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L'Amour, l'Argent, la Santé : Mon Couple Avec Ryan Gosling

Publié le par Dorian Gay

L'Amour, l'Argent, la Santé : Mon Couple Avec Ryan Gosling

* Ce billet est inspiré de faits réels... ou presque.
** L'auteur cultive l'art de la double lecture... ou triple selon son humeur.


J’ai rencontré un génie l’autre jour dans un bar.

Bar branché, lumières tamisées, sofas confortables, les filles en petites robes sexy qui n’osent pas s’écraser, le dos droit sur le coin du coussin, les jambes croisées, des talons vertigineux aux pieds, des ongles impeccablement vernis, des soutiens gorge wonderbra, la classe. Et des garçons tout aussi beaux, bruns, blonds, châtains, dont les poils virils dépassaient du col de leurs chemises, elles-mêmes glissées sous des jeans flatteurs et des ceintures chics. C’était plein de monde, plein de mode aussi, vraiment très plein, des grands gars forts, des grandes filles minces, des milliers d’euros de vêtements par mètre cube, qu’est-ce que je faisais là me direz-vous. C’est à côté que je devais rencontrer des amis, mais j’ai mal lu l’adresse, et je suis entré là, dans ce bar surbranché, une chance que je n’étais pas trop mal habillé.

En entrant, je ne voyais pas grand-chose, lumière tamisée je vous l’ai déjà dit, et plein de monde, je vous l’ai dit aussi. Dans ces circonstances, la recherche des amis est difficile. J’aurais parié qu’ils étaient complètement au fond. J’aurais perdu, bien sûr. Mais je ne le savais pas à ce moment, et il fallait que j’aille voir. En glissant d’un carré du plancher à l’autre, en frôlant toutes ces peaux bien hydratées et parfumées, en effleurant contre mon gré les bras velus de ces garçons superbes, je me suis senti un peu mal et , d’un geste de recul j’ai un peu frotté une lampe sur patte disco qui mettait de l’ambiance. Et il y’a un génie qui en est sorti.

  • Bon ben, je n’ai pas le choix, tu m’as fait sortir de là, t’as droit à trois vœux. Mais viens dehors, on étouffe ici.

Moi j’aurais cru qu’on étouffait plus dans une lampe que dans un bar, mais je n’ai jamais vraiment été dans une lampe. J’ai suivi le génie jusque sur le trottoir. C’est vrai qu’on était mieux là qu’à l’intérieur, et, en plus, le génie risquait moins de se sauver. On ne sait jamais. Des génies malhonnêtes ça doit exister…

  • J’ai trois vœux c’est ça ?
  • Oui.
  • Je peux commencer par le troisième ?
  • Han ?
  • Non, non, c’t’ une blague.
  • Ah bon ! Si tu veux, tu pourrais faire le vœu de devenir drôle…

J’étais tombé sur un génie cynique. C’est bien ma chance ça.

  • Je peux faire le vœu d’avoir trois vœux ?
  • Je l’ai déjà entendue, celle-là.
  • Moi aussi, mais je la trouvais bonne.
  • Pas moi, non tu ne peux pas.

Finalement ce n’était pas tant un génie cynique qu’un génie bête.

  • Je peux faire un vœu qui a rapport à l’amour ?
  • Oui petit
  • C’est parce que dans Aladin, il ne pouvait pas…
  • Ici on n’est pas dans la tête de Walt Disney, on est dans la vraie vie.

Bête et réaliste. Le pire génie, j’imagine. Qu’est-ce qu’il faisait dans une lampe disco ?

  • Est –ce que vous choisissez vos lampes ?
  • Ecoute, je n’ai pas le temps de répondre à toutes tes questions niaiseuses, fais tes vœux, qu’on en finisse.

Bête, réaliste et impatient. Ou bien c’est moi qui suis fatigant… Bon. Trois vœux. En théorie, si on est intelligent, c’est deux de trop. Mais là, je vais découper le vœu idéal en deux, j’ai pas très envie de me faire engueuler par le génie. Premier vœu : l’argent. Bon, je sais, l’argent ne fait pas le bonheur, mais je vous y verrais, moi, avoir trois vœux et ne pas prendre d’argent…

  • Dix milliards d’euros dans mon compte en banque, en permanence. C’est mon premier vœu.
  • C’est fait.
  • Pas de feux d’artifice, pas de fumée, pas d’explosion, c’est tout. Tu réalises les vœux, comme ça, sans spectacle ?
  • Tu peux faire le vœu d’avoir des explosions, de la fumée et des feux d’artifice si tu veux.
  • Non, ça va aller… Mais là, je suis vraiment milliardaire ?
  • Oui.

Cool. Deuxième vœu : l’amour bien sûr. C’est ce qu’on veut tous n’est-ce pas ?

  • Mon deuxième vœu, c’est que Ryan Gosling et moi soyons amoureux l’un de l’autre pour le reste de nos jours, à partir de maintenant.
  • C’est fait.

Et pouf, je me suis retrouvé avec Ryan Gosling qui me mettait la main autour de la taille, les yeux pleins d’affection, comme ça. Et mon Dieu, j’étais vraiment amoureux de lui. La puissance d’un génie, c’est fou.

  • Mon troisième vœu, c’est la santé pour Ryan et moi.
  • C’est fait, ça ne te rend pas immortel.
  • Pas de problème, c’est déjà pas mal.
  • Au revoir.
  • Merci, génie.
  • Oui, c’est ça, dégage maintenant.

Et c’était le début de ma nouvelle vie.

L’argent, c’est chouette l’argent. On peut tout faire, tout le temps, avec n’importe qui. On devient beau grand fort et séduisant du jour au lendemain. Tout le monde en veut, de notre argent. On devient tout ce que j’ai toujours voulu être, beau, grand malgré mes 1m75, le meilleur, le plus fin, c’est tout ce qu’on me dit en tout cas, et je préfère le croire. On arrête de travailler et de prendre le métro, on ne va plus à la cantine, on ne craint plus les fins de mois, on s’habille bien, on voyage beaucoup, on va dans les magasins et on se sent Julia Roberts dans Pretty Woman, sauf que l’American Express Black est la notre et qu’on ne la rend pas après.

On est invité dans les soirées les plus trend. C’est drôle. Tenez, la semaine dernière, je me suis retrouvé dans un salon, ou quelque chose comme ça. Je ne connaissais personne, tout le monde me connaissait. Il y’avait là les plus beaux garçons de Paris, et à mesure que les verres de cocktails apparaissaient dans ma main, ils se rapprochaient de moi. A la fin de la soirée, ils étaient quatre ou cinq à me toucher, à me raconter des niaiseries, à me parler de leurs boulots chez Abercrombie et Fitch, dans des langues que je ne connaissais pas. Plus beaux les uns que les autres, et les autres aussi, ils voulaient que je rentre avec eux à leur hôtel. Ils me léchaient le lobe et me palpaient la cuisse.

Et moi, je vous jure, j’avais envie de tous ces beaux gars. Tous, pas un plus que l’autre, même l’autre blond un peu trop fin. C’était le paradis. Je voulais aller à leur hôtel, mais au fond de moi, il y’ avait ce petit malaise, l’amour. J’aimais Ryan, et toujours cette petite pensée pesante que, par amour, je n’avais pas le droit. J’ai quitté les éphèbes avec ce drôle de ressentiment – de m’être fait avoir – et je suis rentré au manoir, mon chez-moi de néo-riche.

Aujourd’hui, on est rendu aujourd’hui, et, pour être honnête, ça me pèse. Pas l’argent, l’amour. Ce constant sentiment de culpabilité, cette petite chaîne qui m’étrangle chaque fois que j’ai envie d’un autre garçon – chaque jour condamné à aimer, oui j’aime Ryan mais ce n’est pas suffisant, et je suis piégé, la cheville dans les crocs de métal, dans la neige, dans le froid, en moonboots TATI, et pas moyen de me ronger les os pour m’en défaire. L’amour éternel comme une obligation, comme un corridor sombre qui ne semble pas vouloir finir.

Cela pour dire que si voulez mon avis, ce qui ne fait pas le bonheur, ce n’est pas l’argent, c’est l’amour.

Génie ? Génie ? Je peux changer un de mes vœux ? J’aimerais ça finalement… être drôle.

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Requiem Pour Ceux Qui Meurent Jeunes

Publié le par Dorian Gay

Requiem Pour Ceux Qui Meurent Jeunes

Il y’a des jours, des semaines parfois, où j’ai mal au cœur sans vraie raison. Des jours, des semaines parfois, qui ressemblent à des années, des siècles parfois. Mal de cœur, mal au cœur, coeurite. Infection du cœur.

Aujourd’hui, c’est un jour comme ça, et je crois bien que je suis parti pour une semaine et un siècle. Ce matin, en me levant, je me suis gratté le sourcil pendant deux minutes, il y’avait des gars qui montaient un échafaudage dans la villa du voisin, les bruits de métal ont résonné dans mes os. Il y’avait des enfants qui jouaient à se torturer, dans la rue. Et des arbres qui verdissaient, en quelques secondes, mais longtemps.

En versant le lait dans mon bol de céréales, le jet a ricoché sur un Corn Flake, et une goutte est tombée sur le napperon. Une petite goutte, le genre que l’on essuie avec son doigt, une petite goutte comme une larme qui s’est arrêtée sur le coin trop anguleux d’une joue trop anguleuse. En l’essuyant avec mon index, une goutte encore plus petite est tombée par terre. Vraiment petite, une goutte comme une larme qui n’existe pas, comme un remords qu’on garde, comme une conscience éprouvée.

En regardant la goutte tomber par terre, en la perdant dans un rayon de soleil, j’ai vu des années de poussière entre les planches du parquet. Des années de poussière, des années de vie qui s’égrènent et qui flottent quelques instants avant de tomber dans la mémoire des planches, dans l’oubli de bois, poussée par les pantoufles et les sandales de chez Minelli. C’est ma vie et celle des autres qu’il y’a entre les planches de mon parquet, et quand j’éternue, c’est notre vie que je souffle. Entre mes planches, là où le balai ne se rend pas et où l’aspirateur n’est d’aucune efficacité.

Ce matin, je n’ai pas apprécié mon verre de jus d’orange autant que j’aurais pu. Il est sans pulpe, et j’aime la pulpe.

Puis je me suis habillé, j’ai sorti de mes placards un bermuda rouille et un polo marron. Craignant qu’il fasse beau mais un peu froid, j’ai aussi décidé d’auréoler le tout d’un petit pull à fermeture éclair blanc perle et d’un foulard. Après cela j’ai sorti le chat dans le jardin, mis l’alarme plusieurs fois afin de m’assurer de l’avoir bien activé. J’ai compté les 6 « tuts-tuts » qu’elle émet, puis j’ai fermé la porte de la maison vide.

Puis j’ai marché vers la petite place où se tient le marché le dimanche. Je suis entré dans une petite échoppe tout près de la Gare et accolée au Tabac. J’ai regardé les étals, rien ne m’intéressait, je suis sorti, je suis allé prendre le train pour remonter dans les entrailles de Paris. J’ai cueilli une petite fleur orange sur le chemin. Ses pétales étaient toutes douces. Je me suis dit que je la prendrais en photo puis je l’ai perdu et je me suis dit que ce n’était pas bien grave. Rien n’était vraiment grave : il faisait beau, j’étais en bermuda, j’avais toute la journée pour lire, chiner et regarder la vie qui tourbillonne.

L’histoire de ma journée. Vous me direz qu’elle n’a rien de spécial. C’est à peu vrai. Ce que j’ai retenu avant midi, ce sont les gars qui montaient un échafaudage, la goutte de lait, la poussière, le chat, la fleur et la petite échoppe. Et ce que j’ai retenu cet après-midi, c’est que Florian, le garçon aux souliers vomis du billet précédent, mon meilleur ami, est mort, ce matin à 3h. A 25 ans. D’une pneumonie violente.

La vie est pleine d’ironie, parfois la mort l’envie et se veut elle aussi ironique.

Florian avait décidé d’effectuer son stage de fin de Cursus (Géologue) au Mexique. Nous suivions ses péripéties en terre des Sombreros par le biais des photos qu’il postait sur divers réseaux sociaux ; et quand nous pouvions, nous nous épanchions par webcams interposées, sur l’évolution de nos vies, en finissant toutes lesdites conversations avec un « quand reviens tu ? ». Il toussait un peu sur les dernières conversations.

Il y’a 1 mois ½, il m’a enfin répondu « dans deux semaines ». Il devait cependant faire une escale en Italie avant son retour définitif à Paris, afin d’y retrouver ses parents en vacances au même moment.

