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Petit Traité sur les Bonnes Manières Gay - Volume 1

Publié le par Dorian Gay

How-to-be-a-Gentleman-Season-1-promoCet article va être ce que nous pourrions communément nommer un « hors-série » ;

Hors-série en deux temps, qui vient marquer une petite pause avant d’aborder en fin de semaine, j’espère avec justesse (humour et dérision), un sujet éminemment sérieux.  Trève d’anticipation et de contextualisation, revenons à nos moutons – à notre service en argenterie plutôt, qui va symboliser à perfection ce thème – ce Petit Traité (non exhaustif) des Bonnes Manières Gay.

Et qui mieux que moi, jeune homme élevé par un Père légèrement maniaque et un tantinet psychorigide et une Mère soucieuse au plus haut point de l’étiquette et des convenances pour, comme Nadine (non pas celle à qui on pourrait dédicacer la Station de Métro « Poissonnière ») mais plutôt comme Nadine La Baronne, vous livrer quelques petites règles de conduite et de bonnes manières spécialement formulées pour notre communauté.

 

Les spécialistes des règles de politesse mondaine sont souvent gays. Un certain penchant pour l’apparât sans doute. Pourtant la politesse chez les gays n’est pas la chose la mieux partagée.

C’est encore plus probant lors des rencontres virtuelles. L’écran a dissout certaines règles de bienséance.  On ne peut pas perdre la face online, surtout lorsqu’on ne la montre pas….

 

DANS LA MATRICE

 

Répondre à un premier message en ligne

 

Il est hélas regrettable de constater souvent l’absence de réponse au premier message. Cette attitude est devenue un principe érigé en mode de fonctionnement (Pas de réponse = pas intéressé).

Répondez simplement par « Merci. Pas intéressé ». Certains sites proposent même d’envoyer des messages prédéfinis. Cela ne mange pas de pain et aura l’avantage de permettre à celui qui vous a abordé de passer sainement à un autre profil. Dans la vie, on ne peut détourner la tête lorsqu’on vous dit bonjour…

 

Vous pouvez cependant faire exception dans plusieurs cas :

L’expéditeur a un profil sans photo alors que vous vous affichez clairement

L’expéditeur n’a manifestement pas lu votre profil qui détaille vos attentes. Vous recherchez par exemple une relation et il vous gratifie de son sexe turgescent en photo plein écran en guise de bonjour. Une pratique qui à la rigueur sied à un samedi soir passé minuit...parce que si vous êtes en ligne à cette heure-là, et ce soir-là, ce n’est pas pour conter fleurette…ne niez pas !

L’expéditeur est fâché avec l’orthographe (rédhibitoire) ou carrément vulgaire

 

Recevoir un plan cul

Et bien déjà ouvrez lui et n’éteignez pas votre téléphone car vous avez sournoisement guetté son arrivée à votre fenêtre afin de vous assurer de la qualité de son physique. Vous l’avez fait venir et même s’il ne vous intéressait plus une fois-là il serait malvenu de le laisser mourir de froid sur le palier tentant désespérément de vous joindre. Assumez, quitte à lui dire, une fois réchauffé chez vous qu’il ne fera pas l’affaire.

Mis à part ces situations ubuesques donc, accueillez votre hôte avec cordialité (bon, je n’ai pas dit non plus de parler de vos enfances respectives et d’ouvrir une bouteille de Mumm) et proposez-lui quelque chose à boire. Après une courte conversation de courtoisie, vous pouvez lui proposer de se mettre plus à l’aise sans tarder dans votre chambre ou sur le canapé à votre convenance.  S’il vous embrasse ou vous met la main à des endroits intimes, perdez toute notion de bienséance dans l’instant. Elle ne vous sera d’aucune utilité…

A la fin de l’entrevue, proposez l’usage de la salle de bain. Un ou deux mots de remerciements sur la performance seront bienvenus.

« Merci c’était sympa » = merci mais on ne se reverra pas

« Merci c’était vraiment super » = merci, on se reverra peut être

« Merci ! Ouah tu es vraiment doué, j’ai adoré » = on se revoit quand ?

« …Pff… Ha… Ha…Pff… » (voix haletante) = épouses moi !

Si vous vous n’êtes pas présenté en bonne et due forme, c’est le moment de le faire. Vous pouvez donner votre vrai prénom ou votre nom de « scène » à votre guise selon votre appréciation de la rencontre.

Si vous avez envie de revoir la personne, il est de bon ton d’envoyer un SMS sur le chemin du retour.

Si c’est un plan direct-direct, les bonnes manières ne sont pas recommandées voire fortement déconseillées…

 

Participer à une partouze (bon j’anticipe, je ne parle PAS en connaissance de cause – je me suis renseigné c’est tout !)

Être en tenue d’Adam requiert justement une certaine aisance lorsqu’on se « présente ». Autant un contact corporel immédiat n’est pas du meilleur effet en société mais dans ce genre de situation il est fortement recommandé. Présentez-vous aussi avec assurance même si vous êtes dans une position corporelle assez offerte. Point n’est besoin de cartes de visite, de toute façon vous n’avez aucun endroit pour les ranger ! (j’ai bien pensé à un endroit mais pour cela il faudrait avoir un postérieur éminemment musclé)

 

Recroiser un plan cul par hasard

Avoir rencontré bibliquement une personne ne signifie pas que vous êtes vraiment intimes. Cependant si vous recroisez un ancien plan cul, il est quand même apprécié de montrer que vous reconnaissez la personne. Point n’est besoin de se faire la bise : un léger mouvement de tête voire un vague salut sonore fera très bien l’affaire.  Ceci dit ne vous attardez pas, vous ne sauriez quoi lui dire…

Dans un night-club un simple clin d’œil tout en continuant de mordiller la paille de votre Cosmopolitan suffira aussi amplement.

Si la personne vous a harcelé, ignorez-la vraiment par contre. Vous lui redonneriez un espoir.

Si vous comprenez subitement pourquoi la personne ne pouvait recevoir… elle vous sera fortement reconnaissante de l’ignorer complètement ! Si, si, ne cherchez pas à comprendre.

Parfois il semble aussi qu’on vous reconnaisse mais ce n’est pas réciproque… Le visage ne vous dit rien… C’est peut être que la dernière fois que vous aviez vu cet individu vous n’aviez pas vraiment les yeux sur son visage... Comme dit Madonna « Yeah I guess I just don’t recognize you with your clothes on. »

Souriez franchement mais zappez vite ! Ou faites semblant de reconnaître quelqu’un d’autre à l’autre bout de la salle.

Bref, ne faites pas comme moi, qui, il y’a quelques mois, tombait nez à nez avec une ex désastreuse aventure dans ma rue. Sous le coup de la surprise, je n’ai pu que balbutier un « euh, je vais sur les Champs, je suis très pressé. Navré ». Grosse erreur de débutant … « Ah tiens ! Belle coïncidence, je vais sur les Champs aussi ! Allons-y ». Faux – je n’allais pas sur les Champs, je me dirigeais vers mon Boulanger à une dizaine de mètres de là. 45 minutes de métro furent nécessaires pour faire l’aller – retour inutile et préserver le peu de dignité qu’il me restait. Bref, cela ne paye pas.

 

HORS DE LA MATRICE

 

Proposer une rencontre plus sérieuse

Le bon sens voudrait que vous évitiez de proposer des lieux de rencontres à forte connotation même si je ne doute pas que le Bar de la Fistinière ou du Dépôt peuvent être sympathiques pour d’autres occasions.

La bienséance voudrait aussi que vous n’arriviez pas en retard. Si vous êtes ce type de garçon, qui, comme moi passez plus de temps à vous habiller qu’à vous alimenter et qui êtes systématiquement en retard car vous hésitiez entre un trench coat kaki ou beige pour votre rencontre, alors organisez-vous et préparez tout cela la veille si nécessaire. Par ailleurs, je reste convaincu qu’un retard est une très mauvaise entrée en matière.

Vous êtes dans un lieu de restauration et l’addition arrive - hypothèse 1 : vous êtes d’une galanterie sans limites et vous insistez pour régler la totalité (il est de bon ton que l’invité fasse mine de vouloir régler aussi ou alors remercie à charge de revanche ou encore laisse au moins un pourboire).Hypothèse 2 : vous décidez de faire « moitié-moitié » mais c’est moins romanesque. Hypothèse 3 : vous prétextez une envie pressante et fuyez les lieux par la porte de service (c’est très très très vilain et je ne suis pas du tout content de votre conduite).

Vous êtes invité à domicile : on n’arrive pas les mains vides et c’est malheureusement assez commun. Ce n’est que de la logique : votre hôte a surement passé de longues heures à vous concocter de délicieux mets (ou est passé chez Picard deux heures avant) et le corollaire est que vous devez participer à l’effort commun. Une vinasse dégotée chez Monoprix, un dessert ou des fleurs ce n’est pas bien compliqué.

Vous n’avez d’autre solution que de poser un lapin à votre rendez-vous ?  Premier réflexe : couvrir de sms d’excuses la personne lésée et lui fournir un minimum de justifications pertinentes (non le décès du poisson rouge de l’arrière grand tante de la nièce de votre marraine qui est morte d’une tourista en accouchant de triplés n’est pas une excuse pertinente) et proposer une nouvelle date de rendez-vous en s’assurant au préalable de pouvoir la tenir.

 

Tenir la rencontre

Vous avez prévu d’offrir des cadeaux ? (à proscrire pour une toute première rencontre). Nadine est beaucoup plus éloquente que moi sur ce point : « Ni trop chers, ni trop bon marché, ils doivent toujours correspondre au niveau de l'intimité que vous avez envers la personne que vous souhaitez combler. Préférez les standards que les cadeaux trop originaux quand vous ne connaissez pas les goûts de votre partenaire. On évite d'offrir un parfum au hasard... ».

Bien évidemment, cela se suppute, on évite de parler de ses exs, aventures désastreuses, plans d’un soir et autres joyeusetés. On évite également de monopoliser la parole et on pose des questions (cela prouve un certain intérêt pour la personne en face).

