selfies et photos de salles de sport par centaines, agrémentés d’autant d’hashtags évocateurs, son compte Facebook où il affiche 5735 amis ou un compte Twitter où il s’épanche volontiers sur toutes les soirées auxquelles il se rend – excusez moi… auxquelles il fait l’honneur de sa présence.

4. Le lunettophile

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Cousin germain du sans-photo, ils se comprennent bien ces deux là. Le lunettophile souffre d’une addiction inexplicable à sa paire de lunettes de soleil. Qu’il fasse soleil radieux, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, qu’il soit à la piscine, au cinéma, en boîte de nuit, sous la douche ou dans son lit, ses lunettes de soleil restent inexorablement sur son nez.

La légende populaire dit que le dernier lunettophile qui aurait dévoilé ses yeux au jour aurait eu la rétine brûlée par les rayons du soleil. Pauvres êtres.

5. L’Homme-Puzzle

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Il fait partie de la grande famille du sans-photo et du lunettophile. Artiste raté, il exprime sa vocation artistique morte dans l’œuf dans sa vie privée. Il affectionne les gros plans, le rognage agressif. Il a le sens du détail, peut être un peu trop.

Ses portraits se déclinent en séries complémentaires de gros plans sur différentes parties de son visage : ses yeux, son nez, puis une joue par là, ici j’aperçois des cheveux.

Avoir une image nette et claire de votre interlocuteur s’apparente à un atelier d’arts plastiques en maternelle. Il vous envoie volontiers plusieurs gros plans de son visage et vous défie de les assembler. Sauf que nous ne sommes plus à la maternelle, que nous ne sommes pas tous passionnés par l’art du collage, et que ce n’est pas un artiste. Voilà.

6. L’éternel Triste

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Nous vivons dans un monde cruel, impitoyable. Nous savons tous qu’à chaque jour vaut sa peine. Nous savons que rien n’est si simple. L’éternel triste le sait, il le sait bien trop bien et il veut que le sachiez également.

Sur ces photos, il arbore un visage abattu, tragique, désabusé. Ses lèvres semblent ne plus savoir comment dessiner un sourire, ses yeux ne savent plus comment se plisser dans un éclat de rire.

Sa peine, il l’affiche. Son profil énonce souvent des affirmations emplies d’amertume : « tous les mêmes », « plus jamais de mytho », « déçu à jamais », « non aux connards », « peut être enfin un jour », « j ‘écoute Mylène Farmer en m’ouvrant les veines avec un crucifix dans ma baignoire de chambre de bonne ».

Vous commencez à bien me connaître maintenant depuis que je m’épanche ici. Je suis compatissant, secourable. Bien mal m’en a pris. L’éternel triste se complait à vous brosser tous les détails de sa vie sinistre ; chaque effort de votre part de formuler un compliment, de lui faire prendre du recul, d’insuffler un peu de positivisme se conclut inexorablement par un échec patent sous forme d’un « de toute façon tu ne peux pas comprendre. Toi ta vie elle est bien ».

Oui l’éternel triste, ce qu’il souhaite c’est une oreille éternellement attentive, mais aussi vous rappeler que vous, votre vie, elle est sympathique en comparaison à la sienne et vous emplir de culpabilité et de remords.

Et quand vous vous décidez finalement à ôter votre cape de bon samaritain, voilà qu’il vous reproche « d’être comme tous les autres » et qu’il s’empressera d’ajouter au texte de son profil Grindr une énième lamentation laconique sur ses déceptions.

7. Le Duckfaced

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Sur toutes ses photos le duckfaced a la même expression, la même moue immuable. Nos amis anglais ont baptisé cette expression le « duckface » pour « face de canard », les traits formés par les lèvres faisant en effet penser au minois d’un canard.

En France, l’expression équivalente pourrait être « avoir les lèvres en cul de poule ». Il s’agit toujours de volaille mais nous avouerons cependant que cela est moins gracieux…

Là encore, la légende dit que les duckfaced souffrent d’une affection anatomique. Cette immuable moue n’est guère volontaire mais est devenue permanente au fil des années et des centaines de selfies postés sur Instagram.

Un ami médecin me disait autour d’un café la semaine dernière qu’une solution chirurgicale serait explorée par un groupe de chercheurs Américains. Je vous tiendrais bien évidemment au courant de ces avancées scientifiques majeures.

8. L’inclassable, ou encore le « WTF »

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Ses photos parlent d’elles mêmes : l’inclassable est un OVNI, un être curieux, étrange, une sorte de chimère, de licorne.

On ne comprend pas vraiment les raisons qui le poussent à porter ce costume de Spiderman sur cette photo ou celle de choisir « Merlin Actif » comme pseudonyme, tout comme on ne saisit pas non plus les raisons qui poussent un autre à se travestir en Centaure à l’aide d’artifices informatiques. On ne comprend vraiment pas et au fond, on ne veut pas vraiment comprendre.

9. Le Daddy’s Boy

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Le Daddy’s Boy est jeune, bel éphèbe, à la beauté fraîche, pétillante, gaie. Au premier abord, on ne comprend pas la présence systématique de cet autre homme à ses côtés sur l’ensemble de ses photos. On devine qu’il s’agirait de son grand-père, de son père peut être, de son parrain sûrement. Lorsque le Daddy’s Boy nous répond que ces trois supputations sont fausses, on se complait à imaginer que le Daddy’s Boy, jeune homme sûrement charitable consacre une partie de son temps à ceux qui en ont besoin. Notre imagination veut qu’il passe ses weekends à faire la lecture à des seniors en maison de retraite entre deux volontariats à la soupe populaire. Que nenni.

Le Daddy’s Boy finit par nous avouer que cet homme, qui semble en fin de vie, et qui le regarde d’un œil vitreux et tendre sur toutes ses photos n’est nul autre que son compagnon.

Alors que nos doigts vont rechercher la fonction « bloquer » sur le côté droit de l’écran, un message de l’interlocuteur a le temps de se placer : « Nous cherchons un plan à trois, ça t’intéresse ? Par contre il ne faudra pas y aller trop fort, Francis vient juste de se faire opérer de la hanche ».

10. Le Chercheur d’Exotisme

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On les qualifie de « Rice Queens » quand ils ne sont intéressés que par des asiatiques, « Mud Sharks » quand ils vouent un culte à la peau ébène ou encore « Wanna Beaner » lorsqu’ils ne jurent que par la beauté latine, ces hommes sont assoiffés d’exotisme.

Leurs profils sont certainement les plus explicites et arborent sans retenue des : « lopes pour blacks », « only 4 asiat », « ForLatino ».

Alors qu’il s’agissait traditionnellement d’hommes caucasiens d’un certain âge il y’a encore années, le phénomène se démocratise. Il n’est plus rare de rencontrer des profils du type « Black4Black », ou « LatinWantsLatin » et de constater que l’âge des concernés est de plus en plus jeune.

11. Le Paradoxe

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On en est persuadé lorsqu’on le contacte : il est passif ou actif. Dans notre esprit cela semble être une évidence. Son physique, sa dégaine, son visage semblent parler pour lui.

Frêle, peau laiteuse, imberbe, voix fluette, féminin, l’idée qu’il soit actif ne nous effleure même pas.

Imposant, musculeux, viril, poilu, masculin, nous l’appréhendons comme l’archétype même de l’actif puissant.

Le paradoxe aime les surprises, il aime nous attendre à ce coin de rue où nous l’espérons pas et nous mettre une claque – une gifle à nos préjugés, à nos attentes primaires. Et parfois, ça c’est bien.

12. Le XXL4XXL

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La nature s’est montré particulièrement généreuse avec lui. Il en est fier. Ces turgescences flatteuses lui valent souvent un certain égo, un certain orgueil. Il sait faire partie de ce club extrêmement sélectif, 2% dit-on, d’hommes dont la masculinité évidente caresse au moins les 20 centimètres.

Ce petit groupe cultive l’entre soi et veille sur l’accès au club comme un videur de l’entrée d’une boite de nuit.

Le XXL4XXL ne souhaite rencontrer que des gens aussi bénis que lui. Il sera avide de photos de prétendants, de détails. La rencontre se mue souvent insidieusement en compétition : « magnifique, moi je n’ai que 22 centimètres, bravo ».

Curieuse communauté.

 

13. Le Photoshoppé

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Selon les bruits de couloir, le photoshoppé serait en étroite amitié avec le faussaire et qu’il leur arriverait d’assister aux mêmes soirées. Rumeurs ? Vérités ? Je ne saurais vraiment me prononcer.

Quoi qu’il en soit, le photoshoppé est un être relativement rocambolesque. Il est pressé, il apprécie que les choses se fassent vite, avec célérité, dans le court terme. Le long terme est pour lui une notion vaporeuse.

Ainsi, doté de quelques talents d’édition il se divertit en améliorant ses portraits et photos de vacances et pratique une sorte de chirurgie digitale : un nez trop gros ? et hop, aminci. Une peau acnéique ? la voilà aussi lisse que celle d’un nourrisson élevé au lait de chamelle. Quelques kilos en trop après les fêtes ? quelques rides témoignant du temps qui passe ? tout est enlevé.

Quand je disais que le photoshoppé appréciait le court terme c’est parce qu’il omet, à son grand dam, que tout intérêt suscité à l’aide de ses photos « mises en beauté » mène souvent, à plus ou moins long terme à une rencontre réelle, et que celle ci se conclut inexorablement par des déceptions amères. Oui, le photoshoppé est quelque peu sot. Dans la vraie vie, le nez bien trop gros reprend son volume réel, la peau acnéique bourgeonne à nouveau, les rides se recreusent, les kilos en trop épaississent à nouveau. Cruelle existence.

14. Le Flou Amateur de Paysages (le « FAP »)

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Le FAP est le filleul de l’Homme-Puzzle et le neveu du Photoshoppé. Il paraît que la ressemblance de famille est assez évidente. Le FAP s’aurait également imaginé artiste, il apprécie tout ce qui est brumeux, vaporeux, nuageux, doux.

Demandez-lui des photos et vous recevrez une série de portraits dignes des plus grands (et plus flous) tableaux de Monet. Le FAP aime l’art. Le FAP est aussi fin stratège, il que si après deux ou trois bières, nous sommes bien moins regardants quant à la qualité de nos conquêtes, la portée de quelques photos floutées ne devrait pas être bien différente.

Cependant, vous êtes perspicace et vous enjoignez fermement au FAP de vous transmettre des photos plus claires, plus nettes. Il s’exécute. Spontanément, il vous envoie une photo de lui, en randonnée dans la Moselle, un crépuscule d’Octobre à 700 mètres environ de l’objectif, alors qu’il est adossé en pantacourt à un arbre. Du moins, c’est ce que vous distinguez dans cette photo dont il occupe à peu près 5% de l’espace total, le reste étant laissé au paysage.

Le FAP est un poète.

15. La Lope

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Lopaille en vieux français, « Lope » pour les intimes, désigne ces jeunes et moins jeunes, passifs, qui pratiquent le « Lopage », autrement dit une certaine forme de jeu sexuel empruntant les codes du S&M, de la domination et de l’asservissement, des jeux de rôles. Jusque là tout va bien me direz vous. Comme dirait une humoriste que j’apprécie : « tout le monde fait ce qu’il souhaite avec ses cheveux ». La Lope a un profil qui se veut clair, sans atours et artifices, elle sait ce qu’elle veut et elle le veut là, tout de suite, entre les murs humides d’une cave de Montreuil.