J’essaie de l’appeler pendant son séjour. Il ne répond pas. Je laisse des messages drôles où je m’amuse à faire pléthore de jeux de mots en Italien. Il ne rappelle pas. Je ne m’inquiète. Rien ne m’inquiète. Parce que rien n’est vraiment grave je vous ai dit. Pis de toute façon, on devait boire du Champagne ensemble dans 4 jours, il serait rentré à Paris, bronzé, barbu et toujours souriant comme à son habitude.

Il me rappelle au bout d’une semaine :

  • Je suis à l’Hôpital de Milan depuis une semaine
  • Mais qu’est ce qui se passe ?
  • Pneumonie chopée à Mexico mais en cours de traitement. Ça va beaucoup mieux, je sors demain. Il a intérêt à être bon ton Champagne hein.
  • Eh ben écoutes, soignes toi. On en reparle quand tu reviens mais heureux de voir en tout cas que ça va mieux. Mais tu ne me l’as pas dit ! Je..
  • Rho ! Mais puisque je t’appelle là !
  • D’accord, d’accord… Bon je file à bientôt alors

Il n’a pas rappelé. Je ne m’inquiète pas. Rien n’est jamais grave quand il fait beau. On se verra ce Weekend. En plus je lui ferais la surprise de lui faire lire le billet que j’ai écrit samedi sur notre rencontre « J’ai vomi dans le métro ». On rira. On finira soûls. Je lui parlerais de Nabilla, de NKM, de la Manif Pour Tous, de Cahuzac, bref tout ce qu’il aura raté pendant ses 3 mois d’expatriation. Puis nous nous ferons un énorme câlin dans le taxi quand il en descendra en premier. Rien n’est jamais grave, surtout pour Florian qui avait les pieds si légers, la tête si lourde et pleine de rêves, de projets et d’aspirations. Ce genre de personne qui vous fait tout relativiser même la mort elle-même, ce genre de personne devant qui vous n’avez pas le droit au pessimisme, au défaitisme et à l’anxiété. On rêvait de poser une année sabbatique, de faire le tour du monde. Il y croyait. Je riais qu’il y croit.

Hier midi, il m’envoie cependant un message sur Facebook. Je n’ai pas le temps de répondre. Il est habitué. Tous mes proches sont habitués. Tout le monde sait que j’ai une fâcheuse tendance à répondre bien tard aux messages. Je me dis juste que je lui répondrais plus tard quand j’aurais fini de travailler. Rien n’est grave.

Ce sera donc ce coup de fil à midi qui ébranlera ma journée :

  • Florian est décédé ce matin à 3 heures du matin. (silence). Il a fait une rechute violente. (silence).

Je ne connais pas le deuil, je ne connais pas la perte, je ne connais pas cette douleur. Comme beaucoup, je vais aux enterrements, j’achète des fleurs, j’envoie des lettres de condoléances mais au fond je n’ai jamais été affecté de manière profonde et lancinante car ceux qui tombent ne sont jamais les miens. Des choses les plus intimes, la douleur est reine. On ne la partage qu’à moitié, on ne descend pas à plusieurs dans ses abimes, on ne la divise pas, on ne se subroge pas. On traîne chacun nos croix comme on peut sur la longue pente de la rémission et de l’apaisement.

Ce n’est plus le cas. Je rentre dans la danse et je valse comme tout le monde devant cette dissolution du « nous ». Oui, j’ai mal, mal au cœur de ne parler de lui à l’imparfait. J’ai mal de savoir le « nous » éteint : plus de nous irons, nous marcherons, nous verrons, nous mangerons, nous regarderons… Le « nous » est mort cette nuit du 04 juin. J’ai mal à la lecture des circonstances : je n’ai pas eu la chance de lui reparler une dernière fois, je n’ai pas accroché la perche tendue par lui la veille, resté silencieux devant son message, il n’a pas lu ce que je pensais de lui. C’est ça le visage nu de la mort : le plus jamais.

J’ai mal car c’est l’essence même de la mort. Nous, Hommes modernes, vivons en oublier que vivre est déjà exceptionnel. Nous avons repoussé jusque dans les limites de l’absurde la notion de vieillesse et la mort est enfermée dans les combles du « plus tard ». Nous sommes immortels, nous nous n’y pensons que peu, enfermés dans la certitude du lendemain et des projets futurs… enfermés dans la certitude qu’il y’a toujours un futur, alors nous économisons, nous prévoyons, nous planifions, nous repoussons.

Alors que dire de la mort jeune ? Qu’a-t-on donc vécu à 25 ans pour que le sort, au comble de l’injustice, décide d’une fin si prématurée ; à l’âge où les rêves éclosent à l’orée de la vie professionnelle ; à l’âge où se fixe, on se greffe et on construit celui que l’on sera pour quelques décennies. A l’âge où on peut encore se permettre d’être fou et de rêver avant de rentrer dans les rangs usants de la formalisation. Qu’a-t-on donc fait à 25 ans qui saurait justifier la mort ? Avant de mourir, il faudrait bien avoir le droit de vivre.

Je suis sonné et plus que jamais frappé dans ma propre mortalité et dans ma nouvelle solitude. Longtemps, égaré dans ce labyrinthe d’ambitions et d’angoisse, je me suis demandé, la tête aux champs, que faire avant de mourir. Je n’ai que 21 ans, la réponse est toujours aussi incertaine mais je ne vois plus ces 21 années du même œil, ni celles à venir avec la même sérénité.

Il m’est arrivé, dans mon trouble et au zénith de mes névroses de souhaiter mourir assez vite, pas par curiosité comme Beigbeider, mais par ennui d’une vie sans « difficultés », et cette envie de vivre aujourd’hui déborde de mon âme et ruisselle dans les caniveaux de l’injustice des départs trop tôt.

Et comble de l’ironie, je me souviens d’avoir fait écouter à Florian, avec qui je partageais la même bibliothèque musicale cette chanson, If I Die Young (Band Perry) et qu’il s’amusait à siffloter avec la plus inébranlable gaieté, cigarette aux doigts :

"A penny for my thoughts, oh no I’ll sell them for a dollar

They're worth so much more after I’m a gonner

And maybe then you’ll hear the words I been singin’

Funny when you're dead how people start listenin"

A Florian D. 17 Juillet 1988 - 4 juin 2013

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J'ai vomi dans le métro

Publié le par Dorian Gay

J'ai vomi dans le métro

J’ai rencontré tous mes ex de façon incongrue, presque invraisemblable: Romain, interne en médecine qui m’avait reçu en consultation au CHU de Poitiers quand j’étais en 3 ème année de Droit car j’avais chopé une MST, la chaudepisse et qui m’avait suivi pendant les 3 semaines du traitement et 2 belles années encore, mais à titre plus personnel.

Alexis, dans un parc, assis sur le même banc, où nous nous sommes surpris à lire le même livre : "La Nuit des Temps" de René Barjavel et avec qui nous avons passé 6 beaux petits mois avant qu’il aille vivre à Stockholm et enfin, David, journaliste russe en détachement un an à Paris pour perfectionner son français et rencontré sur une plateforme d’échange linguistique, moi voulant également perfectionner mon anglais.

J’aurais donc fait plus de belles rencontres avec une MST, un Livre et un Cours d’anglais qu'avec toutes les applications et sites de rencontres sur lesquels il m'arrive de déambuler. Bref.

Il y a un peu plus d’un an j’ai vomi dans le métro. Comme un délinquant trop stone pour savoir ce qui se passe. Comme un gars trop saoul de la veille qui aurait dû rester couché.

La foule de plus en plus proche de moi, le monde qui se serre et se bat pour dix centimètres du précieux poteau, tenir le poteau comme s’ils tenaient le flambeau olympique. Serrer le poteau comme si c’était de l’or, le bras de son fils, serrer le poteau comme si c’était le Graal, la main de Dieu, la cheville de son mec qui s’en va pour un autre, plus beau et meilleur au pieu.

Ceux qui perdent, les losers, ils se tiennent après n’importe quoi d’autre. Le mur, le plafond, mon bras. Et de station en station, plus il en rentre, moins on a besoin de se tenir après quoi que ce soit. On se tient tout seul, élevé par le nombre, tous pour un, un pour tous, un gros poteau humain. On a tous gagné.

Station Louvre-Rivoli. Quatre personnes de plus se joignent à nous dont un jeune brun visiblement gay et qui vient se planter devant moi, comme pour me défier.

Station Hôtel-de-ville, il fait chaud et je respire difficilement, je commence à être un peu étourdi. J’essaie de penser à autre chose, genre le printemps qui arrive dans trois mois, les mocassins de chez Jean-Baptiste Rautureau, le cul, mon ex, le cul avec mon ex, et soudainement j’ai encore plus mal au cœur. L’estomac un peu à l’envers, sans raison, il faudrait que je le remette du bon bord mais j’ai pas de place pour me tenir sur les mains, pas de place et surtout pas de temps. Besoin oppressant de respirer. Un vieux entre et se place près de mon beau brun, qui me regarde d’un air de dépit. Les portes se referment, et nous sommes unis comme une équipe de hockey, comme un gros poteau humain, le cœur à l’unisson, sauf le mien qui se débat de plus en plus vite et qui me remonte la gorge au même rythme. Le wagon balance, je n’arrive même plus à voir quoi que ce soit, ça devient noir devant mes yeux, mou au-dessus de mes genoux. Je m’accroupis, un petit bonhomme ridicule, et je m’imagine que les gens me voient et se demandent ce qui se passe.

BERRI-UQAM. Je vomis sur les pieds du jeune brun. Juste avant qu’il ne sorte avec tout le monde. Je lève les yeux vers lui et il me trouve répugnant, et tout le monde s’en va en feignant de n’avoir rien remarqué. Je me lève et en retrait un peu, sur le quai, lui et moi, tout seuls, lui maudit d’avoir les souliers pleins de sucs gastriques, moi maudis d’avoir la tête pleine de gêne.

  • S’cuse.

Tout ce que j’ai trouvé à dire. Un demi-verbe, pas de sujet, pas de complément, pas même un sourire pour accompagner. Juste un mini-s’cuse, juste ce qu’il fallait pour étoffer mon nouveau look de psychotique sans intérêt.

Je m’attendais à recevoir un coup de pied vomi. Il a esquissé un sourire. Le genre de sourire sincère, à deux cheveux d’un rire, à deux doigts de s’en amuser. Le genre de sourire qui fait sourire, en vous imprimant des points d’interrogation sur le coin de la lèvre. Il m’a tendu un miroir, tout petit mais assez grand pour que puisse voir la tête que j’avais. Et j’ai compris pourquoi il souriait. En regardant mon visage gris, grisé par mon malaise.

  • Tu fais ça souvent, vomir sur les gens m’a-t-il demandé, à moitié reproche et à moitié reproche aussi.
  • Oui. Ça change l’haleine du matin.

Ça, c’est ce que j’aurais aimé répondre. Mais c’est toujours la même histoire, vous savez, les répliques cool, on les trouve toujours le lendemain. Dans les faits, j’ai répondu : « Euh… ». Un bon euh bien appuyé, tout de verve et de lyrisme. Un bon euh de troubadour.

N’empêche, même si je me sentais ridicule, niaiseux et tout, j’ai eu le bon réflexe de p’tit gars bien élevé. J’ai sorti des mouchoirs pour essuyer ses souliers, et je me suis penché. Et il m’a interrompu.

  • Laisse faire, ils sont finis de toute façon. C’est du suède, ça a déjà tout bu.

Moi je l’ai cru, même si c’était louche. Je n’étais pas vraiment en position de rouspéter. Pas vraiment en position de le contredire. Pas vraiment en position de dire quoi que ce soit d’ailleurs.

Sauf que bon, il ne pouvait quand même pas passer la journée avec des souliers vomis, et je lui ai fait remarquer.

  • Je sais bien, mais est–ce que j’ai le choix ?
  • Beh… oui. T’as juste à prendre mes mocassins à moi s’ils sont à ta taille.

Et pour ne pas lui laisser de chance, je les ai enlevés et je les lui ai donnés.

Comme ça, comme rien, sans vraie logique, sans que je comprenne trop ce qui s’était passé, je me suis retrouvé pieds nus dans la rue, seul à chercher le Minelli/San Marina ou Eram le plus proche, avec le numéro de téléphone d’un garçon dans mes poches.

Quand je suis rentré chez Minelli, ils m’ont regardé bizarrement.

  • Est-ce que vous cherchez quelque de chose de particulier ?
  • Ben, des chaussures.
  • Un style en particulier ?
  • En fait, j’ai besoin de deux paires : une pour remplacer mes mocassins invisibles là…
  • OK (dit-il avec dans les yeux la crainte du gars qui pense avoir affaire à Ted Kaczynksi)
  • Une autre paire en Suède, un peu plus grande en pointure
  • OK (dit-il avec la certitude que j’étais pire que Ted Kaczynksi)

Avant qu’il appelle le 18, je lui ai tout expliqué, il a ri de soulagement, et on s’est mis au boulot. Pour moi, n’importe quoi, les moins chers, c’est pas grave, je récupérais mes vraies chaussures bientôt.

