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Si J'étais Dieu

Publié le par Dorian Gay

Dans un de ses discours les plus notoires, mon maître à penser, un philosophe Américain dont je me délecte des mots chaque jour, Alan Watts, posait une question ouverte à ses disciples : « what do you desire ? ». Il explique ensuite que : « well when we answer that question in a naive way, we figure out that we want, what we want, what we desire is to control everything. To create girls that don't grow old, apples that don't rot, clothes that never wear out ». Et après une fine phase de développement il conclut : « but again when it finally comes down to it, nobody wants to be God » : personne ne voudrait être Dieu.

 

Assumons pour une seconde, pour cet exercice, le contraire. Imaginons que nous puissions, le temps d’une journée, être Dieu. Juste quelques heures, omnipotents, infinis, miséricordieux, alpha et oméga. Que feriez vous ? Que ferais je ?

 

Après avoir écouté en boucle les paroles d’Alan Watts, je me suis posé la question plusieurs fois : « what do I desire » ? Et si j’étais Dieu, que ferais je de ce pouvoir qui défient les piètres unités de mesure humaines ? Que changerais-je autour de moi ? Dans la société ? Dans la vie de mes proches ?

 

Puis dans l’avion Paris-New York, je me suis amusé à mettre en pratique cet exercice et à dresser une liste des 52 changements que j’apporterais dans ma vie et celle des autres, si j’étais Dieu, le Grand Architecte, le Créateur, l’Energie suprême pour les athées qui me lisent, juste pour un jour. Qu’est ce que je changerai dans la vie de Dorian avant de redonner les rênes suprêmes au Dieu légitime le jour d’après ?

 

  1. Je veux vivre longtemps, en bonne santé

 

  1. Je veux écrire, un, deux, des milliers de bouquins, sur moi, sur ma vie, sur la théologie sur l’anthropologie, sur l’histoire, sur le cul, sur dieu, sur la philosophie. Je veux écrire tous les jours, quelques pages. Et je veux partager cela avec le monde

 

  1. Je veux être entouré de gens biens. Je veux être entouré de personnes inspirantes, profondes, créatives, éveillées, lucides et rêveuses, artistes et muses à la fois

 

  1. Je ne voudrais pas que la notion et la construction sociale du travail n’existent pas. Je trouve absurde que notre vie se résume à passer des dizaines d’années à se « former » dans l’attente d’une vie professionnelle, « active » et ses codes : une installation, une famille, un crédit immobilier, des collègues qu’on n’aime pas, certains si, un travail parfois mécanique auquel on se rend sans réelle aspiration, sans réelle vocation, des impôts, des enfants qu’on regrette ne pas voir assez, des parents qu’on voit lorsqu’un patron nous accorde 4/5 semaines par an pour être avec ceux que l’on aime. Puis si vous survivez jusque là, éreinté, ridé, « accompli », là on vous dit entre deux bilans sanguins pour vérifier votre cholestérol, que vous pouvez enfin « profiter » de la vie, que vous l’avez mérité. En fin de soixantaine ? C’est là que vous êtes sensés vivre hors des codes que l’on vous soufflé dans l’oreille, à peine libéré des entrailles de vos mères. Votre vie était déjà dessinée : se former/s’éduquer puis travailler pour vivre, pour être « actif », puis se reposer, profiter d’une retraite bien courte. Et inlassablement nous nous passons tous la même recette depuis des millénaires, de génération en génération, telle une cuillère en argent qu’on enveloppe dans du lin blanc. De l’Orient à l’Occident, par delà les cultures et les religions.  Chaque homme sur cette ronde terre doit « gagner sa vie » - gagner sa vie pour payer le droit de se nourrir, se vêtir, se soigner, se cultiver, se loger. Une altérité indissociable. J’ai toujours trouvé cette philosophie de vie aberrante. Avoir une vie, une seule, et y consacrer trois quarts à la société, à un employé, à une entreprise pour avoir le droit, naturel, inné, humain, de se nourrir. Je voudrais d’une société sans travail. Une société où on serait payés à juste vivre, se cultiver, apprendre continuellement, voyager, apprendre des langues tous les ans. On serait tous en mesure de « vivre » en rétribution de nos réelles passions ou vocations. On serait artistes, chanteurs d’opéra, randonneurs, photographes, cinéphiles, écrivains, philosophies, écrivains, liseurs, athlètes, ou tout simplement rien. Ne rien faire, avoir une « vie professionnelle passive » (même les mots prennent tous leur sens), serait si grave ? Il n’y aurait pas de classes sociales per se, mais chaque passion serait justement rétribuée par une somme juste. Je voudrais être « compensé » pour aller surfer en Australie, prendre des photos sous marines, écrire mes pages quotidiennes, voyager, aller en vacances, méditer, randonner, ou tout simplement pour ne rien faire si j’en ai envie.