Twitter, Foursquare, Facebook, Grindr, Scruf, Hornet et autres chronophages sont à proscrire. Vos charmantes applis pourront bien se passer de vous pendant quelques heures. Il n’y a rien de plus désagréable que de parler à une personne éblouie par le rétroéclairage de son smartphone.

A suivre…   Retrouvez moi sur Twitter ICI ou écrivez moi à doriangayparis@gmail.com

How-To-Be-A-Gentleman-Promo-Saison1-2

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Amour, Botox et Date de Péremption

Publié le par Dorian Gay

Amour, Botox et Date de Péremption

C’est samedi – et les samedis à HEC sont les choses les plus inintéressantes et ennuyeuses qui soient. C’est le jour généralement choisi par tous les conférenciers sadiques et overbookés en semaine, pour vous abreuver de leur savoir et des péripéties de leurs trépidantes vies mondaines, des premières lueurs du matin jusqu’au crépuscule.

Bref, ces jours où vous vous mettez – grincheux - au fond de la salle pour lire un GQ, boire votre thé et faire acte de présence, votre montre bien en évidence sur votre table et vos soupirs ponctuant les silences de l’intervenant.

L’intervenant de ce samedi-là précisément avait décidé de nous parler d’âge. Et il avait structuré les différentes périodes de vie en trois étapes : la découverte, l’assise, le déclin… à partir de 50 ans…

Si il y’a une affirmation aussi indéniable que « Rita Ora est une fausse blonde » et que « Michael Jackson avait un nez refait », c’est que nous sommes tous des petits grains de sable dans le sablier du temps ; tous les « jeunes » et les « vieux » de quelqu’un. Je n’entame qu’à peine mes 21 printemps mais cela ne m’a pas empêché de très tôt me pencher sur cette problématique existentielle. En matière d’amour, qui ne sait jamais retrouvé devant les préjugés qui suivent ?

Stéréotype 1 – Anna Nicole Smith : Vous êtes jeune et vous avez des amants beaucoup plus âgés ? Vous êtes donc tout naturellement un garçon vénal et vous trépignez d’impatience que la loi sur le mariage pour tous soit promulguée pour officialiser une union avec un sexagénaire de bonne fortune, que vous pousserez dans les escaliers deux mois après (si vous avez besoin d'un Avocat - je peux vous emailer ma carte).

Stéréotype 2 – Madonna : Vous êtes moins jeune et vous préférez les garçons qui ont moins de la moitié de votre propre âge ? (au maximum cela se suppute bien). Alors vous êtes un pervers narcissique qui vit de valorisations

Stéréotype 3 – Ashton Kutcher : Vous êtes jeune et vous en entichez de personnes plus âgées ? Alors vous êtes un pauvre garçon en manque de repères paternels/maternels et d’autorité et vous cherchez un parent de substitution (le sexe en plus).

Stéréotype 4 – Sharon Stone : Vous êtes moins jeune et vous traînez avec des beaucoup plus jeunes que vous ? Vous êtes sans doute coincés dans une faille spatio-temporelle vous faisant vivre dans l’illusion précaire d’être un éternel jeune – ayant oublié que « Forever Young » était juste un titre de chanson et que le vocabulaire teenager doit être à un moment oublié. N’ayez pas le seum, c’est la vie.

Voilà tant de préjugés auxquels peu de nous échappent, aussi bien homos qu’hétéros ; Même si nous, Homos, avons, et cela est indéniable, un rapport encore plus transcendant avec nos dates de naissance respectives, cultivant depuis toujours un culte (irraisonné ?) de la jeunesse.

L’Age de la (dé)raison

On associe souvent dans notre société l'amour et le sexe à la jeunesse. Il me semble que c'est encore plus vrai dans la communauté homosexuelle, où le culte de la jeunesse est exacerbé, où nous semblons tous porter sur nos nuques un code-barres et une date de péremption, où l’âge d’or dure 5 ans (20-25 ans) et où après la trentaine l’on est considéré comme un fossile de l’ancienne génération.

C’est tout en cas ce que l’on m’a toujours dit : « Dorian, profites de ta jeunesse, tu as la vingtaine, bientôt ce sera fini », supputant alors que je devais entamer ma vie professionnelle-trouver l’homme de la vie – acheter un Golden Retriever – faire le tour du monde en Smart et lancer une procédure d’adoption avant mes 25 ans, sinon j’étais foutu.

Si l’espérance de vie ne fait que croitre et que nous vivrons tous jusqu’à 81 ans en moyenne, il faudrait bien penser à combler ces 74 années qui d’après les légendes ne seraient que désolation, déambulateur, nostalgie et regrets.

Vous auriez donc bien compris que je prône une tolérance quant à ce chiffre qui, j’estime, est fondamentalement subjectif et reste profondément convaincu que l’on peut offrir à n’importe quel âge de vie, une vraie richesse à qui on côtoie. Ce sera peut-être à 20 ans, une certaine fraicheur et une certaine fougue, mais ça pourrait être également quelques décennies plus tard, une belle maturité, une sublime personnalité et un corps qu’on apprend à regarder sous d’autres angles moins stéréotypants.

Bien sûr, ce sont des généralités et chaque couple vit cette situation différemment, mais la plupart des couples avec différence d'âge que je côtoie vous diront qu'ils s'aiment comme un couple « normal », mais avec un petit plus ! La différence est une richesse, un nouveau regard sur soi, sur la vie et l'amour.

Certes, je ne sais pas (encore) comme mon ami Emilien, 27 ans, ce que cela fait lorsqu’un garçon de 22 ans vous oppose dans un rire moqueur vos 5 années de plus, ou comme Charles cet autre ami, qui a l’aube de ses 28 printemps, commence déjà à réduire son âge sur le net, mais je sais ce que cela fait… en situation inverse.

Ceux qui me suivent depuis le début doivent savoir que je suis ce qu’on appelle communément (et poliment) un précoce (non ce n’est pas contagieux je vous rassure). Précocité rimant avec classes sautées, quatre en ce qui me concerne, j’ai toujours fréquenté et été entouré de personnes plus âgées que moi – créant un réel décalage entre mes aspirations, mes doutes, ma psyché et ceux d’un jeune homme de la même tranche de vie que moi. Mon cas particulier me permet d’avoir un regard intéressant sur l’âge et la notion même de « vie de l’âge ».

Comme tout le monde, je trouverais le corps lustré et fougueux d’un jeune éphèbe, particulièrement exquis. Mais, peut-être moins comme tout le monde, je trouverais le manque de maturité rédhibitoire et le charisme lié à l’âge attirant. Je suis le stéréotype parfait du type de garçon qui estime que Denzel Washington ou Noé Duchaufour Lawrence se bonifient au fil du temps. Lorsque j’en parle avec mon entourage ou quand il m’arrive de lire assez aléatoirement les profils de présentation sur les sites de rencontres, indiquant des recherches comprises entre des fourchettes d’âge très limitatives, j’ai pleine conscience du côté peu commun de la chose.

Cougars et Subjectivité

Je prône d’autant plus la tolérance au vu de ces mascarades aujourd’hui bien habituelles. Ces « coupeurs d’âge » qui s’offrent un lifting numérique en réduisant leur âge ‘’public’’ d’une bonne décennie et en partageant photos de leur feue jeunesse. Non, je ne cautionne pas cette pratique très répandue et que je trouve teintée d’un peu de malhonnêteté, mais rien de bien méchant. Mais oui, inversement, elle me permet de prouver objectivement que dans bien des cas, ces « petits mensonges » sont payants et que peu de gens vont outre les chiffres pour entrevoir la personne qui se cache derrière. Vous prenez deux profils identiques, étoffés des mêmes informations et des mêmes photos l’un tronqué de quelques années de vie, je vous laisse deviner lequel aura plus de succès.

Subjectivité donc quand tu nous tiens.

A 21 ans, je suis donc pour l’instant dans le « bon » versant du sablier – et oui, cela est surement très plaisant - mais cela ne m’empêche pas non plus de garder un regard peut être encore teinté de conservatisme et de logique biologique et sociétale.

Le Young Boy Toy je veux bien, le pseudo-fils-amant non

Et c’est là malheureusement l’extrême de la problématique. Au temps pour moi, une certaine différence d’âge peut être source de richesses (non, petits vénaux, pas ce type de richesses là), au temps l’on ne peut occulter le sens commun et d’autres sous-problématiques.

Quel avenir donner à une relation entre deux êtres séparés par 40 ans de brides de vie ? (déjà vu) Comment vivre la vieillesse de l’autre ? Les dissensions financières ? Avec l’ouverture (prochaine ?) de l’adoption à tous, d’autres problématiques se rajoutent : Le conjoint en a-t-il déjà eu ? En voudra-t-il de nouveau ?

Vous comprendrez alors que je puisse rester dubitatif et perplexe, voire légèrement choqué quand je lis (à la pelle) des « Mâle 63 ans, cherche minet entre 18 et 24 ans » ou des « Daddy sexagénaire cherche relation durable avec jeune homme de 18 à 30 ans ». Il reste à mon sens nécessaire d’appliquer une certaine proportionnalité.

Résultat des courses ? Aucune réponse, juste des axes de réflexion

Les pro-tolérance

- Une manière d'apporter à l'autre ce qu'il ne possède pas : Si cela fonctionne entre eux, c'est peut-être parce que ce type de couple s'équilibre. Le plus « ancien » amène sa philosophie de la vie, son expérience, sa capacité à résister aux aléas du quotidien quand le plus jeune fait souffler un vent de fraîcheur... Mais cela peut aussi bien être l'inverse car on peut être très fantaisiste à 50 ans et déjà très assagi(e) à 25 ou 30 ans.

- La sensation de vivre plus intensément: Quand on sait qu'on n'a pas, du fait de notre écart d'âge, un siècle à vivre ensemble, on profite à fond du temps qui nous est accordé. Et on se laisse moins facilement polluer par les petites disputes sans importance.

- Un apprentissage de la tolérance : Former un couple qui n'est pas classique permet d'ouvrir l'esprit. Parce qu'on est « différent », on accepte mieux ceux qui le sont aussi. On devient moins sectaire envers les autres, notamment par rapport aux personnes qui ont un mode de vie au nôtre.