Pour le garçon du matin, dont j’ignorais le nom, c’était une autre histoire. Ils se sont mis à quatre sur mon cas et m’ont bombardé de questions. On a tous trouvé ensemble une paire qui a fait l’unanimité. Je les ai payés une fortune, il va de soi mais je n’ai pas acheté de pouche pouche pour les imperméabiliser. Quand même. Faut pas déconner.

***

  • Allo ?
  • Euh.
  • Oui ?
  • Euh, je ne sais pas si je parle à la bonne personne, je voudrais parler à un jeune homme qui m’a donné son numéro de téléphone ce matin dans le métro.
  • C’est moi.
  • Ok, cool, euh, ben, je t’ai acheté des souliers, je voudrais te les donner.
  • Ce n’était pas nécessaire t’sais.
  • Mais là, t’as mes mocassins préférés en otages, là que…
  • Tu veux donc absolument payer une rançon ?
  • Ouais, c’est ça.
  • Ben, je pourrais passer chez toi ce soir, t’habites dans quel coin ?
  • Moi : Place des Ternes.
  • Lui : Je passe par là de toute façon. Donne-moi ton adresse, je passerai plus tard.

Quand j’ai ouvert la porte, sa taille m’a impressionné, d’où le contraste avec ses petits pieds. Il était plus beau que ce matin, et dans sa main, mes mocassins.

  • Tiens, tes chaussures, ça va mieux ? m’a-t-il demandé avant même que je puisse dire bonsoir.
  • Oui, oui ça va.
  • Je peux donc entrer sans trop de risque que tu te répandes encore sur moi ?
  • Je suis vraiment désolé t’sais. J’sais pas quoi dire.
  • C’est pas la fin du monde.
  • Entre, entre. C’est pas très grand ici.
  • Mais c’est chaleureux…. Comme ça tu m’as acheté des souliers ?
  • Oui. Mais je ne sais pas si tu vas les aimer…

C’était comme donner un cadeau de Noël un inconnu. D’un côté, c’est jouissif de donner et de l’autre, c’est effrayant de pas connaître la personne. Comme une peur amusée, un stress incontrôlé et des points d’interrogation pour ce qui se trouve dans une boîte bien ordinaire.

  • Ils sont bien beaux
  • Tu trouves ?
  • Je suis impressionné. Tu as dû les payer une fortune ?!
  • Beh, regarde, avec ce que j’ai fait, je ne pouvais pas faire autrement.
  • Je les aime. Je les aime vraiment.

Il les a essayés. Il avait un sourire, un sourire sincère, qui se lit dans les yeux qui regardent les pieds.

  • Il faudra juste que je m’achète du stuff pour les imperméabiliser. En tout cas tu as bon goût. T’es vraiment fou d’avoir acheté ça.

Je me suis senti prunir. Je me sentais bizarre, avec ce garçon trop content chez moi. J’ai eu peur du silence, peur de ne pas savoir quoi dire, peur d’être malade encore peut être. Il fallait que je dise quelque chose, n’importe quoi.

  • Tu veux t’asseoir ?
  • Non, merci, il faut que j’y aille.

Dommage, j’aurais aimé qu’il reste, qu’il continue à essayer encore et encore ses chaussures. Il a remis ses souliers dans la boîte, la boîte dans un sac, et il s’est retourné vers la porte. Rendu là, il a tourné la tête, juste la tête, vers moi, a souri, a parlé.

  • Mais si ça te tente, on pourrait aller prendre un café à un autre moment ?
  • Euh. Oui. Je pourrais vomir sur ton manteau et t’en acheter un autre.
  • Si tu m’achètes un manteau aussi beau que tes souliers alors ça ne me dérangerait même pas.

En partant, il m’a fait deux bises, comme s’il n’était pas tant un inconnu, comme si ce Noël improvisé nous avait rapprochés réellement. Juste avant de refermer la porte, il m’a dit.

  • Je t’appelle bientôt.

Il s’appelle Florian. Il n’est pas devenu un ex, ni une aventure éphémère encore moins un histoire d’un soir. Il est devenu mon meilleur ami.

Pourquoi je vous raconte ça ? Pour que vous sachiez que si un garçon (ou une fille) vous plaît, vous avez juste à vomir sur ses souliers. Ça marche.

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Une Blogliste sur un nuage au dessus de Singapour

Publié le par Dorian Gay

Une Blogliste sur un nuage au dessus de Singapour

Je vais vous livrer un secret, que ma mère, seule personne mise dans la confidence partage avec moi.

Quand j’étais plus jeune, j’ai été longtemps assez solitaire, non pas parce que fréquenter les jeunes enfants de mon âge m’était difficile mais tout simplement car je ne partageais pas avec ces derniers les mêmes jeux et les mêmes rêves. Non je ne rêvais pas de super héros, des muscles saillants de Stallone dans Rambo ni de célébrités du sport, mais de nuages.

Oui je rêvais de nuages – nuages que je pouvais passer des heures à observer, la rétine chatouillée par les rayons du soleil, les cils redessinés par la lumière qui les traverse. Je me plaçais toujours opportunément aux fenêtres que ce soit des pièces ou des voitures pour voir ces moutons blancs des cieux transhumer inlassablement, inexorablement vers l’éternel ailleurs. Je n’ai jamais trouvé de chose plus captivante et plus envoûtante qu’un nuage. Ils s’habillaient certains jours du blanc le plus nacré pour signifier qu’ils étaient heureux et d’autres jours d’un gris anthracite et pleuraient des larmes d’eau – j’étais triste pour eux dans ces moments. D’autres jours, ils disparaissent sans prévenir et je ne les voyais plus – partis, partis. Ils n’avaient que faire de la vie des hommes, snobs ou indifférents, qui sait ? ils ne prêtaient guère attention aux fourmillements d’ici-bas, aux rires, aux lamentations, à rien. Ils étaient impassibles.

Un jour, dans la cuisine, j’ai dit à ma mère que je vivrais sur un nuage, que j’y construirais une petite maison et que comme cela je voyagerais en même temps qu’eux ; que je me coucherais à Bali et que je me réveillerais sur Singapour. Elle a ri. J’étais vexé.

Un autre jour, alors que je prenais l’avion pour la première fois avec ma sœur, rejoignant nos parents en vacances, l’excitation à son comble, j’avais caché dans mon petit sac à dos une bouteille vide en verre. Aussitôt installés dans l’objet volant, je la sortais et demandais à ma sœur si je pouvais descendre le hublot pour récolter un peu de nuage que je rapporterais sur terre. Elle n’a pas trouvé cela très drôle. J’étais vexé. Je n’ai pas aimé l’avion.

Pourquoi cette digression me direz-vous ? Parce que j’ai toujours été un garçon bien particulier à l’imagination vivace et qui a gardé du mot « rêve » le sens premier. Aujourd’hui, je suis plus grand, j’aime tout autant les nuages mais je me suis résolu à ne pas y vivre – trop froid. Il me reste de cette époque un don : celui de l’analogie et des syllogismes. Oui, je suis l’une des rares personnes sur terre à lier des moments, des personnes, des choses entre elles et cela sans explication rationnelle et logique – juste une sorte de sensibilité de l’instant, de bouillonnement chimique duquel nait une vérité qui n’en est une que pour moi, peut-être pour Jean Claude Van Damme aussi mais bon, à vérifier…

Ainsi vous ne verrez certainement pas l’analogie entre New York et Les Blonds, ni entre Carla Bruni et le Nutella, encore moins probablement celle entre Picsou et Marie – Antoinette, qui pour moi sont avérées et irréfragables.

Pourquoi une telle introduction pour ma Blogliste (Part 1) parce qu’elle est originale et qu’elle se veut fidèle à ce que je suis. Chacun des Blogs ci-dessous mentionné est classé par couleur et chaque Blog est accompagné d’un petit mot ou d’une petite phrase synthétisant au mieux ce que la plume de son auteur m’évoque. Ne me demandez pas de l’expliquer, je ne pourrais pas le faire, tout autant que je ne saurais vous dire pourquoi la tartine tombe toujours du côté beurré ou pourquoi le gel Durex play sèche toujours très vite.

Il y’a donc les Plumes Opalines (c’est du Blanc mais c’est plus classe) : que sont-elles ? Ce sont les plumes qui m’évoquent à la fois la profondeur des questions existentielles que l’on se pose tous que la légèreté et la sensibilité de la retranscription d’un moment quelconque.

Il y’a également les plumes Céruléennes (c’est du Bleu mais c’est plus classe : Ce sont en quelque sorte des plumes Opalines, souvent autobiographiques, mais qui restent à la surface de la complexité humaine, dans une sorte de constat et d’analyse du présent et de la vie qui coule tout simplement.

Il y’a en outre les plumes Malachites (c’est du vert mais toujours en plus classe) et qui renvoient à des Blogs d’auteurs un peu râleurs mais toujours gentils ou au contraire toujours teintés d’un optimisme inébranlable et qui forcément collent comme un mashmallow qui aurait trop fondu (ne cherchez pas à comprendre cette analogie).

Enfin il y’a les plumes Topazes (c’est du Jaune mais plus classe) qui sont celles dont j’affuble les Bloggeurs qui cultivent l’art de l’humour et de l’autodérision tout en gardant en filigrane ou en thématique des sujets épineux ou sérieux.

LES PLUMES OPALINES

TAMBOUR MAJOR - http://tambour-major.blogspot.fr/ - LA SOIE ET LE POIL

De ceux qui vous prennent aux tripes et au ventricule droit, Tambour Major doit être de prime abord ici mentionné. Un blog découvert dernièrement, au hasard d’un tweet, et qui m’a immédiatement séduit par la sensibilité qui transpire de chaque article. Ce bloggeur, habitant de la ville rose - 35 ans, est doté d’une belle plume sans conteste, mais mieux, il sait retranscrire chacun de ses états d’âmes, chacune de ses émotions, de ses expériences et brides de vie avec une fraîcheur, un doigté, tels que vous vous subrogez à lui et partagez avec une intimité particulièrement agréable et en même temps confondante, les expériences éclectiques qu’il confie, que cela aille des aspects techniques d’un bidet Argentin au trombinoscope fluctuant des visages anonymes aperçus dans le métro. Et au fond, peu importe la tranche de vie à laquelle on appartient, peu importe le méridien sous lequel on vit, peu importe toutes ces vétilles, nous retrouvons dans ses lignes un écho à nos propres vies, à nos propres expériences, tous réunis par le filigrane de ce type de question : « Après quoi cours-tu ? ».

L’ARBRE A CHAT http://larbreachat.wordpress.com/ - LE TOIT ET LA LUMIÈRE

A la lecture de ses articles, on soupçonnerait la fausse analogie tellement ses textes sont empreints de douceur. Il arrive toujours en partant d’un constat, d’une phrase sortie hors du contexte, d’un moment banal et quelconque d’une vie de Parisien lambda qui travaille, qui va en vacances, qui s’interroge, à y relever le tout d’une humanité touchante ; comme s’il montait, le temps d’un article dans les hauteurs de la prise de recul et du détachement afin de nous livrer, de là-haut, ce qu’il voit et que nous voyons pas toujours ou que nous ne prenons plus le temps de voir… et ça c’est beau.

JAMES ET LES HOLOGRAMMES http://jamesetleshologrammes.fr/ LA PLUIE ET LE SILENCE

Alors que dire de ce Blog à part qu’il s’agit là d’un de mes grands coups de cœur. J’aime l’altérité des univers tantôt obscur, froid, gris, fantomatique, tantôt frais et sémillant dans lequel on est plongé d’un billet à l’autre. Comment ne pas être non plus séduit par une plume « faite de chair » qui vous donne l’impression que chaque mot, chaque phrase, chaque ponctuation résonne en vous. C’est simple et beau.