 

  1. Je voudrais trouver mon compagnon de vie. Idéal à mes yeux, avec qui on regarderait de vieux films des jours entiers. Je passerais ma main dans ses cheveux tout le temps, ça l’agacerait. Il serait passionné par quelque chose. Il sera quelqu’un de bien, qui s’arrête pour aider une vieille dame à porter ses courses. Il serait tactile, humble, curieux. Et on aurait un chalet au milieu de nulle part en Norvège pour les jours d’été

 

  1. Je veux avoir des enfants, à qui je transmettrais mes valeurs et à qui je jouerais de la guitare

 

  1. Je saurais comment jouer de la guitare

 

  1. Je voudrais parler des dizaines de langues, en commençant par : le japonais, le chinois, l’allemand, l’espagnol et le russe. J’aurais envie de parler italien avec les mains qui volent dans l’air sans jamais se croiser

 

  1. Je ferais le tour du monde jusqu’à la fin de ma vie. Je pourrais me permettre de faire danser mes doigts sur une mappemonde, de m’arrêter sur une destination inconnue et de héler à mon mari qui referait du thé dans la cuisine « Bon, on va en Bolivie demain ! »

 

  1. Il n’y aurait pas de communautés, de républiques, d’aristocratie, de bourgeoise, de classes populaires, de classe ouvrière. Le monde serait un, une unité équilibrée, fourmillante et autorégulée

 

  1. Je changerai la météo au gré de mes humeurs, afin de porter des shorts un jour et des mitaines le lendemain, si je le souhaite

 

  1. Je veux que mes proches vivent dans une utopie parfaite : ma mère serait une femme accomplie et dûment aimée, elle n’aurait pas un prêt immobilier sur le dos à deux ans de la retraite, elle n’aurait pas passé 40 ans de sa vie de mère à s’inquiéter pour ses enfants. Elle rirait tout le temps et on verrait ses deux jolies pommettes sur les joues, qu’elle m’a transmises en héritage. Ma sœur aurait trouvé sa voie dans la vie, elle irait à sa « passion rémunérée » chaque matin, gaie. Mon frère et mon père auraient trouvé la paix intérieure qu’ils recherchent depuis des années et seraient sereins, apaisés. Les flammes qui les consument ne laisseront pour souvenir que des cendres froides

 

  1. Je veux que E. n’ai jamais eu besoin d’intenter un procès à son ex employeur pour être dans ses droits, je veux que E. soit un mari et père aimant et comblé à l’approche de ses 35 ans. Je veux qu’il vive de sa passion et qu’il prenne du temps pour lui.  Je veux qu’il aille à Bergen et à Oslo. Je veux que X. n’ait plus de soucis d’argent et puisse vivre de ce qui le fait vibrer : le journalisme et la photographie, sans concessions. Je veux que P. puisse vivre le rêve dont je l’ai si souvent vu parler : vivre sous les tropiques, en all inclusive, en emportant avec lui ses valises pleines de bouquins. Il arrêterait ce boulot qui l’épuise. Il n’aurait rien à penser à part planifier son calendrier de plongées sous marines et le cocktail qu’il va se resservir. Je veux que A. arrête de faire des heures sup à la chaîne après 10 ans d’études pour un SMIG, j’aimerai qu’elle soit apaisée, dûment aimée par C. et qu’on garde notre tradition du petit verre sur les terrasses ensoleillées de Paris à se raconter des bribes de vie. Je veux que F. échappe à la dépression, sorte la tête des nuages épais, lourds et noirs. Je veux que D. ait enfin la vie qu’il mérite, aux Pays bas, après ces dix années d’exil et de silence