La lope n’a pas de photo type. Il peut s’agir d’un petit minet aux cheveux blonds et à l’air sage sur cette photo, ce brun musculeux et trapu sur cette autre image ou encore cet homme à lunettes, dans son costume cintré, dans la quarantaine, bien sous-tous-rapports.

La lope se reconnaît plutôt à son texte de présentation : « qui veut me loper/baiser/piner/fourrer/niquer/défoncer/et toutes autres joyeusetés » précédant un « now ».

17. Le Dresseur de Lope

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A chaque fois que vous croiserez une lope, sachez qu’un « dresseur » ne sera pas loin. Sur les réseaux de rencontres, les « maîtres à lope » pullulent également.

Les développements précédents s’appliquent avec la même pertinence à cette autre catégorie. Il suffira simplement de remplacer par le terme « se faire », le « me » dans le texte de présentation sus-énoncé. Le résultat serait : « qui veut SE FAIRE loper/baiser/piner/fourrer/niquer/défoncer/et toutes autres joyeusetés » précédant toujours un « now ».

L’astuce est infaillible.

18. Le BCBG

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Sur sa photo, on retrouve tous les codes symbolisant son appartenance sociale : un chino aux couleurs pastels, une mèche sur le côté, des mocassins à gland, une décoration soignée, souvent d’influence baroque. On distingue généralement, dans le fond, quelques pièces d’exception, vases, tableaux, une bibliothèque fournie. Il ne manquerait, pour compléter un tel tableau qu’une chevalière apparente et un pull Vicomte A sur les épaules.

Le BCBG est bourgeois ou aristo et il le revendique. Il en est fier. Il l’arbore comme un blason et l’indique comme pseudonyme si toutefois l’on avait manqué à le constater.

Son texte de profil serait souvent assez pédant : « un peu de culture », « quel niveau ici… », « aime l’opéra, le chant lyrique Malgache et l’art de la broderie chilienne » ou une citation en latin et donnera le sentiment de ne pas être à sa place, tel un cygne voguant au milieu de canards de barbarie.

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5 Films de pédés à voir (ou pas)

Publié le par Dorian Gay

5 Films de pédés à voir (ou pas)

Cinéphile serait un mot peu approprié pour me décrire. Oui, j’aime le 7ème art, c’est un fait. Mais, comme pour un bon œnologue qui doit avoir les sens assez affinés, subtils, pour reconnaître le millésime du picrate imbuvable, le cinéphile, le bon cinéphile est nécessairement un connaisseur, aux goûts souvent experts, tranchés, parfois vaniteux.

Moi, le cinéma, je l’aime avec toute sa beauté et sa laideur. Des films d’auteur remarquables peuvent m’arracher les tripes, tout comme des productions hollywoodiennes grossières peuvent m’arracher des éclats de rire et de l’émotion. Je suis bon public.

Je me suis toujours intéressé à la représentation de la communauté homosexuelle dans le cinéma, et notamment, dans des productions contemporaines plus ou moins récentes. En sus du plaisir évident de regarder un film, s’y ajoute celui de la curiosité, de l’observation sociologique. Par ailleurs, en tant que jeune homosexuel, on dira bien ce que l’on voudra, mais j’ai tendance à m’identifier plus aisément à des personnages qui partagent la même orientation que moi, et dans une certaine mesure, affrontent les mêmes démons que les miens.

Pendant longtemps, l’image du pédé au cinéma fluctuait entre stéréotypes rudimentaires et symbolisme élusif. Cependant, une nouvelle génération de réalisateurs, qui compte notamment des génies tels qu’Andrew Haigh, ont contribué et contribuent à enrichir la palette réservée aux pédés dans le cinéma. Avec cette nouvelle génération de gens du cinéma LGBT, les productions se veulent plus abouties, les personnages plus complexes, plus réalistes, plus sobres. On voit émerger un « vrai » cinéma LGBT, qui séduit par la qualité croissante des productions du genre.

Récemment, j’ai entamé un marathon cinématographique de films LGBT sans cohérence aucune, sans lien particulier entre les différents films autre que celui de mettre en scène un ou plusieurs personnages principaux homosexuels.

Ainsi, en l’espace d’une journée, j’ai regardé : Free Fall, Eat With Me, Eastern Boys, Naked As We Came et Boys.

Voici donc mes impressions à froid.

Free Fall

5 Films de pédés à voir (ou pas)

Ce film se détache assez nettement des quatre autres productions visionnées et se place, sans le moindre doute, en tête du palmarès.

La vie de Marc est ordonnée : CRS de son état, il vient d’emménager dans une maison hors de prix majoritairement payée par ses parents tandis que sa femme Bettina attend leur premier enfant. Lorsque Kay, homosexuel et rebelle, entre dans son unité, un désir incontrôlable et rapidement incontrôlé s’empare de Marc, déstabilisant son cocon artificiel et l’ordre normatif qu’il défendait. La masculinité est le sujet angulaire de ce film.

Stephan Lacant, le réalisateur dont Free Fall est le premier coup d’essai a une écriture et une réalisation soignées -à défaut d’être réellement inventives-, des acteurs impeccables, un sujet de société devenu presque classique (l’entrée peu tolérée de l’homosexualité dans un univers d’ordre, ici le monde policier) et pourtant, Free Fall fait partie de ces films qui insinuent un doute.

Que veut-on nous raconter ? Que veut-on nous dire ? Il est des thèmes évidents que Lacant insinue sans trop de pesanteur telle que la bestialité du monde policier, ordonné face aux crises qu’il doit démêler mais ultra-compétitif en son sein. La scène d’ouverture constitue en cela une entrée en matière des plus directes, in medias res : en pleine course d’entraînement, Marc, essoufflé, est peu à peu exclu de la meute. C’est en remarquant son manque de souffle que Kay, nouveau venu dans la division, s’approche de lui et, à force d’endurance, lui fait découvrir son homosexualité. Si l’argument semble désormais presque banal, son développement et les représentations sociales et affectives qui en découlent ne le sont pas. Le doute qu’insinue le film ne provient pas de la mise en scène de la violence (masculine principalement) mais de son origine. Et c’est peut-être sur ce point que Free Fall oscille entre l’honnêteté brute et la théorisation maladroite et confuse.

Si Kay ne crie pas son homosexualité sous tous les toits, Marc refuse la sienne, tiraillé entre un confort normatif (le travail, la famille, la reproduction) et un désir passionnel mais difficilement intégrable à ce confort particulier. Si ce refus de l’attirance physique et la frustration qu’il engendre chez Marc donne une vivacité à l’image, une représentation épidermique et sensorielle du désir, les conséquences de sa satisfaction mènent toutes à la violence : physique avec sa femme qu’il tente de violer et qu’il abandonne progressivement alors que Bettina est enceinte ; et symbolique tant la découverte de l’abandon va de pair, dans Free Fall, avec celle de la honte et du dégoût de soi.

Lacant a sans doute voulu filmer les différentes étapes du coming out -la répulsion, l’abandon, l’acceptation, le retour vers autrui-, mais les motifs de l’expression cinématographique sèment le trouble. Pourquoi cette figure de démon tentateur blond et marginal ? Pourquoi cette quasi invisibilité du personnage féminin, doux, tendre et compréhensif (la mère en somme) dont la souffrance, elle-même causée par l’homme, mène-t-elle aussi à la violence ?

Ce premier film étonne par sa grande attention aux décors, aux troubles de passage et aux flottements du quotidien en creux de Marc, mais perturbe par des schémas répétitifs (frustration/sexe/violence). Il retrouve, heureusement, la simple pudeur qui permet à l’histoire de s’envoler de temps à autres vers une spontanéité qui tranche avec les constructions théoriques. Les personnages ne peuvent se résumer à des figures strictes et cadrées, et le film au placage d’un discours sur les êtres et les choses, et c’est dans ces interstices de liberté que Stephan Lacant introduit parfois sa volonté de faire œuvre.

Trailer ci-dessous.

Eat With Me

5 Films de pédés à voir (ou pas)

Petite bulle virevoltant dans le ciel du cinéma LGBT. Certes, le fim n’éblouit pas par la qualité de son scénario, le jeu de ses acteurs ou sa réalisation, mais ce film a ce petit quelque chose, non identifiable qui vous laisse l’impression d’avoir passé un bon moment lorsque s’amorce le générique.

Quand Emma emménage avec son fils gay dont elle est très éloignée, la paire doit apprendre à se retrouver a travers la nourriture quand les mots ne sortent pas. Elliott, le fils, doit en plus surpasser sa peur de l’intimité et fait face a la possible fermeture du restaurant familial qu'il a repris.

Les thèmes qui émaillent le film sont assez classiques : une relation mère-fils malmenée, une romance entre deux garçons que tout opposerait, les oscillations entre l’envie de former un couple et celle de vivre une vie plus légère à l’âge de raison, la superficialité de certaines relations humaines.

On reprochera néanmoins au film des lenteurs gênantes, un piètre jeu d’acteur et des décors statiques, mais il apparaît aisément dès les premières minutes du film que ce dernier n’a pas bénéficié d’un budget qui aurait pu améliorer de façon sensible la qualité de la production. On lui pardonne.

Trailer en dessous.

Eastern Boys

5 Films de pédés à voir (ou pas)

Certainement un film qui marquera mon esprit. Au terme des six chapitres intenses et d’une lenteur agaçante, qui lui servent d’architecture, de ses nombreux rebondissements et variations de points de vue, je ne suis pas certain d’avoir percé tous les mystères d’Eastern Boys.

Pas sûr non plus que l’on devine une morale dans cette affaire, tant la complexité des sentiments qui l’animent rend illusoire tout jugement catégorique. Et c’est d’ailleurs la singulière richesse de ce film troublant et retors.

Ici, ce dont on parle est clair et frontal : “les sans-papiers”. Mais parler pour dire quoi ? Pour dire sa révolte de citoyen face à un Etat qui, même sous un gouvernement de gauche, continue de réprimer les immigrés clandestins ? Non ce serait trop simple. Le réalisateur choisit d’interroger notre regard sur les sans-papiers, ces sujets de fantasme et de répulsion qu’il aborde par le prisme le plus révélateur possible, celui du désir.

Eastern Boys est donc une histoire d’amour, qui commence logiquement par une scène de drague. Dans une gare de Paris, un petit bourgeois en goguette, Daniel, aborde un prostitué issu d’Europe de l’Est, Marek. Ils se toisent, discutent tarif, et Daniel invite le jeune gigolo à le rejoindre chez lui pour une passe.

Sauf que le plan déraille : le jour du rendez-vous, Marek se pointe avec son gang de gamins sans papiers, tous issus des Balkans, et ils mettent à sac l’appartement de leur hôte, impuissant face à la violence des Eastern Boys. Cette scène est l’une des plus longues et fortes du film. On est partagés, en tant que spectateurs passifs entre une certaine curiosité presque pornographique, une certaine incompréhension, et la contemplation d’une certaine forme de beauté. Vous savez, un peu comme la scène où les deux héroïnes de la Vie d’Adèle ont un coït qui dure une bonne dizaine de minutes, sans bande sonore, sans coupure au montage ? A peu près pareil.

D’une tension inouïe, scandée par les pulsations hypnotiques de la musique d’Arnaud Rebotini, cette belle scène de cambriolage ouvre le premier chapitre d’une romance à l’issue très incertaine.