DES FRAISES ET DE LA TENDRESSE http://desfraisesetdelatendresse.blogspot.fr/ UNE SECONDE ET DES INSTANTS

De tous les Blogs que je lis, il est sans conteste celui qui manie avec la plus grande virtuosité la langue Française. Chaque article se veut être un Ode au style mais tout en préservant une sensibilité à fleur de peau, une tendresse qui exhale de chaque phrase. On est bien sur le blog d’un bienheureux. Et ce que je jalouse j’aime tout autant c’est sa capacité à retranscrire les petites brides de vie, aussi bien sur Vine (facile dirons-nous) que par des mots (bien plus compliqué), comme ces quelques minutes lumineuses suspendues sur le quai du métro

LES PLUMES CERULEENNES

LE BLOG DU PROFESSEUR BADGER http://cocovin.net/ - LA TERRE ET L’HERBE

Il se définit lui-même comme un « Écossais impatient, artiste du samedi, geek à plein temps, cinéphile à ses heures, photographe à la petite semaine et fièrement gay » et cela, je trouve, ne rend pas assez justice à la richesse et à l’éclectisme des thématiques de son Blog. J’apprécie cette plume qui arrive de façon aussi simple, franche et vraie à sublimer des moments si ordinaires du quotidien. Qu’on le suive dans ses élans « d’Europe – Trotter » ou qu’on admire son talent à Draw Something (application de dessin sur Smartphone), on quitte toujours son blog avec les paupières plus légères.

THE SEB’S LIFE http://sebstbg.blogspot.fr/ - LE FIL ET L’AIRAIN

Pourquoi j’aime ce Blog? Parce que j’apprécie l’humain derrière ces lignes. Chaque article retranscrit avec une douceur presque candide des moments de vie d’un trentenaire Strasbourgeois presque quelconque mais à qui on s’attache presque aussitôt, parce qu’il est comme vous, comme moi, comme tout le monde mais comme personne à la fois. C’est Seb, les smileys sont sa signature et c’est bien comme ça.

JIMAH http://blog.jimah.com/ - LE MIEL ET L’ECHARPE

Un autre Blog découvert l’été dernier et qui m'a instantanément séduit parce que je retrouvais une résonnance particulière à ma situation de l’époque – mélange parfait du Geekblog (que je suis (oui on peut être geek et aimer les foulards (les stéréotypes tout de suite…))) et du pédéblog.

MATOO - http://blog.matoo.net/ LA PORTE D’ A COTE ET LA TOILE

Bloggeur qui n’est plus à présenter. C’est un peu ce qu’Anna Wintour est à la mode : iconique (je ne sais pas si cela se dit en Français – anyway). Si dans la très peu probable hypothèse vous ne connaîtriez pas, il faut savoir que ce Blog est du fait de sa longévité et des thématiques transversales abordées le plus riche en matière de contenu et de qualité. Il est si fédérateur que l’on en oublie que c’est un pédéblog, tant on parle du dernier livre de Saint Exupery ou du dernier Hitchcock que de la lutte pour l’ouverture du mariage pour tous ou de virilité. J’aime donc la surprise inhérente à chaque billet posté, l’objectivité de l’analyse qui y est faite et finalement le sceau de la simplicité dont tout cela est estampillé.

LES PLUMES MALACHITES

STELAJE, LE RETOUR http://stelaje.wordpress.com/ - NINA ET LA CIGARETTE

Blog tenu par un mystérieux Bloggeur, dont on ignore presque tout… sauf la propension à pousser des belles gueulantes teintées de réalisme ou de belles odes à l’idéalisme mais le tout enveloppé dans un humour unique et toujours incisif, nonobstant une très belle forme littéraire.

LOST IN CONTRADICTION http://lostincontradiction.wordpress.com/ DARIA ET LE GRAVE

Râleur autoaffirmé mais qui cache derrière ces plaintes un humour dont on ne lasse pas et un art de l’autodérision inégalé et cela nonobstant l’esthétique et l’ergonomie du Blog que je lui envie. Bref ce Blog est un régal, un régal vous dis – je.

LE TEMPS PERDU DE QUENTIN MALLEThttp://quentinmallet.blogspot.fr/ LE CYGNE, L’OIGNON ET LA BOITE

Fin d’année 2012, je reçois un message de mon ex « vu que tu te lances dans le Blogging, tu devrais regarder ce que je viens de trouver en tapant Quentin Mallet sur Google : le blog d’un pédé Parisien détestable en tout point ». Quentin Mallet est le vrai nom d’un de mes proches amis, violoniste au conservatoire et que mon ex s’était amusé à « Googliser » et était donc tombé par glorieux hasard sur ce Blog. Curiosité piquée à vif, je me rends sur ledit Blog… j’y passe la moitié de la nuit.

Quentin ne le cache pas : ce Blog a pour thématique principale la retranscription de ses expériences, toujours souvent sexuelles et de prime abord il est vrai que l’on se sent vite désarmé devant ce que l’on pourrait croire être le comble de la superficialité ou du stéréotype du Parisien qui ne vit que par la chair. Ce serait bien dommage car il n’en est rien. Une fois recul pris et lectures régulières faites, on découvre un garçon d’une intelligence rare et au fond bien complexe mais étonnamment attachant – on passe du Quentin constamment lubrique au Quentin amoureux – du Quentin qui se veut froid au Quentin profondément empathique, une sorte de poupée russe couplée à la théorie de l’infini.

Et ce que j’aime au fond : ces altérités chez ce Quentin métamorphe, souvent détracté et jugé sans objectivité mais dont je resterais pendant très longtemps passif spectateur de l’évolution.

BLOG IS BEAUTIFUL http://blogisbeautiful.wordpress.com/ LA FLEUR ET LE BETON

“Life is a bitch, but what a beautiful bitch!” Cela résume bien l’optimiste du bloggeur qui transparait bien de ses articles toujours brefs, mais toujours rigolisants et parfois ça fait du bien de lire des Bloggeurs qui ne ont échappés à l’école du Spleen et de la Complainte de Beigbeider ou de Baudelaire(ne me regardez pas comme cela voyons) – Oui ce blog is beautiful, ce blog est une petite fleur qui pousse dans deux centimètres de terre en deux carreaux de béton.

LES PLUMES TOPAZES

LES BAFOUILLAGES DE JAY http://jaylog.over-blog.com/ LA LIBELLULE ET LE VENT

Lui je l’aime et c’est tout et cela car il manie comme quiconque l’art de mêler humour et sujets éminemment sérieux d’actualités, qu’il s’agisse des péripéties anti-mariages de ces derniers mois que de la circoncision (oui, oui (même si je ne partage pas son point de vue sur le sujet (oui je fais des parenthèses dans des parenthèses si je veux (oui c’est mon blog)))). Chaque article est un délice pour mes fossettes et mon diaphragme. 3 minutes de rire, correspondant à 15 minutes de sport, grâce à Jay, je garde la ligne tout en économisant les hypothétiques frais d’abonnement à une salle de sport pour m’offrir de nouveaux foulards. Pour tout cela, merci.

LE BLOG DE CHONDRE http://www.chondre.com/ - LES CHOSES ET LE TOURBILLON

Autre coup de cœur, ce Blog toujours dans le même esprit que le précédent est un de ceux que je suis plus assidûment. Le Bloggeur ne nous cache presque rien et se dévoile de façon intime (non pas de cette façon-là, chenapans) et cela en fait presque un journal intime mais l’humour et l’autodérision qui se dégage de chaque post permet de garder une fraicheur et une légèreté absolument sympathiques tout en ne tombant pas dans le cynisme ni dans l’auto flagellation dépressive – Bref tout est mesuré à perfection et j’apprécie particulièrement.

Cela clôt cette première Blogliste - C’est sans doute niais et cela va sonner godiche, mais c’est mon Blog donc je fais c’que j’veux : merci à tous ces Bloggeurs, et tant non cités dans cette première partie, de m’avoir, pour certains depuis des années, dans l’ombre de l’anonymat confortable de simple lecteur dans lequel je me tapissais, fait tant rire, passionné, appris mais surtout ému.

P.S. Non je réitère, je ne donnerais pas, même sous la torture du dernier album d’Emmanuel Moire ou la vidéo du chaton roux apeuré qui miaule parce qu’il est perdu, d’explication ou de justification aux analogies données.

Publié dans Fourre - Tout

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Grindr et Addiction: Il m'aime un peu, beaucoup, online, ou pas du tout..

Publié le par Dorian Gay

Grindr et Addiction: Il m'aime un peu, beaucoup, online, ou pas du tout..

They tried to make me go to rehab, I said no, no, no

Yes I've been black and when I come back, you'll know, know, know

I ain't got the time

And if my daddy thinks I’m fine

They tried to make me go to rehab I won’t go, go, go

Comment ne pas débuter l’écriture de ce billet d’un ton plus léger que le précèdent, avec un verre de Porto, une cigarette à la menthe, et ce refrain obsédant que chante Amy Winehouse , prêtresse incontestée de l’anticonformisme, de la coiffure-choucroute inimitable et de la démystification des dépendances de toute sorte.

La cure de désintoxication est devenue une pratique banale de nos jours et constitue à elle seule un marché florissant vampirisant tous les maux qui gangrènent la société des Hommes qui ne sourient plus : alcool, tabac, sexe, biscuits Oreo, drogues, travail, sucre, virtualités , et même ingestions de substances… relativement originales : poils de chats, sable, papier toilette, mousse de matelas, verre, scotch, cendre de cigarette ou urine.

RECTO

Sans pour autant tomber dans de tels extrêmes, force est de constater que les sites et applications de rencontre, dont l’usage s’est totalement démocratisé ces dernières années sont devenus une pierre angulaire de la condition de célibataire (et moins célibataire) gay. Qui n’a jamais entendu parler de Gayromeo ou de Grindr à défaut d’y posséder un compte ? Pour l'infime minorité, sans conteste enlevée par des êtres venus d'ailleurs pendant ces 5 dernières années, les dires d'un certain Bloggeur, amateur de Trotinette et de fruits rouges seront plus éloquents que ma prose légèrement désinhibée du lundi soir :

"pour les non initiés (non iPhonophiles, non smartphonophiles), Grindr est une application de rencontres avec système de géolocalisation permettant la tenue de discussions privées entre deux internautes(*) cherchant un compagnon de macramé; Grindr étant l'application idéale pour nouer liens et fluides"

Si vous n'avez toujours pas compris, le torse rebondi et glabre, l'accent irrésistible et les petits yeux de Davey Weavey autre Bloggeur qui traite de la thématique en podcast vidéo, devraient être tous aussi efficaces.

De même, qui n’a pas remarqué que même dans les lieux physiques de rencontre, les âmes qui y trainent sont toutes éblouies par le rétro éclairage de leur Smartphone et ne communiquent que par ondes hertziennes, par le biais de petites bulles jaunes et bleues ? Qui ne reconnaîtrait pas parmi mille sonorités, le très notoire **blurp** Grindr annonçant la réception d'un message, d'une photo pudibonde ou d'un non moins fameux et raffiné "Slt, cho, pic, tu ch quoi, tu recoi?"

Cela soulève des interrogations: à partir de quelle fréquence doit-on considérer qu’on est dépendant ? Peut-on réellement décider de débrancher le câble et lever les yeux de l’écran ? Est-ce grave docteur ?

Quelques signes ou symptômes ne trompent cependant pas. Si vous vous reconnaissez, il est sans doute temps d’en parler à un spécialiste ou de réserver la somme de cet investissement à l’achat d’un nouveau smartphone encore plus rapide et doté d’une autonomie plus importante.

- je me connecte chaque jour ou pire plusieurs fois par jour, histoire de voir ce qu’il y a sur le marché

- chaque fois que je me rends dans un bar, boîte, club de fitness, j’allume Grindr pour voir si certaines personnes que j’ai en vue sont connectées

- lors d’un dîner, apéritif entre amis, je ne peux m’empêcher d’allumer la machine à minous (merci à Mountain High pour le néologisme)

- je vérifie mes messages chaque matin sur Grindr ou Gayromeo avant que mon café ou mon thé soit prêt

- je reconnais les mecs dans les soirées gays par leur pseudo/photos même si je ne leur ai jamais parlé

- j’ai passé tellement de temps à écumer les profils de ma ville que je peux renseigner tous mes amis sur les profils : celui-ci est un bon coup, celui-ci est mytho, celui-ci est dépressif, celui-ci a un micropenis, celui – ci passe ses journées à poster des photos de chats sur instagram…

- dès que j’attends le bus ou le tram, dès que j’ai un temps mort, je me connecte histoire de...

- lors d’un voyage dans une autre ville ou à l’étranger je n’ai plus la 3G je panique car je ne peux plus me connecter à Grindr ou Gayromeo

- même au bout du monde, en vraies vacances total break, je continue à y jeter un oeil

- dès que je suis à la maison, Grindr ou Gayromeo tournent en fond sur l’ordinateur ou le téléphone

Cela est peut être dit sur le ton de l'ironie mais cela n'entame en rien le caractère éminemment sérieux de ces dépendances et de leurs conséquences: frilosité quant à l'engagement (théorie de "l'herbe toujours plus verte dans le pré d'à côté"), sentiment teinté de défaitisme selon lequel ces plateformes sont aujourd'hui le seul moyen d'aller vers l'autre, perte totale de repères et situation de handicap dès que l'on en est privé, réticences à fournir l'effort classique à toute rencontre à "l'ancienne" dès lors que cela peut être fait de façon aussi expéditive que par quelques clics, quelques photos suggestives et une carte de géolocalisation, et j'en passe...