 

  1. Je voudrais que A. soit vivant. Qu’on puisse continuer à apprendre nos chorégraphies endiablées dans son salon, comme lorsqu’on était des gamins

 

  1. Je ne serais pas malade du kératocône et je n’aurai pas les pieds plats. Je serai un peu plus grand, juste quelques centimètres. Je ne changerai rien d’autre sur mon apparence. Je m’aime bien comme ça

 

  1. J’aurais une très belle peau. Couleur pain d’épice, dorée, douce, peu velue

 

  1. Je prendrais le temps de méditer tous les jours, du temps pour moi

 

  1. Je serais en meilleure forme physique : je me nourrirai sainement, je serai surement végétarien et je ferais diverses activités physiques

 

  1. On arrêterait tout et on ferait un repas de famille ou un apéro entre amis, comme ça, sur un coup de tête

 

  1. Je voudrai lire sans cesse, continuer à apprendre incessamment, atteint d’une boulimie de savoir et de connaissances

 

  1. J’aimerais mettre en scène des pièces de théâtre, réaliser des documentaires et des films, composer des chansons, écrire des scénarios

 

  1. J’irais à plein de concerts, quand je voudrais, même ceux d’artistes disparus

 

  1. J’aimerais imaginer des objets, des vêtements, décorer des lieux, donner libre court à mon imagination, m’amuser des couleurs et des textures, créer « des environnements », annexes de mon propre esprit, afin que les gens qui visiteraient ces lieux, soient le temps de leur passage, un peu dans ma tête

 

  1. Il n’y aurait pas de religion, en tout cas pas au sens où je la conçois

 

  1. Je rencontrerai les gens qui m’ont toujours inspiré : Alan Watts, Whitney Houston, Obama, Rosa Parks, Malcom X, Lincoln, Audrey Hepburn, Nelson Mandela, mon prof de français au collège qui me prédisait à s que je serais un jour écrivain. Je prendrai des cours avec Picasso ou Monet. Je gratterai quelques notes de guitare avec Prince. Je ferais une sortie photo avec Joel Meyerowitz, Michael Wolfe ou Irving Penn. J’assisterai aux effusions créatives de Christian Dior ou de Tom Ford. Et j’en passe

 

  1. Le rapport de l’Homme avec la nature serait apaisé, équilibré.

 

  1. Je ferais de la photographie entre autres passions, j’exposerai à nouveau. Je discuterais avec tout le monde lors des vernissages

 

  1. Je n’aurai pas fait certains choix et pris certaines décisions.

 

  1. Ma mère me cuisinerait quand on se verrait sa fameuse tête de veau à l’ancienne (oui je sais c’’est incompatible avec le fait (de devenir végétarien. Mais je suis dieu bon sang, je ne m’ennuie pas de contradictions)

 

  1. Je m’enivrerai de plaisirs de la bouche, sans penser à la balance ou à ce petit bidon qui se prononce. J’aurais une cave inépuisable

 

  1. Je voudrais continuer à être le « soleil » de ceux qui m’entourent, sans rien en retour, si ce n’est que le sentiment et l’humilité d’être utile

 

  1. Je me fixerai le défi de faire sourire une personne chaque jour, et des milliers joueraient le jeu

 

  1. J’apporterai les réponses aux grands mystères de l’humanité : la disparition des dinosaures, la bible, la torah, le coran, buddha, les galaxies, l’eau, la vie, les civilisations, la chute des empires, l’évolution, la mort de TuPac et John F. Kennedy

 

  1. Je ne blesserai personne, que ce soit par omission ou par action

 

  1. J’écraserai de mes doigts les égos

 

  1. J’apporterai miséricorde aux âmes écorchées

 

  1. L’argent n’existerait pas, le commerce non plus

 