Moins de peur devant l'engagement : Si les jouvenceaux (et jouvencelles) tremblent d'effroi devant la simple évocation du mot mariage, ce ne sera pas forcément le cas avec quelqu'un qui a déjà de la route. Lui ou elle sera moins réfractaire sur ce style de question.

Les contre-tolérance

- L'écueil du père ou de la mère de substitution

- Le regard de l'extérieur qui ne nous épargne pas : Même si on se sent bien ensemble et que l'écart d'âge ne pose de problème ni à l'un à l'autre, il faut être capable d'être affronter les nombreuses remarques de nos entourages, les « Tu dragues à la sortie des écoles, maintenant ? » « Tu es venu nous présenter ton fils ? » et autres répliques perfides !

- Un décalage dans la manière d'appréhender la vie et l'avenir : Pas toujours facile d'accorder ses violons quand l'un a grandi au son des Beatles et des Rolling Stones et l'autre a été bercé(e) par les 2Be3 et les Worlds Apart... Et on peut aussi, à l'intérieur du couple, ne pas être synchrone sur certaines choses.

Petit mot de fin

Finalement, afin de reprendre un peu de hauteur, je pense que cette question d’acceptation du temps qui passe et d’âge en matière sentimentale est avant tout une question de « bien-être dans sa peau ». Ce bien être qui ne saurait être assuré par de longues heures en salle de sport, par les meilleures injections de botox, et par la meilleure teinture pour cheveux grisonnants.

Retrouvez moi sur Twitter ICI ou écrivez moi à doriangayparis@gmail.com

J’ai trouvé un petit court métrage d’Alexis Van Stratum de 5 minutes sympatoche traitant de la peur de vieillir – gays, c’est ICI

Alexis Van Stratum

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Le Moment "D" : Jouons au Lovegame

Publié le par Dorian Gay

Le Moment "D" : Jouons au Lovegame

Oh la vie … (soupirs)

Alanis Morissette chantait : « Eh bien, la vie a une drôle de façon de te prendre par surprise. Quand tu crois que tout va bien et va dans le bon sens, la vie a une drôle de manière de t’aider »

Cette vie qui vous fait gagner au loto la veille de votre mort

Cette vie qui laisse tomber une mouche dans votre Chardonnay

Cette vie qui place devant vous un embouteillage alors que vous êtes déjà en retard

Cette vie qui vous fait rencontrer l’homme de vos rêves… puis sa ravissante femme plus tard

Cette vie qui offre une grâce à un condamné à mort deux minutes trop tard.

Cette vie où un pigeon se soulage au-dessus de votre tête ou de votre costume trois pièces alors que vous vous rendez à un entretien d’embauche.

Cette vie où vous trouvez cent cuillères dans les placards de la cuisine alors que tout ce dont vous avez besoin est une satanée fourchette.

Bref cette vie pleine d’ironie ne pensez-vous pas ?

L’examen minutieux de cette ironie ainsi que mes profondes réflexions philosophiques et métaphysiques entre deux épisodes « culturisants » de Jersey Shore m’ont amené à mettre le doigt sur quelque chose de crucial et de décisif en matière de rencontres et que je vais appeler paternellement le Moment “D” (”D”pour Dorian et “D” pour Décisif). Je pense d’ailleurs sérieusement à faire breveter ma trouvaille, fruit d’un dur labeur intellectuel et de quelques verres de vins.

Qu’est-ce que c’est le Moment “D” ?

C’est ce moment décisif, cette fraction du temps déterminante où se détermine l’avenir d’une rencontre. Vous ne voyez toujours pas ? Froncez les sourcils ça aide. C’est cette fameuse seconde où on décide de répondre ou non à un garçon qui nous aborde sur Grindr ou sur un site de rencontre. C’est cette fameuse minute où on décide ou non d’envoyer un sms pour proposer ou accepter une rencontre. C’est cette milliseconde où l’on décide ou non d’aborder le garçon qui nous jette des regards plein d’envie et de timidité alors qu’on voit bien qu’il s’apprête à descendre à la prochaine station de métro. C’est une autre fameuse minute où après avoir passé la nuit ensemble où l’un décide de relancer l’autre le lendemain par sms… ou pas…

Bref, toutes ces secondes, ces minutes, ces heures où se détermine souvent de façon totalement imprévisible et spontanée, comme au loto, l’avenir d’une rencontre.

Le moment “D” est particulièrement identifiable à 3 stades d’une rencontre : le contact – la rencontre – le post – rencontre.

Le contact initial : vous êtes sur Grindr, un profil potentiellement intéressant apparaît sur votre radar, vous savez pertinemment que vous n’avez que quelques minutes pour prendre contact car les aléas de la géolocalisation Grindr auront très vite fait de le faire à nouveau disparaître, peut-être à jamais. Vous êtes à une fête, un garçon tout à votre goût vous fait de l’œil, vous êtes rongés par la timidité ou un orgueil trop vif, la soirée se termine dans 20 minutes et vous ne savez rien de lui ou avez attendu passivement que ce soit lui qui fasse le premier pas et concrétise cet intérêt que vous semblez avoir l’un pour l’autre. Vous recevez un message sur un site de rencontre d’un profil banal qui vous aborde d’un simple et lancinant « salut », vous êtes partagés entre la curiosité de savoir si quelqu’un de potentiellement intéressant se cache derrière cette maigre salutation ou la peur de perdre votre temps.

Voilà autant de cas où nous nous retrouverons tous devant des moments “D” appelant à notre intuition et où nos actions ou inactions déterminent la fécondité d’un regard insistant, d’un message, d’un sourire…

La rencontre : Vous avez passé le cap du premier Moment “D” – Bravo ! Vous pensez avoir mis votre coup de cœur dans la poche ? Come on, si c’était aussi facile je n’écrirais pas ces articles sur mon divan qui grince et un pot de glace à la main, je serais déjà à West Hollywood, dans un hamac et dans les bras de Matt Bomer (qui a déjà répondu à un de mes tweets – grand moment de gloire et de séduction geek style). Bref, la route est encore longue avant la Mairie, le powerpoint pourri et le riz à la gueule. Il vous faudra encore passer cet instant crucial qu’est le second moment “D” inhérent au premier rendez – vous.

En effet, avoir décroché un contact, un sourire, un message, et y avoir donné suite ne vous garantit en rien que vous ayez le loisir de converser avec votre flirt autour d’un verre de vin et d’une côtelette de porc. Encore faut-il que l’un de vous ai l’initiative de proposer une ‘’vraie’’ rencontre, un vrai rendez-vous galant. Et là, croyez-moi ce n’est pas gagné. Entre ceux qui prolongent indéfiniment un face à face, ceux qui ne sont jamais disponibles, ceux qui vous proposent de converser via MSN, Skype et compagnie (très mauvais plan) afin « de mieux se connaître avant la rencontre » et qui ne resteront à jamais que des images pixélisées sur votre écran, ceux qui relâchent le lien et donc l’intérêt au fil du temps, ceux qui disparaissent comme ils sont apparus, c’est-à-dire de façon soudaine, sont tout autant de cas où l’on se retrouve victimes de cruels moments “D”.

Le post – rencontre : Vous avez à la sueur de vos doigts qui ont frénétiquement appuyé sur votre clavier d’ordinateur ou sur votre smartphone pendant des jours, décroché une vraie rencontre avec votre flirt rencontré et approché dans le métro – vous êtes un héros de l’amour des temps modernes (le slip en lycra en moins). Vous avez donc dégusté vos rognons de veau l’un en face de l’autre, parlé de vos vies respectives et des poissons rouges que vous avez eu pendant votre enfance, vous avez même surement couché ensemble (sauf si vous faites partie de la fameuse Ligue des Mecs qui ne Couchent Pas At The First Date – LMCPATFD) et vous vous retrouvez le lendemain devant ce moment que nous connaissons tous.

Oui, ce fameux lendemain où l’on ronge d’envie de reprendre contact pour proposer une seconde rencontre mais où notre orgueil, notre égo ou notre timidité nous glisse à l’oreille que « de toute façon si il a apprécié le moment il fera signe de son propre gré » ; Oui ce fameux lendemain où l’on devient des ados prébubères qui téléphonent à leurs amis et qui les assènent de “tu penses que je devrais le rappeller ou pas??”, ou d’un “Oh il m’a juste répondu un simple – merci pour la soirée – il a pas aimé c’est sûr – je veux me suicider au Vicks!”.

Oui ce fameux moment où l’on se retrouve entre deux confluents : celui de l’envie et celui de la peur de la vulnérabilité, Oui ce troisième et ultime vicieux moment “D”. Vicieux pourquoi ? Parce que c’est celui qui fait le plus de victimes et c’est la phase où ressurgissent nos vieux démons. L’on renvoie la charge de la reprise de contact à l’autre en oubliant… que lui-même, dans la plupart des cas… opère ce même renvoi et le résultat est sans équivoque : deux garçons qui s’apprécient, qui ont eu un premier contact (moment “D” 1), puis une première rencontre (moment “D” 2) et qui de façon totalement stupide vont attendre passivement relance l’un de l’autre ; relance qui, dans bien des cas va être émise trop tard car les premières flammes se seront éteintes par dépit. C’est ça le lovegame.

Vous savez, je vous dis ça aujourd’hui avec un certain recul mais il n’y a meilleur (mauvais) exemple que moi dans tout Paris, que dis-je, dans toute la France de l’Univers Mondial pour illustrer ces moments “D”.

Oui, je ne prends jamais contact de prime abord ; « Jamais » n’est pas une hyperbole. Si, si je vous assure. J’ai beau traîner sur tous les sites de rencontre depuis l’âge de pierre d’internet, je n’ai jamais pris l’initiative d’aborder des profils qui m’attiraient, victime de cet égo ou de cette peur … disons le franchement… de se prendre un râteau. Oui donc, en matière de rencontres, il y’a des chasseurs qui vont en quête, une carabine à l’épaule, moi je suis un pêcheur … qui attend… comme un idiot certes… mais qui attend.