Je me souviens encore fraîchement du sentiment de surprise mêlé à celui du temps qui ralentit, qui se suspend aux lèvres et aux cils d'un inconnu qui vous aborde à l'ancienne, balbutie, les joues rougissantes un compliment et entame un semblant de discussion sensée briser la glace qui sépare votre numéro de téléphone de son répertoire téléphonique. Cet Eric, décorateur, grand blond au regard bleu caeruléum avec qui j'avais discuté de photo et de jardins parisiens le temps de 8 stations de métro; Cet autre brun qui s'assoie à votre table et feint de s’intéresser à la couverture du livre dans lequel plongeait votre nez; Cet autre garçon qui vous propose avec la spontanéité la plus surprenante de partager votre taxi.. puis un verre de vin... puis quelques semaines plus tard l'oreiller gauche de son lit et son café.

Ne culpabilisez cependant pas! Vous voulez en parler ? Allongez-vous sur ce divan…tout va bien…relaxez-vous et écoutez ma reprise a capella de Nina Simone…

VERSO

Le versant de ce phénomène de dépendance est le dysfonctionnement du schéma classique et dogmatique de la rencontre et de la séduction.

Comment savoir si une personne rencontrée (bibliquement ou non) nous plaît vraiment. D’aucuns vous diront que c’est quelque chose que l’on ressent avec cette chose qui se moue à rythme constant sous le thorax et que d’autres appellent le cœur. Certes et bien heureusement. J’ajouterais qu’il y a un autre indice. Lorsque l’envie de se connecter à Gayromeo ou Grindr vous quitte, c‘est plutôt bon signe.

Personnellement c’est ce que je ressens à chaque fois. Tout ce marché du sexe et des rencontres vous paraît subitement dénué d’intérêt, sans goût ni saveur. Qui a dit que l’herbe était plus verte ailleurs ?

Cependant une fois ce premier sentiment d’euphorie passé, une question se pose assez vite avec acuité. Est-ce réciproque ? A une certaine époque, nous effeuillions les marguerites. Il m’aime un peu, beaucoup, passionnément…De nos jours comment vérifier si ce n’est se connecter pour voir si l’autre est online ?

Est-ce une déception si l’autre personne traîne aussi sur ledit site ? N’oubliez pas qu’il est peut-être en train de faire la même chose que vous… Si son statut donne lecture d’un texte clairement explicite dans un sens qui ne laisse pas de place aux ambiguïtés, vous feriez sans doute mieux de prendre du recul ou de calmer vos ardeurs romantiques.

Cela pose la question cruciale de savoir quand une relation débute-elle ? A partir de combien de temps, de fois estime-on qu’on est entré dans une relation « sérieuse » ? Une ou deux semaines ? Ou si on reformule à partir de combien de jours peut-on exiger de l’autre qu’il désactive ses profils ?

Question ardue s’il en est. Elle se pose souvent chez les gays. Sauf si on décide d’être un couple ouvert dès le début. Ou que chacun garde son profil en annonçant qu’il ne cherche que « des amis », mais l’expérience nous montre qu’il ne s’agit là que d’un énième subterfuge même lorsqu’il s’inscrit au départ dans le plus pieux, fraternel et désintéressé des sentiments.

Je n’ai pas hélas la réponse ce soir! Oui cela m’arrive de faire le tour d’un sujet, de monter les hauteurs escarpées de la réflexion, puis redescendre dans les plaines du simple constat, sans, ne serait-ce qu’un début de solution. Gayromeo et Grindr favorisent les rencontres mais ils peuvent parfois briser les amours naissantes. Des outils à double tranchant : lisez les conditions générales ou à vous de les inventer.

P.S. Pour ceux qui restent sur leur faim, vous pouvez retrouvez ici un autre article de ma plume, qui répond de façon plus intimiste (et cynique) dirons nous, au présent billet : c'est ICI

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J'aurais voulu être un Imbécile

Publié le par Dorian Gay

J'aurais voulu être un Imbécile

J’aurais voulu être un imbécile. J’admire les imbéciles, qui ne doutent pas d’eux, qui avancent tout droit, sans regarder ni à droite ni à gauche, enfermés dans leurs certitudes, et qui se soucient comme d’une guigne de ce qu’ils auraient pu être et qu’ils ne sont pas. Je ne cesse jamais de me dire que j’aurais dû prendre un chemin différent, que j’aurais mieux fait d’être un autre. Je pousse la contradiction si loin qu’il m’arrive aussi de me foutre éperdument de toutes ces ratiocinations et de vivre comme ça, au jour le jour, sans me poser la moindre question et en me moquant de tout ce qui peut ressembler à des scrupules et à des atermoiements.

Mais moi Dorian, 21 ans, 1m75, 60 kg, groupe O+, je suis de la famille de ceux qui s’interrogent sans fin sur eux-mêmes et sur le monde et dont le ressort est l’insatisfaction, le Baudelairisme, l’altérité entre Spleen et Idéal.

« Est-il préférable d’être un con heureux ou un homme complexe et éternel insatisfait ? » - question à laquelle je n’ai jamais pu répondre.

Et si il y’a bien un sujet sur lequel mon incertitude récurrente, ma complexité, s’est épanchée, il s’agit bien du bonheur, cet état de plénitude et de satisfaction selon Le Larousse.

Loin de moins l’envie de me lancer dans un débat philosophico-méta-physique mais juste initier une réflexion sur l’obligation, oui le devoir de bonheur, mythe encore plus vieux que les hommes eux-mêmes. Oui peu importe le méridien sous lequel on voit le jour, quel que soit le dieu que l’on vénère (ou pas), quel que soit le statut social que l’on occupe, nous sommes tous investis de cette mission, cet engagement, ce tribut : être heureux, trouver la cachette de cette chose informe et fantomatique que l’on appelle le bonheur, cette chose que l’on nous vend derrière des maisons chics de Banlieue, des dents ultrablanches traitées au BlueLight, des monospaces et des mioches, des paies à 6 chiffres, des IMC normaux, la santé, les amis, l’accomplissement professionnel et les pilules antistress.

Comme dit Jean d’Ormesson, il y’a quelque chose, avant la mort, qui ressemble à une vie et le pire est qu’il faut tâcher de vivre avant de mourir.

Et cela me renvoie à mon postulat de départ : les imbéciles qui ne se posent pas de question sont-ils les seuls à débusquer ce « bonheur », ou du moins ce postiche qui y ressemble fortement ?

La réponse à cette question m’intéresse notamment en matière de relations humaines et sentimentales, élément déterminant de ce qu’est censé être le bonheur et de la sanction infligée à ceux-là qui refusent à ce modèle, cette équation : bonheur = couple = enfants.

Or il est à constater que ce bonheur, ce bonheur frelaté, ce bonheur Barbie & Ken, ce bonheur plastique n’est qu’un combat perdu d’avance pour la majorité, une illusion entretenue par tous. Les contes de fées n’existent que dans les contes de fées. La vérité est plus décevante, la vérité est toujours plus décevante, c’est pourquoi tout le monde ment. On dit souvent qu’il faut préserver les apparences pour être sauvé, moi je dis qu’il faut les assassiner car c’est le seul moyen d’être sauvé.

Quelle est donc cette vérité ? C’est qu’aujourd’hui un couple hétéro sur deux divorce après moins de deux ans de mariage. C’est qu’aujourd’hui 66% des filles dans la trentaine sont célibataires et que 37% d’entre elles enchaîneront des aventures jusqu’à la fin de la vie sans réelle stabilité, aigries et frustrées de ne pas avoir trouvé ce que l’on a toujours vendu et autour duquel elles ont édifié leurs vies. Je dis « elles » mais « ils » aussi ne dissonerait pas. Oui ces « ils » qui subordonnent toute vie heureuse à des impératifs sentimentaux et qui n’hésitent pas à « acheter » une épouse d’Europe de l’Est ou de Thaïlande.

« ils gays » ne sont pas épargnés. Je me rappelle de ce dîner mondain de la semaine passée où entre deux plateaux de petits fours, je parlais à deux charmants messieurs au look BCBG British savamment entretenu et qui m’annonçaient fêter bientôt leurs 24 ans ensemble (ils se sont rencontrés très jeunes) et dont l'effet d'annonce a failli me faire renverser le service de flûtes. Je fais partie sans doute de cette jeune génération homosexuelle qui observe les relations se faire et se défaire en semaines et en mois et pour qui les années sont un ordre de valeur chronologique qui relève des contes de Grimm.

Pour nous l’amour Beigbederien dure 3 mois et le célibat 3 ans. Si peu sont en couple, et afin de gonfler ce nombre je compte même ceux en couple libre. Si peu le restent, tellement finissent seuls convaincus d’avoir raté le but de leurs vies. Beaucoup abandonnent par dépit cette recherche et se retranchent derrière des peurs ou des anticipations : peur de la fin seule, peur de l’âge qui n’épargne pas, etc. D'autres, enfin, décident de faire le choix de la solitude assumée.

Les sites de rencontres et autres vendeurs de rêves matrimoniaux s’enrichissent sur notre quête du bonheur, notre lourde mission de trouver parmi ces 7 milliards de corps errants, celui qui voudra bien accepter de payer la moitié du loyer, nous épouser (nouvelle innovation incluse dans le pack) nous supporter jusqu’à la tombe et sortir le chien une fois sur deux. Tels les gnous qui naissent avec la vocation innée de migrer une fois l’an, les Hommes naissent avec celle de ne pas finir seul, élément intrinsèque nécessaire au bonheur.

Et pourtant je ne suis entouré que par ça, aussi bien hétéros qu’homosexuels : des âmes en quête obsessionnelle d’écho, d’alter égo, tant de notes de restaurant, de préservatifs souillés, de sms teintés de déception, d’heures passées sur les sites de rencontres et dans les lieux inhérents et tant de recommencements ; et j’ai moi-même été pendant très longtemps membre actif de cette majorité silencieuse.

Je ne me faisais nul souci à propos de la pérennité de ma carrière professionnelle, ni quant à mon cadre social ou à ma santé mais subordonnait toute plénitude personnelle, tout accomplissement au son d’une voix qui vous accueille quand vous rentrez à l’appartement ou à la deuxième brosse à dents sur le lavabo de la salle de bains. Quête qui me fit même appliquer à la recherche amoureuse des principes d’économies, d’où cette fameuse pratique du multidating sur laquelle nous ne reviendrons pas.

Finalement la solution ne viendrait elle pas de l’inversion des priorités ? L’anéantissement de cette obligation au bonheur qui nous est imposée d’une part ? Et d’autre part la redéfinition, chacun de nous pour lui-même des critères de ce bonheur ? Une sorte de droit au « malheur », ou du moins à un autre type de bonheur que l’on serait chacun libres de composer comme un sandwich Subway ?

Non pas une idée du bonheur – Mais des bonheurs

Cette longue réflexion fut salutaire – oui je ne me vouais pas à la quête de l’âme sœur pour les bonnes raisons, animé plutôt par des peurs, celle de la solitude d'une part et celle de ne pas pouvoir réaliser une partie de mes projets seul (immobilier, enfants ?), (or nous savons que la peur est un mauvais moteur), et par des désirs, notamment ceux de m’inscrire dans la normalité du couple.

Une fois cela acté, un recul s’opère et on se prend, on se prend oui à ne pas voir le célibat comme une fatalité ou un état de précarité ; et surtout, on entrevoit l’avenir plus sereinement grâce à une redéfinition des priorités remettant cette « obligation dogmatique » du couple à son rang : un bonus.

Je ne vous invite pas comme le fait Fréderic Beigbeder, à répéter de façon récurrente ces phrases :

  1. LE BONHEUR N’EXISTE PAS
  2. L’AMOUR EST IMPOSSIBLE
  3. RIEN N’EST GRAVE

Mais plutôt celles-ci :

  1. LE BONHEUR EXISTE
  2. JE PEUX Y RENONCER (n'écoutez pas HAPPY de Leona LEWIS)
  3. IL CONSISTE EN CE QUE JE DECIDE QU’IL SOIT

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5 Films LGBT à voir

Publié le par Dorian Gay

À l'instar de toutes formes artistiques et culturelles, le cinéma accompagne les évolutions de notre société et présente un reflet intéressant des points de vue, des événements marquants de chaque époque. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir le cinéma comparé à un miroir, qui permet dans ce cas à une communauté de se percevoir, de se construire. Grâce au cinéma, les homosexuels se pensent et se donnent à voir.

