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TBM des Neurones

Publié le par Dorian Gay

TBM des Neurones

Si vous me lisez depuis longtemps vous devriez savoir qu'il m'arrive de m'épancher de façon assez cyclique sur le sujet bien générique de l'intelligence. Outre le fait que je sois précoce, je reste convaincu que l'intelligence (ou son antipode) a des implications importantes voire prépondérantes dans la façon dont nous abordons la vie (et bien souvent le couple) et je vous avouais à demi - mot et de façon ironique que j'aurais voulu être un imbécile pour réprendre les termes de Jean d'Ormesson.

 

Ces dernières semaines, suite à mon déménagement, j'ai enchainé les nouvelles rencontres de façon frénétique, comme animé par une envie boulimique de voir de nouvelles têtes, de rencontrer les nouveaux voisins et de tisser de nouveaux liens. Et je dois vous avouer que me retrouver devant un panel aussi large de physiques hétérogènes, d'esprits différents, de styles de vie hétéroclites m'a fait réaliser une chose et mettre un terme sur ce que je semble être: un sapiosexuel, léger.

Les sapiosexuels sont des gens pour qui l'intelligence est la chose la plus attirante sexuellement et plus généralement chez les autres.

Honnêtement, avant de me pencher sur la question, je connaissais le terme mais l'appréhendais comme une sorte de phénomène de mode, à mi chemin entre de la vanité et de la suffisance et cela notamment car je supputais que pour se considérer sapiosexuel, il fallait soi même se considérer comme faisant partie de l'intelligentsia, ce qui pour moi était totalement subjectif et présomptueux. Je considérais en outre que tout le monde était à dose plus au moins différente, sapiosexuel, et que par conséquent, cela n'avait point besoin d'être nommé et de constituer une catégorie imperméable de personnes. Oui, j'imagine en effet assez difficilement une personne préciser objectivement que sa recherche ne porte que sur des personnes dont la crucherie et l'ilotisme ne font aucun doute.

Ensuite, j'ai pensé au fait que Snooki est enceinte et fiancée et que ces gens vont certainement trouver quelqu'un qui va les aimer inconditionnellement. Puis j'ai pensé à Nabilla et à toutes ces personnalités publiques qui illuminent nos écrans de leur bronzage UV et de leur aculturisation et qui n'étaient généralement pas malheureuses.

On peut donc en déduire qu'il y a des gens, quelque part, qui se foutent de l'intelligence de leur douce moitié comme de leur première paire de bobettes. Intéressant.

Inquiétant, mais intéressant.

Je n'avais jamais imaginé qu'on ne puisse pas être ébahi, soufflé, et tomber sous le charme d'un esprit vif et acéré. Qu'on ne recherche pas la compagnie de quelqu'un qui met notre cerveau au défi et qui nous pousse à avoir de nouvelles idées et toujours plus de réflexions sur tout et rien.

D'un autre côté, je ne suis pas en train de vous avouer que je trouve sexy un illuminé qui cite du Dostoïevski et déclame l'histoire de la Grèce Antique entre une tranche de fromage du Québec et une gorgée de vin argentin. Il faut savoir doser, évidemment. Exhibée comme de la viande sur un étal de boucher, l'intelligence (et la culture) devient presque aussi obscène que le vide intersidéral entre les deux oreilles de certains candidats de téléréalités.

Tout ça m'amène à me demander quel serait le top 5 de mes critères pour être attiré par quelqu'un. Dans l'ordre: l'humour, l'intelligence/la culture, les attentions, le charme et l'humilité.

 

Puis, j'ai passé en revue mes récentes rencontres, mes coups de coeur et mes petites aventures par le prisme du fruit de cette réflexion et il s'est avéré que ceux qui m'avaient laissé un souvenir impérissable n'étaient pas les plus grands et les plus séduisants (même si leur charme ne me laissaient pas indifférent), mais plutôt ceux là qui ont retenu mon intérêt grâce à une référence lâchée au détour d'une phrase, à une analyse pertinente d'un sujet, à ce petit truc là qu'on ressent très vite.

Et j'ai réalisé que j'étais toujours interpellé par les garçons qui lisaient dans le métro (Voiture Magazine, FootClub Mag, tutti quanti exclus bien évidemment), qu'apprendre de l'autre me stimule énomément et que mes plus belles expériences, même sexuelles et éphémères ont toujours débuté autour d'une bouteille de vin et de très longues discussions préliminaires.

 

Je m'appelle Dorian, j'ai 21 ans, j'ai un chat et des poissons, je suis cho now et je cherche TBM des Neurones.