  1. Il n’y aurait pas d’autre but dans la vie des hommes, que de vivre, dans la plénitude et l’apprentissage perpétuel, et la transmission. C’est tout

 

  1. Je serai en paix avec moi même, en synergie complète

 

  1. J’aurais une femme de ménage (quelqu’un dont c’est LA PASSION et non pas LE TRAVAIL)

 

  1. J’aurais un lave vaisselle, un robot de cuisine, et un tas de gadgets de cuisine

 

  1. J’accorderai à l’humanité entière plus de sagesse et d’humilité

 

  1. J’aurais un jardin, avec un potager, des arbustes fleuris, des arbres fruitiers, des oliviers. En été, on entendrait les cigales chanter et on chasserait les abeilles d’un geste de main

.

  1. Je voudrais mourir, vieux, quand j’aurais suffisamment vécu. Je ne veux pas de promesses de vie éternelle, la vie n’a de saveur que parce qu’il existe un terme. D’ailleurs je ne veux pas d’au delà. Il n y aurait juste rien, le néant. Ce même néant dans lequel nous étions tous avant notre naissance. Se réveiller alors qu’on ne s’était jamais endormis (naissance), s’endormir et ne jamais se réveiller (mort). Tout aussi simplement. On serait : nulle part.

 

  1. Je ferais du yoga

 

  1. L’intolérance n’existerait plus, la violence, la jalousie, l’envie, la haine et les maladies non plus

 

  1. J’aurais un corps de ferme où je me rendrais de temps en temps pour caresser les chèvres et les chevaux qui vivraient en liberté sur une vaste prairie.

 

  1. Je serais meilleur en cuisine, en tout cas j’essayerai

 

  1. Je me promènerai parmi les hommes, leur enseignerait ma sagesse et les mystères de l’univers, leur histoire et la mienne, et le but de toute cette comédie millénaire

 

  1. J’en profiterai pour me regarder dans la glace et savoir d’où je viens, qu’est ce que je viens, qui m’a fait ? où se situe l’alpha, le commencement de tout, la genèse. Qui suis je ? Qu’est ce que je suis ? Pourquoi je suis ?

 

  1. Je remonterai l’ascendance de Dorian qui écrit ses lignes, je rencontrais les grands parents qu’il n’a jamais connus, je tiendrai leurs mains fatiguées par le travail des champs, j’apprendrai leur histoire, je remonterai jusqu’à ses ancêtres, je les rassurerai sur l’avenir de leur descendance, sur la transmission de leur héritage. Je consignerai leurs histoires de vie afin qu’elles soient transmises

 

  1. Je ne croirai pas en moi

 

Et vous, si vous étiez Dieu juste une fois, que feriez vous ?

 

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Black Hole

Publié le par Dorian Gay

L’esprit, au sein des cercles vicieux : parlons en.

Et bien, l’un des exemples les plus illustratifs est l’angoisse, l’anxiété.

 

Votre médecin vous annonce que vous êtes atteint d’une grave pathologie et que vous devez subir plusieurs interventions chirurgicales.

 

Vous vous inquiétez, vos proches, vos amis, vos amours s’inquiètent tout autant.

Mais comme il est évident que l’angoisse affecte votre appétit et votre sommeil, il en résulte que ce n’est pas une émotion saine pour vous.

 

Mais vous ne pouvez vous en empêcher : vous vous inquiétez.

Et vous vous angoissez davantage car l’inquiétude elle même vous angoisse.

 

Et plus encore, ce qui est d’ailleurs absurde et vous vous en voulez d’ailleurs pour cela : vous êtes anxieux parce que vous êtes angoissé par le fait d’être inquiet – c’est cela un cercle vicieux.

 

Maintenant, pouvez vous permettre à votre esprit de s’immerger dans le silence le plus absolu ? N’est ce pas difficile ?

 

Tout simplement parce que l’esprit est comme un singe agité dans une cage, sautillant, mordant et vociférant sans arrêt.

 

Et une fois que vous avez appris à penser, à votre naissance, dès votre premier souffle, lorsque vous vous libérez des entrailles maternelles, vous ne pourrez plus arrêter de penser.