De prime abord, se pose une question de définition et cela n’est pas aisé : qu’entends je par film LGBT ? La réponse la plus englobante voudrait que ce soit tous les films ayant pour thématique l’homosexualité. Une réponse plus précise mais tout aussi subjective voudrait qu’il s’agisse des films qui parlent de l'homosexualité, ou qui sont des références pour les homosexuels, ou qui parleront peut-être plus aux homosexuels pour plusieurs raisons éclectiques et à apprécier au cas par cas : scénario, acteurs, interactions entre les personnages, lieux, bande originale, etc

C’est grâce aux premiers films LGBT que l’on se passait sous le trench, mes amis et moi, adolescents, que j’ai découvert l’existence et la transversalité du «milieu » homosexuel ; c’est grâce à ces premiers films que j’ai démystifié l’homosexualité, que j’ai vu qu’un amour perein pouvait naître entre deux êtres du même sexe ; c’est aussi grâce à ces premiers films que je me suis senti moins seul, réduit à ma condition solitaire, et que je me suis, au fil du temps, accepté. C’est grâce à ces premiers films que j’ai entrevu les pluralités homosexuelles. C’est grâce à ces premiers films que je me suis pris à rêver. C’est grâce à ces premiers films que je me suis senti visible. Bref vous l’aurez compris : le 7ème art a eu une place importante dans la construction du jeune adulte que je suis.

Au fil des années, j’ai eu la chance d’en regarder un nombre assez important et il m’arrive de servir, à mes proches, de modeste référence en la matière. Si je devais en retenir un nombre limité, cinq en l’occurrence, lesquels seraient ce ?

5 Films LGBT à voir
  1. Weekend d’Andrew Haigh (2012 - Britannique) – Premier film qui mérite d’être mentionné ici.

Présenté en compétition au festival Chéries-Chéris à Paris, Weekend dissèque, par-delà le thème de l’homosexualité, celui de la rencontre amoureuse. Une brève rencontre qu’incarnent, avec une authenticité sans failles, l’approche réaliste de l’anecdote et le lent tempo de la découverte de l’autre, faite d’une longue suite d’écarts avec les règles de la romance traditionnelle.

Ce qui ne devait être qu’un vulgaire plan cul, initié après une soirée trop alcoolisé laisse place à une relation complexe – précisément parce que c’est le lendemain que cette histoire commence. Au réveil, Glen et Russell partagent un café et, surtout, le souvenir de la nuit qu’ils viennent de passer ensemble. C’est le premier basculement, habile, qu’accomplit le film : au lieu de montrer la rencontre entre les deux hommes et la rapide consommation de l’amour, Weekend réécrit l’histoire.

Car Glen est artiste et il a un projet, encore mal défini, qui consiste en tous cas à enregistrer au matin ses amants lui racontant la nuit qu’ils viennent de partager. C’est dans cet écart entre l’ellipse narrative et le récit qu’en font les personnages au matin que le film s’écrit. Les gestes des deux amants, lentement et pudiquement décrits et commentés par Russell, phagocytent les images que nous n’avons pas vues et esquissent la voie dans laquelle s’engouffre le film.

Au fil du film se dessinent les caractères presque aux antipodes de deux personnages attachants, l’un artiste attaché à sa liberté et l’autre boy next door respirant l’empathie et la gentillesse qui vont se livrer à une confrontation de leur vision de l’homosexualité, de l’amour, du couple, de l’attachement.

Pourquoi j’aime ce film ? Parce qu’il est d’un réalisme et d’une sincérité touchants, l’absence totale de folklore ou d’extravagance. Nous pourrions tous être des Russell, ou des Glen, ou au moins en connaître un. Le film se déroule à Londres, tout comme il pourrait se passer à Paris. Il ne joue pas la carte de la sensibilité exacerbée mais plutôt de la sensibilité objective : on se sent vite pris aux tripes dans une situation pourtant si ordinaire : celle de deux garçons que tout oppose mais qui s’attachent et qui pourtant, refusent de reconnaitre et d’assumer la force du lien qui les unit. Ce film me parle tout simplement par sa simplicité mais surtout son authenticité. Il me fait oublier qu’il ne s’agit que d’une fiction tellement tout est naturel et commun.

Le cinéaste porte son sujet à bras le corps, faisant ressurgir les frustrations de cette rencontre face à l'accueil que leur relation engendre, affichée au grand jour. Le cinéaste dénonce, sans vaciller dans la vulgarité physique, privilégiant les sentiments naissant entre les deux protagonistes. Brandissant le drapeau de la communauté homosexuelle, Week-end réfléchit les obstacles face auxquels le couple gay doit faire face, cette différence encore mal acceptée qui leur empêche de s'afficher en public, de s'embrasser, se tenir la main, s'exprimer sur une sexualité qualifiée de « bruyante ».

Au travers de ses interprètes ( Tom Cullen et Chris New), le film nous éblouit par son éloquence, allant chercher l'émotion légitime du spectateur sans glisser vers un propos larmoyant et prosélytique. Week-end apparaît comme une parenthèse dans la vie sentimentale de ces deux êtres qui ne demandent que la liberté d'aimer. Emprunt d'idéalisme, Andrew Haigh achève son récit par quelques pointillés, laissant le dénouement de cette rencontre inédite voguer vers l'imagination du spectateur, une rencontre qui aura bouleverser leur vie à jamais. Un film poignant.

5 Films LGBT à voir

2- Prayers for Bobby de Russell Mulcahy (2010 – Américain)

Un des plus beau téléfilms que j'ai jamais vu et qui fut à de nombreuses reprises récompensé. Sigourney Weaver incarne Mary Griffith, fervente pratiquante, qui a élevé ses enfants selon les principes conservateurs de la foi religieuse. Le destin de la famille va être bouleversé le jour où Bobby décide de confier à son frère aîné un terrible secret : il préfère les garçons. Lorsque sa mère l'apprend, elle met tout en œuvre pour "guérir" son fils, car selon la Bible, Bobby sera condamné à l'Enfer. Mais une tragédie va remettre en cause toutes les convictions de Mary ... L'actrice donne là une de ses plus grandes performances ! A ne surtout pas manquer, le film m'a fait pleurer plus d'une fois (oui j’avoue). Il s’inspire d'une une histoire vraie et se retient comme une ode à la tolérance.

5 Films LGBT à voir

3 - Ciao de Yen Tan (2008 – Américain)

Multirecompensé au Philadelphia International Gay & Lesbian Film Festival, à la Queer Lion Competition at Venice Film Festival, et aux AFI Dallas Awards.

Ciao, c’est l’histoire de Jeff qui prend sur lui-même pour annoncer le décès soudain de son ex, Mark, à leurs amis. Alors qu'il recherche les contacts dans l'ordinateur de Mark, Jeff tombe sur le mail d'un séduisant italien appelé Andrea.

Andrea et Mark avaient fait connaissance sur le net et devaient se rencontrer lors du voyage d'Andrea aux USA.

Plutôt que d'annuler son voyage, Andrea décide de venir malgré tout et de voir Jeff.

Réunis par le malheur, les deux hommes développent une tendre amitié. Mais, le lien qui les unit évolue en quelque chose que ni l'un, ni l'autre n'aurait pas anticiper…

Chouchou des festivals, CIAO doit énormément au jeu plein de sensibilité, de finesse et de vérité de ses deux acteurs principaux Adam Neal Smith et Alessandro Calza (co-auteur du scénario).

Le jeune réalisateur Yen Tan utilise intelligemment un style minimaliste et plein de retenue pour raconter cette histoire d'amour naissant teintée de culpabilité.

Un film qui devrait faire date pour le Cinéma gay de par son originalité et sa beauté.

5 Films LGBT à voir

4- Do começo ao fim d’Aluizio Abranches (Brésil – 2009)

Un film de mon deuxième chez moi : Le Brésil, et qui m’a beaucoup ému malgré un jeu d’acteurs moyen et un scénario banal.

Julieta est médecin. D'un premier mariage avec un Argentin est né avec Francisco. Remariée à un architecte, elle a un autre fils, Thomas, six ans après. Dès leur plus jeune âge, les deux frères vont développer une relation très forte. Trop forte pour leurs proches. Une relation incestueuse peinte entre deux acteurs d’une grande beauté.

Leur prestation, qui fait la part belle à des moments très intimes, semble donc séduire. Il est vrai qu'une grande partie du film repose sur la beauté presque irréelle de ce couple. Trop beaux, trop parfaits, trop idéaux dans une histoire trop rose ont d'ailleurs jugé quelques critiques.

Il n’en reste pas néanmoins touchant et certaines scènes valent à elles seules le visionnage du film en entier

5 Films LGBT à voir

5 - Keep The Lights On d’Ira Sachs (2012 – Américain)

Chronique méticuleuse d'une vie commune impossible, Keep the Lights on s'imprègne du ressassement d'un amoureux déçu qui ne comprend pas comment pareil gâchis a pu naître d'autant de désir et de beauté.

Dès les premières séquences qui mettent en scène la rencontre entre Erik et Paul, la volonté de parvenir à la vérité à travers l'expression physique de la passion est évidente. Le premier est un très jeune homme qui peine à trouver sa place. Il travaille depuis longtemps sur un documentaire consacré au cinéaste gay new-yorkais Avery Willard, qui réalisait clandestinement des films érotiques. Sa réticence à mener à bien ce projet n'est qu'un des symptômes de sa difficulté à entrer dans l'âge adulte.

Face à lui, Paul tourne déjà à plein régime : avocat, il gagne confortablement sa vie et consacre une bonne partie de ses revenus à sa passion pour les stupéfiants. Keep the Lights on est aussi un film historique, et l'histoire de Manhattan à la fin des années 1990 est placée sous le signe d'une double épidémie, le sida et le crack.

Si les deux jeunes gens, aidés par la chance, parviennent à conjurer la première menace, l'addiction de Paul conduit bientôt le couple à la rupture. Si brutale qu'elle soit, elle n'est que la première station d'un chemin qui a encore bien de l'altitude à perdre. La mise en scène de l'abjection amoureuse, de la reddition presque inconditionnelle d'Erik face aux caprices aberrants de son compagnon, est un spectacle pénible et fascinant. L'élégance de la mise en scène, dont les longs plans sont dessinés par une caméra à la fois fluide et économe de ses mouvements, tient à l'écart la tentation du sordide.

Au fil des ans, Keep the Lights on se transforme en roman de formation. Paul n'est plus qu'une présence physique intermittente, pendant qu'Erik parvient peu à peu à construire une vie d'artiste, un édifice fragile que menace chaque surgissement de l'amant destructeur

Je n'oublie pour autant tous ces autres films qui mériteraient d'être tout autant mentionnées:

Un Amour à taire de Christian Faure (France, 2004)
Les Amoureux de Catherine Corsini (France, 1993)
Beautiful Thing de Hettie MacDonald (Royaume-Uni, 1996)
Les Chansons d’amour de Christophe Honoré (France, 2007)
Comme un garçon (Get Real) de Simon Shore (Royaume-Uni, 2000)
Cowboys and Angels de David Gleeson (Irlande, 2003)
C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée (Canada, 2005)
Dernier été à New Ulm (The Toilers & the Wayfarers, États-Unis, 1995)
Donne-moi la main de Pascal-Alex Vincent (France, 2008)
Edge of seventeen de David Moreton (États-Unis, 1998)
Harvey Milk de Gus Van Sant (États-Unis, 2008)
J’ai tué ma mère de Xavier Dolan (Canada, 2009)
Jitters de Baldvin Zophoníasson (Islande, 2010)
Ma vraie vie à Rouen d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau (France, 2004)
La Mauvaise éducation de Pedro Almodovar (Espagne, 2004)
My Beautiful Laundrette de Stephen Frears (Grande-Bretagne, 1985)
Pourquoi pas moi ? de Stéphane Giusti (France, 1999)
Presque rien de Sébastien Lifschitz (France, 2000)
Les Roseaux sauvages d’André Téchiné (France, 1993)
Le Secret de Brokeback Mountain d'Ang Lee (États-Unis, 2005)
Sasha de Denis Todorovic (Allemagne, 2010)
Shelter de Jonah Markowitz (États-Unis, 2007)
Sur le chemin des dunes de Bavo Defurne (Belgique, 2011)
Les Témoins d’André Téchiné (France, 2007)
Tout contre Léo de Christophe Honoré (France, 2001)
Week-end de Andrew Haigh (Royaume-Uni, 2011)
XXY, de Lucia Puenzo (Argentine, 2007)

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"Tu fais Gay"

Publié le par Dorian Gay

"Tu fais Gay"

Je scrute avec l’œil le plus aiguisé mon reflet dans la glace, j’observe avec attention chaque détail de ma physionomie, chaque crevasse, chaque rebondi, chaque angle, chaque pli de peau – je baisse les yeux sur les vêtements dont je suis vêtu ce matin, me préparant pour une énième journée monotone et fade de travail sous les auspices d’une météo exécrable, je soupire, me rince les mains, y enduit une crème et sors de la salle de bains.