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Une fleur dans le béton

Publié le par Dorian Gay

Une fleur dans le béton

Bitume froid, symphonie métallique des vas-et-viens du métro, cliquetis des souliers sur le pavé, bips intempestifs des pass Navigo, tourbillon de vies qui s'assemblent et se désassemblent le temps de deux stations de métro, d'un café en terrasse, d'un regard furtif porté sur un inconnu qu'on ne recroisera plus jamais et qui se noiera dans l'océan d'autant illustres inconnus : voilà comment j'ai pendant longtemps appréhendé Paris.

 

Une sorte de grosse machine fumante et sonore qui broie inlassablement le temps, les rêves et les dernières réminiscences de convivialité et d'altruisme. Ville où le soi est roi et où nous faisons tous la même chose, affrontons chaque jour nos longues minutes de métro, visages inexpressifs et froids, travaillons dans une boîte que nous n'aimons pas pour un patron que l'on aime encore moins pour gagner le précieux pécule nécessaire à nous assurer à peine la pérennité de la location bien trop chère de l'appartement dans lequel nous cachons la réalité de nos aspirations, tout en prétendant s'en complaire parfaitement et jurant ne pas s'imaginer vivre ailleurs.

 

Nous répétons inlassablement les mêmes choses, aspirons à un appartement un peu plus grand, une paie un peu plus généreuse, un arrondissement un peu plus sympathique, un peu plus de temps pour nos activités extraprofessionnelles et nos amis, à se mettre nos propres comptes ou le non moins célèbre «l'année prochaine je plaque tout et je monte ma boîte».

 

Parisien de naissance, je crois que les charmes de Paris se sont évaporés au fil des années, ou du moins sont devenus invisibles à mes yeux laissant place à une sorte d'étanchéité sur laquelle sont venus se superposer l'ennui, la sensation de voir les mêmes têtes et les mêmes endroits.

 

Je déménageais donc en début de mois, quittant le confort douillet et rassurant de l'ouest parisien dans lequel j'avais pris racine et ce qu'il y'a de propre aux déménagements c'est qu'ils mettent face à vous la réalité de votre vie. On retrouve derrière ces meubles sédentaires que nous ne déplacions jamais, des objets égarés. Nous retrouverons dans des coins de porte abîmés, dans des petites tâches au mur, dans de vieilles photos coincées dans l'angle d'une commode, des fractions de passé et souvent même de l'oublié. On se rend aussi compte assez ironiquement que notre vie aussi longue et riche soit-elle peut parfaitement tenir dans un utilitaire 12m2.

 

Et à la fin, quand tout ce qui vous était cher est délicatement emballé dans des cartons et que les lieux sont vides, aseptisés, comme si tout ce que vous aviez vécu se tourne aussi vite qu'une page de magazine, on remet symboliquement les clés ces quatre murs à quelqu'un, souvent inconnu qui lui aussi va y inscrire une partie de sa vie.

 

Les déménagements sont aussi synonymes de nouveaux départs. Convaincus que de nouveaux mètres carrés, de nouveaux voisins, un nouvel ''épicier arabe d'à côté" et une nouvelle déco de circonstance effacent ce qui fut et ouvrent le champ d'un nouveau possible. Et ma foi… cela marche plutôt bien.

 

Je ne saurais dire si cela est éphémère ou juste dû à l'émulation née de la nouveauté mais je me surprends à retrouver les charmes de Paris, ou du moins à retrouver une sensibilité à ces choses que l'on ne voit plus, un peu comme un ex fumeur qui retrouve la plénitude de son sens olfactif. Non, je ne m'émerveille pas devant l'imposante tour Eiffel, l'Arc de Triomphe ou le fourmillement sur les Champs Elysées. Je ne suis toujours pas plus ému par la beauté de Notre – Dame, des immeubles Haussmanniens ou de la place de la Concorde mais je suis plus que jamais séduit par ces petites maisons nichés dans l'est Parisien, je reste sans voix quand je contemple Paris la nuit depuis un point d'altitude, m'amusant comme Amélie Poulain à m'imaginer ce que font ces inconnus dans ces immeubles illuminés à ce moment précis. Je retrouve la beauté intacte des quais de Seine en fin d'après-midi, la fraicheur du Parc Monceau en début de matinée, de chiner et de trouver des trésors dans ces petites échoppes cachées derrière de grands immeubles de béton, de rendre un sourire à des touristes qui vous l'offrent désespérément, le tumulte autour des terrasses en été, le plaisir de se faire des petits trajets en vélo, l'effort de regarder tout simplement ces autres nous entourent et que l'on finit par ne plus voir. Réceptif? Je crois que c'est le mot.