Certainement un film qui marquera mon esprit. Au terme des six chapitres intenses et d’une lenteur agaçante, qui lui servent d’architecture, de ses nombreux rebondissements et variations de points de vue, je ne suis pas certain d’avoir percé tous les mystères d’Eastern Boys.

Pas sûr non plus que l’on devine une morale dans cette affaire, tant la complexité des sentiments qui l’animent rend illusoire tout jugement catégorique. Et c’est d’ailleurs la singulière richesse de ce film troublant et retors.

Ici, ce dont on parle est clair et frontal : “les sans-papiers”. Mais parler pour dire quoi ? Pour dire sa révolte de citoyen face à un Etat qui, même sous un gouvernement de gauche, continue de réprimer les immigrés clandestins ? Non ce serait trop simple. Le réalisateur choisit d’interroger notre regard sur les sans-papiers, ces sujets de fantasme et de répulsion qu’il aborde par le prisme le plus révélateur possible, celui du désir.

Eastern Boys est donc une histoire d’amour, qui commence logiquement par une scène de drague. Dans une gare de Paris, un petit bourgeois en goguette, Daniel, aborde un prostitué issu d’Europe de l’Est, Marek. Ils se toisent, discutent tarif, et Daniel invite le jeune gigolo à le rejoindre chez lui pour une passe.

Sauf que le plan déraille : le jour du rendez-vous, Marek se pointe avec son gang de gamins sans papiers, tous issus des Balkans, et ils mettent à sac l’appartement de leur hôte, impuissant face à la violence des Eastern Boys. Cette scène est l’une des plus longues et fortes du film. On est partagés, en tant que spectateurs passifs entre une certaine curiosité presque pornographique, une certaine incompréhension, et la contemplation d’une certaine forme de beauté. Vous savez, un peu comme la scène où les deux héroïnes de la Vie d’Adèle ont un coït qui dure une bonne dizaine de minutes, sans bande sonore, sans coupure au montage ? A peu près pareil.

D’une tension inouïe, scandée par les pulsations hypnotiques de la musique d’Arnaud Rebotini, cette belle scène de cambriolage ouvre le premier chapitre d’une romance à l’issue très incertaine.

Car les deux hommes se reverront plus tard, de plus en plus fréquemment, et ils vivront une aventure de couple sans que l’on sache précisément quelles sont les intentions de Daniel, ni ce qui l’attire chez ce clandestin d’Europe de l’Est.

Ce film est un petit ovni cinématographique, indéfinissable, brumeux et assez confus, mais c’est peut-être là tout son intérêt.

Le trailer est juste là.

Boys

5 Films de pédés à voir (ou pas)

Ce film est un joli, léger et peu prétentieux. Il traite avec pudeur et sensibilité le thème de la découverte de l’homosexualité.

Sieger est un jeune sportif de dix-sept ans qui s’entraîne pour des championnats. Lors de vacances d’été, il fait la connaissance de Marc, un jeune homme sympathique. Amitié et complicité se développent rapidement entre les deux adolescents. Naissent alors des sentiments bien plus forts.

Réalisé pour la télévision allemande, Boys connut un accueil public et critique tellement favorable qu’une sortie en salles fut décidée, suivie d’une vente à l’international. L’œuvre a également été primée à l’occasion de diverses rencontres de cinéma. C’est à vrai dire un film mineur mais touchant dans sa modestie même.

Il s’inscrit dans ce courant de cinéma LGBT proposant des produits formatés et rassurants, sur la forme comme sur le fond. Mais dans le genre, il se situe un peu au-dessus du lot. Le scénario est minimaliste, qui se concentre sur la relation naissante et fragile entre deux adolescents de milieu plutôt modeste. Rien de véritable transcendant dans les situations : les deux garçons sont présentés comme jeunes, beaux, gentils, sportifs, et bien sous tous rapports. Par contraste, le réalisateur oppose la figure du grand frère de Sieger, hétérosexuel rebelle, qui vole des motos et insulte le père, un homme veuf et généreux, débordant d’amour et de bienveillance pour ses deux fils.

Le message est clair : ce film frôle la corde sensible et rassure par un romanesque classique et certains passages dénotent un vrai talent de narration : le film séduit en particulier par ses non-dits et la finesse avec laquelle l’auteur se frotte à son intrigue sans surligner les troubles des personnages. Mais tel quel, ce petit film agréable mérite le détour.

Mon cœur de cœur ? la scène qui clôt le film : Sieger et Marc, une moto qui transperce la nuit, une route de campagne, la délicieuse chanson de Moss, I Apologize (Dear Simon). Une perle.

Un petit aperçu ci-dessous.

Naked As We Came

5 Films de pédés à voir (ou pas)

Laura et son frère Elliot (un superbe éphèbe à la musculature aussi élégante qu’un Rodin) ont reçu un appel les alertant de l’état de santé critique de leur mère, Lilly. Inquiets, ils décident de lui rendre visite après près d’une année de silence. Un long silence qui s’explique par des la nature chaotique du climat familial depuis leur enfance. Lilly était en effet une mère assez antipathique, ne témoignant quasiment jamais aucun signe d’affection, se montrant plus passionnée par le jardinage, sa passion, que le bien être de ses enfants.

Malade, sentant sa fin proche, elle dévoile un nouveau visage lorsqu’elle les reçoit. Les enfants sont déchirés entre la tentation de régler de vieux comptes, celle d’exprimer les rancœurs et des émotions fortes face à une mère aimante comme ils ne l’avaient jamais connue. Au centre de ces retrouvailles familiales il y a Ted (super beau bosse bis), romancier, qui travaille pour Lilly comme homme à tout faire et qui est devenu, par l’usure du temps, son seul ami. Sa présence suscite des interrogations, des doutes, des tensions… avant que Ted et Elliot, entament une liaison à la nature peu ordinaire.

Naked As We Came est une œuvre indépendante à la fois modeste dans sa démarche, assez sincère et disposant d’une mise en scène relativement élégante et subtilement poétique. En s’attaquant au thème de la maladie, le projet aurait rapidement pu sombrer dans les clichés, le misérabilisme ou la niaiserie.

Il n’en est rien, grâce à un scénario relativement bien construit qui dessine progressivement des personnages humains, contradictoires, riches en nuance. On reprochera cependant à ce scénario, une certaine facilité. Les dénouements se devinent, les dialogues sont parfois irréels d’insipidité, lents, tout est parfois un peu confus – les thèmes s’entremêlent et s’entrechoquent. Le film est un peu trop riche, un peu trop gras.

Par ailleurs, le choix des acteurs incarnant les deux personnages homosexuels du film est quelque peu allégorique. Tous les deux sont beaux – pas d’une beauté classique, banale, complexe. Non, leur beauté est plastique, fade, faite de porcelaine ennuyante de perfection. Je retrouve dans ce film ce que j’exècre dans beaucoup de films LGBT : le stéréotype usé et usant du jeune homosexuel éphèbe, irréprochable, presque gênante. J’aurais souhaité des pédés banals, comme vous peut être, comme moi, comme ces amis qui m’entourent, comme ces gens que je croise tous les jours, des gens à travers lesquels je peux me projeter.

« Des roses et des prunes pourries dans le même pot de fleurs » comme disait ma grand-mère.

Quelques minutes du film pour se faire une idée ? C'est en dessous.

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The Loop

Publié le par Dorian Gay

The Loop

Me revoilà donc par ici après une certaine période d’absence. Cela fait déjà quelques semaines que j’ai été « enchaîné » par un autre bloggeur et que je repousse à un énième lendemain les réponses aux questions qui m’ont été posées. Etant quelqu’un de nature superstitieuse, croyez que je prends tout cela très au sérieux.


Le principe est simple : 6 étapes, 11 questions.


ETAPE 1 : CITER LA PERSONNE QUI VOUS A ENCHAÎNÉE


Une des plus belles plumes que je lis dans notre (pas si) petit monde de bloggeurs LGBT ; le seul et l’unique Tambour Major*.


*Pour ceux qui douteraient de mon intégrité intellectuelle, l’emploi de ces adjectifs flatteurs n’est nullement intéressé


ÉTAPE 2 : RACONTER 11 PETITS (OU GRANDS) SECRETS SUR SOI :


1. Je parle très vite. Complexé par mon débit de parole, je m’entraîne secrètement à réduire mon débit et à améliorer mon élocution avec des exercices chinés sur internet que je me complais à exécuter dans l’intimité de mon boudoir.
2. Je fais 1m73 mais je dis que je fais 1m78. Personne ne m’a confondu à ce jour.
3. Je souffre d’un trouble de l’accumulation obsessionnel. Je collectionne toutes sortes de choses. J’ai la fâcheuse habitude de ne pas finir certains produits que j’achète avant de les renouveler, de sorte qu’ils s’accumulent. L’exemple le plus parlant ? Je dois avoir une quarantaine de flacons de parfum (non, ce n’est pas une hyperbole et non, je ne sens pas particulièrement mauvais).
4. Obsédé par l’hygiène, je scrute toujours les mains et les ongles des autres. Je peux en faire une réelle fixation. Il m’est déjà arrivé de m’éprendre de beaux garçons qui ont perdu tout mon intérêt… à la seconde où je les ai vus se ronger les ongles.
5. Les gens intelligents, cultivés et/ou charismatiques m’émerveillent. Je perds tous mes moyens face à ce genre de personne.
6. J’ai beaucoup de mal à vivre les situations de conflit que j’évite dans la mesure du possible. L’idée de cultiver une animosité, peu importe qu’elle soit légitime, m’est insupportable. Dans une autre vie j’étais un bisounours bouddhiste et vegan qui faisait le tour du monde sur le dos d’une licorne arc-en-ciel.
7. Je mange comme pour trois mais ma silhouette et mon poids n’ont pas changé depuis près de 4 ans.
8. Je pense très sincèrement que la vaisselle et la tâche la plus ingrate et pénible de l’histoire de l’humanité. C’est pour cette raison que je pense que le lave-vaisselle est, après le gel au silicone, la plus belle invention de notre siècle.
9. Ma réelle vision du bonheur ? une vie simple à parcourir le monde et en m’enivrer de voyages et m’entourer des gens que j’aime et que j’espère autant heureux que moi
10. J’ai frôlé la mort à trois reprises : je me suis noyé à 6 ans. S’en est suivie quelques jours de coma qui auraient pu laisser persister un traumatisme, ce qui ne fut heureusement pas le cas. A 14 ans, alors que je rentrais du lycée en scooter, je me suis fait renverser par un véhicule. Cette chute m’a laissé quelques cicatrices au niveau de genou gauche. A 18 ans, lors d’un de mes voyages, je quittais un lieu touristique que quelques minutes plus tard, une fusillade éclatait dans la foule. Non, ce n'est pas un mauvais Aldomovar.
11. Je ne sais pas dire non.