 

Ainsi, un nombre infini de personnes vouent leurs vies à occuper leur esprit et sont extrêmement incommodées par le silence, le vide, le noir, le néant.

 

Quand vous vous retrouvez seul, lorsque personne ne prononce mot, lorsqu’il n’y a rien à faire, lorsque vous êtes hermétiquement protégés de toute distraction, vous sentez l’angoisse frémir sous votre peau n’est ce pas ?

 

Je me retrouve tout seul avec moi même.

Et je veux fuir… de moi même.

Je veux toujours fuir de moi même, m’éviter.

 

C’est la raison pour laquelle je vais au cinéma.

C’est la raison pour laquelle je vais en soirée.

C’est la raison pour laquelle je vais au restaurant et que je vais acheter des pâtisseries tous les dimanches.

C’est pour cela que je lis des livres qui me font voyager.

C’est la raison pour laquelle je discute, sur les réseaux sociaux, avec d’autres gens qui cherchent à se dérober… d’eux mêmes.

C’est la raison pour laquelle je parle aux garçons, c’est la raison pour laquelle j’en rencontre quelques uns, c’est la raison pour laquelle certains posent des baisers sur mon cou.

C’est la raison pour laquelle je m’enivre d’alcool à en oublier le présent.

 

Je ne veux pas être seul avec moi même.

 

Mais pourquoi voulons-nous toujours nous soustraire à nous mêmes ?

Qu’il y’a t’il de si terrifiant, de si lugubre ?

Pourquoi voulons-nous à tout prix oublier ce que cela fait de se retrouver seul avec soi même ?

Nos vrais visages sont ils si disgracieux ?

Pourquoi aspirons-nous tous à devenir qui nous sommes alors même que nous ne supportons pas d’être en notre propre compagnie ?

 

Je sais pourquoi.

Parce que nous sommes captifs, prisonniers de nos pensées.

Tout comme toute autre drogue.

Dangereuse, comme toutes les autres.

Camés, tout autant par ce flux ininterrompu de pensées.

 

Et il s’avère extrêmement difficile d’arrêter de penser.

Et pourtant, il est nécessaire par moments afin de vivre une vie saine, de faire cesser cette mélodie incessante, compulsive.

 

En effet, si je parle sans interruption, je n’entendrai plus ce que quelqu’un d’autre aurait à dire. Et il en résulterait que je n’aurai plus rien à dire à part les choses que j’aurai déjà dites.

 

Ainsi, de la même façon que je ne peux suspendre le flux de mes pensées, je n’aurais rien d’autre à penser que mes pensées elles-mêmes.

 

Par conséquent, afin d’avoir matière à penser, il faut paradoxalement parfois prendre simplement le temps d’arrêter de penser.

 

Et bien, comment procéder ?

La première règle est : n’essayez pas.

Vous seriez comme quelqu’un qui tenterait de calmer des eaux tempétueuses avec un fer à repasser. Le seul résultat logique que vous obtiendrez sera de l’eau bouillante, encore plus pétulante.

 

Ainsi, de la même manière qu’une eau trouble et turbulente se calme lorsque laissée en repos, seule, vous devriez apprendre à laisser votre esprit, tout aussi seul… avec lui même.

 

Il s’apaisera tout seul.

 

Je me suis rarement retrouvé seul, face à moi même, une à deux fois au plus au court de ma vie. J’ai vu enfin mon vrai visage, j’ai caressé mes traits, je me suis étreint, j’ai discuté avec moi même, nous avons pleuré, nous avons ri. Je ne voyais plus rien , n’entendais guère, mes sens étaient obst

rués, même le tic tac incessant du temps s’était arrêté.

 

Deux rares fois.

  • Au milieu de sapins Norvégiens, les pieds dans la mousse, mon maquillage coulant sous la pluie naissante, pas de vent, pas d’oiseaux, rien, le vide le néant. Et je souriais béatement.

 

  • Au long d’un pont New Yorkais, seul, face au silence léger de la nuit, des bruits sourds, une brise à peine perceptible, les yeux rivés dans un million de lumières urbaines, je me tenais la main.