« Il fait un peu gay le monsieur » avait soufflé, un peu trop fort, une jeune adolescente à sa mère dans le bus, la veille, lorsque je me levais du siège dans lequel j’étais installé pour me diriger vers les portes pivotantes et m’engouffrer vers la sortie.

« Faire gay ? » - Je ne comprenais pas, je ne saisissais pas la quintessence de cette détermination. En 2013, qu’est-ce cela signifie et suppute de « faire gay » ?

Cela fit inéluctablement remonter à la surface de ma mémoire toutes ces allusions très souvent portées sur des minorités de tous azimuts, toutes ces réflexions souillées de stéréotypes qu’on a pour la plupart déjà entendu : « faire viril, faire gouine, faire gay » ; « faire immigré, étranger, intégré ou "Français de souche " », « faire bobo, faire modeste » et quelques autres perles.

L’apparence a toujours été reine dans la société dans laquelle nous vivons : elle sert à faire des liens (il)logiques, de socle aux préjugés, de justifications aux conclusions hâtives. Dans de nombreuses situations, elle est utilisée pour niveler et permettre de distinguer les minorités de la majorité.

De réflexion en réflexion, de verre de vin en verre de vin et de piste en piste (de la compil de Susan Graham), le sentiment qui se dégagea de mon analyse fut celui d’injustice : on ne choisit pas (toujours) son apparence. De ce principe découlent deux conséquences : on l’accepte et on s’en complait, peu importe le folklore qui y est rattaché ou on décide de nager à contre-courant et de le modifier afin d’échapper à ces renvois, et à cela aucune minorité n’échappe, les phénomènes de blanchiment de peau dans les communautés colorées, de débridement de yeux ou que sais-je encore suffisent à étayer cette affirmation.

Donc pour en revenir à mon questionnement, qu’est-ce donc « faire gay » ? C’est porter un sac au coude pour un garçon ? Porter un baggy et des cheveux courts pour une fille ? C’est faire « folle » ? C’est apprécier porter des couleurs ? Ne porter que des jeans slims ? Avoir des traits fins et féminins ? C’est être, quelque part, perdu, égaré, entre l’image dogmatique de l’homme puissant, poilu et viril et la femme douce, fragile, dépendante et parfumée ?

Lorsqu’on est jeune, jusqu’à un certain âge, on ne se pose généralement pas ces questions : nos parents décident de nos coiffures et de nos styles vestimentaires et on est, au pire, légèrement efféminé chez les garçons ou un tantinet garçon manqué chez les filles. Là où le bât commence à blesser c’est à l’adolescence et ses premières indépendances : on s’affirme, on se façonne un style, une image, un look, un univers et on l’assume … ou pas.

Pour ma part, dès que j’ai obtenu mon indépendance vestimentaire vis-à-vis de mes parents, avec le naturel le plus absolu, j’ai toujours eu un style « non-conventionnel » pour un garçon de l’époque : j’aimais les couleurs, j’appréciais les pantalons valorisants par leur étroitesse, les coiffures un peu osées, les accessoires, etc. Et, au fond, ce style qui en tout point pourrait donc correspondance à la checklist du « parfait dandy homosexuel des années 2000 » ne m’a jamais causé de souci, étant à cette époque dans une période d’excès.

Cependant, avec l’âge adulte viennent des choix impératifs : continuer à se laisser lire comme un livre ouvert ou se conformer à un style cliché plus « intégrant », de bon père de famille ? En d’autres termes, décider pour la suite de sa vie, notamment professionnelle si on veut se noyer dans l’anonymat, le quelconque, ou continuer à cultiver une certaine différence ? Facilité ou challenge ? Si certains homos n’ont jamais eu à se poser ce type de questions, étant naturellement et originellement « non-identifiables » par leurs looks, la plus grande majorité, dont je fais partie, s’est une fois au moins penchée sur cette épineuse préoccupation.

Car épineuse, elle l’est en effet. Ce sont des situations lourdes de conséquences. Les premiers ont le choix : choix de dissocier leur vie privée de l’image qu’ils reflètent, choix de cultiver un certain anonymat, choix de la parfaite intégration. Les seconds n’ont pas ce choix, pas cette facilité, ils sont dépossédés en partie du contrôle de leur image et par corollaire d’une partie de leur vie privée qui se lit sur eux, sans qu’ils l’eurent voulu. Certains opposeront que reprendre le contrôle de son image est aisé ; certains s’y essaient même : une barbe par ci, quelques biceps par-là, un style faussement négligé mais n’est-ce pas au fond une solution de compromis péremptoire à terme ?

Cette visibilité subie a, je l’accorde, d’indéniables avantages : impossibilité de mentir et de prétendre, nul besoin (ou presque) de réaffirmer à son entourage ou à de nouvelles connaissances que l’on est gay mais aussi facilité déconcertante à se faire aborder dans les lieux publics, les abordants étant certains de vos affinités sexuelles communes.

Mon choix est certes fait aujourd’hui, j’aime tout autant les foulards colorés que les jeans slims, mais alors que j’entame ma vie professionnelle je me rends compte que, malgré dans la relative tolérance de la société dans laquelle nous vivons, tout ne sera pas simple. Ma différence sexuelle se lit sur moi, comme ma différence de colorimétrie de peau, je n’ai pas le luxe du secret, pas le luxe de prétendre être ce que je ne suis pas, honnête malgré moi… et peut être aussi remarqué, discriminé, haï, moqué pour une chose que je n’ai pas pu cacher. Il n’est pas question ici d’acceptation, elle est pleine et entière pour moi et pour une grande partie de ceux qui vivent cet affichage subi, ce coming-out automatique. Nous aimerions juste, de temps à autre, nous fondre dans la masse et ne pas être résumés à une apparence corollaire d’une sexualité ; pouvoir de temps à autre être « X » ; pouvoir de temps en temps fermer le livre de nos vies privées…

Chose à quoi, Sébastien, ami métrosexuel et amoureux d’une bonne amie, a répondu : « tu augmentes l’entropie de l’univers sans raison, est ce que tu veux passer chez moi boire un thé avant mon rendez-vous chez la pédicure ? ». Et puis merde, s’ils s’y mettent aussi eux…

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Hors-Série - Entretien des Principaux Cuirs

Publié le par Dorian Gay

Cher lecteur assidu (*) de ce Blog où j’épanche mes points de vue et mes opinions ainsi que des brides de ma vie Parisienne de pédé coloré, tu as dû te dire à la lecture du titre de ce billet qu'il n'y avait aucune cohérence par rapport à ce qui précédait. Et bien tu sais quoi? Tu as raison.

Y'a des jours comme ça où je me pose des questions existentielles et où j'apprécie avoir des réponses: quels types de plantes tiennent bien en appartement? Écris t'on "bienvenue" avec ou sans "e"? Samsung ou Apple? Comment se fait il que ma canette de produit anti rouille finit toujours par rouiller? Pourquoi "Abréviation" est un mot si long?

La toute dernière question qui m'a tourmenté fut donc, Printemps s'installant comment je devais entretenir ma maroquinerie que nous supputerons... écclectique et je ne trouvais pas de mode opératoire complet, simple et pertinent, traitant de la méthode à adopter pour chaque type de cuir, les variétés étant innombrables et toutes sujets à un traitement différent.

Or à HEC, si on m'a enseigné quelque chose c'est: "si quelque chose n'existe pas, créez le". Poussé donc par ma curiosité, j'ai creusé, j'ai cherché, je me suis renseigné, cela a intéressé d'autres blogueurs et quelques revues (Daily Dandy) qui en publieront le résultat d'ici demain, et voilà donc ce que cela donne.

Si tu as suivi jusque là, c'est bien, cependant sache que ça va parler mode, habillement, maroquinerie et graisse de vison, si tu n'as absolument aucune curiosité pour ces domaines (pourtant passionnants), tu peux t'arrêter là et revenir demain pour le prochain billet, qui sera un peu moins hors série.

Les autres, commençons. Nous aurons comme socle à ce petit guide ma maroquinerie que j'ai rassemblé pour le trimestriel et aujourd'hui bien classique "grand récurage" de Printemps. Dans le cadre de cette enquête, mes cobayes feront partie de la Grande Maroquinerie (Sacs, Sacoches, Cabas, etc) mais sachez qu'elle sera aussi pertinente pour de la Petite Maroquinerie, les Chaussures et même vos accessoires sadomasochistes.

Hors-Série - Entretien des Principaux Cuirs

Aux fins d'entretien, j'utilise usuellement ces produits et ces brosses.

Brosses (de gauche à droite): A poils, A pols durs, Hybride (crêpe + poils durs), A poils semi - rigides, A poils très souples, A crêpe, En crin;

Brosses (de gauche à droite): A poils, A pols durs, Hybride (crêpe + poils durs), A poils semi - rigides, A poils très souples, A crêpe, En crin;

Produits (de gauche à droite): les intitulés sont lisibles.Les 6 petits pots sont des pots de Crème Surfine

Produits (de gauche à droite): les intitulés sont lisibles.Les 6 petits pots sont des pots de Crème Surfine

1 – Louis VUITTON – Famille des NeverFull – Damier – Cuir de Veau

Provenance du cuir - Veau : le cuir de veau est souple et résistant et a un aspect assez rugueux qu’on peut d’ailleurs voir à œil nu sur le Sac, notamment sur les ances.

Traitement - cuir plongé/aniline : réservé aux plus belles peaux sans imperfections en pleine fleur, ce traitement implique de « plonger » le cuir dans un bain pour le teinter dans la masse. Aucune protection pour conserver les propriétés initiales de la peau … Ce cuir est sans doute le plus doux, mais aussi le plus fragile et souvent le plus cher : la moindre goutte d’eau peut devenir… dangereuse. Traitez donc ce type de cuir très délicatement et préférez en user en belle saison et « réservez » les pendant l’hiver et l’automne où ils risquent de pâtir de l’humidité.

Entretien : Passez un chiffon doux par-dessus pour le dépoussiérer de temps en temps. Puis nourrissez-le avec un lait pour les cuirs. Cette action permet de débarrasser le cuir des dépôts de pollution et autres saletés. Si vous voulez raviver sa couleur, NE CIREZ SURTOUT PAS ce type de cuir, encore moins à motifs comme le sont les pièces Vuitton. Utilisez tout simplement un baume gras comme celui que j’utilise (Voir photo produits : huile de lanoline, huile de vison, huile d’avocat, etc)

Soin exceptionnel : IMPERMEABILISEZ ! Le cuir est naturellement imperméable, mais une grosse averse peut le tacher de façon indélébile. N'oubliez pas, donc, d'imperméabiliser votre en cuir avec un produit adapté (une bombe aérosol est idéale, sous réserve de l'utiliser à plus de 30 cm du vêtement). Les graisses pour cuir, celle de Phoque notamment a des résultats plus que remarquables.

N’ayez pas peur de laisser le cuir se patiner (vieillir) car généralement ce sont les cuirs anilines/plongés qui vieillissent le mieux : la peau devient moins uniforme, certains plis marquent, et la couleur également peut s’accentuer ou s’éclaircir en fonction des frottements… En gros, la patine témoigne de la vie du cuir et ajoute même de la valeur au cuir dans un esprit vintage. A noter qu’elle sera généralement plus marquée sur un cuir clair ou marron, plutôt que sur un cuir noir.

Mais si vous voulez vraiment lui redonner un coup de neuf et garder le plus longtemps un cuir à l’apparence neuf, il faudra user des soins prodigués avec encore plus de dextérité et éviter, afin que votre cuir ne se décolore, de le poser à proximité de lumières agressives et ne l'exposez pas au soleil ni près d’une source de chaleur.

2- Sac 48h Holdall de DUNHILL – Cuir de Vachette

Provenance du cuir – Vachette : c’est le cuir du bovin adulte (vache, bœuf…). Il est par conséquent plus solide et plus rigide que le veau, mais également moins soyeux au toucher.

Traitement – Cuir pigmenté : ici le cuir reçoit une ou plusieurs couches de colorants opaques qui masquent les imperfections et le rend plus résistant. Il est plus homogène, et plus facile à imperméabiliser… mais moins authentique, avec souvent un aspect glacé, presque synthétique ! Les peaux qui reçoivent ce traitement sont de qualité moindre, sauf à vouloir donner au cuir un aspect très brillant.

Entretien : Mêmes que ceux prodigués pour le Cuir précédent, mais celui-ci étant plus résistant vous pouvez vous permettre moins de régularité.