ÉTAPE 3 : RÉPONDRE AUX 11 QUESTIONS POSÉES PAR CELUI/CELLE QUI VOUS A DÉSIGNÉ(E) :


1/ Quelle(s) odeur(s) associes-tu à ton enfance ?
L’odeur du shampoing de ma mère. L’odeur laiteuse des yaourts faits maison qu’elle faisait chaque semaine.
2/ De quelle couleur sont tes yeux ?
D’un bleu hypnotique et profond. Non, je déconne : noirs (légèrement noisette avec la bonne lumière, le bon angle et le bon filtre Instagram).
3/ Si j'ouvre ton FRIGO, je trouve quoi dans le bac à légumes ?
Des fruits. Oui, j’aime les fruits. Why would you need sex when you have kiwis?
4/ Un pays où tu n'es encore jamais allé et où tu rêves d'aller ?
L’Australie. Parce qu’il y’a des koalas et des surfeurs blonds dedans.
5/ Parle-moi de ce professeur qui te terrorisait quand tu allais au collège/lycée ?
TOUS mes professeurs de mathématiques. V.O.I.L.A.
6/ As-tu une devise ou une maxime qui te représente ? Et si oui, laquelle est-ce ?
Be Happy. Quoi ? Tu n’aimes pas mes anglicismes ?
7/ Une chanson que tu fredonnes ou que tu écoutes lorsque tu es triste ?
Pearlsde Sade.
8/ Quel est l'endroit le plus saugrenu où tu ais pensé au sexe ?
Sur une plage, nus sur le sable chaud, entouré d’autres baigneurs, dans la plus totale impudicité (fait).
9/ La couleur de vêtements qui te va le moins ?
Jaune et dérivés.
10/ Si tu pouvais arrêter le temps, pendant une demi-heure, une fois par jour, à quelle heure serait-ce ?
Le matin, pour pouvoir dormir davantage. Oui, je suis une marmotte-bisounours bouddhiste et vegan qui fait le tour du monde sur le dos d’une licorne arc-en-ciel. Je vous l’avais dit diancre.

11/ Quelle est, de ta vie la décision la plus dure que tu aies eu à prendre ?
Renoncer à un certain nombre de projets professionnels dans la création d’entreprise.


ÉTAPE 4 : DÉNONCER À SON TOUR 11 PERSONNES QUI DEVRONT REPRENDRE TOUTES LES ETAPES DE CETTE CHAÎNE


Je ne suis pas sûr de suivre assidûment autant de blogs, mais spontanément je pense à…


D’autres noms suivront. J’aime cultiver le suspense.

ÉTAPE 5 : LEUR POSER 11 QUESTIONS PLUS OU MOINS FARFELUES AUXQUELLES ILS DEVRONT RÉPONDRE


- Une mauvaise habitude ?
- La dernière fois que tu as pleuré ?
- Un des plus grands moments de honte que tu aies pu vivre ?
- Cette partie du corps qui te complexe le plus ?
- La première chose que vous faites le matin ?
- L’une des choses que vous craignez le plus ?
- Plutôt introverti ou extraverti ?
- Si tu devais décrire des vacances parfaites ?
- Le film dont tu connais les répliques cultes ?
- Une des choses les plus touchantes que tu aies pu faire par amour ?


ETAPE 6 : INFORMER LES VICTIMES QU'ILS ONT ÉTÉ NOMMÉS...

Voilà qui est fait !

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Bang Bang, Je L'ai Tué

Publié le par Dorian Gay

Bang Bang, Je L'ai Tué

**Billet réponse à Bang Bang, Vous Etes Morts**

C’est comme un chant, quand on chante faux, comme une danse, quand on ne danse pas. C’est maladroit, c’est croche, c’est un peu mon quotidien. C’est mes soirées devant l’ordinateur, à penser que je serais mieux ailleurs, à m’imaginer des loisirs branchés et des sorties chaudes. C’est mes soupers aux pizzas pochettes, mes lunchs congelés, mes mots sur le clavier, mots forcés. Clavier noir, lettres blanches, c’est mes idées que je tords par obligation, je n’ai rien de spécial, mais j’aimerais tant.

C’est comme un chant, quand on chante faux, comme une danse, quand on ne danse pas. J’ai bientôt trente ans. Je m’en fous. J’ai bientôt trente ans et c’est comme si j’en avais douze. Donnez-moi un ActionMan, donnez-moi un Coleco Vision, donnez-moi un fusil à pétards. Donnez-moi un vélo et des amis, donnez-moi des journées complètes à faire n’importe quoi, donnez-moi des belles journées, du soleil, donnez-moi du temps, donnez-moi des gens.

Donnez-moi une job qui a du bon sens.

Mine de rien, j’ai fait 28 fois le tour du soleil. C’est pas beaucoup. Mais c’est beaucoup.

• • •

Je suis derrière mon comptoir, 28 ans, j’ai oublié de m’emmener un tupperware. Je ne suis pas de bonne humeur. Je ne suis pas dans une bonne journée, ni dans un bon mois. Je ne suis pas souriant. Je ne suis pas la Fée clochette, ni celle des dents. Il fait froid ici, et il n’y a presque personne. Un gars plutôt mignon, métissé, qui regarde la même rangée de DVD depuis une demi-heure. Une madame qui vient d’entrer et qui ressort. Ce n’est pas le paradis, ce n’est pas un nuage et des anges et des ailes. Ce n’est même pas un lit et des couvertures, pas des plumes, pas des coussins. C’est un rayon DVD à la FNAC. Froid et terne, un petit club à néons, 3 vieux DVD pour 15 euros, ça pue un peu, il y a des traces de boue sur le plancher.

Hier soir mon mec m’a laissé. Pour rien, non. Juste comme ça, il était las, ou il avait rencontré quelqu’un d’autre, je ne sais pas. Il ne me l’a pas dit. Ce n’est pas un bavard. J’avais ramené Eastern Promises du travail, on l’a regardé vers 22 h, en silence. Quand on est arrivés au générique, il m’a dit que ça ne marchait plus, qu’il fallait arrêter parce qu’il allait devenir fou. Je n’ai pas compris, j’ai pleuré. Il m’a dit de ne pas pleurer, que ça ne servait à rien, que c’était comme ça. Il s’est levé, il est parti. J’ai crié. En mettant son manteau, il m’a dit que c’était fini, qu’on pouvait être amis si je voulais. Je l’ai frappé en gueulant qu’il n’avait pas le droit. Il n’a rien dit. Ce n’est pas un bavard.

Il est parti à pied, vers le nord-ouest, je crois. Je l’ai regardé faire quelques pas, j’ai eu froid.

Et là on est le demain d’hier, et je suis derrière mon comptoir, 28 ans, j’ai oublié de m’emmener un tupperware, mais je n’ai pas faim. Je n’ai pas trop dormi, ce n’est pas une bonne journée, j’ai eu mal, je suis cerné.

Je ne suis pas tout à fait là, pas tout à fait moi-même, pas tout à fait certain de savoir ce qu’il se passe. J’ai froid, il fait froid. J’aimerais pouvoir rire un peu, j’aimerais voir quelqu’un s’enfarger en entrant ici, la face dans la slush. J’aimerais que les autres souffrent aussi. Vous avez froid, vous ? Vous avez faim, vous ?

• • •

Ça doit bien faire trois quarts d’heure que le monsieur plutôt mignon, plutôt métissé se cherche un film. Il hésite entre deux, les regarde, les repose, les reprend. Se décide enfin, pas facile monsieur. Et le voilà qui se glisse vers le comptoir, la caisse et moi. Il me sourit l’air niaiseux, il me sourit l’air de se dire que je ne suis pas laid du tout. Je ne veux pas être dans sa tête, je ne veux pas voir ce qu’il voit. Je ne veux pas qu’il me sourie. Va t’en monsieur, ce n’est pas une bonne journée, pas un bon mois, pas une bonne vie.

Je prends son DVD. Eastern Promises, bien sûr. Tout pour amuser les larmes qui coulent à l’intérieur de mon corps. C’est un client, il faut que je lui parle. J’aimerais mieux crier et pleurer et courir et frapper.

— Eastern Promises, en anglais ?
— Oui, c’est ça, me dit-il sans arrêter de sourire.

La conversation, par déformation, parce que le gérant m’a dit que c’était toujours bien. Parler au client, lui dire ce que j’en pense, de ce film de cassure, de ce film d’hier de larmes et de cris et de pas vers le nord-ouest, je crois.

— Moi j’ai pas aimé ça, ce film-là.
— Ah non ? Moi on m’a dit que c’était bon.
— Bof. Pas fameux.
— Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
— Je sais pas. Rien de spécial, je l’ai juste pas aimé, c’est tout.

Tu voulais que je te dise que c’est le générique qui m’a brisé le cœur ? Que c’est le générique que j’ai détesté ? Tu voulais vraiment savoir ? Non, je ne pense pas. Je ne pensais pas, non.

— Autre chose ?
— Je vais prendre une clé USB. Celles qui se trouvent là bas. En promo.
— Ben servez vous. Elles sont juste là.
— Voilà.
— Ça fait 15 euros et 30 centimes.
— Je peux te donner juste 15 euros ?
— Mmmm, non, pas vraiment.

J’ai froid, je m’en fous, de ta petite monnaie, monsieur. Tu me tapes sur les nerfs, avec ton sourire. Tu me tapes sur les nerfs, à m’imaginer dans ton lit. Tu me tapes sur les nerfs, à penser que je te dois quelque chose. À penser que t’es meilleur que moi parce que t’es pas caissier. Avocat, dentiste, architecte ? Tu me tape sur les nerfs, ton sourire, ta clé USB, ton film surtout. Va t’en, monsieur. Va t’en sans rien dire, va t’en en silence, va t’en. Glisse et tombe la face dans la boue. Souffre un peu, toi aussi.

Ne me dis pas merci, surtout, prends-moi pour acquis, dis-toi que je te dois tout. « Y’a pas de quoi » s’échappe de mes dents, comme un souffle, comme une douleur.

Va t’en, monsieur.

Mais il se retourne, pas de sourire, plus de sourire, il se voit grand, il se voit haut.

— Écoute, pourquoi je serais poli avec toi si t’es pas poli avec moi ?
— Laisse tomber…

Va t’en, monsieur, s’il te plaît. Reste pas. Mais il reste.

— En tout cas, pour le service, je repasserais
— Ah oui ?

• • •

Clic. Un gun en dessous du comptoir, une fraction de seconde, un film au ralenti, des photos qui défilent devant mes yeux, une balle, un bruit, de la fumée, du sang.

Je crois qu’il n’a même pas souffert.

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Bang, Bang, Vous Etes Morts

Publié le par Dorian Gay

Bang, Bang, Vous Etes Morts

Vous êtes morts hier.

Moi je n’ai jamais vraiment eu peur de la mort. Je suis curieux plus que peureux. J’ai peur d’avoir mal, de souffrir. J’ai peur de me noyer parce que la dernière respiration d’eau doit être atroce. Mais mourir, non, ça ne m’énerve pas trop. Et puis la mort, je l'ai toisé de près, vous vous rappellez? Je devais avoir 9 ans ou 9 ans et 3 mois, je ne me souviens plus tout à fait. Vous vous souvenez de ma noyade à la piscine municipale ? Vous vous souvenez aussi de ma chute à scooter sur le périphérique qui m'a laissé une immonde cicatrice sur le genou droit ? La mort je n'en ai plus vraiment peur. Ils sont des milliards à l’avoir fait , même mes deux papis ont sauté le pas, tous mes poissons rouges aussi. Il y'en avait un qui s'appellait Blue. C'est drôle pour un poisson rouge non ? — La mort ça ne peut pas être si pénible. Mais peut- être que vous pouvez m’en parler, vous. C’était hier, c’est ça ?

Et vous ne vous attendiez pas à ça, pas vrai ?

Seul tranquillement au rayon DVD de la FNAC, à déambuler dans les allées, quoi acheter ? Les nouveautés sont toutes vieilles. Vous hésitez. C’est normal, on hésite toujours aurayon DVD de la FNAC, parce que même si on achète un bon film, on a toujours le doute qu’il y en ait un meilleur. C’est la raison pour laquelle je ne veux pas 500 chaînes de télé. Je ne regarderais jamais rien, au cas où il y aurait quelque chose de mieux ailleurs.