L’avantage de cette méthode est évident : aucun râteau et boost de l’égo garantis. Le désavantage est tout aussi évident : l’on passe à côté de belles occasions car on oublie aussi que certaines personnes préfèrent la canne à la pêche à la carabine, tout comme nous. Si donc, déjà, derrière la sécurité de mon écran d’ordinateur je n’ai pas le courage de prendre des initiatives, imaginez-vous donc un peu l’état de stase dans lequel je plonge lorsque je suis l’objet de regards insistants dans les transports ou en société.

Je suis aussi toujours celui-là, lorsqu’un poisson mord à l’hameçon qui ne donne jamais l’impulsion d’une rencontre, toujours rongé par l’égo, la peur de déplaire, ou finalement même de plaire.

Et encore ce même-là qui après une première rencontre des plus prometteuses… attend bêtement et naïvement relance et à qui il ne reste que l’humour ou ce blog pour partager avec ironie ces sms que l’on reçoit souvent bien trop tard…

Finalement c’est cela le lovegame, le loto des rencontres, on tire de temps en temps les bons numéros, mais on perd si souvent le ticket gagnant, mais encore faut-il accepter de rentrer dans le jeu et d’en assumer les aléas…

Retrouvez moi sur Twitter ICI (rassurez vous je ne tweete pas tous les jours sur Matt Bomer.. ou presque) ou écrivez moi à doriangayparis@gmail.com

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Le garçon aux carrés de soie

Publié le par Dorian Gay

Le garçon aux carrés de soie

Il y’a quelques jours je vous postais un article sur le Multidating et j’y retranscrivais de façon assez crue, décomplexée voire choquante, une facette de ma personnalité ; Une petite mise en exergue de mon rapport aux autres en matière de rencontres. J’étais chez moi, assis sur mon bureau, les yeux rivés sur l’écran, les doigts immobiles sur le clavier, deux Thés Noirs d’Assam fumant sur la table. Je relisais avec une voix murmurante encore une dernière fois ce que j’allais vous livrer – je cliquais sur le bouton marquant la publication du billet – je reposais mon dos sur le dossier de mon siège et pris une gorgée de thé comme ultime récompense – pencha ma tête vers Thomas qui me regardait et qui était resté silencieux pendant toute mon introspection, silence lourd presque solennel. Thomas est ce bon ami Anglais, charmant jeune homme, Parisien depuis un an, avec lequel je passe beaucoup et temps et qui à nos heures perdues me sert de confident – Le reste du temps, on parle en Anglais, on fait les courses ensemble au temple de la malbouffe Anglaise – Mark & Spencer, et on écume les parfumeries : oui Thomas est multitâche et multifonction.

- « Penses-tu que je sois une mauvaise personne mon petit Tom ? Suis-je excessif ? 7 amants c’est peut-être trop non ? Enfin… sûrement… Mais bon… »

- « Tu es une tortue Dorian»

- « Hein ? »

- « Non, je ne crois pas que tu sois une mauvaise personne, loin de là. Tu es juste toi. Totalement toi. Parfaitement toi – un écorché vif qui se cache, tremblotant sous sa carapace d’acier »

« … » Je reportais la tasse à mes lèvres mais je n’eus aucun reflexe d’ingurgitation. Il avait raison ce con. J’ai peur de tout, de rien, de tout et rien à la fois : peur du vide, peur de la solitude, peur du mensonge, peur des lézards, peur de la douleur, peur des crapauds, peur des microbes, peur des autres, peur de l’imprévisible, peur de l’avenir, peur des rats, peur du travail mal fait, peur des reproches, peur de la ruine, peur de la crise, peur des ruelles mal éclairées, peur, peur, peur…

Quand on est bambin et qu’on a peur, on trouve toujours des solutions : papa nous lit des histoires où la méchante sorcière meurt dans d’atroces souffrances, torturée à la lame de rasoir, défigurée à l’acide et brûlée au Karcher - maman laisse la porte de la chambrette entrouverte et la veilleuse allumée - on nous offre des doudous pour nous réconforter, nous consoler, nous protéger.

Quand on est plus grand, on a toujours des doudous qui nous rendent plus forts, mais ils prennent juste d’autres formes qu’un ours en peluche borgne ou qu’une couverture tâchée et effilochée. Entre ceux qui se sentent impuissants lorsqu’ils n’arborent pas des signes de luxure comme une Rolex ou une Jaeger Lecoultre au poignet, ceux qui se sentent insignifiants lorsqu’ils n’arborent pas une présentation irréprochable en public, toujours tirés à quatre épingles, ceux qui se camouflent derrière leur savoir et leur culture, et ceux… et ceux… et ceux….

Bref, on a beau être adultes, être de grandes personnes, nous avons toujours peur et nous avons tous ces petits doudous, parfois virtuels et abstraits, souvent concrets, qui, plus ou moins inconsciemment nous imperméabilisent contre de vilains monstres.

Mon doudou à moi ? Ce sont les foulards. Ça pourrait être ma bague à l’annulaire gauche que je n’arrive pas à enlever depuis des années ou ce baume à lèvres à base de Karité que j’ai toujours systématiquement dans la poche droite de mon trench, ça pourrait être mon look en général qui me donne en soi pas mal d’assurance, mais ça sera mes foulards. C’est comme ça et pis c’est tout.

Quand j’étais jeune, mon père était souvent absent – absent à cause de son travail qui avait fait de lui un parfait globe-trotter. C’est un homme fort élégant qui a toujours fait attention à chaque détail de son style vestimentaire. Il ne m’a jamais dit expressément qu’il m’aimait – je ne lui ai jamais dit en retour mais je le sais. Il le sait. Nous le savons. Se sentant coupable après chaque voyage, il m’offrait quelque chose, un présent souvent de mon choix et cela était devenu à force une tradition familiale, paternelle du moins. Je lui demandais toujours la même chose – ces mêmes beaux carrés en soie qu’arboraient au cou, dans les cheveux ou autour de la ceinture, les belles femmes blondes, grandes et bien parfumées que je voyais au Club House ou aux cours de Golf le dimanche. J’adorais les porter en nœud – scout autour du cou. Les garçons trouvaient cela bizarre. Les filles en étaient jalouses. Je me trouvais beau. Ces 90 cm * 90 cm autour du cou n’étaient pas juste une découpe de soie, c’était le signe de mon affirmation, de ma différence, du « je t’aime » que je n’ai jamais entendu, c’était ma force.

Les monstres que j’ai combattu avec mes carrés de soie en guise de glaive ne sont plus les mêmes. Ils sont devenus plus insidieux, plus malins, plus fourbes, ils ont muté, ils m’ont infecté.

L’un que j’ai traqué au fil des années et que j’ai (presque) réussi à exorciser s’appelle « Manque de confiance en soi ». Nous le surnommerons MCS. Les gens qui me connaissent disent unanimement de moi que je semble avoir du charisme, un fort caractère, un certain égo et transpirer la confiance en moi… Les gens qui disent cela ne m’ont toujours vu avec un foulard autour du cou et aucun d’eux ne s’est jamais essayé à le défaire. S’ils l’avaient fait, ils auraient coupé la tignasse de Samson. L’esbroufe est trompeuse, la vanité vaine, la verve traître : je n’aime pas ma peau si délicate et capricieuse, je déteste ma modeste taille (1m75), j’exècre tellement parfois ce corps que certains disent pourtant aimer, car il paraitrait qu’en dépit de tout que je plais et que je charme – c’est la légende qui le dit. Je ne me trouve pas drôle. J’ai beau être précoce, je trouve mon intellect quelconque. Je me trouve sans intérêt, sans plus-value, originalité, singularité, telle un énième grain de sable d’Olonne. Mais pourtant… mais pourtant… mon doudou m’a permis jusqu’à ce jour de continuer à entretenir cette belle mascarade – j’enroule un de mes carrés autour du cou le matin – je me parfume – m’observe 17 fois dans la glace - mon armure de platine m’enveloppe et je deviens ce Dorian sans faille.

L’autre monstre dont je poursuis la traque se nomme « Tour de Babel », nous le surnommerons "TDB" et il apprécie particulièrement s’immiscer dans mes rencontres et mes histoires de cœurs (et de coups de reins), ces histoires comme toutes ces autres histoires quelconques, ces histoires comme les vôtres, ces histoires que vous ne trouverez pas dans les romans d’Alexandre Jardin ou de Frédéric Begbeider. Ces garçons qui échangent par écrans interposés, qui se font rire, qui se souhaitent bonne nuit, qui se rencontrent autour d’un thé, qui se regardent, qui se frôlent, qui se sentent, qui s’apprécient, qui font l’amour en refaisant le monde et inversement, qui s’embrassent dans le cou, ces garçons qui se voient et se revoient … jusqu’ à ce que la Tour de Babel écrase de son poids celui de ces deux garçons qui aiment les carrés de soie. Elle le séduit, elle lui ment, elle l’embourbe, lui dit que de toute façon cela finira comme d’habitude : qu’il s’attachera, qu’il tombera peut être même amoureux et que c’est là que le garçon qui aimait moins les carrés de soie, profitant de ce moment de faiblesse, le quittera. Le garçon aux foulards, défaitiste par anticipation teintera la relation de mélancolie – rendant son acolyte tout aussi triste – tristesse répulsive. Comme d’habitude donc, le garçon aux foulards, ressortira de son écrin orange au cheval volant, un doudou qui voudra bien le réchauffer pendant qu’il marchera dans Paris, Barbara dans les oreilles – Comme d’habitude ce doudou salvateur, mouillé et vicié sera teinté de mauvais souvenirs et le garçon aux foulards s’offrir, comme un grand, un énième doudou, plus neutre, sentant bon le neuf. Il trouve juste qu’il a beaucoup trop de doudous maintenant. Son Banquier trouve aussi...

Thomas l’Anglais avait donc parfaitement raison : j’ai peur de la douleur – peur de la déconfiture. J’ai érigé autour de moi des murailles qui au fil du temps, au fil des nouveaux carrés de soie, se sont fortifiées, épaissies, au point où personne ne peut plus y grimper. Certains ont bien essayé d’en effriter les parois mais ils s’en sont arraché les ongles. D’autres encore ont essayé de s’autocatapulter mais ils ont atterri dans les douves. D’autres encore ont tenté la dynamite – inefficace.

