With a little help of my friends (Times are changing)

Publié le par Dorian Gay

With a little help of my friends (Times are changing)

 

Pour parler franco : je veux me marier à terme. Oui c’est kitsch, vieux jeu et surement un peu fleur bleue, mais j’assume : je veux porter mon plus beau smoking noir, ma plus belle de chaussures italiennes, mon plus beau nœud papillon et dire oui à mon hypothétique fiancé devant le maire. Oui je veux qu’on me jette du riz à la gueule, je veux couper une pièce montée devant les applaudissements de mes proches, je veux ouvrir la danse, je veux aller en voyage de noces, je veux recevoir plein de cartes de vœux bucoliques, je veux avoir un golden retriever que nous appellerions Fahrenheit et posséder une belle maison de banlieue chic (avec jardin svp). Bref vous m’aurez compris.

 

Ces envies claires ne m’ont pourtant jamais fait prendre position claire, encore moins militer en ces temps politiques marqués par la question du mariage pour tous. J’attendais patiemment que cela se fasse tout seul (solution facile me direz-vous… mais bon on se refait pas).

 

J’étais à St Barth lors du le manifestation pro mariage du 16 décembre dernier, dégustant mojitos et larvant au soleil (non ce n’est pas une excuse chicos – mais ce voyage m’a permis encore une fois d’échapper sournoisement à mon devoir de jeune homosexuel touché directement par la cause).

 

Je ne pensais pas non plus assister à celle du 27 par pure flemme : ayant privilégié depuis ma tendre jeunesse le chic au confort, je ne me voyais pas mettre des tennis à la place de mes habituelles chaussures (de torture) italiennes afin de rendre le périple plus supportable, ni me mélanger à la foule (quelques réminiscences d’agoraphobie), et surtout assister à ce que j’imaginais comme un spectacle caricatural et fantasque.

La veille au soir, alors que je trainais sur Facebook, vint me parler un ami militant de la première heure afin de me demander quel « était mon programme pour la marche de demain ». Je n’en avais bien sûr aucun et prévoyais plutôt de passer une matinée coquine avec un magnifique grand touriste Allemand avec lequel je conversais déjà depuis quelques temps. Ce dernier, victime d’un contretemps de dernière minute, ne put tenir ses obligations sexuelles et je me retrouvais sans plan, et devant trouver un plan B (fin jeu de mots).

 

Sur un coup de tête : gants enfilés, plus beau trench porté, parapluie sous le bras, je me dirigeais vers Denfert Rochereau, lieu de rassemblement des manifestants.

Dès la sortie du RER, le ton était donné : Paris is so gay. Partout, partout, partout….

With a little help of my friends (Times are changing)

 

De premier abord cela impressionne vraiment et l’on se sent vite absorbé par la foule.

Premier réflexe : retrait – je longeais, le trottoir, observant le mouvement qui ne s’était pas encore mis en marche, n’ayant pas le courage de pénétrer la masse.

Après avoir tourné en rond pendant quelques minutes, un mec avec les cheveux teints en rouge et un look new-gothique assumé, ayant surement repéré mon petit jeu, s’avança spontanément vers moi, me pris la main en souriant et m’invita à le rejoindre. Un de ses amis, plus loin, cria « oui, viens, viens, fais pas ton timide. En plus, les gens sur le trottoir ne sont pas juridiquement considérés comme manifestants et ne sont donc pas comptabilisés ». Bon, je n’étais pas venu en fantôme, son argument ne me laissait donc pas insensible et je me laissais faire.

Un quart d’heure plus tard, transformation totale, j’étais aux anges : brandissant petites affichettes distribuées, souriant à la foule, chantonnant slogans à m’en casser la voix. Qui l’eut cru ?

Et avec le recul, je ne doute pas que cela m’a fait un bien fou. Etre emporté par un esprit de corps, de cohésion, d’unité, tout en restant légers, joyeux, pleins d’entrain, c’est indescriptible. Voir les intérêts personnels s’évanouir devant une cause commune ; observer le mélange des cultures, des couleurs, des looks, des âges, des sexes tous là pour eux, pour quelqu’un, pour les autres, pour l’histoire…

 

Je n’ai pas fait grand-chose, juste donné de mon temps et usé de ma voix et de mes jambes, et pourtant j’ai l’impression d’avoir accompli quelque chose de grand et beau, et je me rêve déjà de raconter à mes futurs enfants, en détails, comment s’était déroulée cette belle journée du 27 janvier.

 

Parmi ceux d’entre vous, chers lecteurs, qui ont battu le pavé comme moi, et qui m’ont peut-être même croisé, soyons fous, qu’en avez-vous pensé ? Partagez votre expérience, vos ressentis

 

Daci, Daci.

 

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