Alors vous décidez, finalement, un peu à regret. C’est toujours un peu à regret qu’on achète un film, toujours un peu inquiet. Eastern Promises, votre choix. Il paraît que c’est bien bon. Votre tante vous l’a vanté, votre cousin aussi. Et il paraît qu’on le corps nu de Nikolai Luzhin, ce qui compte. Un petit poids dans la balance — un petit poids de 70 kilos, disons. Vous aussi, vous êtes un pervers sur les bords. Et doux dans le milieu. On se ressemble, vous savez ?

Vous arrivez à la caisse. Sortez votre argent. Le caissier est plutôt beau.

— Eastern Promises, en anglais ?
— Oui, c’est ça, que vous dites en souriant.
— Moi j’ai pas aimé ça, ce film-là.
— Ah non ? Moi on m’a dit que c’était bon.
— Bof. Pas fameux.
— Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a de pas bon?
— Je sais pas. Rien de spécial, je l’ai juste pas aimé, c’est tout.

Si il n'est pas beau vous l'auriez trouvé un peu niaiseux. Là vous le trouvez juste un peu vide. Un peu simple.

— Autre chose ?
— Je vais prendre une clé USB. Celles qui se trouvent là bas. En promo.
— Ben servez vous. Elles sont juste là.
— Voilà.
— Ça fait 15 euros et 30 centimes.
— Je peux te donner juste 15 euros ?
— Mmmm, non, pas vraiment.

Alors vous vous retrouvez avec plein de monnaie, à trouver que finalement, il n’est pas juste vide. Vous partez sans dire merci, bien sûr. Alors il vous lance agressivement un « y’a pas de quoi », que vous attrapez au vol. Votre sang chauffe.

— Écoute, pourquoi je serais poli avec toi si t’es pas poli avec moi ?
— Laisse tomber…
— En tout cas, en ce qui concerne la qualité du service, je repasserais
— Ah oui ?

Clic, c’est à partir d’ici que la peur s’est installée. À partir de « Ah oui ? », quand vous l’avez vu sortir un fusil de sous le comptoir et le pointer vers vous. Une fraction de seconde de peur, de terreur. La peur de mourir. La peur qui vous prend dans les moments les plus inattendus. Clic. Bang. Vous n’avez eu qu’une fraction de seconde pour vivre votre peur. Puis vous vous êtes effondré. Mort, balle dans la tête. Et vous ne saurez jamais si c’est bon, Eastern Promises.

Vous ne vous attendiez pas à ça, pas vrai ?

Vous n’étiez pas prêt. Pas prêt à mourir, même pas prêt à avoir peur. Vous n’avez pas eu mal, pas eu le temps. Vous ne vous êtes même pas senti tomber. Vous n’avez pas vu le tunnel avec la lumière au bout dont tout le monde parle, comme si la mort venait vous chercher tout doucement. Et vous n’avez pas vu le film de votre vie passer en accéléré. Vous ne vous êtes pas vu trotter dans un champ de blé, paisible. Tout ce que vous avez vu, c’est la peur, puis le clic. Ce garçon plutôt joli qui sort son fusil et tire. Un cliché immobile de cette fraction de seconde. Pas d’éternité, pas de douleur, pas de joie. Le vide.

Dans vos yeux, ce n’est pas un tunnel, c’est un bruit de gâchette. Dans vos yeux, ce n’est pas le film de votre vie, c’est la photo de votre mort.

Et alors, c’est comment ? Ils ont raison d’avoir peur ?

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5 Films LGBT à voir

Publié le par Dorian Gay

À l'instar de toutes formes artistiques et culturelles, le cinéma accompagne les évolutions de notre société et présente un reflet intéressant des points de vue, des événements marquants de chaque époque. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir le cinéma comparé à un miroir, qui permet dans ce cas à une communauté de se percevoir, de se construire. Grâce au cinéma, les homosexuels se pensent et se donnent à voir.

De prime abord, se pose une question de définition et cela n’est pas aisé : qu’entends je par film LGBT ? La réponse la plus englobante voudrait que ce soit tous les films ayant pour thématique l’homosexualité. Une réponse plus précise mais tout aussi subjective voudrait qu’il s’agisse des films qui parlent de l'homosexualité, ou qui sont des références pour les homosexuels, ou qui parleront peut-être plus aux homosexuels pour plusieurs raisons éclectiques et à apprécier au cas par cas : scénario, acteurs, interactions entre les personnages, lieux, bande originale, etc

C’est grâce aux premiers films LGBT que l’on se passait sous le trench, mes amis et moi, adolescents, que j’ai découvert l’existence et la transversalité du «milieu » homosexuel ; c’est grâce à ces premiers films que j’ai démystifié l’homosexualité, que j’ai vu qu’un amour perein pouvait naître entre deux êtres du même sexe ; c’est aussi grâce à ces premiers films que je me suis senti moins seul, réduit à ma condition solitaire, et que je me suis, au fil du temps, accepté. C’est grâce à ces premiers films que j’ai entrevu les pluralités homosexuelles. C’est grâce à ces premiers films que je me suis pris à rêver. C’est grâce à ces premiers films que je me suis senti visible. Bref vous l’aurez compris : le 7ème art a eu une place importante dans la construction du jeune adulte que je suis.

Au fil des années, j’ai eu la chance d’en regarder un nombre assez important et il m’arrive de servir, à mes proches, de modeste référence en la matière. Si je devais en retenir un nombre limité, cinq en l’occurrence, lesquels seraient ce ?

5 Films LGBT à voir
  1. Weekend d’Andrew Haigh (2012 - Britannique) – Premier film qui mérite d’être mentionné ici.

Présenté en compétition au festival Chéries-Chéris à Paris, Weekend dissèque, par-delà le thème de l’homosexualité, celui de la rencontre amoureuse. Une brève rencontre qu’incarnent, avec une authenticité sans failles, l’approche réaliste de l’anecdote et le lent tempo de la découverte de l’autre, faite d’une longue suite d’écarts avec les règles de la romance traditionnelle.

Ce qui ne devait être qu’un vulgaire plan cul, initié après une soirée trop alcoolisé laisse place à une relation complexe – précisément parce que c’est le lendemain que cette histoire commence. Au réveil, Glen et Russell partagent un café et, surtout, le souvenir de la nuit qu’ils viennent de passer ensemble. C’est le premier basculement, habile, qu’accomplit le film : au lieu de montrer la rencontre entre les deux hommes et la rapide consommation de l’amour, Weekend réécrit l’histoire.

Car Glen est artiste et il a un projet, encore mal défini, qui consiste en tous cas à enregistrer au matin ses amants lui racontant la nuit qu’ils viennent de partager. C’est dans cet écart entre l’ellipse narrative et le récit qu’en font les personnages au matin que le film s’écrit. Les gestes des deux amants, lentement et pudiquement décrits et commentés par Russell, phagocytent les images que nous n’avons pas vues et esquissent la voie dans laquelle s’engouffre le film.

Au fil du film se dessinent les caractères presque aux antipodes de deux personnages attachants, l’un artiste attaché à sa liberté et l’autre boy next door respirant l’empathie et la gentillesse qui vont se livrer à une confrontation de leur vision de l’homosexualité, de l’amour, du couple, de l’attachement.

Pourquoi j’aime ce film ? Parce qu’il est d’un réalisme et d’une sincérité touchants, l’absence totale de folklore ou d’extravagance. Nous pourrions tous être des Russell, ou des Glen, ou au moins en connaître un. Le film se déroule à Londres, tout comme il pourrait se passer à Paris. Il ne joue pas la carte de la sensibilité exacerbée mais plutôt de la sensibilité objective : on se sent vite pris aux tripes dans une situation pourtant si ordinaire : celle de deux garçons que tout oppose mais qui s’attachent et qui pourtant, refusent de reconnaitre et d’assumer la force du lien qui les unit. Ce film me parle tout simplement par sa simplicité mais surtout son authenticité. Il me fait oublier qu’il ne s’agit que d’une fiction tellement tout est naturel et commun.

Le cinéaste porte son sujet à bras le corps, faisant ressurgir les frustrations de cette rencontre face à l'accueil que leur relation engendre, affichée au grand jour. Le cinéaste dénonce, sans vaciller dans la vulgarité physique, privilégiant les sentiments naissant entre les deux protagonistes. Brandissant le drapeau de la communauté homosexuelle, Week-end réfléchit les obstacles face auxquels le couple gay doit faire face, cette différence encore mal acceptée qui leur empêche de s'afficher en public, de s'embrasser, se tenir la main, s'exprimer sur une sexualité qualifiée de « bruyante ».

Au travers de ses interprètes ( Tom Cullen et Chris New), le film nous éblouit par son éloquence, allant chercher l'émotion légitime du spectateur sans glisser vers un propos larmoyant et prosélytique. Week-end apparaît comme une parenthèse dans la vie sentimentale de ces deux êtres qui ne demandent que la liberté d'aimer. Emprunt d'idéalisme, Andrew Haigh achève son récit par quelques pointillés, laissant le dénouement de cette rencontre inédite voguer vers l'imagination du spectateur, une rencontre qui aura bouleverser leur vie à jamais. Un film poignant.

5 Films LGBT à voir

2- Prayers for Bobby de Russell Mulcahy (2010 – Américain)

Un des plus beau téléfilms que j'ai jamais vu et qui fut à de nombreuses reprises récompensé. Sigourney Weaver incarne Mary Griffith, fervente pratiquante, qui a élevé ses enfants selon les principes conservateurs de la foi religieuse. Le destin de la famille va être bouleversé le jour où Bobby décide de confier à son frère aîné un terrible secret : il préfère les garçons. Lorsque sa mère l'apprend, elle met tout en œuvre pour "guérir" son fils, car selon la Bible, Bobby sera condamné à l'Enfer. Mais une tragédie va remettre en cause toutes les convictions de Mary ... L'actrice donne là une de ses plus grandes performances ! A ne surtout pas manquer, le film m'a fait pleurer plus d'une fois (oui j’avoue). Il s’inspire d'une une histoire vraie et se retient comme une ode à la tolérance.

5 Films LGBT à voir

3 - Ciao de Yen Tan (2008 – Américain)

Multirecompensé au Philadelphia International Gay & Lesbian Film Festival, à la Queer Lion Competition at Venice Film Festival, et aux AFI Dallas Awards.

Ciao, c’est l’histoire de Jeff qui prend sur lui-même pour annoncer le décès soudain de son ex, Mark, à leurs amis. Alors qu'il recherche les contacts dans l'ordinateur de Mark, Jeff tombe sur le mail d'un séduisant italien appelé Andrea.

Andrea et Mark avaient fait connaissance sur le net et devaient se rencontrer lors du voyage d'Andrea aux USA.

Plutôt que d'annuler son voyage, Andrea décide de venir malgré tout et de voir Jeff.

Réunis par le malheur, les deux hommes développent une tendre amitié. Mais, le lien qui les unit évolue en quelque chose que ni l'un, ni l'autre n'aurait pas anticiper…

Chouchou des festivals, CIAO doit énormément au jeu plein de sensibilité, de finesse et de vérité de ses deux acteurs principaux Adam Neal Smith et Alessandro Calza (co-auteur du scénario).

Le jeune réalisateur Yen Tan utilise intelligemment un style minimaliste et plein de retenue pour raconter cette histoire d'amour naissant teintée de culpabilité.