Les foulards ne peuvent continuer à être mes béquilles. Il faut bien qu’un jour je songe à ranger mes doudous tout doux, en espérant que pendant ce temps le premier monstre sera définitivement vaincu et que le second sera combattu par un valeureux imprudent qui saura faire preuve d’ingéniosité et de perspicacité. Celui là qui verra mon cou nu, sans artifice, sans protection, sans enveloppe. Thomas avait donc raison… je suis une tortue… une putain de tortue…

Perhaps the ending has not yet been written

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Sexe au Vatican - "Mon Père pardonnez leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" Luc 23:34

Publié le par Dorian Gay

Sexe au Vatican - "Mon Père pardonnez leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" Luc 23:34

A 21 ans, je crois avoir beaucoup et bien vécu ; comme quoi l’on pas forcément besoin de quitter le douillet Boulevard Lannes pour vivre une trépidante vie Hitchcockienne.

En même temps, comme dirait Amy Winehouse, je suis un jeune homme « who looks for trouble », s’immisçant ainsi plus ou moins sciemment dans des situations des plus incongrues.

On dit bien que les plus belles conneries deviennent à terme les plus beaux souvenirs non ?

L’actualité politique (et religieuse) de ces derniers jours est teintée par la démission du Pape et par la prétendue existence d’un Lobby Gay interne même au Vatican et qui serait l’une des raisons de la démission de ce dernier.

Je ne m’intéresse pas à l’actualité religieuse. Celle ci m’ennuie vite et j’ai l’impression souvent que l’on parle d’un monde parallèle qui n’interfère pas avec ma vie personnelle. Egoïste ? Oui. Je ne m’intéresse qu’à ce qui me touche particulièrement : la fermeture d’un AppleStore près de chez moi, d’un Ladurée, une météo affectant mes vacances ou une grève de transports touchant ma ligne habituelle seraient plus enclins à me faire réagir (vivement).

Cette rencontre datant du printemps dernier, noyée sous tant d’autres rencontres, tant d’autres corps, cette rencontre qui pourrait n’être qu’une énième rencontre routinière sans particulier intérêt mérite d’être à ce titre développée. Pourquoi ? Parce que j’étais moi, et que lui était lui et que nous avions un point un commun : nous portions des robes noires. La mienne, ornée d’une hermine pour défendre sans scrupule et avec la plus parfaite mauvaise foi les clients qui viennent me consulter en tant qu’Avocat, et lui pour marquer sa dévotion envers Dieu et consacrer la voie pieuse qu’il avait choisi. Nous l’appellerons Séraphin, car d’une part c’est beau, et d’autre part cela un beau clin d’œil à sa vocation. Séraphin est prêtre. Prêtre, jeune, beau et homo.

Je suis issu d’une famille Chrétienne et dont les valeurs s’ancrent aussi dans celles d’une France catholique, bourgeoise et traditionnaliste. Pourtant, mes grands-parents sont issus d’une vague d’immigration plus ou moins récente et n’ont incorporé ces valeurs dans leurs vies qu’une fois parfaitement intégrés. Sans rentrer les détails, car cela n’a pas de réel intérêt en l’espèce, la belle chance que j’ai eu et qui m’a évité de me retrouver à la rue à l’annonce de mon homosexualité, renié, rejeté par les miens, ou pire, entrainé en thérapie religieuse comme cela peut être le cas pour tant de cas analogues, fut la relative large ouverture d’esprit de mes parents, qui je crois ont toujours su faire la part des choses et accepter la différence sous toutes ses formes. Des Chrétiens progressistes « New Age » en somme, et qui ont eu, malgré leurs valeurs, un regard critique sur la Chrétienté et sur ces valeurs qu’ils considéraient comme anachroniques et désuètes.

Bref, revenons à Séraphin après cette petite contextualisation. Je rentrais sur Paris après un weekend passé au Marais poitevin avec un bon ami ex – Parisien qui vivait à Niort ; j’étais à la Gare de Poitiers, assis sur un banc, scrutant d’un œil l’affichage qui allait indiquer la voie sur laquelle allait se diriger le train qui me ramenait à Paris. Je m’ennuyais. Un Dorian qui s’ennuie, à défaut de reluquer les mâles qui trainent aux alentours et faire des bonhommes en boulettes de papiers, Grindereute sur son smartphone.

Il était là, tout près connecté à 300 mètres indiquait l’appli, son profil n’indiquant que son âge – 30 ans – et sa taille, le tout sur fond de photo bucolique des Jardins de Versailles. Il m’interpella, m’envoya sa photo spontanément où il arborait un col roulé noir, une coupe de cheveux à la Don Draper et des lunettes très vintage. Un dialogue hors du commun s’installa. Il était beau ; ce genre de beauté presque intemporelle, frappante, touchante. Il me dit qu’il était dans son train et qu’il était juste en pass-by et remontait sur Paris. Quelques minutes plus tard je l’enregistrais en favoris.

Les jours passèrent et nos dialogues devenaient presque quotidiens et routiniers jusqu’à cette matinée où nous en sommes venus à parler d’extrémisme religieux, puis de religion, puis de catholicisme tout court. « Tu es croyant ? » me demanda t’il. A cette question surprenante à laquelle je n’ai pu opposer qu’une réponse maladroite. Il ajouta « je suis croyant pour ma part ». Avec la plus parfaite ironie et l’humour qui me caractérise je renchéris « il ne manquerait plus que tu sois prêtre ! » - « Je suis prêtre … ».

Silence de quelques secondes qui me parurent des heures, comme lorsqu’un grain de sable est coincé dans le grand sablier. Pensant d’abord à une farce et tentant de reconstituer nos dialogues à la lumière de cette nouvelle donnée, l’évidence n’était plus à nier : c’était un homme de Dieu.

J’avais toujours pensé que les prêtres gays étaient des sortes de chimères, de légendes et qu’il était inimaginable d’en rencontrer un par le biais de sa sexualité. Par ailleurs je les imaginais tous vieux, puant l’encens et vivant retranchés dans les plus recluses provinces Françaises et se contentant de poser la main sur la cuisse de jeunes garçons en cours de cathé. Non, jeune, charmant, homosexuel et prêtre, et sur Grindr, c’était presque un oxymore, une équation sans solution.

Curiosité piquée à vif, plus alerte que jamais, je ne pouvais laisser passer cette occasion : j’avais une licorne de l’autre côté de Smartphone et la laisser s’échapper n’était pas envisageable. Je devais donc assouvir l’intrigue sans pour autant l’effrayer et perdre la touche à jamais. J’appris ainsi progressivement qu’il avait des origines italiennes, qu’il passait son temps entre Paris et la région PACA où se trouve son office, qu'il avait un compte Facebook « spécial rencontres », qu’il avait intégré les ordres très jeune, qu’il s’est toujours su gay, qu’il l’a bien vécu et qu’il s’était fait « outé » par un de ses anciens amants, ce qui lui a « juste » valu une réaffectation dans un autre département et un léger rappel à l’ordre de ces supérieurs. Seriously ?

Ce qui n’était qu’une légère curiosité devint un challenge de déterrement quotidien : ces prêtres homos sont-ils isolés ou en réseaux ? Comment rencontrent-ils ? vivent-ils leur sexualité ? Ces doubles vies si substantiellement contradictoires ? Séraphin me promit qu’il répondrait en partie à ces questions mais il voulait d’abord me voir. Il voulait d’abord coucher – et les photos explicites qu’il se mit à m’envoyer furent claires. Echange de bons procédés ?

« Fais-moi signe quand tu remontes en Ile de France » fut le texto qui marqua ma volonté de le rencontrer. Deux semaines plus tard, il était sur le palier, encore plus beau que je le pensais. Il enleva son manteau se déchaussa et me suivit au salon. Tension palpable – silence presque coupable. Il posa la tasse de thé encore fumante que je lui avais servi, s’approcha subitement, posa sa main sur ma hanche et m’embrassa. Il sentait bon. Une heure plus tard, il se reboutonnait, se recoiffait, m’embrassait dans le cou : « j’ai envie de te voir plus ». Je ne répondis pas. A lui de rajouter « Là où je suis à Paris, c’est compliqué pour nous de sortir sans éveiller la curiosité. Je ne pourrais pas me rendre aussi disponible que tu pourrais le souhaiter mais on pourra toujours s’organiser ». Il m’arracha quelques mots « je veux te revoir mais pas que pour (ça). Tu m’as promis aussi de me parler de (vous) ». Il sourit « oui, demain, sur facebook . je te promets ». Je humais une dernière fois son parfum. Il partit.

J’étais ailleurs : ce type de moment où on sait que ce qui vient de se passer est épique mais l’où on arrive pas encore à réaliser, à mettre des mots sur des émotions, à en voir la portée.

Le lendemain, il était comme à son habitude connecté sur le tchat Facebook, publiant photos de paysages normands et souhaitant bonne journée à « ses amis ». Ce qui suit est donc la retranscription de nos échanges :

- Séraphin : Dorian, encore une fois je ne comprends pas pourquoi tu t’entêtes à vouloir savoir ces choses qui ne t’apporteraient rien

- Dorian: Laisse-moi décider de leur intérêt ou non

- S : Tu me manques déjà. Je te veux. Je veux te manger jusqu’à ce que tu n’en puisses plus

- D : Tu changes de sujet !

- S : tu es dur en affaires… Tu es si beau et si doux ce n’est pas ma faute. Je cède à la tentation

- D : C’est le comble pour un homme de Dieu non ?

- S : Haha. Bon, ok. Je t’écoute

- D : Pourquoi prêtre ? Déception sentimentale comme dans la pub Mars ? lol

- S : C’est quoi ? je n’ai pas la télé tu sais. Mais pour répondre à ta question, non par réelle vocation. Ca a toujours été ce que j’ai voulu faire depuis jeune. Le frère de mon père était dans les ordres aussi… quelqu’un d’extrêmement touchant

- D : Quel gâchis ! si jeune ? si beau ?