 

 

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La Fleur Dans Le Béton

Publié le par Dorian Gay

La Fleur Dans Le Béton

Bitume froid, symphonie métallique des vas-et-viens du métro, cliquetis des souliers sur le pavé, bips intempestifs des pass Navigo, tourbillon de vies qui s'assemblent et se désassemblent le temps de deux stations de métro, d'un café en terrasse, d'un regard furtif porté sur un inconnu qu'on ne recroisera plus jamais et qui se noiera dans l'océan d'autant illustres inconnus : voilà comment j'ai pendant longtemps appréhendé Paris.

Une sorte de grosse machine fumante et sonore qui broie inlassablement le temps, les rêves et les dernières réminiscences de convivialité et d'altruisme. Ville où le soi est roi et où nous faisons tous la même chose, affrontons chaque jour nos longues minutes de métro, visages inexpressifs et froids, travaillons dans une boîte que nous n'aimons pas pour un patron que l'on aime encore moins pour gagner le précieux pécule nécessaire à nous assurer à peine la pérennité de la location bien trop chère de l'appartement dans lequel nous cachons la réalité de nos aspirations, tout en prétendant s'en complaire parfaitement et jurant ne pas s'imaginer vivre ailleurs.

Nous répétons inlassablement les mêmes choses, aspirons à un appartement un peu plus grand, une paie un peu plus généreuse, un arrondissement un peu plus sympathique, un peu plus de temps pour nos activités extraprofessionnelles et nos amis, à se mettre nos propres comptes ou le non moins célèbre «l'année prochaine je plaque tout et je monte ma boîte».

Parisien de naissance, je crois que les charmes de Paris se sont évaporés au fil des années, ou du moins sont devenus invisibles à mes yeux laissant place à une sorte d'étanchéité sur laquelle sont venus se superposer l'ennui, la sensation de voir les mêmes têtes et les mêmes endroits.

Je déménageais donc en début de mois, quittant le confort douillet et rassurant de l'ouest parisien dans lequel j'avais pris racine et ce qu'il y'a de propre aux déménagements c'est qu'ils mettent face à vous la réalité de votre vie. On retrouve derrière ces meubles sédentaires que nous ne déplacions jamais, des objets égarés. Nous retrouverons dans des coins de porte abîmés, dans des petites tâches au mur, dans de vieilles photos coincées dans l'angle d'une commode, des fractions de passé et souvent même de l'oublié. On se rend aussi compte assez ironiquement que notre vie aussi longue et riche soit-elle peut parfaitement tenir dans un utilitaire 12m2.

Et à la fin, quand tout ce qui vous était cher est délicatement emballé dans des cartons et que les lieux sont vides, aseptisés, comme si tout ce que vous aviez vécu se tourne aussi vite qu'une page de magazine, on remet symboliquement les clés ces quatre murs à quelqu'un, souvent inconnu qui lui aussi va y inscrire une partie de sa vie.

Les déménagements sont aussi synonymes de nouveaux départs. Convaincus que de nouveaux mètres carrés, de nouveaux voisins, un nouvel ''épicier arabe d'à côté" et une nouvelle déco de circonstance effacent ce qui fut et ouvrent le champ d'un nouveau possible. Et ma foi… cela marche plutôt bien.

Je ne saurais dire si cela est éphémère ou juste dû à l'émulation née de la nouveauté mais je me surprends à retrouver les charmes de Paris, ou du moins à retrouver une sensibilité à ces choses que l'on ne voit plus, un peu comme un ex fumeur qui retrouve la plénitude de son sens olfactif. Non, je ne m'émerveille pas devant l'imposante tour Eiffel, l'Arc de Triomphe ou le fourmillement sur les Champs Elysées. Je ne suis toujours pas plus ému par la beauté de Notre – Dame, des immeubles Haussmanniens ou de la place de la Concorde mais je suis plus que jamais séduit par ces petites maisons nichés dans l'est Parisien, je reste sans voix quand je contemple Paris la nuit depuis un point d'altitude, m'amusant comme Amélie Poulain à m'imaginer ce que font ces inconnus dans ces immeubles illuminés à ce moment précis. Je retrouve la beauté intacte des quais de Seine en fin d'après-midi, la fraicheur du Parc Monceau en début de matinée, de chiner et de trouver des trésors dans ces petites échoppes cachées derrière de grands immeubles de béton, de rendre un sourire à des touristes qui vous l'offrent désespérément, le tumulte autour des terrasses en été, le plaisir de se faire des petits trajets en vélo, l'effort de regarder tout simplement ces autres nous entourent et que l'on finit par ne plus voir. Réceptif? Je crois que c'est le mot.

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