Un film qui devrait faire date pour le Cinéma gay de par son originalité et sa beauté.

5 Films LGBT à voir

4- Do começo ao fim d’Aluizio Abranches (Brésil – 2009)

Un film de mon deuxième chez moi : Le Brésil, et qui m’a beaucoup ému malgré un jeu d’acteurs moyen et un scénario banal.

Julieta est médecin. D'un premier mariage avec un Argentin est né avec Francisco. Remariée à un architecte, elle a un autre fils, Thomas, six ans après. Dès leur plus jeune âge, les deux frères vont développer une relation très forte. Trop forte pour leurs proches. Une relation incestueuse peinte entre deux acteurs d’une grande beauté.

Leur prestation, qui fait la part belle à des moments très intimes, semble donc séduire. Il est vrai qu'une grande partie du film repose sur la beauté presque irréelle de ce couple. Trop beaux, trop parfaits, trop idéaux dans une histoire trop rose ont d'ailleurs jugé quelques critiques.

Il n’en reste pas néanmoins touchant et certaines scènes valent à elles seules le visionnage du film en entier

5 Films LGBT à voir

5 - Keep The Lights On d’Ira Sachs (2012 – Américain)

Chronique méticuleuse d'une vie commune impossible, Keep the Lights on s'imprègne du ressassement d'un amoureux déçu qui ne comprend pas comment pareil gâchis a pu naître d'autant de désir et de beauté.

Dès les premières séquences qui mettent en scène la rencontre entre Erik et Paul, la volonté de parvenir à la vérité à travers l'expression physique de la passion est évidente. Le premier est un très jeune homme qui peine à trouver sa place. Il travaille depuis longtemps sur un documentaire consacré au cinéaste gay new-yorkais Avery Willard, qui réalisait clandestinement des films érotiques. Sa réticence à mener à bien ce projet n'est qu'un des symptômes de sa difficulté à entrer dans l'âge adulte.

Face à lui, Paul tourne déjà à plein régime : avocat, il gagne confortablement sa vie et consacre une bonne partie de ses revenus à sa passion pour les stupéfiants. Keep the Lights on est aussi un film historique, et l'histoire de Manhattan à la fin des années 1990 est placée sous le signe d'une double épidémie, le sida et le crack.

Si les deux jeunes gens, aidés par la chance, parviennent à conjurer la première menace, l'addiction de Paul conduit bientôt le couple à la rupture. Si brutale qu'elle soit, elle n'est que la première station d'un chemin qui a encore bien de l'altitude à perdre. La mise en scène de l'abjection amoureuse, de la reddition presque inconditionnelle d'Erik face aux caprices aberrants de son compagnon, est un spectacle pénible et fascinant. L'élégance de la mise en scène, dont les longs plans sont dessinés par une caméra à la fois fluide et économe de ses mouvements, tient à l'écart la tentation du sordide.

Au fil des ans, Keep the Lights on se transforme en roman de formation. Paul n'est plus qu'une présence physique intermittente, pendant qu'Erik parvient peu à peu à construire une vie d'artiste, un édifice fragile que menace chaque surgissement de l'amant destructeur

Je n'oublie pour autant tous ces autres films qui mériteraient d'être tout autant mentionnées:

Un Amour à taire de Christian Faure (France, 2004)
Les Amoureux de Catherine Corsini (France, 1993)
Beautiful Thing de Hettie MacDonald (Royaume-Uni, 1996)
Les Chansons d’amour de Christophe Honoré (France, 2007)
Comme un garçon (Get Real) de Simon Shore (Royaume-Uni, 2000)
Cowboys and Angels de David Gleeson (Irlande, 2003)
C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée (Canada, 2005)
Dernier été à New Ulm (The Toilers & the Wayfarers, États-Unis, 1995)
Donne-moi la main de Pascal-Alex Vincent (France, 2008)
Edge of seventeen de David Moreton (États-Unis, 1998)
Harvey Milk de Gus Van Sant (États-Unis, 2008)
J’ai tué ma mère de Xavier Dolan (Canada, 2009)
Jitters de Baldvin Zophoníasson (Islande, 2010)
Ma vraie vie à Rouen d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau (France, 2004)
La Mauvaise éducation de Pedro Almodovar (Espagne, 2004)
My Beautiful Laundrette de Stephen Frears (Grande-Bretagne, 1985)
Pourquoi pas moi ? de Stéphane Giusti (France, 1999)
Presque rien de Sébastien Lifschitz (France, 2000)
Les Roseaux sauvages d’André Téchiné (France, 1993)
Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee (États-Unis, 2005)
Sasha de Denis Todorovic (Allemagne, 2010)
Shelter de Jonah Markowitz (États-Unis, 2007)
Sur le chemin des dunes de Bavo Defurne (Belgique, 2011)
Les Témoins d’André Téchiné (France, 2007)
Tout contre Léo de Christophe Honoré (France, 2001)
Week-end de Andrew Haigh (Royaume-Uni, 2011)
XXY, de Lucia Puenzo (Argentine, 2007)

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Hors-Série - Entretien des Principaux Cuirs

Publié le par Dorian Gay

Cher lecteur assidu (*) de ce Blog où j’épanche mes points de vue et mes opinions ainsi que des brides de ma vie Parisienne de pédé coloré, tu as dû te dire à la lecture du titre de ce billet qu'il n'y avait aucune cohérence par rapport à ce qui précédait. Et bien tu sais quoi? Tu as raison.

Y'a des jours comme ça où je me pose des questions existentielles et où j'apprécie avoir des réponses: quels types de plantes tiennent bien en appartement? Écris t'on "bienvenue" avec ou sans "e"? Samsung ou Apple? Comment se fait il que ma canette de produit anti rouille finit toujours par rouiller? Pourquoi "Abréviation" est un mot si long?

La toute dernière question qui m'a tourmenté fut donc, Printemps s'installant comment je devais entretenir ma maroquinerie que nous supputerons... écclectique et je ne trouvais pas de mode opératoire complet, simple et pertinent, traitant de la méthode à adopter pour chaque type de cuir, les variétés étant innombrables et toutes sujets à un traitement différent.

Or à HEC, si on m'a enseigné quelque chose c'est: "si quelque chose n'existe pas, créez le". Poussé donc par ma curiosité, j'ai creusé, j'ai cherché, je me suis renseigné, cela a intéressé d'autres blogueurs et quelques revues (Daily Dandy) qui en publieront le résultat d'ici demain, et voilà donc ce que cela donne.

Si tu as suivi jusque là, c'est bien, cependant sache que ça va parler mode, habillement, maroquinerie et graisse de vison, si tu n'as absolument aucune curiosité pour ces domaines (pourtant passionnants), tu peux t'arrêter là et revenir demain pour le prochain billet, qui sera un peu moins hors série.

Les autres, commençons. Nous aurons comme socle à ce petit guide ma maroquinerie que j'ai rassemblé pour le trimestriel et aujourd'hui bien classique "grand récurage" de Printemps. Dans le cadre de cette enquête, mes cobayes feront partie de la Grande Maroquinerie (Sacs, Sacoches, Cabas, etc) mais sachez qu'elle sera aussi pertinente pour de la Petite Maroquinerie, les Chaussures et même vos accessoires sadomasochistes.

Hors-Série - Entretien des Principaux Cuirs

Aux fins d'entretien, j'utilise usuellement ces produits et ces brosses.

Brosses (de gauche à droite): A poils, A pols durs, Hybride (crêpe + poils durs), A poils semi - rigides, A poils très souples, A crêpe, En crin;

Brosses (de gauche à droite): A poils, A pols durs, Hybride (crêpe + poils durs), A poils semi - rigides, A poils très souples, A crêpe, En crin;

Produits (de gauche à droite): les intitulés sont lisibles.Les 6 petits pots sont des pots de Crème Surfine

Produits (de gauche à droite): les intitulés sont lisibles.Les 6 petits pots sont des pots de Crème Surfine

1 – Louis VUITTON – Famille des NeverFull – Damier – Cuir de Veau

Provenance du cuir - Veau : le cuir de veau est souple et résistant et a un aspect assez rugueux qu’on peut d’ailleurs voir à œil nu sur le Sac, notamment sur les ances.

Traitement - cuir plongé/aniline : réservé aux plus belles peaux sans imperfections en pleine fleur, ce traitement implique de « plonger » le cuir dans un bain pour le teinter dans la masse. Aucune protection pour conserver les propriétés initiales de la peau … Ce cuir est sans doute le plus doux, mais aussi le plus fragile et souvent le plus cher : la moindre goutte d’eau peut devenir… dangereuse. Traitez donc ce type de cuir très délicatement et préférez en user en belle saison et « réservez » les pendant l’hiver et l’automne où ils risquent de pâtir de l’humidité.

Entretien : Passez un chiffon doux par-dessus pour le dépoussiérer de temps en temps. Puis nourrissez-le avec un lait pour les cuirs. Cette action permet de débarrasser le cuir des dépôts de pollution et autres saletés. Si vous voulez raviver sa couleur, NE CIREZ SURTOUT PAS ce type de cuir, encore moins à motifs comme le sont les pièces Vuitton. Utilisez tout simplement un baume gras comme celui que j’utilise (Voir photo produits : huile de lanoline, huile de vison, huile d’avocat, etc)

Soin exceptionnel : IMPERMEABILISEZ ! Le cuir est naturellement imperméable, mais une grosse averse peut le tacher de façon indélébile. N'oubliez pas, donc, d'imperméabiliser votre en cuir avec un produit adapté (une bombe aérosol est idéale, sous réserve de l'utiliser à plus de 30 cm du vêtement). Les graisses pour cuir, celle de Phoque notamment a des résultats plus que remarquables.

N’ayez pas peur de laisser le cuir se patiner (vieillir) car généralement ce sont les cuirs anilines/plongés qui vieillissent le mieux : la peau devient moins uniforme, certains plis marquent, et la couleur également peut s’accentuer ou s’éclaircir en fonction des frottements… En gros, la patine témoigne de la vie du cuir et ajoute même de la valeur au cuir dans un esprit vintage. A noter qu’elle sera généralement plus marquée sur un cuir clair ou marron, plutôt que sur un cuir noir.

Mais si vous voulez vraiment lui redonner un coup de neuf et garder le plus longtemps un cuir à l’apparence neuf, il faudra user des soins prodigués avec encore plus de dextérité et éviter, afin que votre cuir ne se décolore, de le poser à proximité de lumières agressives et ne l'exposez pas au soleil ni près d’une source de chaleur.

2- Sac 48h Holdall de DUNHILL – Cuir de Vachette

Provenance du cuir – Vachette : c’est le cuir du bovin adulte (vache, bœuf…). Il est par conséquent plus solide et plus rigide que le veau, mais également moins soyeux au toucher.

Traitement – Cuir pigmenté : ici le cuir reçoit une ou plusieurs couches de colorants opaques qui masquent les imperfections et le rend plus résistant. Il est plus homogène, et plus facile à imperméabiliser… mais moins authentique, avec souvent un aspect glacé, presque synthétique ! Les peaux qui reçoivent ce traitement sont de qualité moindre, sauf à vouloir donner au cuir un aspect très brillant.

Entretien : Mêmes que ceux prodigués pour le Cuir précédent, mais celui-ci étant plus résistant vous pouvez vous permettre moins de régularité.