 

J’aimerais tellement que vous puissiez vivre ce ravissement, au moins une fois : le néant, la vacuité la plus absolue.

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Peace Will Come In A Helium Balloon

Publié le par Dorian Gay

A l’aide,

Je l’ai fait à nouveau

J’ai été ici un millier de fois

Je me suis encore blessé aujourd’hui

 

Sois mon ami

Tiens-moi, couvre-moi,

Prends-moi dans tes bras

Couve-moi, protège moi

Je suis minuscule

Découvre-moi et tiens-moi au chaud

 

Je suis né dans un orage

J’ai grandi au cours de la nuit

J’ai joué tout seul

J’ai survécu jusque là

 

J’ai pris un aller simple pour l’île où les démons dansent

Où le vent ne change

Et où la terre est infertile

Pas d’espoir, que des mensonges

Mais j’en suis revenu vivant

 

J’ai retrouvé la rédemption dans le lieu le plus étrange

J’ai vu mon visage dans celui d’un autre

Mais c’était le mien

 

Perdu

Je me suis perdu encore une fois

Et je suis nul part ou l’on peut peut me trouver

Perdu

Je pense que je peux me briser en mille éclats de verre

Perdu

Je me sens vulnérable

 

Je crie mais je n’émets aucun son

Je n’ai jamais voulu avoir besoin de quelqu’un

Je pensais pouvoir tout faire tout seul

Comme un grand

Un garçon au caractère bien trempé et à l’âme douloureuse

 

Je suis à la maison, seul,

Je consulte mon téléphone, rien, alors

C’est l’agonie

 

Je vais pleurer et ruiner mon maquillage

Et je me moque de ne pas être beau

Les grands garçons pleurent quand leur cœur se brise

Un garçon au caractère bien trempé

Je suis triste

En haut tout est vide, le noir, des satellites et le silence

 

 

Aide-moi à sortir de cet enfer

Soulève-moi comme un ballon d’hélium

Quand je heurte le sol

J’ai besoin de toi

 

Et si tu me laisses aller, je flotterai vers le soleil

Ouais je voulais jouer au dur

Superman

Mais même Superman n’est pas invincible

Soulève-moi avant que je heurte le sol

 

J’ai besoin de toi, J’ai besoin de toi

Je veux te respirer comme de l’oxygène

Ma maison est en flammes

Elle s’envole en flammes

 

Sois mon ami

Je suis dans le besoin

Et respire-moi

Sois mon ami

Tes paroles sont une mélodie

Je ne laisserai pas le démon rentrer, je gagne du temps

A travers l’œil de l’aiguille

 

Mes bagages sont lourds,

C’est moi qui les ai remplis

Ils me ralentissent

Je les porte partout

Ils sont tous à moi, ils sont tous à moi

Mais je suis aveuglé par l’œil de l’aiguille.

 

Tiens-moi, enveloppe-moi,

Découvre-moi

Je suis si minuscule

Et tellement dans le besoin

 

Et respire-moi

On me l’a enlevée, mais je respire encore

On me l’a enlevée, mais je respire encore

On me l’a enlevée, mais je respire encore

On me l’a enlevée, mais je respire encore

On me l’a enlevée, mais je respire encore

On me l’a enlevée, mais je respire encore

On me l’a enlevée, mais je respire encore

 

Je respire encore

 

Je suis vivant

Je suis vivant

Je suis vivant

 

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L.O.V.E.

Publié le par Dorian Gay

Savez vous ce dont je rêve maintenant ?

Dormir dans le lit d’un autre.

Comme cette fois ou j’ai dormi dans le lit d’un autre, le temps de l’aider à guérir. Juste un soir, jusqu’à l’aube.

Juste une fois. Juste le temps de créer notre monde.

Puis le défaire.

 

J’aimerais être dans son lit à lui.

Il est si beau et si fragile sous sa chevelure blonde.

Il n’aime pas trop Paris. Sa barbe est hirsute. Ses mains sont douces. Ses dents sont blanches, si blanches.

Mon chevalier de pacotille, mon petit scélérat.