- S : L’appel de Dieu n’a guère que faire de l’âge, de la beauté ou du physique

- D : Hum… et tu te savais gay depuis le départ ? d’ailleurs gay ou bi ?

- S : je n’aime pas les femmes. Et je l’ai toujours su

- D : Tu conviendras que c’est choquant… enfin surprenant plutôt. Je suis catholique non pratiquant aussi et si je me suis détourné de l’Eglise c’est justement parce que je ne pouvais pas comprendre ce reniement de ce que je suis, homo, alors que je n’ai jamais choisi cette orientation. Je ne pouvais comprendre qu’on me dise d’une part que « Dieu aime tout le monde sans exception » et me dire d’autre part « qu’il maudit les hommes qui couchent avec les hommes et les femmes qui couchent avec les femmes »

- D : tu es là ?

- S : Oui je suis là. Dieu t’aime indépendamment de ta sexualité. Il n’y a pas de doute sur la question

- D : Et pourtant vous dites tous le contraire lors des messes que vous célébrez. Comment peut-on avoir ce double discours ??

- S : Je me suis piégé tout seul

- D : hein ?

- S : je suis fondamentalement un homme, un homme de Dieu certes, mais un homme. Tout ce que nous faisons n’est pas forcément digne de louanges ; la chair parle. Mais à côté, nous faisons tellement pour les jeunes et les personnes en difficulté et je crois que Dieu est plus sensible à cela qu’à nos dérapages charnels ponctuels. Tu me trouves hypocrite ?

- D : Non par charité… et parce que tu embrasses bien

- S : J’estime que je fais bien mon travail et que c’est le plus important

- D : Quelques ave maria et on efface les coucheries de la veille ? :p

- S : Haha

- D : Tu rencontres beaucoup ?

- S : J’aime dialoguer via toutes ces apps. Nous n’avons pas accès à Internet. Mais je rencontre peu en réel. Tu as de la chance ;)

- D : Tu leur parle de ta vocation ?

- S : je parle plutôt d’enseignement religieux. Ils me prennent tous pour un prof dans un lycée catholique du 16ème. Peu de gens savent : toi et deux autres garçons que j’ai fréquenté. Je m’habille comme tout le monde. Je sors de temps en temps : j’aime le Tango.

- D : Ah ! Sexe à quelle fréquence ?

- S : Variable. Je dirais une fois toutes les deux semaines

- D : Pas mal ! Tu penses quoi du célibat des prêtres ?

- S : Je n’en pense rien. C’est Notre Seigneur qui aurait quelque chose à en dire

- D : Le sexe au séminaire, dans l’Eglise, légende ?

- S : Quand tu es dans un milieu où l’autre sexe est absent et où on cultive la négation de la chair et la mortification des sens, ça finit comment à ton avis ? Oui, beaucoup ont des vies parallèles, des femmes, des enfants, des amants. C’est presque nécessaire pour le maintien de l’équilibre

- D : je suis bouche bée, même si je m’en doutais un peu. Et vous ne vous préoccupez pas de tous ces gens qui vivent dans le secret, qui vous « donnent » leurs vies ?

- S : Ça c’est une autre question, moi je suis homo. Les choses sont différentes : je sais que je ne serais jamais en couple et que j’aurais des amants de plus ou moins longue durée. Ça me va… Mais toi… mais toi… je t’épouserais lol

- D : Dieu bénira notre union

- S : Tu es provocateur.

- D : Et vous êtes nombreux ? organisés ?

- S : Parait-il qu’à Rome cela est plus facile. Tout le monde se connait, s’épaule, se présente, introduit des « amants communs ». Ils sortent ensemble, se protègent, se cautionnent mais de là à parler de réseau, je ne pense pas. De toute façon, je n’en fais pas partie. En province c’est différent.

- D : Ce qui me choque c’est que l’on puisse baiser la veille au Dépôt et faire la messe le lendemain et vouer les homos à l’enfer. Problèmes de conscience ?

- S : Par choix, je ne prêche jamais sur les questions de sexualité. Je ne vais jamais dans ces endroits et je ne baise jamais un samedi.

- D : Ce n’est pas un peu facile ? Excuse mon ton si tu le trouves un peu trop inquisiteur. :p

- S : Non

- D : Tu n’es jamais tombé amoureux ?

- S : Pas d’investissement émotionnel loulou

- D : Et tu n’as pas l’impression de vivre une vie gâchée : non épanouie sur le plan sentimental et sexuel et non pleine sur le plan de la vocation ? Comme quoi le compromis n’est pas toujours une solution ?

- S : Je ne me vois pas vivre autrement. La confession est-elle finie mon beau métis?

- D : Que fais-tu ?

- S : J’étudie à la bibliothèque. Je pense à toi…

- D : Punissez moi mon père car j’ai pêché :p

- S : Votre châtiment sera à la hauteur de votre pêché

Depuis ces échanges, Séraphin et moi nous sommes revus à deux reprises en terrain neutre et au fil des rencontres et des réponses, le sentiment de se retrouver face à une nébuleuse immense, sans réelle délimitation s’est accru. Tout était si près, si concret mais en même temps si loin. Avec le recul, mon sentiment est aujourd’hui mitigé entre pitié, tristesse, incompréhension et colère :

pourquoi… pourquoi ? Pourquoi un si beau visage et de si belles lèvres m’embrassent la nuit puis me maudissent le jour ? Pourquoi ces vies gâchées pour un livre qui date de deux millénaires ? Pourquoi tant de fausse haine et d’hypocrisie malsaine ? Pourquoi tant de victimes innocentes, enveloppées du voile du secret – femmes cachées, enfants illégitimes, amants ? Pourquoi une telle mascarade, en dépit de tous les scandales et des non – dits (mais sus) est-elle encore cautionnée ? Arrêtez de prier pour les pêchés de l’humanité, arrêtez de prier pour mon salut et ma rédemption, arrêtez de prier pour me refuser ces droits que vous n’aurez pas et qu’au fond vous jalousez, arrêtez d’utiliser le vieux barbu là-haut comme caution à votre bêtise, cela fait longtemps qu’il crache sur vos âmes. Priez pour vous et ce qu’il vous reste.

Retrouvez moi sur Twitter ICI ou écrivez moi à doriangayparis@gmail.com

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Le fouetteur et le fouetté: loi de Talion

Publié le par Dorian Gay

 

Lorsque je regarde à posteriori ma vie sentimentale, je me rends compte, non sans défaitisme qu’elle a été teintée de regrets. Regrets qui s’inscrivent dans un constat : je suis un sadomasochiste (involontaire) de l’amour.

Effacez de vos esprits coquins toute référence directe à la pratique sexuelle (à laquelle il m’arrive de reconnaitre quelques vertus) ; Lorsque je décide de faire le parallèle c’est sur le plan de la séduction, de la drague, des rencontres.

 

Le fouetteur et le fouetté: loi de Talion

 

Sadique pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, bien que jeune célibataire relativement bien entouré, je me suis rendu compte que je me suis retrouvé, au fil des rencontres, plusieurs fois face à de charmants garçons, qui en tout point, pouvaient me combler, mais à vis-à-vis de qui je suis resté fermé car « c’était trop beau, trop facile ».

J’ai en effet toujours pensé que l’amour était une sorte de lego ou de meuble IKEA en kit si vous préférez ; et que la bien curieuse vie nous mettait de temps en temps devant un kit ou un tas de LEGOS différents et nous mettait au défi de l’assembler comme des grands et qu’on devait au final se contenter, en fin de montage, d’un meuble bancal (car il manque toujours une pièce dans les meubles IKEA) ou d’une construction LEGO difforme.

 

Bref, qu’en matière d’amour, rien n’était livré plié, emballé avec un joli papier cadeau et un sublime nœud en satin surplombant l’ensemble. Ou du moins je l’ai toujours pensé…

 

Ces croyances irrépressibles m’ont ainsi, de façon plus ou moins inconsciente bien sûr, poussé à me refermer comme une huître dès que je me retrouvais devant un kit IKEA COM-PLET, un spécimen qui satisfaisait tous les critères de ma checklist du parfait gendre à maman.

Je me souviens de ce jeune (et magnifique) brun méditerranéen ténébreux, Franco – Italien de 26 ans qui habitait Tours, rencontré à l’angle d’un chat il y’a maintenant un an, et avec lequel j’ai correspondu pendant deux bonnes semaines avant qu’il m’enjoigne à passer le weekend avec lui, chez lui. Fabuleuse idée. Physiquement il était un hybride entre Enrique Iglesias et  Matt Bomer. Sainte Marie qu’il était bien foutu. Il entretenait savamment sa barbe de 3 jours qui lui donnait un air viril à se damner. Cerise sur le gâteau : la nature, dans un grand moment d’ironie (ou d’égarement) n’avait pas oublié de bénir ce qui pendait entre ses jambes ;

 Moins superficiellement, il était humour même et sa culture était impressionnante. On virevoltait donc alternativement entre chair et intellect, câlins passionnels et passionnés dont le souvenir me fait encore frissonner, à de passionnants débats sur l’instrumentalisation des médias dans la mouvance de la mondialisation ; entre shopping chez Ralph Lauren et visites d’Eglises. Il était présent, attentionné, réconfortant, sensible, vrai. Ma mère (à qui il faut reconnaitre une belle intuition et beaucoup de goût), que j’avais à tort cru en Weekend SPA et Détente à la Roche Posay, l’avait croisé très rapidement, alors que je l’avais invité à bruncher dans le jardin de la maison, un dimanche. Elle l’avait trouvé exquis malgré la furtivité de son passage et n’a pas tari d’éloges à son égard pendant les semaines qui ont suivi.

 

Et pourtant... et pourtant… je n’ai pas su le retenir, je n’ai pas su me lâcher, je n’ai pas su me dévoiler, agrippant de toutes mes forces la carapace en acier forgé qui me recouvrait. Ainsi, après son voyage - loisir à New York de deux semaines en fin d’année, pendant lequel j’avais été tenu quasi – quotidiennement de ses péripéties Big –Appliennes, j’ai insidieusement et progressivement disparu, comme j’étais venu dans sa vie, aussi facilement que le « salut » d’un chat …

Je me faisais rare, fantomatique, répondant de moins à moins à ses sollicitations, à ses messages, à ses pensées, jusqu’ à ce qu’il y’en ai plus un seul.