Soin exceptionnel : Contrairement au type de cuir précédent, celui-ci patine mal et l’aspect en vieillissant n’est pas de plus esthétiques. Mon astuce ? Traitement de choc : cirage suivi d’une cure au baume gras et brossage pendant quelques jours, nouvelle imperméabilisation et spray/huile pour cuir à utiliser souvent. Sachez aussi que si votre cuir est rayé, griffé ou troué, sachez qu'il existe des résines ou pâtes réparatrices, qui viennent rattraper les différences de niveau du cuir.

3- Maletton Croco Grazia – Crocodile Brun

Provenance du cuir – Crocodile : Par ordre croissant d’utilisation, le gavial, le crocodile et l’alligator sont sans doute les matières les plus nobles et les plus onéreuses. Ils sont solides et chaque pièce a un caractère unique du fait de l’irrégularité des écailles. On en utilisera plutôt le ventre pour sa souplesse.

Entretien : Très délicat car ne supporte que des produits spécifiques : l’huile d’amande douce, de la vaseline ou de la glycérine. Tous ces produits ont des propriétés plus ou moins semblables. Avec de l’amande douce, utiliser un tissu propre pour l’appliquer et laisser imprégner avant de lustrer. Avec de la vaseline ou de la glycérine, il est nécessaire d’utiliser un pinceau pour faciliter l’application du produit. Elles serviront ainsi à nourrir et adoucir le cuir. On doit laisser agir suffisamment longtemps pour obtenir l’effet escompté. Cela peut durer six heures, une journée ou plus, tout dépend de l’état du cuir et de son utilisation à venir. L’application effectuée, la mise en repos pour laisser agir le produit aussi, il ne reste qu’à lustrer comme avec l’huile d’amande douce avec un tissu propre et lisse. Ce tissu doit être sec pour éviter la pénétration de toutes impuretés dans le cuir qui pourrait l’abîmer

Soin exceptionnel : Savon régénérant et vernis pour récupérer (ou fixer) la teinte des écailles.

4- Hugo Boss – Sac dit de « travail » - Cuir de Vachette, cette fois ci pigmenté et légèrement grainé (on voit que le grain est régulier)

Lorsque le grain de cuir est régulier, ce traitement lui permet d’être accentué. Le grain est en fait gonflé à la vapeur, pour un effet beaucoup plus texturé, qui met en valeur des couleurs vives comme le rouge, le bleu…

L’avantage ? On concède un certain cachet au résultat. Par ailleurs ce sont des cuirs qui résistent très bien à l’eau.

Entretien : l’imperméabilisation n’est pas nécessaire. Les conseils prodigués pour le cuir 1 et 2 sont ici aussi pertinents. Idem pour les soins exceptionnels.

5- Cerruti – Sacoche en Cuir d’Autruche pigmenté

Provenance – Cuir d’Autruche : Leur cuir est très doux et peut prendre plusieurs nuances de couleur y compris des très claires comme celui – ci qui fut jadis gris marbre. La première chose qui distingue la peau d’autruche d’autres cuirs est le fait que la peau d’autruche est très différente de la peau de veau ou de porc non seulement en qualité, mais aussi d’un point de vue esthétique. Le cuir d’autruche est riche de plein de follicules foncés, dernières traces restantes du plumage de l’oiseau. Ce genre de cuir est très souvent comparé à de la peau de crocodile mais il est important de savoir que le cuir d’autruche est plus imperméable et plus résistant que la peau de crocodile.

Entretien : pour entretenir ce cuir, il suffit d’appliquer de la cire d’abeille ou une cire synthétique. Pour ma part je préfère le gras de vison. Eviter d’imperméabiliser car il l’est déjà et l’imperméabilisant risquerait de faire virer la teinte.

Soins exceptionnels : AUCUN PRODUIT AVEC TEINTE (cirage, crème surfine, huile teintée, baumes colorés, etc). Ce cuir vire très facilement de teinte dès qu’il est mis en contact avec des produits teintés (j’en ai fait les frais à mon grand désespoir). Si vous voulez donc récupérer, sans risques, une teinte plus vive, utilisez les crèmes pigmentaires teintantes du même ton que celle de votre cuir et des huiles/baumes incolores.

6- Fossil – Sac 48h Jackson en Cuir de Buffle vieilli

Traitement – Cuir Vieilli : L’Aspect vieilli (patiné) des Cuirs s’est toujours inscrit dans une certaine tendance. Paradoxe même, parfois le Cuir à l’aspect patiné a plus de valeur qu’un Cuir sans défauts, certainement car le premier dénote d’un certain caractère, d’un certain charisme. Il est d’ailleurs à la mode de patiner ses cuirs neufs. Si vous ne voulez pas confier ce processus à un Cordonnier spécialisé, voilà donc une petite recette de grand-mère que j’ai déniché : Vous le tamponnez au sopalin (papier absorbant) et huile de tournesol. Versez du café ou du thé sur le cuir... Certaines crèmes hydratantes (les plus bourrines sont les crèmes pour les mains) bronzent le cuir. Le bronzage est uniforme, elle patine le cuir et lui donne un aspect vieilli.

Entretien : Vu l’aspect, il est simple ; un peu de cire de temps en temps fera amplement l’affaire.

7- Louis Vuitton – Famille des Buckets – Monogram – Cuir d’Agneau

Provenance – Cuir d’Agneau : la superstar du cuir. Souvent très doux et souple, c’est une peau fine à l’aspect presque soyeux. La technique utilisée pour ce Bucket Louis Vuitton est celle de la fleur corrigée ou semi aniline ; affichant ainsi naturellement certaines imperfections, sa couche superficielle est poncée pour les effacer. Elle reçoit ensuite une teinture ainsi qu’une fine couche translucide.

Entretien et Soins exceptionnels : Se reporter au Sac 1 mais ne pas oublier que le Cuir d’Agneau est plus fragile que celui de Veau. Il a aussi tendance à se « ramollir », action irréparable. Imperméabiliser si nécessaire.

8- Cartier – Sac de voyage – Diligence Must 1975 – Cuir velours suédé de Veau

Traitement – Cuir Suédé : Ils ont ce touché… velours, si particulier ! Pour ce type de finitions, la peau doit être très belle dès le départ : les imperfections ne se corrigent pas au tannage. La couche intérieure de la peau est poncée, lui donnant ce toucher peau de pêche. En revanche, c’est un cuir extrêmement salissant, dont l’entretien peut être coûteux…

Soin Hebdomadaire : DEPOUSSIERER ! Oui, je sais, c’est un scoop : on peut enlever la poussière avec une brosse. Il n’empêche que certains n’en ont toujours pas chez eux alors que c’est un indispensable de l’entretien de votre maroquinerie. Préférez les brosses à poils plutôt que les brosses à crêpe ou les brosses dures.

Soins Exceptionnels : RAVIVER CHAQUE MOIS ! Pour cela j’utilise un spray spécial peaux chamoisées, en veillant à choisir une marque de bonne qualité (c’est très important, sinon vous risquez de flinguer votre maroquinerie avec les cochonneries qu’on trouve en grande surface). Nous vous recommandons Famaco, Grison, Saphir (toutes les 3 sur Internet et chez les bons cordonniers), et nous vous déconseillons fortement Kiwi ou Barane.

Voici le mode op’ : je brosse le cuir pour libérer la fibre de la poussière et des saletés puis, je passe généreusement l’aérosol. J’attends que ça sèche, disons une bonne heure, et, enfin, je brosse la peau dans le sens voulu.

En cas de tâches ? La gomme Woly ressemble à une pierre ponce mais c’est en fait bel et bien une gomme, qui est légèrement abrasive. Elle enlève un petit peu de matière quand on frotte (donc n’y allez pas comme des bourins !) et les tâches en surface disparaissent. Pour ceux qui seraient un peu sceptiques (comme moi au début), je vous promets que c’est vraiment efficace et très facile/rapide à utiliser.

Faut-il imperméabiliser ce cuir ? Pas forcément. Il est vrai que les peaux chamoisées « boivent » davantage les liquides (et donc les tâches, ou la pluie). Mais leur surface moins uniforme rend aussi les tâches moins visibles que sur du cuir lisse par exemple.


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(*) assidu car vous êtes aujourd'hui près de 200 par jour à faire un tour par ici. Merci ! Je vous aurais bien invité à prendre l'apéritif mais vous êtes trop nombreux donc je bois à vos santés (et à vos cuirs).

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Saisine du Conseil Constitutionnel pour les Nuls

Publié le par Dorian Gay

Saisine du Conseil Constitutionnel pour les Nuls

Ce jour est un beau jour, c’est un jour historique – Mais il est utile de se rappeler que même si Messe est dite, le vin n’est pas encore totalement tiré : les « antis », députés de l’opposition à qui l’on doit, je l’admets, reconnaître une certaine ténacité, une relative’obstination et un réel acharnement, ont saisi, ce jour même le Conseil Constitutionnel, invoquant la prétendue inconstitutionnalité de cette loi.

Pour célébrer les premiers mariages il faudra donc user d’un peu de patience, et en attendant penchons-nous en plus en détail sur cette saisine et analysons les prétentions de « l’ultime recours » des détraqueurs Pétrarque du texte et pour une fois que mon métier de Juriste peut être utile, usons, usons-en.

Que va-t-il faire là ? Combien de temps cela va-t-il durer ?

« Comment ? » est la première question que les néophytes m’opposent. Il faut savoir que le Conseil n’a vocation qu’à déterminer si une loi adoptée, mais non promulguée est en conflit avec une disposition de la Constitution, texte suprême. Par ailleurs ce conflit doit être indéniable et reposer sur du droit, et non des faits. Il n’a, en effet, que faire que Rigide ait réussi à rassembler 2 millions de manifestants dans la rue ou que 40% des députés aient voté contre le texte. Que du droit, que du droit.

« Quand ? » est l’une des questions que l’on se pose le plus. L’article 61 de la Constitution nous précise que le Conseil constitutionnel doit statuer dans le délai d'un mois, il a donc jusqu'au 23 mai 2014.

Le président de la République a dix jours pour promulguer la loi après la validation des Sages. Pendant ce délai, trois textes seront préparés, a indiqué la Chancellerie : tout d'abord, un décret d'application de la loi, signé du Premier ministre, pour modifier les règles relatives à l'état civil. Le Conseil d'Etat disposera alors de trois semaines pour se prononcer sur ce décret.

Ensuite, un arrêté du garde des Sceaux sera rédigé afin d'indiquer aux mairies, imprimeurs, éditeurs de logiciels quelles sont les mentions à modifier sur le livret de famille. Enfin, une circulaire sera adressée par Christiane Taubira aux parquets, pour qu'ils puissent exercer leur contrôle sur les maires et officiers d'état civil. Ces dispositions visent à permettre l'application de la loi dès sa promulgation par François Hollande.

Comment saisit – on le Conseil ? En avaient ils le droit ?

Le Conseil constitutionnel ne peut pas s’auto-saisir. La saisine ne peut être l’œuvre que de quelques autorités : le président de la République, le Premier ministre, le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale, une coalition de soixante députés ou soixante sénateurs. Les députés ayant voté contre le texte et à l’initiative de cette saisine remplissaient cette condition d’effectif. Ipso facto et In concreto, on ne peut donc que leur concéder la régularité de celle - ci

Pour vérifier de la constitutionnalité d'une loi, le Conseil constitutionnel doit être saisi après le vote de la loi par le Parlement mais avant la promulgation par le Président de la République. Cette seconde condition de délai est donc remplie.