Soin exceptionnel : Contrairement au type de cuir précédent, celui-ci patine mal et l’aspect en vieillissant n’est pas de plus esthétiques. Mon astuce ? Traitement de choc : cirage suivi d’une cure au baume gras et brossage pendant quelques jours, nouvelle imperméabilisation et spray/huile pour cuir à utiliser souvent. Sachez aussi que si votre cuir est rayé, griffé ou troué, sachez qu'il existe des résines ou pâtes réparatrices, qui viennent rattraper les différences de niveau du cuir.

3- Maletton Croco Grazia – Crocodile Brun

Provenance du cuir – Crocodile : Par ordre croissant d’utilisation, le gavial, le crocodile et l’alligator sont sans doute les matières les plus nobles et les plus onéreuses. Ils sont solides et chaque pièce a un caractère unique du fait de l’irrégularité des écailles. On en utilisera plutôt le ventre pour sa souplesse.

Entretien : Très délicat car ne supporte que des produits spécifiques : l’huile d’amande douce, de la vaseline ou de la glycérine. Tous ces produits ont des propriétés plus ou moins semblables. Avec de l’amande douce, utiliser un tissu propre pour l’appliquer et laisser imprégner avant de lustrer. Avec de la vaseline ou de la glycérine, il est nécessaire d’utiliser un pinceau pour faciliter l’application du produit. Elles serviront ainsi à nourrir et adoucir le cuir. On doit laisser agir suffisamment longtemps pour obtenir l’effet escompté. Cela peut durer six heures, une journée ou plus, tout dépend de l’état du cuir et de son utilisation à venir. L’application effectuée, la mise en repos pour laisser agir le produit aussi, il ne reste qu’à lustrer comme avec l’huile d’amande douce avec un tissu propre et lisse. Ce tissu doit être sec pour éviter la pénétration de toutes impuretés dans le cuir qui pourrait l’abîmer

Soin exceptionnel : Savon régénérant et vernis pour récupérer (ou fixer) la teinte des écailles.

4- Hugo Boss – Sac dit de « travail » - Cuir de Vachette, cette fois ci pigmenté et légèrement grainé (on voit que le grain est régulier)

Lorsque le grain de cuir est régulier, ce traitement lui permet d’être accentué. Le grain est en fait gonflé à la vapeur, pour un effet beaucoup plus texturé, qui met en valeur des couleurs vives comme le rouge, le bleu…

L’avantage ? On concède un certain cachet au résultat. Par ailleurs ce sont des cuirs qui résistent très bien à l’eau.

Entretien : l’imperméabilisation n’est pas nécessaire. Les conseils prodigués pour le cuir 1 et 2 sont ici aussi pertinents. Idem pour les soins exceptionnels.

5- Cerruti – Sacoche en Cuir d’Autruche pigmenté

Provenance – Cuir d’Autruche : Leur cuir est très doux et peut prendre plusieurs nuances de couleur y compris des très claires comme celui – ci qui fut jadis gris marbre. La première chose qui distingue la peau d’autruche d’autres cuirs est le fait que la peau d’autruche est très différente de la peau de veau ou de porc non seulement en qualité, mais aussi d’un point de vue esthétique. Le cuir d’autruche est riche de plein de follicules foncés, dernières traces restantes du plumage de l’oiseau. Ce genre de cuir est très souvent comparé à de la peau de crocodile mais il est important de savoir que le cuir d’autruche est plus imperméable et plus résistant que la peau de crocodile.

Entretien : pour entretenir ce cuir, il suffit d’appliquer de la cire d’abeille ou une cire synthétique. Pour ma part je préfère le gras de vison. Eviter d’imperméabiliser car il l’est déjà et l’imperméabilisant risquerait de faire virer la teinte.

Soins exceptionnels : AUCUN PRODUIT AVEC TEINTE (cirage, crème surfine, huile teintée, baumes colorés, etc). Ce cuir vire très facilement de teinte dès qu’il est mis en contact avec des produits teintés (j’en ai fait les frais à mon grand désespoir). Si vous voulez donc récupérer, sans risques, une teinte plus vive, utilisez les crèmes pigmentaires teintantes du même ton que celle de votre cuir et des huiles/baumes incolores.

6- Fossil – Sac 48h Jackson en Cuir de Buffle vieilli

Traitement – Cuir Vieilli : L’Aspect vieilli (patiné) des Cuirs s’est toujours inscrit dans une certaine tendance. Paradoxe même, parfois le Cuir à l’aspect patiné a plus de valeur qu’un Cuir sans défauts, certainement car le premier dénote d’un certain caractère, d’un certain charisme. Il est d’ailleurs à la mode de patiner ses cuirs neufs. Si vous ne voulez pas confier ce processus à un Cordonnier spécialisé, voilà donc une petite recette de grand-mère que j’ai déniché : Vous le tamponnez au sopalin (papier absorbant) et huile de tournesol. Versez du café ou du thé sur le cuir... Certaines crèmes hydratantes (les plus bourrines sont les crèmes pour les mains) bronzent le cuir. Le bronzage est uniforme, elle patine le cuir et lui donne un aspect vieilli.

Entretien : Vu l’aspect, il est simple ; un peu de cire de temps en temps fera amplement l’affaire.

7- Louis Vuitton – Famille des Buckets – Monogram – Cuir d’Agneau

Provenance – Cuir d’Agneau : la superstar du cuir. Souvent très doux et souple, c’est une peau fine à l’aspect presque soyeux. La technique utilisée pour ce Bucket Louis Vuitton est celle de la fleur corrigée ou semi aniline ; affichant ainsi naturellement certaines imperfections, sa couche superficielle est poncée pour les effacer. Elle reçoit ensuite une teinture ainsi qu’une fine couche translucide.

Entretien et Soins exceptionnels : Se reporter au Sac 1 mais ne pas oublier que le Cuir d’Agneau est plus fragile que celui de Veau. Il a aussi tendance à se « ramollir », action irréparable. Imperméabiliser si nécessaire.

8- Cartier – Sac de voyage – Diligence Must 1975 – Cuir velours suédé de Veau

Traitement – Cuir Suédé : Ils ont ce touché… velours, si particulier ! Pour ce type de finitions, la peau doit être très belle dès le départ : les imperfections ne se corrigent pas au tannage. La couche intérieure de la peau est poncée, lui donnant ce toucher peau de pêche. En revanche, c’est un cuir extrêmement salissant, dont l’entretien peut être coûteux…

Soin Hebdomadaire : DEPOUSSIERER ! Oui, je sais, c’est un scoop : on peut enlever la poussière avec une brosse. Il n’empêche que certains n’en ont toujours pas chez eux alors que c’est un indispensable de l’entretien de votre maroquinerie. Préférez les brosses à poils plutôt que les brosses à crêpe ou les brosses dures.

Soins Exceptionnels : RAVIVER CHAQUE MOIS ! Pour cela j’utilise un spray spécial peaux chamoisées, en veillant à choisir une marque de bonne qualité (c’est très important, sinon vous risquez de flinguer votre maroquinerie avec les cochonneries qu’on trouve en grande surface). Nous vous recommandons Famaco, Grison, Saphir (toutes les 3 sur Internet et chez les bons cordonniers), et nous vous déconseillons fortement Kiwi ou Barane.

Voici le mode op’ : je brosse le cuir pour libérer la fibre de la poussière et des saletés puis, je passe généreusement l’aérosol. J’attends que ça sèche, disons une bonne heure, et, enfin, je brosse la peau dans le sens voulu.

En cas de tâches ? La gomme Woly ressemble à une pierre ponce mais c’est en fait bel et bien une gomme, qui est légèrement abrasive. Elle enlève un petit peu de matière quand on frotte (donc n’y allez pas comme des bourins !) et les tâches en surface disparaissent. Pour ceux qui seraient un peu sceptiques (comme moi au début), je vous promets que c’est vraiment efficace et très facile/rapide à utiliser.

Faut-il imperméabiliser ce cuir ? Pas forcément. Il est vrai que les peaux chamoisées « boivent » davantage les liquides (et donc les tâches, ou la pluie). Mais leur surface moins uniforme rend aussi les tâches moins visibles que sur du cuir lisse par exemple.


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(*) assidu car vous êtes aujourd'hui près de 200 par jour à faire un tour par ici. Merci ! Je vous aurais bien invité à prendre l'apéritif mais vous êtes trop nombreux donc je bois à vos santés (et à vos cuirs).

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Monologue du Dessous

Publié le par Dorian Gay

Monologue du Dessous

L’ivresse fut évanescente. Après quelques belles semaines ponctuées de belles rencontres avec de beaux garçons : Sébastian et Sam, l’un rentré dans sa contrée Helvétique natale et l’autre à ses amours hétérosexuelles, je reviens en dessous. Au fond, ma vie est comme cela : j’alterne entre des immersions, au fond de l’eau et des retours à la surface pour reprendre mon souffle et replonger.

Le fond de l’eau c’est cette routine Parisienne pourtant sympathique mais sournoisement soporifique : travail – cocktails et lecture les weekends en terrasse – magasins – amis et amants.

La surface ? Ce sont ces petites rencontres, ces interconnections, ces entremêlements de vie qui durent une heure, une journée, une semaine…

Elles se font rares ces dernières semaines et c’est peut être mieux comme cela : j’ai l’impression de prendre plus de plaisir à chaque nouvelle rencontre que je m’accorde, de m’y consacrer plus, d’être plus ouvert, plus réceptif et mes Daters, ces amants, jadis relativement nombreux, en ont fait les frais.

Je ne vois plus personne. Je n’ai plus envie de voir personne, plus envie de fournir des efforts, de l’impulsion. Silence et immersion faisant leur œuvre, ils sont se donc successivement évaporés dans les méandres des rencontres stériles. J’en garde pour la plupart néanmoins de très beaux souvenirs ; de souvenirs de belles tables et de beaux spectacles ; de conversations passionnées et passionnelles ; de parfums et de baisers ; de pas qui résonnent sur le bitume tard la nuit et de « tocs » sur des portes en bois sombres ; de mots sous les yeux et dans le creux de l’oreille.

J’en revois toujours un ponctuellement, Delioso, le dandy journaliste Argentin avec lequel j’entretiens une sympathique relation amicale. Toujours pareil à lui-même : hyperactif, vif, brillant et surtout drôle, notre relation d’amants a muée naturellement vers quelque chose de plus durable et c’est mieux comme cela. C’est donc tout aussi naturellement que le jour de l’adoption de la loi ouvrant le Mariage pour tous, que nous avons passés la soirée ensemble autour de verres de Saint Emilion et de récits nos vies professionnelles respectives.

Au fond c’est bien comme ça. Je passe d’une période peut être trop intense sur le plan sentimental à un calme plat et (presque) entier. Là où certains verraient dépression et défaitisme, je vois redéfinition des priorités et souffle et dans tous les autres volets de ma petite vie cela rejaillit. J’ai envie de Culture, j’en suis boulimique – j’ai envie de me faire plaisir, de faire du sport, de bien manger, de profiter enfin de ce printemps – j’ai envie de faire l’amour sans attaches ou du moins sans projection dans le futur – j’ai envie de voyages, de croquer dans le monde – j’ai envie de nuits d’ivresse et de désinhibition – de concerts rocks et d’expériences insolites. J'ai envie de marcher pieds nus dans l'herbe, de sentir les feuilles taquiner mes orteils, et de m'y allonger toute une après midi, Susan Graham dans les oreilles. L’appel à la surface se fait puissant.

Je n’en suis pas pour autant fermé à stabilité, je ne l’ai jamais été et je ne le serais surement jamais mais disons que je n’appréhende pas les choses de la même façon, un peu lassé de la superficialité du milieu Parisien ; ces rencontres, souvent renouvelées mais qui finissent toujours infructueuses pour diverses raisons bien Parisiennes (manque de temps ; trop de choix qui tue le choix ; distance ; manque d’initiatives, etc). L’amère impression d’être un hamster dans une roue qui tourne sans cesse… et toujours dans le même sens : les mêmes histoires, les mêmes replay, les mêmes sad – ends.

Peut-être qu’inconsciemment j’anticipe une rupture plus profonde : dans deux mois je change de Cabinet et débute mon nouveau contrat dans un Cabinet Américain sur les champs, 45 nouveaux collègues, nouveaux locaux, nouvelle équipe, nouveau style. Déménagement s’amorce aussi, je quitte concomitamment mon petit Domaine retranché, presque féerique, dans lequel j’ai passé toute ma jeunesse et mon confort affectif pour jeter mon ancre dans la 17 ème – nouvelle intégration à faire.

Et au fond, j’ai l’optimisme, la belle intuition selon laquelle le meilleur reste à venir, que je vais refaire surface pour un long moment, et que cet été va être bien particulier…

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