L.O.V.E.

Savez vous ce dont je rêve maintenant ?
Dormir dans le lit d’un autre.
Juste une fois. Juste le temps de créer notre monde.
Puis le défaire.
J’aimerais être dans son lit à lui.
Il est si beau et si fragile sous sa chevelure blonde.
Il n’aime pas trop Paris. Sa barbe est hirsute. Ses mains sont douces. Ses dents sont blanches, si blanches.
Mon chevalier de pacotille, mon petit scélérat.
Rêveur et trentenaire.
Mais il est encore un enfant, mon chevalier.
Quand on se regarde longuement, il m’embrasse sur le front.
Et laisse son souffle parcourir mon visage.
Parfois je lève les yeux et je scrute ses yeux bleu acier rivés vers l’horizon.
Au restaurant, j’ai caché mes mains sous tes cuisses pour avoir moins froid.
Cela l’a fait rire et il m’a dit « c’est rigolo, j’aime bien »
Mais il est encore un enfant, mon chevalier.
On s’est connus juste le temps de plaire
Tu n’es qu’à quelques kilomètres
J’ai fumé un joint en pensant à toi
En pensant te retrouver
En me demandant pourquoi ensemble on ne s’est connus qu’un moment
Je me glisserais donc doucement sous ses draps
J’approcherai mon souffle de sa nuque
Je passerai ma main dans sa crinière blonde, dans ses boucles
Il prendrait ma main à moitié éveillé et y poserait des baisers
Du bout de mes doigts j’effleurais chaque angle de son visage et les bénirai
J’humerais les draps pour m’enivrer de son odeur.
Je convulserais.
Je m’attarderai sur ses lèvres et y gouterait le gout du souvenir.
Il sourirait
Nos pieds nus se frôleraient comme dans une danse, comme dans une transe
Je mourrais cent fois pour le protéger telle une louve
Douces retrouvailles, Mexique et Iran
A l'aube
De tes bras longs je m’arracherai tout doucement
On se dira adieu dans les murmures d’un baiser sur un quai de gare. Sans mots.
Je suis mort une centaine de fois.
Je sais, ton cœur n’est pas à moi
Je me suis menti à moi même, comme je savais que je le ferais
Moi je suis moins fort et plus vulnérable que ceux tu as connu
Ne me quitte pas
Oublier le temps, à savoir comment, à savoir pourquoi
Ce soir ne m’oublie pas, je t’aime
Comment vivrais-je avec ton seul fantôme ?
Moi, la tête haute, ma fierté et mes larmes sèches
Je partirai, sans toi.
Nous nous en sortirons sans toi.
C’est marrant, au cours de ma vie j’ai rencontré des gens aussi fortunés que Crésus, aussi démunis que Job. Aussi beaux que Marilyn, aussi accomplis que Steve Jobs, aussi éveillés qu’Alan Watts, aussi mélancoliques qu’Amy, aussi inspirés que Nina. Et au fond, quand vous retirez leurs atours, un par un, méticuleusement. Quand vous brisez leur carapace. Quand vous les confrontez à leur nudité primaire, inutiles, vulnérables, seuls, vous comprenez que finalement, au plus profond de chacun d’entre nous, nous aspirons à la même et seule chose.
Riches et puissants, prolétaires et invisibles, noirs ou blancs, occidentaux ou orientaux, femmes ou hommes, homosexuels ou hétérosexuels, jeunes ou vieux...
Cette chose qui, tantôt nous crée, tantôt nous abime. Cette chimère derrière laquelle nous courons tous, armés de désespoir et de foi. Cet idéal dont nous n’avons pas les codes, dont nous ne comprenons pas l’énigme.
L’argent ne fait pas tourner le monde mes amis,
C’est l’amour, ou le manque d’amour qui se retrouve au centre de tout.
C'est donc ça, le noyau de notre monde
C’est cet idéal auquel nous aspire tous.
Certains chanceux, le frôlent du doigt, s’y réfugient.
D’autres le recherchons éternellement, avec véhémence et persévérance
Et c’est cela le drame
Cinq lettres : AMOUR
Qui résonnent comme tout un monde
Comme toute une vie
Pensez à cela
C’est un des ravissements de la vie.
Respirez, humez l’air et courez, courez, courez
A en perdre haleine
Comme vous n’avez jamais foulé la terre,
Et peut être vous trouverez vous ?
Et si vous trébuchez en chemin, essoufflé, vous mourrez au moins dans un sourire.