Pour quelles raisons une loi peut-elle être déclarée inconstitutionnelle ?

Pour quatre raisons : l’incompétence, le vice de procédure (ce sont les irrégularités commises durant la procédure législative, et notamment la méconnaissance du droit d'amendement, chose dont ils ne pourraient se prévaloir je crois bien…), la violation de la Constitution (il s'agit principalement du non-respect des droits fondamentaux) et le détournement de pouvoir.

Concrètement, qu’est-ce que les antis reprochent au texte ?

La soupe est froide, mais ils la réservent quand même. Sans aucune surprise, les Sages du Conseil voient des arguments-types pour la énième fois martelés.

  • « Mais vous n’aviez pas le droit ! » : Les député-e-s estiment que «l'adoption du texte est entachée d'illégitimité» parce qu'aucun «organisme ayant une compétence réelle en matière familiale» n'a rendu d'avis favorable, que le Président de la République a fait preuve d'hésitation, allant jusqu'à parle de «liberté de conscience», que le gouvernement a refusé de recourir au référendum…

Ils s’agit là de faits, or comme je l’ai déjà précisé, le Conseil ne statue pas sur des faits mais du Droit pur, nonobstant la faiblesse passagère du Président de la République, du silence desdits organismes et le refus du recours au référendum.

  • « Mais vous êtes allés trop vite ! » Les député-e-s considèrent également que l'accélération du calendrier après le vote au Sénat n'était pas justifiée. Ils/elles invoquent aussi le «non-respect du droit d'exercice du temps exceptionnel par un président de groupe», en l'occurrence Christian Jacob, qui a fortement insisté sur ce point lors des dernières heures des débats en fin de semaine dernière.

Ouf, enfin un point de Droit, je n’y croyais plus. En effet « Une fois par session, un président de groupe peut obtenir, de droit, un allongement exceptionnel de cette durée dans une limite maximale fixée par la Conférence des présidents ». Or, lors de la Conférence des Président du lundi 15 avril 2013, convoquée en urgence pour organiser la seconde lecture du projet de loi déférée, la majorité a décidé de recourir au temps législatif programmé, et a refusé au Président du Groupe UMP d’exercer son droit, certes, mais comme cela est clairement statué, la Conférence des Présidents a tout pouvoir, tant que toute décision est votée à la majorité, même lorsqu’il s’agit de bâillonner un peu plus un érudit. Il n’y a donc pas méconnaissance d’un droit mais plein exercice de celui – ci. Au demeurant, cela ne violerait même pas un principe Constitutionnel.

  • « Mariage = Homme + Femme » Le mariage civil républicain est l'union d'un homme et d'une femme», martèlent les député-e-s, estimant qu'il s'agit là d'un principe inhérent à l'identité constitutionnelle de la France. De même pour «l'origine sexuée de la filiation».

Je n’ai pas trouvé le fondement constitutionnel qui dirait que le mariage, c’est obligatoirement l’union d’un homme et d’une femme. Dans les textes de ce genre, il y a une présomption de constitutionnalité. Un texte ne peut être censuré que s’il brise une loi constitutionnelle de manière claire. Ce qui ne serait pas le cas de la loi Taubira.

Parmi les autres griefs, on retrouve le principe d'intelligibilité et de clarté de la loi, en particulier en raison du «découpage du sujet du mariage entre plusieurs textes de loi, l’un sur le mariage, l’autre sur la famille, tel que le Gouvernement l’a annoncé».

  • « Fameux Article 16 bis » L'article 16bis du projet de loi, cher à Hervé Mariton lors des débats, est ainsi visé: «Pour bénéficier en pratique de cette disposition, il obligera en premier lieu le salarié à dévoiler à son employeur son orientation sexuelle, en méconnaissance de son droit au respect de la vie privée qu’implique l'article 2 de la Déclaration de 1789, sauf à mettre l’employeur en situation de méconnaitre la nouvelle règle du code du travail par ignorance, alors que la liberté d’entreprise lui reconnaît un pouvoir de direction pour muter tout salarié, dans l’intérêt de l’entreprise».

C’est assez délicat…En effet, la rédaction de l'article 16 bis, inséré par l'Assemblée nationale en première lecture, posait une difficulté en ce qu'elle visait uniquement les salariés mariés ou pacsés à une personne de même sexe. Certains employeurs pourraient alléguer du fait qu'un salarié n'est ni marié, ni pacsé pour le sanctionner en raison de son refus de mutation. Ainsi, les salariés homosexuels célibataires ou vivant en union libre ne seraient pas couverts par cette disposition, ce qui reviendrait à introduire une discrimination en fonction de la situation familiale.
Pour pallier à cette carence, le projet de loi est modifié afin que la mesure de protection soit étendue à l'ensemble des salariés homosexuels, indépendamment de leur situation familiale, ce qui devrait alors suffire à éviter toute ombre de discrimination.

  • « Oui, mais et les enfants ?! » Pour les députés d’opposition, l’ouverture de l’adoption plénière aux couples homosexuels est anticonstitutionnelle car source «d’inégalités» entre les enfants. «L’enfant adopté doit pouvoir se représenter ses parents adoptifs comme ses vrais parents, détaille Jean-Frédéric Poisson. Il doit exister, sur le plan psychique, une garantie de vraisemblance. Or, avec des parents de même sexe, l’enfant ne pourra se les représenter comme un couple parental réel.»

On peut soutenir qu'elle est contraire à l’égalité et à la dignité des enfants mais Je ne vois pas d’éléments juridiques qui permettraient de ne pas ouvrir l’adoption aux couples homosexuels. A la limite, philosophiquement, moralement, pourquoi pas ! Mais ces arguments n’ont pas leur place au Conseil constitutionnel.

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À quoi sert un phallus ? (et comment s'en servir efficacement)

Publié le par Dorian Gay

Définition

Le phallus désigne l'organe sexuel masculin spermiduc en totale érection. On l'appelle aussi zizi, zob, braquemart, teub, popole, queue, bite, ou... (âmes sensibles, arrêtez-vous là) haricot. Et même quéquette. Dans la suite de cet exposé, pour simplifier et résumer, on appellera cette chose « le zzbtpqbh ».

 

Fonctions du zzbtpqbh

Le zzbtpqbh sert à assurer la conservation de l'espèce grâce à une femelle ou une éprouvette. Le zzbtpqbh accomplit cette tâche ingrate environ 2 ou 3 fois dans sa vie. Parfois plus, quand il s'y prend mal. Ce n'est pas beaucoup, vous en conviendrez. Tout ça pour ça ? Bien sûr que non : dans un souci de rentabilité et de flexibilité (déjà), les dieux ont imaginé, bien avant les grands urbanistes d'aujourd'hui, le partage équitable de la voirie.

Ils ont ajouté à la fonction reproductrice du zzbtpqbh la fonction urinaire. 

Dommage. Deux zzbtpqbh, ç'aurait été deux fois plus de plaisir. Mais bon, c'est comme ça, on ne discute pas les décisions des Dieux. Non mais ! Un zzbtpqbh, comment ça marche ? Oui, un zzbtpqbh, "comment ça marche" ? Michel Chevalet ne nous étant d'aucune aide à ce sujet, il est temps maintenant d'introduire (mmmmm) ici la foufounette.



La foufounette, qu'est-ce que c'est ? (nous vous le rappelons, ou vous l'apprenons ici, pour ceux dont la mère ne leur a pas tout dit) 

Et c'est ce con... heu, ce qu'on appelle le sexe féminin, lequel est en forme de trou, savamment conçu pour être introduit momentanément (moment : intervalle de temps de durée très variable selon les individus) par un zzbtpqbh. On nomme ce trou-là foufounette, mais aussi vagin, chatte, con, touffe ou saint Graal.

On le notera ici « la fvcctsg », toujours pour simplifier et éviter d'attirer sur ces pages les zob-cédés du moteur de recherche quand le patron n'est pas là. 

Quant au reste du mécanisme reproducteur, et bien, on n'en sait rien. Rien de rien, on en est navré. Il paraît qu'il est question de graine, de cigogne, de chou et de rose. Pour les leçons de botanique, consulter le gros Robert.

À quoi sert un phallus ? (et comment s'en servir efficacement)

 

Efficacité du zzbtpqbh

Examinons la figure ci-bas. Nous distinguons nettement un zzbtpqbh dont l'extrémité, appelée le gland, a une forme d'ogive (voir la flèche). Mais pourquoi cela, nom d'une pipe ? 


 
Cette forme trouve sa justification dans la volonté d'assurer une bonne qualité de l'espèce en cours de reproduction. En effet, un zzbtpqbh de cette forme permet, lors de son mouvement de va-et-viens dans la fvcctsg, d'évacuer et de remplacer le liquide reproducteur du ou des précédents mâles fécondateurs. Ainsi, seuls les gènes du mâle le plus viril du troupeau sont naturellement sélectionnés ! 


 
Celui qui a donc un zzbtpqbh large, long, puissant, gonflé et fougueux, comme on en voit de moins en moins (hélas), augmente ses chances de transmettre ses gamètes. La variété assure donc la qualité ! 

Certains moralisateurs nous parlent de la fidélité comme étant "LE modèle naturel" de vie de couple !... Mais oui, mais oui madame, mais surveillez plutôt votre mari.
 

Observations empiriques de variantes fonctionnelles générées en environnement naturel

Chose curieuse, le partage des voiries organiques ne s'est pas appliqué à tous les axes. Les dieux ont créé un second orifice (l'anus ou encore le tr.. du c.., ou tdc, comme on le dit vulgairement. Quel cochon ce on). En plus, le tdc est disposé à quelques poils de la fvcctsg chez la femelle.
 
Ah, quels coquins ces dieux ! La tentation était trop grande. Combien de kilomètres de zzbtpqbh ont été parcourus par erreur dans un tdc, au lieu de la fvcctsg de rigueur ? Le mâle et la femelle avaient donc inventé la sodomie, avec la complicité des dieux.
 
Cette invention divine et anale permettait cependant de sélectionner les mâles capables de distinguer le bon orifice reproducteur, même en pleine obscurité, et même complètement saouls. Toujours par erreur, de nombreux et virils zzbtpqbh se sont aussi introduits dans le tdc d'un autre mâle. Que Sainte Christine me brûle s'ils ont réussi à s'y reproduire ! Et pourtant, ces sodomites sont toujours aussi nombreux...
 
Enfin, bref, tout ça pour dire que la nature n'a pas créé tous ces stimulus-là dans le seul but de se reproduire. Il y a donc autre chose par devant et par derrière tout ça.
 

La dernière fonction du zzbtpqbh et de la fvcctsg

À part donc reproduire et évacuer les sels minéraux de l'espèce, ce qui prend en moyenne une minute par jour, le zzbtpqbh et la fvcctsg sont affectés d'une troisième fonction, toujours par souci d'optimisation. 

Il s'agit d'une saine fonction de plaisir produit par l'excitation intellectuelle, l'éveil des sens, l'activité physique, la détente...
 
On ne vous fera pas de dessin. 

Comme la fonction reproductrice n'entre pas en jeu : METTEZ UNE CAPOTE ! 

Enfin rappelez-vous que si un jour ou un soir, vous voulez transmettre vos gamètes à vous, et pas celles du facteur, il vous faudra être entraîné, sous peine d'avoir des soucis (notamment d'érection, voir la figure ci-contre). La fonction maintient l'organe ! Bon entraînement à toutes et à tous ! ;)

 

Publié dans Culturisation

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