Rêveur et trentenaire.

Mais il est encore un enfant, mon chevalier.

 

Quand on se regarde longuement, il m’embrasse sur le front.

Et laisse son souffle parcourir mon visage.

Parfois je lève les yeux et je scrute ses yeux bleu acier rivés vers l’horizon.

Au restaurant, j’ai caché mes mains sous tes cuisses pour avoir moins froid.

Cela l’a fait rire et il m’a dit « c’est rigolo, j’aime bien »

Mais il est encore un enfant, mon chevalier.

 

On s’est connus juste le temps de plaire

Tu n’es qu’à quelques kilomètres

J’ai fumé un joint en pensant à toi

En pensant te retrouver

En me demandant pourquoi ensemble on ne s’est connus qu’un moment

 

Je me glisserais donc doucement sous ses draps

J’approcherai mon souffle de sa nuque

Je passerai ma main dans sa crinière blonde, dans ses boucles

Il prendrait ma main à moitié éveillé et y poserait des baisers

Du bout de mes doigts j’effleurais chaque angle de son visage et les bénirai

J’humerais les draps pour m’enivrer de son odeur.

Je convulserais.

 

Je m’attarderai sur ses lèvres et y gouterait le gout du souvenir.

Il sourirait

Nos pieds nus se frôleraient comme dans une danse, comme dans une transe

Je mourrais cent fois pour le protéger telle une louve

Douces retrouvailles, Mexique et Iran

 

A l'aube

De tes bras longs je m’arracherai tout doucement

On se dira adieu dans les murmures d’un baiser sur un quai de gare. Sans mots.

Je suis mort une centaine de fois.

Je sais, ton cœur n’est pas à moi

Je me suis menti à moi même, comme je savais que je le ferais

Moi je suis moins fort et plus vulnérable que ceux tu as connu

 

Ne me quitte pas

Oublier le temps, à savoir comment, à savoir pourquoi

Ce soir ne m’oublie pas, je t’aime

Comment vivrais-je avec ton seul fantôme ?

 

Moi, la tête haute, ma fierté et mes larmes sèches

Je partirai, sans toi.

Nous nous en sortirons sans toi.

 

C’est marrant, au cours de ma vie j’ai rencontré des gens aussi fortunés que Crésus, aussi démunis que Job. Aussi beaux que Marilyn, aussi accomplis que Steve Jobs, aussi éveillés qu’Alan Watts, aussi mélancoliques qu’Amy, aussi inspirés que Nina. Et au fond, quand vous retirez leurs atours, un par un, méticuleusement. Quand vous brisez leur carapace. Quand vous les confrontez à leur nudité primaire, inutiles, vulnérables, seuls, vous comprenez que finalement, au plus profond de chacun d’entre nous, nous aspirons à la même et seule chose.

 

Riches et puissants, prolétaires et invisibles, noirs ou blancs, occidentaux ou orientaux, femmes ou hommes, homosexuels ou hétérosexuels, jeunes ou vieux...

 

Cette chose qui, tantôt nous crée, tantôt nous abime. Cette chimère derrière laquelle nous courons tous, armés de désespoir et de foi. Cet idéal dont nous n’avons pas les codes, dont nous ne comprenons pas l’énigme.

 

L’argent ne fait pas tourner le monde mes amis,

C’est l’amour, ou le manque d’amour qui se retrouve au centre de tout.

C'est donc ça, le noyau de notre monde

 

C’est cet idéal auquel nous aspire tous.

Certains chanceux, le frôlent du doigt, s’y réfugient.

D’autres le recherchons éternellement, avec véhémence et persévérance

Et c’est cela le drame

 

Cinq lettres : AMOUR

Qui résonnent comme tout un monde

Comme toute une vie

 

Pensez à cela

C’est un des ravissements de la vie.

 

Respirez, humez l’air et courez, courez, courez

A en perdre haleine

Comme vous n’avez jamais foulé la terre,

Et peut être vous trouverez vous ? 

Et si vous trébuchez en chemin, essoufflé, vous mourrez au moins dans un sourire.

 

 

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