 

Le fouetteur et le fouetté: loi de Talion

 

Je me souviens aussi de cette autre perle rare, ce non moins sublime grand blond aux yeux bleus, de 24 ans au physique quasi – Aryien, beau à enchaîner des nuits blanches, gentil à souhait, et qui (aussi), remplissait tous les critères de ma checklist utopique. L’on avait passé des nuits exquises, des journées jouissives, une relation idyllique se profilait… avant que l’huitre se referme subitement et que le même scénario de relâchement se reproduise, entrainant chez lui SMS désespérés et désespérants, larmes au téléphone et lettres teintées d’incompréhension : « that was too easy ».

Hier, la propriété vide, malade, grippé comme un chien au fond de mon lit King Size, la voix mélancolique de Jarrousky émise par ma sono résonnant sur les murs, ayant comme seul compagnon Nougat, mon nounours bigleux, la question de savoir quel avait été le problème, m’a hanté.

La réponse grave, presque fataliste, se dessina progressivement : je suis un sadique sentimental, ou du moins je présente tous les symptômes de ce mal. Je n’arrive pas à être moi, à me lancer vulnérablement dans un début de relation, lorsque tout va trop bien, tout est trop parfait. J’ai l’impression, surement fausse et névrosante, que c’est un peu comme un trench coat Burberry Made In China – beau à l’extérieur mais non dépourvu de défauts d’imperfection cachés ; ou alors que c’est une énième réminiscence du manque de confiance qui me ronge (et que très peu de gens perçoivent) et qui me fait douter du véritable attrait de ces «mecs – édition limitée » pour moi.

C’est aussi peut être le fait qu’à force d’entendre « le beau et le bon ne se mélangent pas dans un même corps et inversement» que j’ai été amené à rejeter toutes les ‘’erreurs de fabrication’’, préférant des moins beaux mais bons, ou des moins bons mais beaux. En gros, toujours amené à choisir entre le « moche adorable et cultivé » et le « sublime mais con comme un poireau ». A vrai dire je ne sais pas, je ne sais plus…

Le fouetteur et le fouetté: loi de Talion

L’autre versant de mon mal, car, oui, ce mal est autoreverse, c' est le masochisme qui prend deux tournures tout aussi vicieuses. La première, corollaire caché du sadisme et du manque de confiance en soi, est ne pas ne considérer méritant des grâces et de l’ironie de la vie et fuir comme la peste ses bénédictions. La seconde tournure, relativement plus importante est cette attirance, parfois malsaine pour les garçons qui n’ont guère que faire de moi. Et là les exemples foisonnent par ci et par là, ces mecs entretenant le culte l’indifférence à mon égard, le désintérêt parfois maquillé. Bref ces garçons souvent quelconques, mais rebelles à mes charmes… comme si l’échec n’était pas, à mes yeux, une option envisageable. Obsédants, ils ont été ; Blessé (volontaire et conscient) par ces amours impossibles j’ai été.

« Cours moi, je te fuis – Fuis moi, je te cours »

Je ne me comprends pas, je ne me comprends plus à vrai dire…

Pourquoi cet attrait pour la difficulté ? Pour les complications ? Pour les challenges ? Alors même que la vie, comble de l’ironie, vous offre parfois tout sur un plateau d’argent Christofle ? Pourquoi j’aime tant cette pièce qui fait défaut quand je monte un meuble IKEA ? Pourquoi je ne peux pas me résoudre à faire appel à un menuisier et siroter pendant ce temps un Americano ?

Les moins empathiques d’entre vous me diront surement que je n’ai là que la monnaie de ma pièce et que je la mérite. Ceux qui me prennent en pitié (dont je ne veux pas) diront qu’il s’agit là d’une histoire de Karma et d’application divine de la loi du Talion, comme Blair Waldorf qui disait (OUI, je dis non aux clivages des sources de culture ! je peux aussi bien citer Neruda que Sailormoon) : « Karma’s only a bitch if you are ». Well, I guess I was…

 

Je sors fumer ma clope mensuelle bien que malade, et maudire sur 7 générations celui qui m’a refilé sa grippe.

 

Il faut que j’arrête Jarrousky, les cantates déteignent sur moi…

A bientôt

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On arrête pas le progrès...

Publié le par Dorian Gay

On arrête pas le progrès...

Après Twitter (https://twitter.com/DoriannGay), me voici maintenant sur Facebook ! Et puisque vous m'aimez tant chers lecteurs, je ne doute pas que vous likerez la page et installerez ainsi un lien plus intéractif entre nous (et accessoirement m'éviterez de me ruiner en publicité Facebook, je dis ca, je ne dis rien... ), et si vous estimez que mes modestes et maladroits posts peuvent intéresser autout de vous, et bien faites tourner! :) J'ai assez d'amour, d'humour et de verve pour tous!

Plus sérieusement, oui ce blog est avant tout un sorte de journal intime sur lequel je poste de façon assez régulière, des réflexions personnelles, mais ce n'est pas pour autant que j'ai envie que cela reste un travail à voix unique. Bien au contraire, j'aimerais au possible intéragir avec vous et j'espère que ces outils nous aideront!

 

Baci Baci

Publié dans Fourre - Tout

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Je suis un multidater mais je me soigne

Publié le par Dorian Gay

Je suis un multidater mais je me soigne

 

Savez-vous ce que c’est que le multidating ? Conception Américaine du couple moderne et aujourd’hui bien répandue, elle consiste à flirter avec plusieurs partenaires en même temps.

Ah ces Zamériquns – toujours si IT ! Ainsi, pour ces derniers, il est tout à fait normal, tant que l’on n’a pas dit que la relation était exclusive, que l’on rencontre (et couche, lorsque l’opportunité se présente,  avec plusieurs personnes).

Lorsque je suis tombé sur cet article traitant du phénomène, paru dans Glamour (oui j’ai des lectures passionnantes), l’été dernier entre deux trains, la vérité « punched me in ze face » : j’étais un multidater.

En effet, par souci surement d’efficacité et de roulement, j’ai toujours été le type de célibataire qui ne se consacre pas qu’à un seul amant, espérant que la relation mue et devienne exclusive, mais plutôt celui qui rencontre des mecs à la chaîne, sans pour autant que cela soit sexuel.

Pourquoi ? Après m’être longuement posé la question, la réponse la plus évidente que j’ai pu déterrer tient en un seul mot : peur.

Oui, oui, chers lecteurs, peur de perdre mon temps, perdre de passer à côté de belles rencontres, peur de la déception, peur du risque de s’investir pour rien, peur de se mettre à nu, peur de devoir recommencer après chaque déconfiture…

Je suis jeune me direz-vous, « perdre » son temps dans des relations qui s’avèrent passagères et stériles ne devraient pas m’effrayer car je suis sensé avoir la vie devant moi. Oui mais … NON, je ne peux pas me résoudre à courir qu’un seul lièvre à la fois. Soyons cartésiens : ce n’est qu’une question mathématique de probabilités, « plus on rencontre, plus accrues se révèlent les chances de tomber sur des perles rares ».

 

En outre, cela présente d’autres avantage d’avoir plusieurs fois à la fois : on n’attend pas avec anxiété que le mec appelle ou réponde car on a autre chose à faire ! (pour l’anxieux et l’impatient que je suis c’est salvateur !), on est noyé sous les sms et les preuves d’affection cela est flatteur, on enchaîne les sorties culturelles et les activités. On peut avoir un amant drôle, un autre qui embrasse bien et qui a tous les atouts du bobo cinéphile ultracultivé, un troisième qui est si beau qu’on l’exhibe partout comme un IT bag. Bref, on peut arriver à obtenir un patchwork quasi idyllique tout en mettant ces amants sur le banc d’essai : trier, tester, fructifier et ne garder que le meilleur.

C’est une solution surement opportuniste et qui se veut surement « trop facile », mais j’assume totalement. Après avoir essuyé pendant deux ans, moult râteaux et déceptions car croyant naïvement au principe de l’exclusivité dès les prémices d’une relation, et qui m’ont laissé quelques cicatrices encore lancinantes, je ne pouvais me résoudre à continuer à vivre dans ma bulle AméliePoulain-Bambienne, car oui, avouez, tout le monde le fait ! Combien de mecs retrouvais – je sur les chats dès le lendemain d’un romantique rendez- vous, balbutiant quelques justifications maladroites pour tenter d’y expliquer leur présence ?

« trop de choix… trop de choix… tue le choix » et je crois que c’est symptomatique des grandes villes en général. Tels des papillons, on virevolte d’une fleur à une autre et on s’attarde sur celles dont le nectar est plus sucré. L’inconvénient est qu’à force, viennent l’overdose de rencontres qui rendent de plus en plus exigeants et imperméables (au mieux), ou l’illusion (au pire) de vivre pleinement et intelligemment une vie sentimentale épanouie et riche. J’ai donc, j’estime, assez de recul pour me rendre compte que mon jeu n’est pas voué à s’éterniser. Viens donc, oh viens donc homme de ma vie, pour briser ce cycle infernal.

 

Et pour vous satisfaire, bande de tits curieux, faisons état de mes daters du moment ; Liste non exhaustive et métamorphe, s’allégeant ou s’alourdissant au fil du jeu du temps et des affinités :

-          Toto : Brun, la trentaine, BCBG, Journaliste notoire sur une chaîne publique, ancien d’HEC comme moi. Il est exquis : un regard apaisant, une culture gargantuesque, des signes d’attention si touchants (comme ce jour de la semaine passée où, en relevant mon courrier, surprise : petit mot de sa part écrit à la main et accompagné d’un DVD dont nous avions discuté). Je suis Monroe et il est JFK. J’aime nos échanges quotidiens, j’aime quand il m’écrit à 3h du matin pour me parler de mondanités et m’embrasser, ses yeux, j’aime quand il me vouvoie et qu’il m’appelle ‘’son beau’’, son parfum, son humour, son égo… mais j’aime tellement moins son manque d’initiatives, son mec avec lequel il est depuis deux ans mais qu’il dit ne pas/plus aimer…

-          Eole : Châtain, la trentaine, Magistrat. J’aime sa voix douce, rassurante, quasi paternelle, son côté candide et innocent, ses attentions, j’aime ses longs textos, j’aime nos weekends culturels au théâtre, à écumer les expositions et galeries d’art de Paris, à parler littérature et opéra, j’aime sa bouche, son sourire, sa grande sensibilité.

-          Giant : Brun, Geek, Ingénieur. J’aime sa voix masculine, rauque et lourde, j’aime sa (très grande) taille, j’aime ses mains douces, sa timidité, nos passions communes comme la photo et les voyages, j’aime sa sensualité et ses mystères… J’aime moins ses silences et ces jours où sa timidité nous joue de vilains tours

-          Neal : Châtain, atypique, Doctorant en Philosophie. J’aime son accent chaud du Sud, sa carapace, son humour, ses yeux bleus ciels, son regard félin, nos nuits, ses cuisses, les croissants du petit déjeuner. J’aime moins quand il m’oublie et qu’il réapparait, et qu’il m’oublie et réapparait, et m’oublie…

-          Delicioso : Physiquement, mon préféré : grand, brun, Argentin, yeux lagons, parfait dandy des temps modernes, arborant cravates Hermès et vestes Armani à chaque rencontre. Journaliste notoire lui aussi sur une grande chaîne publique (je les attire tous ou quoi ?) J’aime quand il me fait rire et fait le pitre, j’aime quand il laisse émerger le grand sensible et fragile qu’il est derrière sa carrure et son charisme, j’aime quand il s’attache de plus en plus à moi et use de stratagèmes divers pour me revoir, j’aime son élégance et son intelligence, j’aime son côté latin, son sourire, son corps, ses baisers, ses coups de reins…

-          Barth : Le plus âgé, brun, Chef d’Entreprise, il me laisse une saveur mi sucrée, mi salée. Brillant, vif, vrai, nous nous étions rencontrés pendant l’été 2012 à St Barth où il y a une (magnifique) maison d’été, avant de nous revoir sur Paris et écumer tout ce que Paris fait comme restaurants, soirées mondaines, et musées. Nous fûmes compagnons d’heure de thé au Palais de Tokyo, au Montalembert, au Bar du Raphael. Nous essuyons actuellement un petit relâchement depuis deux semaines car on s’est faits peur… peur, en ce qui me concerne de le voir s’attacher si fort, si vite… peur pour lui de me faire peur…

-          Den : un nounours d’une gentillesse touchante et aux yeux hypnotisants. Rencontré initialement il y’a quelques mois pour ce qui ne devait rester qu’un plan cul, qui ne put être concrétisé pour des raisons de « rigidité », Den s’attacha à moi et je l’ai laissé faire. Pourquoi alors que je n’éprouvais pas spécialement d’attirance ? sadisme ? masochisme ? Je n’en aucune idée. Avec le recul, je ne regrette pas de ne pas avoir coupé court : savoir quelqu’un prêt à tout pour vous, le voir jour après jour s’attacher inexorablement à vous, vous savoir objet de pensées et de désirs, c’est bon pour l’égo et pour mes crises de manque d’affection. Oui c’est certainement déguelasse et égoïste de ma part, mais je n’ai jamais dit que j’étais un saint, loin de là.

 

Je vous tiendrais ponctuellement au courant de l’évolution de ces différents ‘’dossiers’’ chers lecteurs. En attendant faites vos paris ! ;)

 

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Pépites GRINDR (première fournée)

Publié le par Dorian Gay

Cela doit bien faire deux ans que je suis sur l'app de rencontres avec géolocalisation que l'on ne présente plus, tellement elle est noitoire: Grindr. J'avoue, j'en suis un peu addict et elle constitue un des premiers reflexes auquels je cède dès le premier signe d'ennui, dans le métro, les commerces, au bureau, dans la rue. Et cela est une des raisons pour lesquelles je deviens morose dès qe je n'ai plus de 3G et tréplle d'impatience d'avoir la 4G accessible everywhere. Ce qui m'attire sur Grindr c'est le culte de la curiosité malsaine, le désir de voir quel congénère traine autour "Fred de la compta fait bien pédé,il devrait y trainer. vérifions"; " ah tiens il y'a aussi ce voisin du 4ème au look soigné et métro, je suis certain qu'il ne suce pas des glaçons" et j'en passe. Et cette curiosité est souvent recompensée par des étonnantes découvertes qui frôlent parfois le choc: si on m'avait dit que mon austère (mais bien charmant) conseiller bancaire, brun ténébreux, marié, bon père de famille, exhiberait son torse velu et annoncerait sans filtre, ses prétendues mensurations généreuses et sa quête de minet passif et soumis ultrajeune, je lui aurais laissé dès le début, ouvrir autre chose que mon compte bancaire...

En outre, en deux ans, vu la composition très écclectique Grinderienne, on y voit de tout et le but de ce post justement, est de partager avec vous quelques perles que j'ai accumulé au fil de mes diverses conversations.

AVE MOI: Non, ce n'était pas un bug... Aaaah moment intense de fierté.

Pépites GRINDR (première fournée)

AVE MOI (bis): Oublier son app en veille avant de se coucher et se réveiller avec "quelques" sollicitations, c'est le meilleur café (du moins pour l'égo)

Pépites GRINDR (première fournée)

J'ai toujours dit que les Russes avaient le don pour mêler finesse et dépravation... On ne m'avait jamais essayé de me mettre dans un lit avec autant d'entrain et de spontaneité.. Moi je dis bravo

Pépites GRINDR (première fournée)

Ca fait justement deux ans que j'attends qu'on me séduise ducon, JUSTEMENT vas y! L'ironie de la vie.... Vous noterez la réponse typique du mec blasé...

Pépites GRINDR (première fournée)

Quand on reçoit des messages appuyés de ce type de profil, on se dit qu'il est temps de faire un grindr-break et de devenir bénévole à l'Assos Contre les Dangers du Bronzage Excessif , ou au choix, pour la Promotion de la Peine de Mort pour abus de look à la con.

Pépites GRINDR (première fournée)

Quand tu rencontres un harceleur, qui ne se rend juste pas compte que ca fait 6 jours qu'il parle tout seul...

Pépites GRINDR (première fournée)

Quand tu as la bonne surprise, que Grindr te désaime en retour et te banisse après avoir mis une photo de profil où je "look minor, under 18 years old (les joies de la vie de minet...). Une bataille de mails plus tard, je retrouvais mon troisième poumon.. Touche pas à mon Grindr!!

Pépites GRINDR (première fournée)
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Etre gay à HEC Paris (et ailleurs...)

Publié le par Dorian Gay

Etre gay à HEC Paris (et ailleurs...)

 

Qui à HEC, on est open-minded"euh", on est si avant-gardistes, si 2017; Bref l'homosexualité c'est trop IN mec ---> FAUX!

Etre Gay dans une prestigieuse Ecole de Commerce n'induit pas être entouré d'homophiles inveretés, ou du moins de personnes informés en la matière. Je ne vais pas vous exposer en détail la vie - type d'un jeune  gay sur les bancs d'HEC car j'écrirais un article spécifique sur le milieu gay "caviar", il s'agit juste là de montrer et partager quelques questions entendues ça et là chez mes amis d'école de commerce, parmi mes camarades du Barreau, ou au cours d'une soirée arrosée et que vous avez surement tous déjà entendus au moins une fois.

 

  1. "Ah ? Et... ça fait mal ?"
  2. "Moi ? les hmmchékchuels, j'ai rien contre… Ce sont des gens heu... tout à fait respectables. Ca ne me gêne pas du tout que heu.. tu vois ? Je  connais même un ami qui a rencontré une lesbienne une fois tu vois !!"
  3. "Mais il faut que tu guérisses !? C'est pas naturel ça !!"
  4. "Mais mon ami commmmment pouvez-vouuus chupporter le regâârd des ôôtres ?" (à lire avec un accent très Hôtel Privé du 16ème)
  5. "Et alors, qui c'est qui qui fait la femme enfin je veux dire bon… la vaisselle quoi."
  6. "Alors dis, lui, là-bas avec les cheveux courts, il serait pas un peu pédé ? Non ? Hein ?"
  7. "Et comment pouvez-vous être heureux si vous n'avez pas d'enfants ? Quel sens donnez-vous à votre couple ?"
  8. "HÉHO chuis pas pédé moi !" (Là, tu as fait une tape amicale sur l'épaule de ton 'ami'). (ceux qui disent à tout vent cette formule sont souvent de gros cochons cachés)
  9. "Et à tes parents, tu leur as avoué ?"
  10. "Ah quel enculé celui-là... heu… pardon, connard je voulais dire..."
  11. "Il paraît que c'est à force de voir des homosexuels à la télé qu'on finit par le devenir. C'est vrai ça ?"
  12. "Tu dois trooooow aimer la mode toi. Hein?" (cette formule est généralement employée par une blonde qui se cherche un meilleur ami gay de compagnie --> FUIS)
  13. "Le meilleur ami de l'oncle de l'arrière grand - père du neveu de ma belle -soeur est gay, vous devriez trop vous rencontrer! Je suis sur que vous vous entendrez bien!"
  14. "C'est fouuu comme tu ressembles à une fille. Cool!" (dixit la même blonde du 12. Continues à fuir)
  15. "Quand tu étais jeune, ton père était souvent absent n'est ce pas?"
  16. "Oh! vous savez faire la fête vous les homos! alléééééé steuplééééé je veux venir en boite avec tes potes!" (dixit toujours cette satanée blonde)
  17. "T'aurais du faire décorateur d'intérieur ou designer plutôt! je te verrais bien"
  18. "Oh putain! tsss tous les plus beaux mecs sont gays. On a le sum, nous les filles"

On en passe et des pires. Si tu n'arrives toujours pas à t'intégrer parmi ces gens-là, il faudra peut-être rompre, à défaut de pouvoir se faire comprendre...

 

 Sinon, pour rester dans la bonne humeur, et si tu parles aussi bien anglais que tu sais t’intégrer parmi les filles, tu peux regarder ça 

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